//img.uscri.be/pth/78941addf2c53dd712d8a0541ad70f811c5145f8
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 9,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Pour une Eglise juste et durable

De
100 pages
Cet ouvrage répond au synode des évêques à Rome en octobre 2005 sur l'Eucharistie, suivi de l'exhortation apostolique de Benoît XVI, en février 2007. Pour célébrer l'Eucharistie, il faut des prêtres. Or, leur nombre décline. L'auteur dénonce ici les injustices, contradictions et erreurs de l'Eglise romaine, la seule à maintenir l'obligation du célibat qui n'est pas imposée par Jésus dont le célibat est d'une autre nature théologique.
Voir plus Voir moins

POUR UNE ÉGLISE JUSTE ET DURABLE

Du même auteur: Construire des églises. Les dimensions des paroisses et les contradictions de l'apostolat dans les villes, Paris, Le Cerf, 1957. vers un renouveau du diaconat, Paris, Desc1ée de Brouwer, 1958. Langues vivantes et liturgie, Paris, Le Cerf, 1961. Les diacres. Histoire et avenir du diaconat, Paris, Le Centurion, 1968. La vanité dans l'Église, Paris, Le Centurion, 1968. Ordonner des prêtres. Le célibat une loi, le ministère une nécessité, Paris, Le Centurion, 1977. Les missions paroissiales en Alsace de 1958 à 1967, Strasbourg, Ercal Publications, 1994. Art sacré et nouvelles églises en Alsace de 1945 à lafin du siècle, Strasbourg, Ercal Publications, 1994. Les séminaristes du diocèse de Strasbourg pendant la guerre 1969-1945. Clermont-Ferrand, Fribourg-en-Brisgau, aux armées, Strasbourg, Ercal Publications, 1996. Gunstett. L'église Saint-Miche~ Paroisse de Gunstett, 1996. En collaboration, sous [a direction de ['auteur: Le livre de lafamille, Encyclopédie des fiancés, des époux et des parents chrétiens, Paris, Bayard-Presse, 1965 ; nouv. éd., 1975. Le diacre dans l'Église et le monde d'aujourd'hui. Paris, Le Cerf (Unam Sanctam 59), 1966.

Religions et Spiritualité
collection dirigée par Richard Moreau, professeur honoraire à l'Université de Paris XII, et André Thayse, professeur émérite à l'Université de Louvain La collection Religions et Spiritualité rassemble divers types d'ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l'homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue interreligieux.

Titres déjà parus:
Christine Brousseau, Les vies de saint Étienne de Muret. Histoires anciennes, fiction nouvelle, 2008. Yves Bourron, Philippe Van Den Bogaard, Tu t'appelleras Felipe. Un prêtre au coeur des communautés de base du Chili. Interviews et rédaction d'Yves Bourron, 2008.
(Suite des titres page 97)

Paul WINNINGER

POUR UNE ÉGLISE JUSTE ET DURABLE
Célibat libre et appel à la prêtrise

L' Itmattan

2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris

@ L'Harmattan,

http://www.librairieharmattan.com ditfusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-07337-1 EAN : 9782296073371

Introduction

L'encyclique de Jean-Paul II, l'Eucharistiefait l'Église (17 avril 2003) a ouvert une année de l'eucharistie et a suscité le Synode des évêques d'octobre 2005, suivi de l'Exhortation apostolique postsynodale de Benoît XVI sur l'Eucharistie (22 février 2007). Parmi les problèmes évoqués, le plus important fut sans doute le dramatique manque de prêtres sans lesquels il n'y a pas d'eucharistie, et donc pas d'Église. L'obligation du célibat est actuellement le plus grave obstacle au recrutement sacerdotal. Le synode n'apporta aucune ouverture. Néanmoins, il offrit enfin l'occasion d'un débat public, de la part des 252 évêques convoqués. Au cours de l'heure de libre discussion, au soir de
chaque journée, des problèmes qui seraient autrifois restés sous l'eau ont pu émerger, a dit le cardinal Danneels, archevêque de MalinesBruxelles, en particulier l'éventualité d'ordonner prêtres des hommes mariés, des viri probati déjà évoqués au concile Vatican II. (Je garderai ce terme tout au long de cette étude. Traductions plus ou moins synonymes: hommes probes, honnêtes, intègres, vertueux, expérimentés). Jusque là cette éventualité était officiellement tue. Les organismes et personnes qui en parlaient étaient suspectés, en particulier moi-même qui ai publié dès 1977 un
premier appel: Ordonner des prêtres. Le célibat une loi, le ministère

une nécessité (Éditions du Centurion, Paris). Maintenant des évêques s'expriment publiquement. Tel Mgr Roland Minnerath, archevêque de Dijon, qui fut secrétaire du synode: C'est une
question de discipline (c'est-à-dire de législation canonique, pas de vérité dogmatique)... S'il s'avère un jour que cette tradition risque de

priver de prêtres des communautés au point de les amener à disparaître, pourquoi ne pas la faire évoluer? (Entretiens avec Bernard Lecomte. Éditions Bourgogne). De même Mgr Georges Gilson, dans son opuscule Les prêtres, parlons-en (Desclée de

Brouwer 2006), rappelle que chez le prêtre, qui n'est pas un « religieux », le célibat n'est pas prioritaire, mais la mission, et qu'en cas de non viabilité de l'engagement au célibat obligatoire,
« envisageons l'ordination d'hommes mariés, viri probati »(p. 87). À

l'Assemblée plénière des évêques de France en novembre 2007, le nouveau président, cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a lancé un appel solennel « pour que des hommes généreux
soient recherchés et sollicités pour recevoir l'ordination ».

De même le nouveau président de la Conférence des évêques allemands, Mgr Robert Zollitsch, évêque de Fribourg-enBrisgau, successeur du cardinal Lehmann, a exprimé sa réserve sur le célibat obligatoire et sa préférence pour une « règle de vie» choisie librement. Le synode et Benoît XVI y renoncent. Mais désormais le débat est ouvert. D'ailleurs de tous côtés, parmi les chrétiens, on déplore ce refus. Examinons de plus près la question. Il ne s'agit pas de supprimer les séminaires, de renoncer au recrutement de jeunes, de méconnaître la valeur du célibat, mais de compléter et d'ajuster la théologie et la pratique du recrutement sacerdotal pour répondre aux besoins de la mission. Le concile (1962-1965) avait déjà perçu le problème. (Voir les deux décrets: Le Ministère et la vie des prêtres PRESBYTERORUM ORDINIS, et La Formation des prêtres OPTATAM TOTIUS ECCLESIAE RENOVATIONEM). Mais Paul VI n'a pas reconnu l'urgence d'ordonner des viri probati. En effet, le concile fut clôturé avant la révolution culturelle de 1968, la crise du sacerdoce et le départ de nombreux jeunes prêtres. D'année en année, la situation s'aggravait. Nous voici quarante ans après Vatican II. La situation est dramatique dans l'Europe occidentale et les deux Amériques, c'est-à-dire la grande majorité des diocèses. Que dirait Paul VI aujourd'hui? Jean-Paul II, venu d'une Pologne encore étrangère à cette évolution - elle y est entrée depuis lors est resté passif en ce domaine vital. Or de nos jours le manque de prêtres, et donc l'absence d'eucharistie, posent un problème d'ecclésiologie fondamental, comme le disent les plus éminents théologiens dans leur nombreux ouvrages sur les nécessaires réformes de l'Église, notamment la nécessité de prêtres suffisants, et le devoir des 6

communautés à les appeler. Nommons ceux qui les résument
bien: Jean Riga!, L'Église en quête d'avenir. Rij/exions et propositions pour des temps nouveaux (Éditions du Cerf, Paris 2003) et L'Église à l'épreuve de ce temps (Cerf, Paris 2007). Quant aux vocations, voir: Jean-Paul Russeil, Une culture de l'appel pour la cause de l'évangile. Préface de Mgr Albert Rouet (Éditions du Cerf, Paris 2001). Mais cet ouvrage ne parle pas du célibat et très peu d'éventuels adultes. C'est pourquoi, par cet opuscule, je désire contribuer à l'examen du problème, notamment de ces deux aspects, célibat et appel, par une analyse critique de l'Exhortation postsynodale de Benoît XVI. Les extraits cités sont indiqués par le numéro du paragraphe mis entre parenthèses, par exemple (12). Je me réfère aussi à l'examen du célibat clérical de René Laurentin dans Enjeu du 2e Synode et contestation dans l'Église (Édition du Seuil, Paris, 1969, p. 206/216). Pour surmonter la crise actuelle de l'Église et animer la nouvelle évangélisation, l'appel à des viri probati est indispensable, mais certes pas une panacée, et cet opuscule ne traite pas des autres problèmes. Mais le manque de prêtres est une hérésie et la mort de l'Église. Je m'en tiens donc à cette seule et fondamentale nécessité: ordonner des prêtres suffisants et nouveaux, sans cléricalisme, en abrogeant la loi arbitraire de l'obligation du célibat. Parmi toutes les difficultés ecclésiales et pastorales, le manque de prêtres est la plus facile et rapide à résoudre. C'est la réforme la plus urgente et nécessaire.

1
VEucharistie fait l'Église

Jean-Paul Il a choisi à dessein cette formule brève pour exprimer l'importance fondamentale de l'eucharistie dans la vie de l'Église. La définition théologique serait un peu plus longue: l'Église est d'abord constituée par le baptême et développée par la vie des chrétiens. Mais l'eucharistie nourrit cette vie. C'est pourquoi cette brève formule est heureuse, mais incomplète: elle ne mentionne pas le ministre de l'eucharistie, car l'Église fait l'eucharistie. Résumons brièvement cette admirable totalité et donc ces miraculeuses simplicité et efficacité pastorales de ce sacrement suprême qui, après le baptême, englobe plus ou moins et accompagne les autres. La messe dominicale régulière, dans une communauté à taille humaine, fait tout, enseigne tout, donne tout, mais grâce aux prêtres qui la célèbrent. Sans eux, il n'y a pas d'eucharistie. 1. Bien sûr elle donne d'abord en nourriture spirituelle le corps du Christ ressuscité, dans le pain et le vin consacrés, présence permanente de l'incarnation de Dieu fait homme. (11). 2. Elle proclame la Parole de Jésus dans la lecture de l'évangile. Avec les deux autres textes bibliques et l'homélie du célébrant, elle est école de la foi, catéchisme hebdomadaire du fidèle tout au long de la vie. (45,46). 3. Elle est prière, de toutes les intentions: louange, gratitude, repentir, acte de foi, supplications, résumées dans la prière de Jésus à Notre Père, abrégé de la foi et des commandements. 4. Elle comporte le pardon des péchés dont la forme sacramentelle de pénitence fut instituée tardivement, pas explicitement ordonnée par Jésus. Il a lié le pardon à la sainte Cène en disant:

Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés (Mt 26, 28). À la messe, cette demande de pardon est la première prière de l'entrée: Kyrie eleison, Seigneur prends pitié, suivie de l'absolution. Elle est reprise après la consécration, puis dans le Notre-Père, par l'Agnus Dei et avant la communion: Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir. (20). 5. Elle est la source et l'expression de la charité, de l'amour, par l'assemblée, la réunion de la communauté, avec échange de paix fraternelle entre les invités à la même table, anticipation du paradis. (77,79,84,89,91). 6. Dieu Vérité et Amour s'y manifeste aussi dans son attribut de Beauté, par toutes les formes de l'art: poésie, chant, musiques, peintures, sculptures, architecture. (41,42). 7. Elle est le cadre normal de la célébration des autres sacrements ou événements chrétiens: mariage, baptême, confirmation, profession de foi, funérailles... (16,17,18,27,32). 8. Sans célibat, pas d'eucharistie. Mais non plus de célébration du sacrement de la pénitence. En fait, le refus du pardon est déjà infligé par l'absence de messe, au cours de laquelle s'expriment à plusieurs reprises la demande de pardon et le don de la miséricorde divine. Néanmoins, la confession des péchés graves et l'expression sacramentelle du pardon font partie de la foi catholique, mais sont de moins en moins pratiquées par manque de prêtres. (20). 9. Plus choquant encore est le refus de l'onction sacramentelle aux mourants. Il n'y a plus guère de prêtres aumôniers d'hôpitaux. Des bénévoles laïcs ou des diacres peuvent donner la communion mais pas administrer l'onction. Là encore, c'est clair: le célibat est plus important que la pastorale des mourants. (22). 10. Quant aux funérailles, rite d'adieu, dans la douleur du deuil, moment d'intériorité spirituelle ou du moins d'interrogation même chez les personnes peu croyantes, elles se pratiquent maintenant le plus souvent sans eucharistie. Tel est l'amour que célèbre la nouvelle, la première et si belle encyclique de Benoît XVI: Dieu est amour. Mais pas pour les mourants, ni les familles endeuillées. L'amour du célibat est plus important et écarte les autres. Voilà où en est la Sainte Église Romaine. (32).

10