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Rhétoriques de l'hérésie dans le Japon médiéval et moderne

De
500 pages
Le moine Monkan fut un personnage influent du paysage religieux japonais du XIVe siècle. Après sa disparition, on le présente comme un homme extravagant et un "hérétique", charmant par des rites sexuels l'empereur Go Daigo pour obtenir ses faveurs. Cet ouvrage traite de la contradiction entre la vie du personnage et son image posthume, et permet grâce à la recente découverte d'oeuvres du moine de pouvoir confronter ces deux visions.
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Histoire des religions GaétanRAPPO
Rhétoriques de l’hérésie dans le Japon médiéval et moderne Le moine Monkan (12781357) et sa réputation posthume Préface de Philippe Borgeaud
JAP N Études du fait japonais
Rhétoriques de l’hérésie dans le Japon médiéval et moderne
Japon. Études du fait japonais
Collection dirigée par Jérôme Pace
Consacrée au « fait » japonais, dans ce qu'il peut avoir de plus large et recouvrant,Japon. Études du fait japonais est une collection pluridisciplinaire, et loin de toute considération historiographique et/ou de mode. Sa vocation est double Ś non seulement donner un cadre d'expression cohérent aux chercheurs, mais également permettre la diffusion auprès d’un large public de travaux universitaires novateurs. Volumes précédemment parus L’allégeance à l’État moderne. Construction de la morale politique en France et au Japon, Yusuke Inenaga (2015). Génération hikikomori, Nicolas Tajan (2017).
Gaétan Rappo Rhétoriques de l’hérésie dans le Japon médiéval et moderne
Le moine Monkan (1278-1357) et sa réputation posthumePréface de Philippe Borgeaud
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN Ś 978-2-343-08825-9  EAN Ś 9782343088259
Remerciements et notes sur les systèmes de transcription Nous remercions tous ceux qui nous ont soutenu pendant la rédaction de ce livre, à commencer par les professeurs Philippe Borgeaud, qui nous a fait l’honneur de rédiger sa préface, et notre directeur de thèse, Pierre Souyri. Nous remercions également tout particulièrement Nobumi Iyanaga, pour son aide et son soutien régulier pendant tout le processus de rédaction, ainsi que sa relecture minutieuse de plusieurs parties du manuscrit. Notre gratitude s’étend aussi à tous les collègues et amis dont nous avons bénéficié des conseils et remarques. Parmi les membres de cette longue liste, que nous ne pouvons malheureusement pas tous citer ici, figurent notamment Abe Yasurō, Bernard Faure, et Jean-Noël Robert, ainsi que le regretté Uchida Keiichi, auquel nous dédions l’ensemble de nos études sur Monkan. Nous avons aussi une pensée particulière pour notre famille, sans laquelle ce livre n’aurait jamais pu voir le jour. Cet ouvrage a en outre été rédigé grâce à des séjours de recherche financés en grande partie par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (SNF). La notation romanisée du japonais suit pour l’essentiel le système Hepburn modifié. Le chinois est retranscrit en pinyin, mais les tons ne sont pas indiqués. En chinois comme en japonais, le nom de famille précède toujours le prénom ou le surnom. La romanisation des termes sanskrits suit les règles de l’International Alphabet of Sanskrit Transliteration (IAST). L’orthographe de la terminologie bouddhique d’origine sanskrite suivra cette méthode, mais ceux qui ont été francisés ne seront pas écrits en italique et porteront le cas échéant la marque du pluriel (à l’exception de bodhisattva, qui est donné comme invariable parLeGrand Robert). Les divinités bouddhiques seront appelées par leur nom japonais quand il est question de leur culte ou de textes produits dans l’Archipel, sauf dans les cas où ce dernier n’est guère usité. Leurs noms sanskrits seront utilisés quand il sera fait référence aux textes canoniques ou aux pratiques continentales. Dans ce cas, on utilisera le nom chinois si le phénomène, ou la divinité a pris racine dans ce pays plutôt qu’en Inde. Les citations du canon du Taishō (Taishōshinshūdaizōkyō大正新脩 大蔵経) suivent le système duHōbōgirin.
Préface
« Hérésie », on le sait, vient du grechairesis, qui veut dire « choix » (du verbehaireomai, choisir). Le motsectadeviendra bientôt le correspondant latin du mot grec.Sectadonne (qui « secte » en français) vient du verbesequorLa, « suivre ». traduction du « choix » en « voie » précède le christianisme.Hairesiscommesectarenvoient, chacun à sa manière, à l’idée de « ligne de conduite », de style de vie, et désignent en premier lieu telle ou telle école philosophique, avant de caractériser tel ou tel groupe religieux. Les chrétiens pourront eux-mêmes se présenter comme ceux qui suivent lachristiana secta. Le côté négatif de faction, ou réaction, séparation, hérésie au sens e péjoratif, n’émerge qu’à partir duIVavec la montée en siècle, puissance du christianisme. Le savoir païen se trouve désormais expliqué comme une sorte de prolifération maligne, une maladie déclenchée par le mauvais usage de fragments du savoir divin faussés par la Chute. La malice et l’astuce des démons encouragent le développement, en d’innombrables idoles, d’une erreur naturelle. Telle serait l’origine des fausses religions, celles des païens et des hérétiques.Ce type de réduction des autres sagesses à des hérésies dans un sens maléfique va demeurer vivant jusqu’à l’époque moderne.Une réflexion sur la religion des autres nous entraîne, en effet, à l’examen des procédures d’exclusions. Deux modèles herméneutiques sont tour à tour à l’oeuvre dans la version occidentale chrétienne de cette histoire Ś celui de la réaction (tributaire d’un modèle généalogique, producteur de contre-récits), et celui d’une imitation qui (étrangement) nous arrache à l’histoire. Ces deux modèles dessinent une morphologie qui traverse l’histoire des religions ś ils auront une influence durable sur la manière dont on pense celles des autres comme e autant d’hérésies, jusqu’auXIXsiècle au moins.