Petit dictionnaire de Dieu

Petit dictionnaire de Dieu

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Français
332 pages

Description

« Si aucun mot ne peut vraiment définir Dieu, est-il raisonnable de lui consacrer un dictionnaire ? » Cela exige une bonne dose d’humilité et d’inconscience, tant ce projet donne le vertige. Mais le défi vaut la peine d’être relevé, avec l’aide de Dieu, bien sûr.
Tout n’a-t-il pas été dit sur Dieu ? De nombreux livres lui sont consacrés, mais l’auteur a souvent tourné autour de son mystère, surtout dans Les mots de l’Autre et Dieu caché. En effet, Dieu n’est pas un problème à éclaircir, mais un mystère à découvrir. Cette approche de foi ne se discute pas vraiment, elle relève plus de la mystique qui précède la pensée, de la contemplation qui est de l’ordre de l’intuition et de l’amour. Ainsi, les entrées de ce dictionnaire ne seront pas seulement d’ordre philosophique et théologique, mais aussi d’ordre poétique et mystique.
Faut-il croire en Dieu pour lire ce dictionnaire ? Non, il suffit d’être curieux, ouvert. La question est-elle vraiment de savoir si Dieu existe ou non, de croire en lui ou pas ? « C’est là une question d’homme », note Maurice Bellet dans son Minuscule traité acide de spiritualité, « Dieu ne se la pose jamais. » L’important n’est-il pas de demeurer dans l’intelligence du coeur et la compassion, en se faisant proche de ceux et celles avec qui nous vivons ? Dieu est discret et secret, comme l’amour et la vie. Nous avons toujours la tentation de lui donner les attributs de l’idole. Il nous échappe sans cesse au foyer de notre conscience, mais son élan de vie crée du sens.
Comme tout dictionnaire, nul besoin de le lire de la première à la dernière page. Le lecteur peut se laisser guider au hasard de la Providence, chaque mot en appelant un autre, jusqu’au silence où Dieu se dit. »

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Informations

Publié par
Date de parution 15 avril 2014
Nombre de lectures 25
EAN13 9782896880515
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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dictionnaire   DE D•ieu
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Gauthier, Jacques, 1951 Petit dictionnaire de Dieu ISBN 9782896466290 1. Dieu (Christianisme) – Dictionnaires français. BT103.G38 2014 231.03
I. Titre.
Dépôt légal – Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2014 Bibliothèque et Archives Canada, 2014
Direction éditoriale : Yvon Métras Révision : Josée Latulippe Mise en pages et couverture : Interscript Photos et illustrations : © Shut terstock
C20139426019
Les textes bibliques sont tirés de laBible de Jérusalemet de laTraduction œcuménique de la Bible(TOB). © Société biblique française et Éditions du Cerf, Paris, 1988. Avec l’autorisation de la Société biblique canadienne.
© Les Éditions Novalis inc. 2014
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour des activités de développement de notre entreprise.
Cet ouvrage a été publié avec le soutien de la SODEC. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – Gestion SODEC.
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Imprimé au Canada
Diffusion pour la France et l’Europe francophone : Les Éditions du Cerf editionsducerf.fr 24, rue des Tanneries 75013 Paris
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JACQUES GAUTHIER
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Introduction
DansLa poétique de la rêverie, Gaston Bachelard confesse que « c’est toujours un dur métier que celui d’écrire un livre. On est toujours tenté de se borner à le rêver ». Il me semble que cela est encore plus vrai pour l’écriture d’un dictionnaire. Ce voyage alphabétique peut devenir une caverne d’Ali Baba aux entrées imprévisibles, un bric-à-brac de mots aimés, une écriture en forme de collage, à l’image de notre monde morcelé. Alors, imaginez lorsque le sujet n’est nul autre que Dieu, cela suppose tout un assemblage. Si Dieu est incompréhensible de nature, les mots et les idées ne manquent pas pour parler de lui. Mais gare aux idoles !
De la racine indo-européennedeiqui signifie « briller », le mot « Dieu » est lié aux notions de jour (dies), de lumière, de la foudre qui renvoie au ciel. Cela donne le nom grecZeus(génitif deDios), puistheos, du verbetheaomaije suisqui signifie « bouche bée ». Dieu attire, éclaire, étonne. Il figure depuis long-temps dans les dictionnaires. En voici un exemple, tiré du Dictionnaire universel d’Antoine Furetièrede 1694 : « Il ne peut avoir de vraye definition, à cause que c’est un Être infini & incompréhensible. Les hommes le considèrent comme la première Cause, le premier Être qui est de tout temps, qui a tout créé, & qui subsiste de lui-même. »
Difficile de passer inaperçu quand on est au commencement de tout. L’ombre de Dieu se faufile incognito entre les pages des dictionnaires, au fil des siècles et des usages, mais c’est peine perdue, nul ne peut vraiment le saisir. Dieu n’est pas une inven-tion, disait Louis Massignon, il est une découverte. Voltaire,
Petit dictionnaire de Dieu
plus sarcastique, affirmait que si Dieu n’existait pas il faudrait l’inventer. Pour laGrande encyclopédie soviétiquede 1950, Dieu est une « créature mythique et fictive à la base de toute considération religieuse ». Pour d’autres, c’est un terme vague, vide, qui donne l’illusion d’une plénitude, d’une direction. « Le motdieuest un petit creux dans lequel je mets tout », écrit la chorégraphe Marie Chouinard dans son recueilChantier des extases.
Du tam-tam à l’ordinateur, des tablettes d’argile aux écrans tactiles, la notion de Dieu vient de loin et on entend toujours son écho, tant elle résiste à l’usure. C’est l’un des mots les plus souvent tapés sur le moteur de recherche Google et il compte des millions d’amis dans les réseaux sociaux et les blogues. On gazouille à son sujet en moins de 140 caractères ; c’est là tout un défi quand on contient l’infini.
Nietzsche disait qu’une chose expliquée cesse de nous inté-resser. Dieu a donc un bel avenir devant lui ! Personne n’a encore réussi à démonter sa mécanique ni à vider sa poétique. Le poète américain Wallace Stevens en convenait dans l’une de ses maximes : « La plus grande idée poétique du monde est et a toujours été l’idée de Dieu. »
Si aucun mot ne peut vraiment définir Dieu, est-il raison-nable de lui consacrer un dictionnaire ? Non. Cela exige une bonne dose d’humilité et d’inconscience, tant ce projet donne le vertige. Mais le défi vaut la peine d’être relevé, avec l’aide de Dieu, bien sûr. Si les champignons, les fromages, les villes, les vins, les religions, les destinations touristiques, les cita-tions, les noms propres, les symboles, les films, et quoi d’autre encore, ont tous leurs dictionnaires, Dieu peut bien avoir le sien… c’est-à-dire le mien, qui sera donc très personnel.
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Introduction De quel Dieu est-ce que je parle ? Mais de l’Unique, voyons ! Je lui mets une majuscule pour bien le différencier des petits dieux. Il est la capitale en qui je demeure, le mystère qui me fascine, non parce qu’il est impossible à comprendre, mais parce je n’ai jamais fini d’en faire le tour. Il échappe toujours aux catégories, aux définitions, aux images, aux pensées. Dès que je le nomme, il se dérobe. Il se voile et se dévoile en même temps. Je le vois mieux dans le silence et l’art, dans la foi et la prière. Bien sûr, un Dieu bouche-trou, autoritaire et vengeur ne m’intéresse pas. Telle n’est pas mon expérience, et je suis athée de ce Dieu-là.
Mon Dieu, je suis tombé dedans quand j’étais petit. Je l’ai au corps et au cœur depuis ma naissance dans une petite ville du Québec. J’ai toujours eu conscience de sa réalité, je ne peux pas faire fi de cette expérience qui est le fondement de ma vie : il y a quelqu’un plutôt que rien. Le fait de croire en lui me rend heureux. Certes, il est possible de vivre une vie pleine et heureuse sans Dieu. Chacun a ses raisons de croire en lui ou pas, et nul besoin de tourner le croyant ou l’incroyant en dérisionpourjustiersaposition.
Pour moi, Dieu est quelqu’un de personnel qui m’aime et habite ma conscience depuis mon enfance. Il est un « tu » qui fonde mon « je », un Dieu ineffable que ma parole balbutie. Devant cet être, autre et différent, je ne suis jamais seul. Pas de lieu et d’espace vides de Dieu. Je me le représente comme un visage de bonté devant lequel je me tiens libre, une présence d’amour qui me permet de penser. Je le rencontre surtout dans le cœur à cœur silencieux de la prière contemplative, aussi appelée « oraison ». Il est au centre de ma vie par la relation que je maintiens avec lui. Il est autant objet de ma quête que sujet à saisir.
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Petit dictionnaire de Dieu
Tout n’a-t-il pas été dit sur Dieu ? Peut-être, mais pas par moi. Dans mes nombreux livres, je tourne souvent autour de son mystère, surtout dansLes mots de l’AutreetDieu caché. En effet, Dieu n’est pas un problème à éclaircir, mais un mystère à découvrir. Cette approche de foi ne se discute pas vraiment, elle relève plus de la mystique qui précède la pensée, de la contemplation qui est de l’ordre de l’intuition et de l’amour. C’est ce que je montre dans: quinze varia-L’aventure de la foi tions. Ainsi, les entrées de ce dictionnaire ne seront pas seule-ment d’ordre philosophique et théologique, mais aussi d’ordre poétique et mystique. Ma thèse de doctorat sur la théopoésie du poète Patrice de La Tour du Pin témoignait de mon désir de réunir poésie et théologie. Cette étude a influencé ma carrière de professeur à l’Université Saint-Paul d’Ottawa.
Je ne peux parler de Dieu qu’à partir de ce que je suis et de la tradition judéo-chrétienne qui est la mienne. L’idée de Dieu varie selon les expériences, les lectures, les croyances, les reli-gions. Lorsqu’on dit qu’on croit en lui, il importe donc de toujours spécifier à quel Dieu on se réfère, de quel livre sacré on s’inspire et, surtout, comment on l’interprète. Je limiterai donc les entrées de ce dictionnaire à la tradition catholique, plus proche de mon expérience que ne le sont le judaïsme et l’islam. Le dialogue entre les grandes religions monothéistes sera fécond si on connaît bien sa tradition et si on reconnaît qu’on ne sait pas tout de Dieu.
Le Dieu de la Bible me semble le plus universel et le plus familier. L’homme a créé les dieux de la mythologie à son image, projections de ses rêveries et de ses peurs. Ces dieux anthro-pomorphes sont aux antipodes du Dieu transcendant de Moïse, dont le nom imprononçable YHWH signifie présence éternelle : « Je suis celui qui est » (Exode3, 14). Nul ne peut le voir sans
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