Pour l
238 pages
Français

Pour l'Amour de mes Frères

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Description

Cet ouvrage présente un recueil d'homélies rédigées entre 2009 et 2018 pour la paroisse de Saint-Eugène Sainte-Cécile à Paris, puis pour la cathédrale Notre-Dame de Grenoble. Son intention est cristallisée dans son titre, tiré du Psaume 122 (121). Il s'agit de dire l'amour de Dieu, créateur et sauveur qui vient par l'Evangile éclairer la profondeur de nos vies.

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Date de parution 05 décembre 2018
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EAN13 9782140107153
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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P , qui est tiré du Psaume 122 (121). Il s’agit, au îl des mois, de
de l’Esprit-Saint. Le déî est de pousser la réexion, tout en gardant la simplicité de l’expression, aîn de rester accessible à tous.
Patrick Faure
Pour l’Amour de mes Frères
Recueil d’ homélies
Préface de Mgr Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes, Dol et SaintMalo
Pourl’AmourdemesFrères
Recueil d’homélies
Religions et Spiritualité fondée par Richard Moreau, Professeur émérite à l’Université de Paris XII, dirigée par Gilles-Marie Moreau et André Thayse, Professeur émérite à l’Université catholique de Louvain.La collectionReligions et Spiritualitérassemble divers types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue interreligieux. Derniers titres parus: Francis Lapierre et Gonzague Lemaître,Recherches sur l’évangile araméen de Matthieu. Préface de Mgr Paul-Marie Guillaume, évêque émérite de Saint-Dié, postface d’Etienne Nodet, 2018. Boniface Nkomba Lukena,Le cœur de l’homme dans l’évangile selon saint Matthieu : une étude exégético-théologique, 2018. Isaac Nizigama,Darwinisme et éthique chrétienne : un dialogue de sourds, 2018.Etienne Bakissi,La foi à l’épreuve du temps : esquisses d’une pastorale de la christification et de l’inculturation, 2018.Claude-Henri Vallotton,Jusqu’où irons-nous ? Espérer dans la désespérance, 2018.David Meyer, Jean-Michel Maldamé, Abderrazak Sayadi, Jean-Pierre Castel, Lutter contre la violence monothéiste : 3 voix répondent à 10 questions, 2018.Hyejeong Seo,Après le baptême, le chrétien est-il toujours pécheur ? Simul justus et paccator chez Luther, 2018. Simona Somsri Bunarunraksa,Monseigneur Louis Laneau (1637-1696), 2018. Sœur Marie-Ancilla,Le Nouvel Age à l’œuvre dans l’Eglise : la gnose est de retour, 2018.e Francis Lapierre,édition)L’Evangile oublié (3 , 2018. Mgr Jacques Suaudeau,Le linceul de Turin : de l’analyse historique à l’investigation scientifique(2 vol.), 2018. Gérard Leroy,L’Evénement : tout est parti des rives du Lac, 2018.Giraud Pindi,La procédure de nullité matrimoniale devant l’évêque diocésain selonMitis Iudex Dominus Iesus, 2018.Marie Moreau,A la découverte de l’Amour divin : une approche de la Vérité. Préface de l’abbé David de Lestapis, 2018.Patrick Gaso et Gilles-Marie Moreau,La basilique du Sacré-Cœur de Grenoble. Préface de Mgr Guy de Kerimel, 2018. Jean Stern,Le curé d’Ars et le message authentique de La Salette. Préface de Mgr Guy de Kerimel, 2018.
Patrick FAURE Pourl’AmourdemesFrères Recueil d’homélies Préface de Mgr Pierre d’Ornellas, Archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo
Du même auteur Pentecôte et Parousie (Ac 1,6-3,26), L’Eglise et le Mystère d’Israël entre les Textes Alexandrin et Occidental des Actes des Apôtres, Etudes Bibliques Nouvelle Série, n°50, Paris 2003, Gabalda. Des Chemins s’ouvrent dans leurs cœurs, Etude et Méditation des Psaumes, Cahiers de l’Ecole Cathédrale, n°76, Paris 2007, Parole et Silence. À paraître L’Epître aux Romains dans son contexte communautaire, Introduction et Interprétation, Cahiers de l’Ecole Cathédrale, Paris 2019, Parole et Silence. Les Actes des Apôtres, Texte Occidental reconstitué, Etudes Bibliques Nouvelle Série, n°79, Louvain 2019, Peeters, 684p. © L’HARMATTAN, 2018 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-16354-3 EAN : 9782343163543
Préface « L’homélie est la pierre de touche pour évaluer la proximité et la capacité de rencontre d’un pasteur avec son 1 peuple . » Comment ne pas penser à ce propos du pape François lorsqu’on lit les homélies du père Patrick Faure, curé de paroisse ? Ce dernier les publie en raison de l’amicale pression de ses paroissiens qui y ont trouvé une juste nourriture spirituelle. Ces homélies manifestent quelque chose de la « proximité » et de la « capacité de rencontre » dont parle le Saint Père. L’homélie, autant que les sacrements, irrigue la vie ordinaire de l’Église depuis deux mille ans. Le prêtre – ou l’évêque et le diacre – la prononce le plus souvent au cours de la célébration de la Messe. Elle a un genre très spécifique. Le Saint Père le précise : l’homélie « est un genre particulier, puisqu’il s’agit d’une prédication dans le cadre d’une célébrationliturgique». Citant saint Jean-Paul II, il explique : « Il faut se rappeler que "la proclamation liturgique de la Parole de Dieu, surtout dans le cadre de l’assemblée eucharistique, est moins un moment de méditation et de catéchèse que le dialogue de Dieu avec son peuple, dialogue où sont proclamées les merveilles du salut et continuellement proposées les exigences de l’Alliance". L’homélie a une valeur spéciale qui provient de son contexte eucharistique, qui dépasse toutes les catéchèses parce qu’elle est le moment le plus élevé du dialogue entre Dieu et son 2 peuple, avant la communion sacramentelle ». Il en conclut ceci : « Elle s’intègre comme une partie de l’offrande qui est remise au Père et comme médiation de la grâce que le Christ 1 Pape François, ExhortationEvangelii gaudium, n. 135. 2 Ibid., n. 137.
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répand dans la célébration. Ce contexte même exige que la prédication oriente l’assemblée, et aussi le prédicateur, vers une communion avec le Christ dans l’Eucharistie qui 3 transforme la vie . » C’est pourquoi les homélies du père Patrick Faure se terminent par le beau mot de la prière : « Amen ! » Cependant, les Pères de l’Église ne se contentaient pas 4 seulement de cette expression, pourtant si lourde de sens , ils achevaient souvent leurs homélies par une parole de louange 5 à Dieu Trinité . Ils avaient en effet une vive conscience que leurs paroles humaines, parce qu’elles étaient rassemblées et organisées dans une homélie, avaient un statut tout à fait particulier : elles participaient effectivement à l’offrande du Christ ressuscité rendue présente dans le sacrement de l’Eucharistie à la louange de gloire du Père des Cieux, elles entraînaient leurs fidèles à participer activement au sacrifice qui se célébrait dans les « saints Mystères ». L’homélie a vocation à conduire les fidèles qui l’entendent, et le prédicateur lui-même, à la foi vivante et « agissante par l’amour » (Galatesfoi qui est 5,6), communion avec Dieu, grâce à la forte médiation du Christ Jésus et à la douce puissance de l’Esprit Saint. Comment donc l’homélie peut-elle remplir cette si sublime vocation ? Parce qu’elle est naturellement un
3 Ibid., n. 138. 4  VoirCatéchisme de l’Église Catholique1062 : « En hébreu, ", n. Amen" se rattache à la même racine que le mot "croire". Cette racine exprime la solidité, la fiabilité, la fidélité. Ainsi on comprend pourquoi le "Amen" peut être dit de la fidélité de Dieu envers nous et de notre confiance en Lui. » 5  Par exemple, saint Jean Chrysostome dans une homélie pour la Pentecôte : « Puissions-nous tous nous en montrer dignes, par la grâce et l’amour de notre Seigneur Jésus-Christ, avec lequel soient au Père, ainsi qu’au Saint-Esprit, gloire, puissance, honneur, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen. » Ou saint Jérôme pour une homélie pascale : « Il parlait de nous : autrefois nous avions le cœur dur, mais maintenant que nous croyons dans le Christ Jésus, nous avons été adoptés comme fils d’Abraham, comme fils du Dieu tout-puissant. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. » In respectivement coll. Sources chrétiennes, n. 562, Cerf, 2014, p. 323, et n. 593, Cerf, 2018, p.197.
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commentaire de la Parole de Dieu qui vient d’être proclamée 6 dans l’acte liturgique. Les textes proclamés appartiennent à « l’Écriture Sainte [qui] est la Parole de Dieu en tant qu’elle 7 a été mise par écrit sous l’inspiration de l’Esprit Saint ». Mais ces textes de l’Écriture sainte proclamés dans la liturgie sont d’autant plus Parole de Dieu que le Christ est « présent dans sa Parole, car c’est Lui qui parle tandis qu’on lit dans 8 l’Église les Saintes Écritures ». Or, « dans les saints Livres, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation 9 avec eux ». Par ce dialogue, Il se révèle à eux : « Dans cette Révélation, le Dieu invisible s’adresse aux hommes en son immense amour ainsi qu’à des amis, Il s’entretient avec eux 10 pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie . » Voilà l’admirable enseignement de l’Église sur la Parole de Dieu : en elle, Dieu dévoile à ses enfants son mystère d’amour infini et sauveur ainsi que leur vocation à Lui répondre en participant à son mystère de charité grâce au salut opéré par le Christ Jésus. Ce dévoilement n’est pas intellectuel, il est une transformation de tous les auditeurs de 6 Selon la forme ordinaire du Rite romain, ils sont quatre textes bibliques pour la Messe dominicale et pour les solennités : une première Lecture tirée de l’Ancien Testament, puis un Psaume qui nous permet de répondre à cette Lecture, une seconde Lecture tirée des écrits apostoliques du Nouveau Testament puis un passage de l’un des quatre Évangiles. Le pape Benoît XVI souligne que « la réforme voulue par le concile Vatican II a montré ses fruits en élargissant l’accès à la Sainte Écriture qui est abondamment proposée, surtout dans la liturgie dominicale. La structure actuelle, en plus de présenter fréquemment les textes les plus importants de l’Écriture, favorise la compréhension de l’unité du dessein divin, à travers la corrélation entre les lectures de l’Ancien et du Nouveau testament, "dont le centre est le Christ célébré dans son Mystère pascal". » In Exhortation post-synodale sur la Parole de DieuVerbum Domini, 30 septembre 2010, n. 57. 7 Concile Vatican II, constitution dogmatique sur la Révélation divine,Dei Verbum, n. 9. Au n. 21, on lit : « Les saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont inspirées, elles sont vraiment la Parole de Dieu. » 8  Concile Vatican II, constitution sur la Sainte liturgie,Sacrosanctum concilium, n. 7. 9  Concile Vatican II, constitution dogmatique sur la Révélation divine,Dei Verbum, n. 21. 10 Ibid., n. 2.
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la Parole : outre la révélation de la vérité de Dieu et de son dessein de salut de tous les hommes, il est aussi « la grâce prévenante et aidante de Dieu, ainsi que le secours intérieur du Saint-Esprit qui touche le cœur et le tourne vers Dieu, ouvre les yeux de l’esprit et donne "à tous la douceur de 11 consentir et de croire à la vérité" ». Par sa Révélation qui est dévoilement, Dieu fait naître la foi ! Celle-ci est réponse libre, vivante et entière à son amour et à son appel. N’est-il pas vrai que notre foi grandit et s’enflamme progressivement d’amour grâce à l’écoute patiente et vraie de la Parole de Dieu ? Cette foi devient même soif de cette Parole, unique entre toutes ! Le prédicateur a donc mission de situer son homélie dans l’acte de Dieu qui parle Lui-même dans la liturgie et qui ainsi dévoile son mystère et le nôtre. Par ses paroles humaines, le prédicateur a donc la redoutable et magnifique mission d’être le serviteur de ce dévoilement divin pour les fidèles à qui il a reçu mission de prêcher. Il croit tellement dans ce dévoilement qu’opère la Parole de Dieu qu’il parle afin que ses fidèles se laissent toucher par elle et ouvrent les yeux de leur esprit à sa beauté et sa pureté attractives. En définitive, lorsqu’il commente la Parole de Dieu, le prédicateur enlève le voile derrière lequel l’amour insondable de Dieu Trinité est « caché » (Matthieu13,35). Il présente le mystère de Jésus, plénitude de la Révélation, qui, par sa mort et sa résurrection, a enlevé le voile du Temple derrière lequel se cachait le Dieu miséricordieux (Matthieu27,51). Il fait briller la lumière du Christ en la mettant sur le lampadaire afin qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans son église (cf. Matthieu5,15). Ce faisant, le prédicateur fortifie ainsi la foi, l’espérance et l’amour de ses fidèles et les guide sur leur chemin de conversion de telle sorte qu’ils entrent plus activement dans la célébration eucharistique et dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu, qui, par la sainteté et la charité de leur vie,
11 Ibid., n. 5, qui cite le second Concile d’Orange en 529.
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sanctifie le Nom de leur Père (cf.Romains 8,21 ; 1Thessaloniciens4,3). La prédication, qui conduit à la participation vivante au sacrifice eucharistique, conduit aussi à la prière que les fidèles, tous ensemble unis dans la foi qui est fortifiée en eux par la Parole de Dieu, prononcent avec amour : « Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié… » Si le prédicateur commente la Parole de Dieu, c’est qu’il est convaincu de ceci : « La force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu’elles constituent, pour l’Église, son point d’appui et sa vigueur et, pour les enfants de l’Église, la solidité de leur foi, la nourriture de leur âme, 12 la source pure et permanente de leur vie spirituelle . » Plus que cela, le prédicateur prononce son homélie car il obéit au Christ dont il est constitué « serviteur » par le sacrement de l’Ordre qu’il a reçu et par la mission qui l’a envoyé. En effet, le Christ n’a-t-il pas prié pour les prédicateurs en évoquant dans sa prière celles et ceux qui croiraient en Lui « grâce à leur parole » (Jean17,20) ? Pour commenter la Parole de Dieu, le prédicateur sait à qui il s’adresse. Il connaît ses brebis, comme seul le pasteur qui les conduit sur de bons pâturages les connaît (cf.Jean10). Il commente en trouvant les mots et en les organisant de telle sorte que la divine Parole se fraye un chemin jusqu’au cœur des fidèles qui sont en vérité les brebis du Christ, l’unique bon Pasteur, qui les aime et les sauve. Il les rencontre vraiment car ses propres mots humains sont étonnamment revêtus de la grâce dont est porteuse la Parole divine de salut et qui touche les cœurs de ses fidèles. Il ne s’en attribue pas le mérite et demeure humble sous la Parole divine dont il connaît la puissance et la transcendance. Le prédicateur, tel saint Jean Baptiste, s’efface devant Celui qu’il annonce et trouve une « joie parfaite » à voir ses fidèles suivre Jésus (cf.Jean3,29-30).
12 Ibid., n. 21.
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