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Normes canoniques sur les moyens d'éviter les litiges

De
336 pages
L'Église, comme toute autre société humaine, s'efforce de vivre en harmonie interne mais elle n'est pas exempte du phénomène conflictuel parmi ses membres. Par souci pastoral et pour pallier les problèmes qui sont liés au défi de résolution des conflits d'une part, et la sollicitude pastorale confiée à la responsabilité de la conférence des évêques d'autre part, cet ouvrage se veut une contribution à la réflexion sur l'application des normes universelles dans le contexte particulier du Congo-Kinshasa.
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L’expérience humaine prouve qu’il est difficile ou quasi impossible de vivre sans conflits, soit d’idées, soit d’intérêts. Ces derniers sont source de tensions et même parfois de violences entre les membres de la communauté humaine. Ainsi, leur résolution paisible permet souvent à cette dernière d’avancer pacifiquement, harmonieusement et dans la justice vers un meilleur vivre ensemble. L’Église, comme toute autre société humaine s’efforce de vivre en harmonie interne mais elle n’est pas exempte du phénomène conflictuel parmi ses membres. La polarisation qui se vit dans les milieux ecclésiaux découle souvent des conflits qui ne sont pas bien résolus, du fait que l’Église ne possède ou n’utilise pas toujours les moyens appropriés d’éviter et de régler les litiges de ses membres. Pourtant le législateur manifeste son souci d’éviter ou de clore pacifiquement les litiges entre les membres de la communauté. Le canon 1446 présente ce principe fondamental, qui est aussi appliqué au mariage (cc. 1676 ; 1695) ; tandis que les canons 1713-1716 (voir aussi le canon 1733) indiquent certains mécanismes pratiques destinés à la résolution pacifique des litiges. En sus, par souci pastoral et pour pallier les problèmes canoniques qui sont liés au défi de résolution des conflits d’une part, et la sollicitude pastorale confiée à la responsabilité de la conférence des évêques d’autre part, cela a conduit au sujet de recherche suivant : « Normes canoniques sur les moyens d’éviter les litiges et leur application dans le contexte culturel du Congo-Kinshasa ». Cet ouvrage se veut une contribution à la réflexion sur l’application des normes universelles (cc. 1714 ; 1733, § 2) dans le contexte particulier du Congo-Kinshasa.
Paul Venance NTAMBWEKASONGO
Normes canoniques sur les moyens d’éviter les litiges
Contexte culturel du CongoKinshasa
Préface de Francis G. Morrisey, omi
Eglises d’Afrique
NORMES CANONIQUES SUR LES MOYENS D’ÉVITER LES LITIGES
CONTEXTE CULTUREL DU CONGO-KINSHASA
Églises d’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen Depuis plus de deux millénaires, le phénomène chrétien s’est inscrit profondément dans la réalité socio-culturelle, économique et politique de l’Occident, au point d’en être le fil d’Ariane pour qui veut comprendre réellement les fondements de la civilisation judéo-chrétienne. Grâce aux mouvements d’explorations scientifiques, suivis d’expansions coloniales et missionnaires, le christianisme, porté par plusieurs générations d’hommes et de femmes, s’est répandu, entre autres contrées et à différentes époques, en Afrique. D’où la naissance de plusieurs communautés ecclésiales qui ont beaucoup contribué, grâce à leurs œuvres socio-éducatives et hospitalières, à l’avènement de plusieurs cadres, hommes et femmes de valeur. Quel est aujourd’hui, dans les domaines économiques, politiques et culturels, le rôle de l’Église en Afrique ? Face aux défis de la mondialisation, en quoi les Églises d’Afrique participeraient-elles d’une dynamique qui leur serait propre ? Autant de questions et de problématiques que la collection « Églises d’Afrique » entend étudier. Dernières parutions Honorine NGONO,La place et le rôle de la femme dans l’Église, 2016. Dieudonné ZOGNONG,Christianisme et liberté, Les paradoxes du pentecôtisme en Afrique noire, 2016. Simon-Pierre IYANANIO,L’Église catholique et l’éducation à la citoyenneté en République démocratique du Congo,2016. Léon Magloire FOÉ,De la culture à l’inculturation,2016. Pierre-Hilaire DJUNGANDEKE PESSE,Le leadership de Néhémie comme paradigme pour la reconstruction en République démocratique du Congo, Analyse sociale et herméneutique chrétienne de Néhémie 2-5, 2016. Stanislas LONGONGA,La crise financière des Églises d’Afrique. Conséquences sur le ministère des prêtres, 2016.
Paul Venance NTAMBWEKASONGO
NORMES CANONIQUES SUR LES MOYENS D’ÉVITER LES LITIGES
CONTEXTE CULTUREL DU CONGO-KINSHASA
Préface de Francis G. MORRISEY, omi, Professeur émérite et ancien doyen de la Faculté de Droit canonique, Université Saint-Paul, Ottawa, Canada
© L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09954-5 EAN : 9782343099545
PRÉFACE
L’auteur commence son ouvrage en disant que « l’expérience humaine prouve qu’il est difficile ou quasi impossible de vivre sans conflits, soit d’idées, soit d’intérêts ». Il continue en notant que « la résolution de ces conflits permet à la communauté humaine d’avancer pacifiquement, harmonieusement et dans la justice vers un meilleur vivre ensemble ».
Voilà le point principal de cette étude : comment permettre à la communauté humaine de vivre ensemble ? Et, plus précisément : comment permettre à la communauté ecclésiale de vivre ensemble dans l’harmonie et la concorde ? Car, comme nous le savons, l’Église n’est pas exempte de la condition humaine. Elle aussi doit faire face parfois à des divisions, des malentendus, et même des violations de la justice fondamentale.
Dès les débuts de l’Église, l’Apôtre Paul demandait aux chrétiens de resoudre leurs difficultés parmi eux, sans aller devant les tribunaux civils (voir 1 Co 6,1). Cet avertissement vaut encore aujourd’hui.
Le travail du Père Paul-Venance Ntambwe Kasongo, c.s.sp., a comme mission d’examiner les possibilités présentées par leCode de droit canoniquede l’Église catholique pour voir si l’on peut y trouver des possibilités concrètes prévues dans la législation ecclésiale pour éviter des conflits avant qu’ils n’apparaissent, ou, s’ils existent déjà, pour les régler en église sans la nécessité d’avoir recours aux autorités civiles pour les resoudre.
Heureusement, la législation canonique prévoit, parmi plusieurs autres moyens, tels la conciliation, la médiation et l’arbitrage, la possibilité d’élaborer un droit particulier, applicable à un tel pays et basé sur des pratiques locales pour entendre les plaintes portées par les gens au sujet de matières qui relèvent de l’autorité de l’Église.
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L’auteur porte son attention sur son pays, le Congo-Kinshasa. Il essaie, avec grand succès, de présenter un moyen qui permettrait aux responsables de l’Église du Congo, de faire face à des plaintes et de les resoudre en tenant compte des principes de justice et d’équité. Il propose même l’élaboration d’un décret particulier par la Conférence des Évêques catholiques du Congo (CENCO) qui, une fois mis en place, permettrait aux fidèles, même au niveau paroissial, d’avoir recours à un conseil de conciliation. Le fonctionnement de ce conseil tiendrait compte de la tradition africaine de la palabre pour essayer de voir plus clairement les faits en litige et arriver à une solution convenable.
J’espère que la CENCO adopterait un tel projet, ou du moins un projet similaire, pour faire face à des situations difficiles qui se présentent au sein de l’Église. Il ne faudrait pas se surprendre qu’à mesure où, dans l’Église, les laïcs – hommes et femmes – assument de plus en plus leur propre place, des difficultés pratiques se présenteront, surtout à l’occasion du changement d’un curé qui ne voudrait pas procéder comme auparavant – parfois pour le mieux, parfois pour le pire.
Jusqu’à présent, il n’y a que quelques Conférences des évêques en Afrique qui ont profité de cette possibilité, par exemple la Conférence du Nigéria. Il serait à leur avantage de profiter de l’occasion prévue par le Droit canonique pour mettre en place une structure adéquate et adaptée pour répondre aux besoins. De fait, jusqu’à présent, dans l’Église toute entière, il y a à peine une dizaine de Conférences qui ont établi un mécanisme semblable. Donc, cet appel se dresse bien au-delà des frontières africaines !
L’auteur a rendu un grand service à l’Église en offrant une possibilité pratique de résolution des conflits, tout en respectant la culture africaine et le contexte de son pays. J’espère que ses propos ne resteront pas lettre morte, mais que les autorités de l’Église au Congo-Kinshasa saisiront le moment pour donner aux autres un témoignage
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de leur désir de promouvoir la conciliation dans un monde qui a tant besoin de paix, d’harmonie et de justice.
Mes félicitations à l’auteur pour avoir mené à terme cette étude fouillée et sereine, une étude basée sur la bonté inhérente à la nature humaine et sur des principes canoniques qui ont l’expérience des siècles.
 Francis G. MORRISEY, omi,  Professeur émérite, Faculté de Droit canonique,  Université Saint-Paul,  OTTAWA, Canada K1S 1C4
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