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Orthodoxie et hétérodoxie dans la pensée religieuse de l'islam

De
261 pages
Dès sa naissance, la religion musulmane a incité l'esprit humain à la réflexion, à l'étude et à la compréhension. Les propos du Prophète Muhammad, ses actes, réactions et décisions ont été rapportés, critiqués dans le fond comme dans la forme et bien conservés. Néanmoins apparurent après la disparition du Prophète des groupes qui engagèrent un grand débat sur tous les aspects de la foi, de la loi et de la morale religieuses. Des sectes pullulèrent pour disputer le pouvoir politique, dans le but d'instaurer un Etat fondé sur leur vision de l'Islam.
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Dès sa naissance, la religion musulmane a incité l’esprit humain à la réflexion, à l’étude et à la compréhension. Cet effort était dirigé et soutenu par le Prophète Muhammad. Ses propos, actes, réactions et décisions ont été rapportés, critiqués dans le fond comme dans la forme et bien conservés. Les générations successives ne se sont pas contentées de l’étude et du commentaire du legs des devanciers mais ils l’ont enrichi. Au début, le patrimoine religieux hérité des pionniers revêtait aux yeux de certains un caractère particulier, étant donné la place que ceux-là occupent dans la hiérarchie musulmane. Néanmoins cette attitude changea vite, car quelques décennies après la disparition du Prophète, apparurent des groupes qui engagèrent un grand débat sur tous les aspects de la foi, de la loi et de la morale religieuses. Des sectes pullulèrent et se donnèrent des arguments textuels et rationnels pour disputer le pouvoir politique à ses tenants, dans le but d’instaurer un État fondé sur leur vision de l’Islam. Le groupe le plus fidèle à la tradition des anciens, représenté par des figures religieuses et scientifiques largement reconnues, se chargea de la perpétuation d’un enseignement officiel. Les plus connus furent les imams fondateurs des quatre Écoles juridiques qui durent faire face à une multitude d’écoles de pensée qui connurent diverses fortunes mais dont certaines persistent encore.
Khadim, fils de Muhammad fils de Said, fils de Saad Mbacké, est né à Touba. Il y apprit le Coran avant de s’en aller à Médine où il étudia les sciences islamiques et la langue arabe à l’école Dar al-Hadith, aux lycée et université islamiques. Il s’inscrit ensuite au département d’islamologie de la Sorbonne (Paris IV) où il soutint une thèse de doctorat en histoire religieuse en 1978. De retour au Sénégal, il intègre l’université de Dakar à travers l’Institut fondamental d’Afrique noire. Docteur d’État depuis 1991, Pr Khadim Mbacké continue activement son militantisme pour les causes justes. Il est auteur de plusieurs ouvrages.
Ce livre a été édité grâce au Fonds d’aide à l’édition du ministère de la Culture et du patrimoine du Sénégal / Direction du Livre et de la Lecture
Illustration de couverture : © SoberP
ISBN : 978-2-343-02943-6 26 €
9 78 2 3 4 30 2 9 4 3 6
Khadim M. Mbacké
Orthoetdoxie Hét rodoxie dans la pensée religieuse de l’islam
Orthodoxie et Htrodoxie dans la pense religieuse de lislam
Khadim M. Mback Orthodoxie et Htrodoxie dans la pense religieuse de lislam
 LHARMATTAN-SNGAL, 2014 « Villa rose », rue de Diourbel, Point E, DAKARhttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr senharmattan@gmail.com ISBN : 978-2-296-99548-2 EAN : 9782296995482
INTRODUCTION
Fonde sur une rvlation divine confine dans le Coran transmis par le Prophte Muhammad, la religion musulmane se rpandit trs vite dans les contres voisines de la pninsule arabique et ensuite dans le reste du monde. Elle cra une communaut dynamique et unie, par-del des diffrences culturelles, par une foi simple et claire en un Dieu absolument unique, crateur des mondes, auquel tout doit se soumettre et se conformer  sa volont; une foi dans le message universel d’un prophte envoy pour parachever l’œuvre de ses prdcesseurs. L’unit des Musulmans fut cependant souvent menace par des divergences politico-religieuses, notamment  cause de la transformation du pouvoir islamique en une monarchie hrditaire et la sparation des pouvoirs temporel et spirituel. L’islam a eu la chance d’avoir des ulmas qui ont su parfaitement jouer leur rle d’hritiers des prophtes. Par la diffusion du savoir islamique, ils ont russi  travers les sicles  sauvegarder l’intgrit de la religion. Bien qu’affecte par les multiples temptes qui ont secou la communaut, la majeure partie de ce groupe est reste fidle  sa vocation. Son attitude  l’gard du pouvoir a toujours t marque par la tentative de l’orienter dans le sens indiqu par les textes de la charia, donc dans celui de l’intrt rel des Musulmans. La diminution de leur influence auprs des gouvernants fut une des plus importantes causes du dclin de la e e communaut musulmane  partir du 3 /9sicle parce qu’elle entrana un manque de crdibilit du pouvoir aux yeux des
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KHADIMM.MBACKmasses. Ce qui cra une brche largement exploite par les adversaires de tous bords de la communaut. Il y a toujours eu des ulmas qui, en priode de difficults, prtendent que le redressement de la situation de la Umma passe par un retour aux sources. Pour eux, si l’islam tait au temps de sa premire grandeur assez fort pour pouvoir faire face aux deux grandes puissances d’alors qu’taient la Perse et la Byzance, c’est parce qu’il avait gard son authenticit et tait totalement assimil et strictement pratiqu par ses adeptes. Aussi faut-il restaurer cet islam authentique qui hisse l’acquisition des moyens de progrs matriel, moral et spirituel au rang d’obligation cultuelle. Cette restauration commence par la formation des hommes qui doit mettre un accent particulier sur le dogme, la loi et la morale qui se dgagent du Coran et des hadiths authentiques. Une telle formation aboutirait  une bonne connaissance de l’islam et rendrait son application stricte possible. Celle-ci serait alors en mesure de redonner  la Umma sa force premire et de lui permettre d’occuper une place honorable dans la socit humaine. De multiples groupes se sont toujours rclams de l’orthodoxie musulmane. Les plus crdibles d’entre eux semblent ceux qui ont adopt une position commune sur les croyances essentielles de leur religion et prtendent tre les plus fidles  la tradition des Anctres pieux, lessalaf as-salih (orthodoxestraditionalistes). Le termesalafdu drive verbe arabesalafa (devancer).Dans la terminologie 1 religieuse musulmane, le terme, cit cinq fois dans le Coran, est usit dans deux acceptions : a) tout ce qu’un homme accomplit en fait de bonnes ou mauvaises œuvres ainsi que ses enfants morts en bas ge ;
1 Le Coran, Mdine, ditions du Complexe du Roi Fahd pour l’impression du Saint Coran, 1420/1985, 604 p., 2 : 275 ; 4 : 22 ;23 : 5 ;95 : 8 ; 38 : 10 ; 30 : 6 ; 92 : 4 ; 4 : 23 ; 5 : 95 ; 8 : 38. 8
Orthodoxie et Htrodoxie dans la pense religieuse de l’islamb) les premires gnrations musulmanes: les compa-gnons, leurs successeurs immdiats et les successeurs immdiats de ceux-ci. Il semble que l’emploi du terme dans la dernire acception se rpandit aprs le premier sicle de l’Hgire, et il tait alors prcisment question des migrs, desauxiliaires 2 et de ceux qui les ont rejoints. Aprs l’poque des « successeurs », la gnration qui les suivit les insra dans le groupe des orthodoxes traditionalistes au mme titre que les compagnons. Il est vraisemblable qu’il y eut un accord tacite e qui limite  la 3gnration, aprs celle des compagnons, le cadre temporel des gnrations musulmanes que recouvre cette appellation. Cette limitation est apparemment fonde sur le clbre hadith qui dit : « La meilleure gnration est la mienne puis celle qui la suit immdiatement puis celle qui 3 suit celle-ci. » On pourrait noter que de nombreuses divergences doctrinales clatrent au sein des Musulmans pendant ce laps de temps et, si les pionniers  prendre pour modles sont ceux que nous venons de citer, on ne peut pas ne pas se demander s’ils avaient tous les mmes conceptions de la foi et de la loi. Il y eut certainement des divergences d’opinions entre les compagnons au sujet de bon nombre de questions religieuses, notamment la mort du Prophte, son lieu d’enterrement, l’hritage de ses biens, la dsignation de son successeur, l’attitude  adopter  l’gard de ceux qui avaient, 2  Lesmigrs sont les compagnons de Muhammad qui quittrent La Mecque pour le joindre  Mdine afin de pouvoir exercer librement leur religion. Les Auxiliaires sont les autochtones qui les accueillirent et les aidrent  s’y installer. 3  Al-BOKHARI(Muhammad ibn Ismail),Le Sahih, Beyrouth, Dar e ibn Kathir, al-Yamamah, 3dition, 1987, p. 938. Le termequarnutilis dans le hadith est polysmique. Il peut signifier gnration, sicle, corne, gal, etc. Certains auteurs lui ont donn le deuxime e sens et fix la fin de l’poque des Anctres pieux  la fin du 3sicle e de l’Hgire/9sicle AC.
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