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Sur les traces du prophète de Nazareth

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L'objectif de cet ouvrage est d'abord de revisiter la vie de Jésus de Nazareth à partir de faits considérés comme presque indiscutables. Le but étant que les chrétiens puissent fonder leur foi sur des événements concrets, bien situés dans le temps et dans l'espace, et non sur des embellissements ou des récits à vocation symbolique. La (re)découverte de l'importance des symboles ayant marqué le vingtième siècle, la seconde partie du livre revisite certains des récits symboliques des Evangiles.

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Ajouté le 01 février 2011
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EAN13 9782296800793
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Sur les traces du prophète de Nazareth

Religions et Spiritualité Collection dirigée par Richard Moreau La collection Religions et Spiritualité rassemble divers types d’ouvrages : des études et des débats sur les grandes questions fondamentales qui se posent à l’homme, des biographies, des textes inédits ou des réimpressions de livres anciens ou méconnus. La collection est ouverte à toutes les grandes religions et au dialogue inter-religieux.
Dernières parutions Pierre HAUDEBERT, Théologie lucanienne. Quelques aperçus, 2010. Pierre EGLOFF, La Messe sur l'univers. Les Nourritures du Ciel et de la Terre, 2010. Marie LUCIEN, 10 maîtres de vie dans la Bible, 2010. Philippe BEITIA, Le baptême et l'initiation chrétienne en Espagne du IIIe au VIIe siècle, 2010. Michel GIGAND, Michel LEFORT, Jean-Marie PEYNARD, José REIS et Claude SIMON, La sortie de religion, est-ce une chance ?, 2010. Francis LAPIERRE, Saint Luc en Actes ?, 2010. Georges BONDO, Analogie de l'Avent. Transcendance de l'extériorité et critique anthropologique, 2010. André THAYSE, Dieu caché et Réel voilé. L'une et l'autre Alliance, 2010. NGUYEN DANG TRUC, Bouddha, un contemporain des Anciens Grecs, 2010, Philibert et Dominique SECRETAN, Fêtes et raisons. Pages religieuses, 2010. Roger BENJAMIN, Nature et avenir du christianisme, 2009. Philippe PENEAUD, Le visage du Christ. Iconographie de la Croix, 2009. Philippe PENEAUD, La personne du Christ. Le Dieu-homme, 2009.

André Thayse

Sur les traces du prophète de Nazareth
Données historiques, vérité symbolique

Avec la collaboration de Marie-Hélène Thayse-Foubert

Du même auteur
Dieu caché et Réel voilé. L’une et l’autre Alliance, L’Harmattan, Paris, 2010. Accomplir l’écriture. Jésus de Nazareth, un enseignement nouveau, L’Harmattan, Paris, 2009. L’Exode autrement, L’Harmattan, Paris, 2008. La Genèse autrement. Rêves, roueries... et réconciliation, L’Harmattan, Paris, 2007. Vers de nouvelles Alliances. La Genèse autrement, L’Harmattan, Paris, 2006. À l’écoute de l’origine. La Genèse autrement, L’Harmattan, Paris, 2004. Calcul différentiel pour les langues et la logique, Hermès-Lavoisier, Paris, 2004. Logique et théorie des systèmes digitaux, Hermès-Lavoisier, Paris, 2002. Jean. L’Évangile revisité, Le Cerf/Racine, Paris et Bruxelles, 2001. Marc. L’Évangile revisité, Racine/Lumen vitæ, Bruxelles, 1999. Matthieu. L’Évangile revisité, Racine/Lumen vitæ, Bruxelles, 1998. Luc. L’Évangile revisité, Racine/Lumen vitæ, Bruxelles, 1997. Aux frontières de l’intelligence artificielle, Bordas-Dunod, Paris, 1991. Du traitement de la langue naturelle à la logique des systèmes experts, Bordas-Dunod, Paris 1990. De la logique modale aux bases de données, Bordas-Dunod, Paris, 1989. De la logique classique à la programmation logique, Bordas-Dunod, Paris, 1988.

© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-54153-5 EAN : 9782296541535

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Remerciements
Nombreux sont ceux qui m’ont apport´ leur aide dans e mes ouvrages sur les textes bibliques. Je voudrais tout d’abord citer Pierre de Guchteneere avec qui il m’a ´t´ agr´able de collaborer a nouveau comme au ee e ` temps d´j` lointain o` il ´tait mon professeur. Par ses nomea u e breux conseils il m’a fait b´n´ficier de son exp´rience dans e e e les domaines de la linguistique, de l’ex´g`se biblique ainsi e e que dans celui de l’´dition. Apr`s avoir spontan´ment ofe e e fert son pr´cieux concours lors de la mise au point finale des e textes, il a propos´ de nombreuses corrections, am´liorations e e et sugg´r´ de judicieuses additions. Merci pour sa patience, ee sa compr´hension, son int´rˆt. e ee Je tiens ´galement ` remercier Fran¸ois Lagasse de Locht, e a c Pierre Mourlon Beernaert, Philippe Mawet et Jacques Neirynck qui m’ont relu, aid´ ou encourag´. e e Il me plaˆ enfin de souligner l’excellent accueil que j’ai ıt toujours re¸u de la part de Richard Moreau, directeur de la c collection Religions et spiritualit´. Je le remercie pour ses e conseils ´clair´s et le suivi ´ditorial de mes textes qu’il a e e e toujours assur´ avec rigueur et comp´tence. e e

Avant-propos

Depuis deux mille ans, l’int´rˆt suscit´ par la personne ee e de J´sus de Nazareth ne s’est pratiquement jamais d´menti. e e R´guli`rement sont encore publi´s sur lui des livres de vule e e ` garisation ou de recherche. A ces publications il faut ajouter la sortie ´pisodique d’ouvrages en quˆte de sensationnel et e e dont le contenu rel`ve davantage de la fiction que de l’hise toire. Parmi les ouvrages de recherche r´cents, l’œuvre moe numentale de John Meier m´rite une attention toute partie culi`re. Cette somme s’impose tant par son ampleur que par e la richesse de sa documentation et son objectivit´. 1 e Plus modestement, il y a quelques ann´es, j’avais moie mˆme propos´ au public un quadruple commentaire du texte e e ´vang´lique, dans sa lecture continue, verset par verset, ou e e plutˆt p´ricope par p´ricope. 2 Depuis cette publication, pas o e e mal d’eau a coul´ sous les ponts de la recherche biblique – e
1 Un certain juif J´sus. Les donn´es de l’histoire, 4 tomes parus, plus de e e 3.000 pages, Le Cerf, Paris, 2005-2010. 2 L’Evangile revisit´, 4 tomes : Luc, Matthieu, Marc et Jean, Le ´ e Cerf/Racine/Lumen Vitæ, Paris et Bruxelles, 1997-2001.

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principalement de la recherche documentaire et de la recherche historique. C’est la raison pour laquelle je voudrais une nouvelle fois revisiter la vie du proph`te de Nazareth en organisant cette e fois une premi`re partie du texte autour de faits consid´e e r´s comme presque indiscutables. Le but ´tant, bien sˆr, e e u que les chr´tiens puissent fonder leur foi sur des ´v´nements e e e concrets, bien situ´s dans le temps et dans l’espace. Et non e sur des embellissements ou des r´cits ` vocation symbolique. e a Non que ces r´cits soient de moindre importance, bien au e contraire. Mais il importe simplement que les donn´es soient e claires, et ce d`s le d´part. Il faut en effet que le croyant e e sache pourquoi il croit et que l’incroyant, int´ress´ par la e e vraie nature de l’´v´nement, ait connaissance des statuts e e des diff´rents r´cits ´vang´liques. Lorsque r´f´rence est faite e e e e ee a ` des passages du Nouveau Testament, il faut donc que le caract`re de ces passages – historique ou symbolique – soit e clairement reconnu – et admis ! Focalisons-nous d’abord sur les r´cits ` vocation historique. e a Parmi les faits de la vie de J´sus que la recherche hise torique reconnaˆ comme ´tant presque indiscutables, il faut ıt e citer le baptˆme qu’il a re¸u de Jean, le minist`re itin´rant e c e e qu’entour´ de disciples et d’apˆtres il a exerc´ en Palestine, e o e son action de thaumaturge, la limitation de ses activit´s ` e a Isra¨l, les controverses qu’il a engag´es avec les responsables e e religieux, le dernier repas qu’il a pris avec ses amis juste avant sa mort sur la croix. Peut-ˆtre davantage encore que e la reconnaissance de l’historicit´ de tel ou de tel fait, ou de e l’authenticit´ de telle ou de telle parole, ce ` quoi il faue a dra ˆtre attentif, ce sont ses options de vie, ses combats, ses e ´motions, ses passions. e L’engagement au cˆt´ des exclus et des marginaux, l’atoe tention accord´e ` tout ce qui touche au respect dˆ aux e a u femmes, l’action en faveur d’une humanisation de la pratique de la religion, l’attachement port´ ` la religion juive, la reea lation privil´gi´e avec Yahv´, le Dieu de cette religion, sont e e e

Avant-propos

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des options qui ont constitu´ l’essentiel de sa vie. Options e dont le caract`re irr´cusable transparaˆ davantage du cone e ıt tenu global des textes du Nouveau Testament que de tel ou de tel passage particulier. L’id´e ´tant alors d’organiser une e e premi`re r´flexion sur la vie et l’action de J´sus de Nazareth e e e en partant des ces faits consid´r´s par la recherche historique ee comme presque indiscutables. Tout en gardant en m´moire e la limite de la m´thode historique qui doit tenir compte du e fait que, par principe mˆme, il serait impossible de connaˆtre e ı toute la r´alit´ d’une personne, bien que nul ne conteste que e e cette r´alit´ ait bien exist´. 3 e e e Entre la mort de J´sus sur la croix, qui est un fait hise torique, et la constitution des premi`res communaut´s chr´e e e tiennes, qui est un autre fait historique, quelque chose s’est pass´ pour lequel les ´vang´listes ont d’abord parl´ de tome e e e beau ouvert, ensuite de R´surrection. Ce quelque chose n’est e pas un fait historiquement v´rifiable. Il a cependant donn´ e e naissance a une foi en J´sus qui s’est traduite dans une aven` e ture spirituelle qui, elle, est historiquement v´rifiable. Et e dont il n’est pas difficile de constater les retomb´es encore e aujourd’hui. Retomb´es qui n’ont ´t´ rendues possibles que e ee parce que les premi`res communaut´s chr´tiennes s’´taient e e e e bˆties autour d’´v´nements li´s ` une personne, et non aua e e e a tour de v´rit´s abstraites organis´es en doctrine. e e e Entre deux ´v´nements, qui eux sont historiquement v´e e e rifiables – la mort de J´sus et la naissance d’une commue naut´ de croyants –, il existe donc une inconnue qui a ´t´ e ee baptis´e R´surrection. Inconnue qui a donn´ naissance ` la e e e a christologie qui cherche avant tout a d´couvrir dans J´sus ` e e le Seigneur, Sauveur de toute l’humanit´. C’est ` l’examen e a de cette inconnue et de certaines de ses cons´quences qu’est e consacr´e la deuxi`me partie de cet ouvrage. e e

3 J. Meier, Un certain juif J´sus. Les donn´es de l’histoire, 1, p. 27, Paris, e e Cerf, 2005.

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Le vingti`me si`cle a ´galement ´t´ marqu´ par la (re)d´e e e ee e e couverte de l’importance des symboles. Et, en particulier, des symboles dans la Bible h´bra¨ e ıque ainsi que dans les r´cits e ´vang´liques. Symboles qui font que ces r´cits – qui n’ont e e e parfois aucune pr´tention ` l’historicit´ comme par exemple e a e ´ ´ les Evangiles de l’enfance, le prologue de l’Evangile de Jean, la Transfiguration, les p`lerins d’Emma¨s – acqui`rent la e u e capacit´ de lever un autre coin du voile sur la personnalit´ e e de J´sus. e Une certaine connaissance du proph`te de Nazareth proe c`de ainsi, non seulement des donn´es de l’histoire, mais ´gae e e lement des symboles sous-jacents ` ses actes et ` ses paroles. a a De ce point de vue, la psychanalyste Marie Balmary insiste sur le fait que l’intelligence symbolique se sert aussi de la raison (et d´bouche donc aussi sur une connaissance), mais e elle la met au service d’un tout autre d´sir, non pas celui de e savoir mais celui de naˆtre. ı Le symbole sous-jacent ` un r´cit – ou ` une vie – a une a e a capacit´ de toucher, de structurer et donc d’en transformer e la perspective. Ainsi, a nous de voir si, a partir de l’absence ` ` de J´sus de Nazareth, nous faisons de lui un objet d’´tude e e uniquement historique, ou si nous d´cidons au contraire d’y e adjoindre une dimension de pr´sence, ajoutant ainsi un sens e a ` une connaissance. La troisi`me partie de ce texte est consacr´e ` une revisie e a tation de la symbolique de textes ´vang´liques dont certains e e ont d´j` fait l’objet d’une analyse dans la premi`re partie. ea e

Premi`re partie : e Au commencement ´tait e l’histoire

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Les donn´es de l’histoire e

´ Les quatre Evangiles canoniques constituent la source principale d’information sur J´sus de Nazareth. Ces textes e ne sont cependant pas des biographies au sens moderne du terme. Ce sont d’abord des t´moignages de personnes e d´sireuses de transmettre leur foi en J´sus crucifi´ et ressuse e e cit´. e Par ailleurs, plus personne ne conteste aujourd’hui le fait ` que J´sus est aussi un personnage historique. A ce sujet, e en dehors de la litt´rature chr´tienne, deux brefs passages e e de l’historien juif Flavius Jos`phe (37-100) font allusion a e ` J´sus. Si le passage le plus souvent cit´ que l’on trouve dans e e La guerre des Juifs est actuellement consid´r´ comme une ee interpolation chr´tienne, le second par contre, qui provient e des Antiquit´s juives, est jug´ authentique. On y ´voque la e e e comparution devant le Sanh´drin du fr`re de J´sus appel´ e e e e Messie. Ce mˆme ouvrage, dans un autre passage, sans aue cun lien avec le premier, ´voque ´galement le personnage de e e Jean le Baptiste.

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Si donc J´sus est un personnage historique, il est ime portant de tenter de r´pondre aux questions : Qui ´tait-il e e vraiment ? Qu’a-t-il fait ? Quels ont ´t´ ses objectifs ? ee Il faut porter cr´dit a la critique moderne d’avoir mis en e ` ´vidence une s´rie de faits, jug´s presque indiscutables, qui e e e ont ´maill´ la vie du proph`te de Nazareth. Parmi ces faits e e e il faut notamment citer : 1. Nazareth est le lieu de r´sidence des parents de J´sus e e et c’est l` qu’il a pass´ son enfance et sa vie cach´e. a e e 2. J´sus a ´t´ baptis´ par Jean Baptiste et a fait partie e ee e de ses disciples. 3. J´sus s’est entour´ de disciples. Il a plus particuli`rement e e e distingu´ douze d’entre eux (les “Douze”). e 4. Proph`te eschatologique dans la lign´e du proph´tisme e e e ´ biblique, l’enseignement et le commentaire des Ecritures ont constitu´ une part importante de son activit´. e e 5. J´sus a d´velopp´ et enseign´ une ´thique du Royaume e e e e e enti`rement originale. e 6. J´sus a exerc´ une activit´ d’exorciste et de gu´risseur. e e e e 7. J´sus a engag´ une controverse avec le Temple et avec e e les religieux en g´n´ral. e e 8. J´sus a limit´ ses activit´s ` Isra¨l. e e e a e 9. La veille de sa mort, il a partag´ un dernier repas avec e ses principaux disciples (les “Douze”). 10. J´sus a ´t´ livr´ par les responsables religieux aux aue ee e torit´s romaines qui l’ont crucifi´. e e Les chapitres de cette premi`re partie sont articul´s aue e tour de chacun de ces points.

Les donn´es de l’histoire e

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Dans l’ordre des chapitres, il ne faudra jamais perdre de vue le fait qu’` part les ´v´nements qui concernent la jeunesa e e se de J´sus et sa mort, tous les autres ne constituent en rien e une chronologie. L’ordre des faits qui se sont succ´d´ entre e e son baptˆme et la derni`re semaine de sa vie nous est largee e ment inconnu. John Meier parle de “grains de chapelets” (les p´ricopes des textes) que les ´vang´listes ont recueile e e lis dans diverses traditions et qu’ils ont ensuite enfil´s sans e ´ ordre. La succession des textes dans les Evangiles est en effet largement conditionn´e par les projets th´ologiques des e e auteurs.

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La vie cach´e de J´sus e e

L’enfance et l’adolescence De la jeunesse de J´sus, nous ne savons que fort peu e de choses. De fait, la p´riode comprise entre sa naissance e et le d´but de sa vie publique lorsque, ag´ d’une trentaine e ˆ e d’ann´es, il commence son minist`re itin´rant, nous reste e e e tr`s largement inconnue. En effet, pr´sent´s autrefois comme e e e des expos´s historiques, les r´cits de l’enfance que l’on trouve e e ´ dans les Evangiles de Matthieu et de Luc sont actuellement reconnus par les ex´g`tes comme des midrash chr´tiens. 1 e e e Ils ne nous informent donc pas sur la vie de J´sus. Tout e au plus quelques r´f´rences chronologiques et familiales coree respondent sans doute a une r´alit´ historique. Comme par ` e e exemple sa naissance vers la fin du r`gne d’H´rode le Grand, e e soit deux ou trois ann´es avant l’an - 4, ainsi que les noms e de Marie et de Joseph pour ses parents.
1 Le midrash exprime une r´flexion de type all´gorique qui peut prendre e e pour objet la naissance et la jeunesse des grands hommes d’Isra¨l – par e exemple Mo¨ – afin de montrer comment leur vie et leur mission se trouvait ıse d´j` en germe ` leur origine. ea a

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Si l’on veut en savoir (un peu) plus, c’est donc vers d’autres sources qu’il faut se tourner. Plus particuli`rement vers e les textes qui racontent sa vie publique. Textes qui consti´ tuent v´ritablement la substantifique mo¨lle des Evangiles. e e ´ Probablement r´dig´ vers la fin des ann´es 60, l’Evangile e e e de Marc est le plus ancien. C’est chez lui que l’on s’attendrait donc a trouver des ´l´ments nous informant sur l’enfance de ` ee J´sus. Or, malheureusement, soit Marc ne connaˆ rien de e ıt cette enfance, soit il ne trouve pas utile de s’y attarder. La seule information qu’il nous communique concerne la famille de J´sus. Il nous la livre a l’occasion d’une r´flexion attribu´e e ` e e a ` des habitants de Nazareth : Celui-l` n’est-il pas le charpena tier, le fils de Marie, le fr`re de Jacques, de Joset, de Jude e et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? (Mc 6,3). Marc n’ayant r´dig´ aucun texte sur l’enfance de e e J´sus, il ne peut donc ˆtre suspect´ de simplement vouloir e e e confirmer des ´l´ments d´j` rapport´s ant´rieurement. Cette ee ea e e information sur J´sus et sa famille paraˆ donc cr´dible. e ıt e Matthieu, qui r´dige son texte dans les ann´es 80, recopie e e ´ textuellement ce passage de Marc (Mt 13,55-56). L’Evangile de Luc, sans doute l´g`rement post´rieur a celui de Matthieu e e e ` et r´dig´ ind´pendamment de ce dernier, confirme en plus le e e e lieu o` J´sus avait ´t´ ´lev´ : Il vint ` Nazareth o` il avait ´t´ u e e ee e a u ee ´lev´ (Lc 4,16). Et c’est peu apr`s, au cours de la mˆme sc`ne e e e e e o` J´sus enseignait dans la synagogue de Nazareth, que nous u e trouvons la seule mention du nom de son p`re pr´sum´ : e e e Et ils disaient : “N’est-il pas le fils de Joseph, celui-l` ?”. a (Lc 4,22). Les deux autres r´f´rences ` Joseph comme p`re de J´sus ee a e e ´ ´ se situent dans l’Evangile de Jean qui est un Evangile tardif (r´dig´ aux environs de l’ann´e 100). C’est tout d’abord e e e lors de la rencontre de J´sus avec ses premiers disciples que e Philippe dit a Nathana¨l : Celui dont Mo¨se a ´crit dans la ` e ı e Loi, ainsi que les proph`tes, nous l’avons trouv´ : J´sus, le e e e fils de Joseph, de Nazareth (Jn 1,45).