Vivre sans limites

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Description

Quelle différence cela ferait-il dans votre vie si vous saviez que...



  • La vie est bien plus que ce que vous connaissez déjà...

  • Quelque chose d’extraordinaire et de merveilleux vous attend sur le chemin de la vie...

  • Vous n’êtes pas le fruit du hasard, mais votre vie a un objectif bien précis...


Si vous saviez que tout cela est vrai, vous cantonneriez-vous à mener une vie étriquée et sans surprise ? Ou choisiriez-vous plutôt de vous ouvrir à une vie plus large et abondante ?


Dans ce livre, Clifford Goldstein aborde certaines questions fondamentales et propose des réponses qui pourront changer la façon dont vous envisagez – et vivez – votre vie. Dans une intéressante association de foi et de logique, il recherche la vérité sur des sujets tels que le sens de l’existence, la question d’où nous venons, les lois qui nous protègent de la souffrance et la raison qui nous permet de croire en un futur prometteur.


Vivre sans limites vous propose de vous mettre en route pour le voyage le plus enthousiasmant et riche de sens que vous puissiez imaginer.

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Date de parution 06 juillet 2016
Nombre de visites sur la page 17
EAN13 9782857434511
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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TraduitdulivreLifewithoutlimits.

Paruen2007chezReviewandHeraldPublishingAso

ISBN: 978-0-8280-2059-6

Copyright©2015ÉdtionsVieetSanté

60,avenueÉmileZola

77190Dammarie-les-Lys,France

www.viesante.com

Tousdroitsdereproductiontotale

oupartieleetdetraductionréservés.

ISBN(Livre): 978-2-85743-450-4

ISBN(eBooks): 978-2-85743-451-1

Miseenpageetcorections: ISEdtion

Traduction: PascaleMonachini

Ilustrationdecouverture: Shuterstock

L'auteurasumetoutelaresponsablitépourl’exac

faitsetdescitationsexposésdanslelivre.

Saufmentioncontraire,lescitationsbibliquesson

versionBibleàlaColombe

ciation.

itudedetousles

tempruntéesàla

©
1978 – Société Biblique Française.

ClifordGOLDSTEIN

VIVRESANSLIMITES

Depuisantesvéritéssurlechemindel'espoir

TABLEDESMATIÈRES

Chapitre 1 : Le cerveau d'Einstein

Chapitre 2 : Le principe de Cliford

Chapitre 3 : Le « big freze»oule«bigcrunch»

Chapitre 4 : Un zèbre dans la cuisine

Chapitre 5 : La crevetemélomane

Chapitre 6 : L'argument ultime

Chapitre 7 : Un dilemme moral

Chapitre 8 : Mary Typhoïde

Chapitre 9 : Le facteur Henri VI

Chapitre 10 : Le grand conflit

4

.6

.16

.25

.32

.46

.68

.75

.80

.94

.119

Chapitre 11 : Le Dieu crucifié

Chapitre 12 : « Action surnatureleàdistance»

Chapitre 13 : Frapper à la porte du ciel

Chapitre 14 : Êtes-vous Jésus ?

Chapitre 15 : Afairesdefamile

Chapitre 16 : Le tour de la question

5

.158

.173

.191

.237

.287

.328

CHAPITRE 1 :
LECERVEAUD'EINSTEIN

Le vol du cerveau d’Einstein
Du vivant d’Albert Einstein, tout le monde aurait voulu
posvretni eenu ,weidee oschun (ui led réuq euqle citation, un
autographe,unpeit etriouqa’d ertu m ootn’u poim tec,)e te
obses éntmeuegoent Ce .iul ceva etrompas est n n’iooftr attis i
que dans le laps de temps qui s’écoula entre le décès et
l’entercervson fut eau ia txertnoc eds nerâ emiE’d tne ,nietsn
commeunenoixdesacoquile.Cetecerveleq iu ,epdnna t
presque un demi-siècle, avait dominé sur le monde de la
physique, disparut comme l’une des particules subatomiques
quil’avaientantfasciné.

Selon une rumeur, quelqu’un avait diso’l nagréuqé e et
l’avait ensuite conservé dans son garage de Saskatchewan,
entre des cros de hockey et deab sseltonsde baske
dégonflés.Lavéritéétaitautre: a avoprès iepstoitarp riua’l éuq
d’Albert Einstein (qui était décédé d’une rupture d’anévrisme
aortique)en 1955,le DrThomasHarvey ouvritla boîte
crâniennepourenextrairelecerveau,oficiel tadsn enem

6

l’objectifd’efectuerdesrecherchesscientfimédicales. uqsee t
Le seul problème est que ce médecin préleva l’organe et ne le
resit rac (onmaisa jaua unoetsique l’ophtalmologiste
d’Einstein récupéra ses yeux, qu’il montrait parfois, à
l’ocasiondesoirées).

« Harvey a gardé cete cervelruopiul cé ,ivirunt e
journalistequis’intéresait à ce qu’étaitd vene uelc reevau
d’Einstein. Il ne l’apporta pas à l’hôpital mais la prit chez lui,
et quand il quita l’Université de Princeton,ill’emporta
simplementaveclui.Lesannéespasne aucu qu’ ,tnsnaserè
rechercheniétudenesoitefe.uéctel noitca enucuA lagé’n e a
été intentée contre Harvey, puisqu’il n’existait dans l’histoire
aucun précédent de récupération d’un cerveau dans de teles
circonstances.L’atention du monde s’estdétournéede
Thomas Harvey. Lorsqu’il donnait de rares interviews – dans
des articles de journaux locaux, en 1956, 1979 et 1988 –, il
répétaitinvariablementquedansenviron un an,ilaurait
1
achevésesrecherchessurl’échantil »e.quotima anno

Aprèsavoirconservécet«échantilon » uqranaetepdnna t
ans, sans rien en faire si ce n’est en distribuer des fragments à
quelques rares privilégiés, le Dr Harvey – dont la carière
médicales’étaitef étéiroton edt inev dteacn soondrée quand
publique–pritunedécision.Ilavaitat-erted eauq t inâgl’e
vingts ans, se sentait peut-être coupable, et il résolut de rendre
lecerveauàlafamillb’At er del a ,neetniiEsnsa de onnepers

1.MichaelPaternti,DrivingMr.Albert:ATripAcrosAmericaWith
Einstein’sBrain,NewYork: RandomHouse,2000,p.24.

7

peite-fil .eLj uoilofnrei rnalisteà tiaviv iuq eCan ey,lekeer B
MichaelPaterntiposa prole c de ri enouded ,tnodl’t i,aml iaiét
lacôteEstjusqu’audomiciledelapeite-file d’Eisnetni ,tei sl
partirent donc pour un voyage à travers les États-Unis, dans
uneBuickSkylark,lacervel’Eine doietslf ntad tns an un
Tupperwareremplideformoldanslecofa ldee re.uritvo

PaterntiaécritunlivreinituléDrivingMr.Albert(Voyage
avecM.Albert),oùilrelatelevoyageleplusinsolitede
l’histoire américaine : un vieux médecin pris de remords, un
journaliste doué et, bien entendu, le cerveau d’Albert Einstein
balotédanslecofsus eticap aed s mnequane ci qur,es r de
émotionstoutaulongdutrajet.

Ilstenaiententreleursmainsl’endroitlitél ra où
troissièclesdephysiquenewtonienneavaientété
renversés.

Lemomentleplusintéresantaryavo, gein fu dà laiva
quandlesdeuxhommesrencontrèrentlapeite-fil, intensEid’e
Evelyn,asezperplexe.El saveeemd xsuehl m souq euila it
apportaientlecerveaudesongrand-père,maisel’ntéia taep s
toutàfaitsûredecequ’ellyn 'Eves quent ai f. reorAld eiave
Einstein et Michael Paterntiétaientasnava’l à sit de la
voiture,celui-ciouvritlecouvercledu récipientpourlui
montrerlecerveaudegrand-papaAlbert.

«Je soulevaile couvercle,dénouaiun ruban de tissu
humide, et c’est là qu’une douzaine de fragments de cerveau
delatailed’unebaledegolfs’éparpilreè –ntuaec xsed rom

8

ducortexetdulobefrontal,écritPaterntiom lf ro rudeuodL’.
nousfrappacommeunegifle… Lesmorceauxétaiententourés
decele ciroïiden– f armgnestreâtos rrmfoins uocer seed strev
jaune. J’en tirai quelques-uns du récipient de plastique et les
tendisàEvelyn.Ilsavaientuneconsistancemol et un pesdio
équivalentàceluidetrèspeiteg .p al»s gs dealet

EvelynetPaternti sed ent les fragmentnerèlupimom nu tan m
cerveau, puis Evelyn, qui se souvenait très bien de son
grandpère, commenta : « Toute cete agitation pourça!».Un
instantplustard,elecaresaunmorceaudecerveledudoigt
2
etremarqua: «Celui-ciferaituntrèsjolicol » !.ire

Puis,tranquil leeme ,tn sliremirent tous le somcraexud na s
Tupperware et refermèrent le couvercle sur le cerveau d’Albert
Einstein.

Étude de la matière qui étudiait la matière

Faisonsabstraction de l’étrangeté de la situation(deux
personnes–dontlapeite-fil ea n –eistin ErtbeAld’sisesdans
une voiture qui manipulent des fragments du cerveau du
savantcommes’ils’agis.)C loséédornois de aitux vbijo ns
plutôt le fait que ces deux personnes tiennent entre leurs
mainsl’endroitlitéral(etnousdisonsbien: tro) oùal !ttéril si
siècles de physique newtonienne ont été renversés. Dans ces
fragments de cerveau « de la tailed’unebalog e» fl de
avaient été formulées les bases de la physique nucléaire.

2.MichaelPaternti,DrivingMr.Albert:ATripAcrosAmericaWith
Einstein’sBrain,N weY ork: RandomHouse,2000,p.194.

9

Quelque part dans ces « fragments informes rosâtres » avait
émergé la formule E = mc², concept qui avait révolutionné le
monde.Cespeitattip ulq iun é’atière –nts de mgargsm ees ifsr
maisrose– avaientinventé lesthéoriesde la relativité
restreinte et la relativité générale, théories qui démontrent que
le temps et l’espace ne sont pas des valeurs absolues, mais
qu’ilspeuventvarierenfonctiondelaquanité erèitam ed
concernéeetdelavitesboes e’led n Eefbratrvr.euiec ,ep sts
ag de matilomératsevyl niErè euqE’e nietsneahciM trntePal ti
tenaiententreleursmains dansceteBuick,suruneruede
Berkeley, en Californie, avaient élaboré certains des concepts
les plus fascinants et importants de l’histoire de l’humanité.

Bien que le symbolisme de ce récit présente de nombreuses
posiblinsEi: e av, inteoitseuq sop es n unetés,cet uo tos n
génie,sesidées,sespas értittane uor s dteoie ( sneblA
Casanova),peut-ilselimiteràcetrè eécérrbla,eà es ce mati
circonvolutions composées de neurones et fibres nerveuses ?
Peut-on le restreindre à toute sa structure physique – cerveau
etcorps?

Toutcequ’étaitAlbertEinsteinserésume-t-ilau

finalàcela?

Nesommes-nous,avectoutcequenousfaisons,
pensonsetcréons,riendeplusqu’unphénomène
physique, rien de plus que des atomes en
mouvement?

Enfindecompte,quesommes-nousréeld setn– eemes êtr
purement physiques, vivant uniquement par les lois de la

10

physique, produisant des émotions, des idées, de l’art et de la
créativité de la même façon que l’estomac sécrète des acides
gastriques et le foie de la bile ? Ne sommes-nous, avec tout ce
quenousfaisons,pensonsetcréons,rien deplusqu’un
phénomène physique, rien de plus que des atomes en
mouvement, que la synthèse de protéines, que le blocage ou
l’activation de l’adénylate cyclase, que la séquence de
l’ACTH, l’alpha MSH, la bêta MSH et la bêta-lipotropine ? La
questiondelapersonnequenousal se résu
oénpsouseremt-eleàdifPous ? iquephysnfcoenluenérs teetce sru secv
edraiton, dans l’idéal, expliquer, exprimer et prédire tout ce qui
nous concerne – nos pensées, nos désirs, nos choix – de la
même façon que nous le faisons pour le mouvement des
astres?

Laréponsedépendd’unequestionesentiele: celedenos
origines.Commentsommes-nousaruqio? S e topruvés ici,i i
nous sommes le produit de forces purement physiques, dans
un univers purement physique – où n’existe rien d’autre, rien
deplusgrand,rien quivaau-delàdelamatièreetdu
mouvement –, alors comment pouvons-nous être autre chose
que de la matière en mouvement ? L’ensemble peut-il être plus
que la somme de ses composants ? Bien sûr que non,
répondront certains. Par conséquent, selon ce point de vue,
noussommesdesprocessu physiques entièd tnemerénimretés
par une activité physique antérieure, ce qui signifie que nous
n’avonspasplusdelibrechoixqu’unemarionnetn uoue
ordinateurexécutantunprogramme.

11

La sentence

Un jeune homme se tenait devant le juge qui venait de le
condamner à dix ans de prison fermes. Lorsqu’on lui demanda
s’il avait quelque chose à dire, le criminel répondit :
– Oui !
– Alors je vous écoute, l’autorisa le juge.

– Monsieurlejuge,déclara-t-ilens’approchantdelui,
comment pouvez-vous en toute bonne conscience me
condamner à une peine de prison ? Ce n’est pas juste !

Lejugefitgliserseslunetesdelectureaubout
regardal’acuséetdemanda:

– Ce n’est pas juste ?
– Non !
– Alors, expliquez-moi pourquoi.

de son nez,

– C’estparcequedèslemomentoùjesuisné,répondit
l’hommeens’approchantencore,mafamil n ,omnèseseg me,
éducation,mon environnement,mesamis,toutcelam’a
prédestiné à une vie de criminalité, sans que je puisefaireun
choixdif se mes actsable de serpsnop sap ulé .eJertnussin e
quel’eaudutori quvadét en u leai ee n’e. Jatngm no ealeld
choixpouraucundesactesquej’aicommis.

Le juge réfléchit silencieusement un instant. Après quelques
secondes,ilsepenchaversl’acger el s,nda dt ntaidroareté us
lesyeux,luirépondit:

12

– Ehbien,jevaisvousexpliquerpourquoijepeuxvous
condamner à dix ans de prison fermes. Dès le jour où je suis
né – ma familom nno , monnes,cati édume, gès e
environnement,mesamis–,toutcequis’estpasam é dans
vie m’a contraint, sans que j’aie le choix de faire autrement, à
vouscondamneràcetepeine.

Lejugefrappauncoupdemarteauetunoficierde
sortirlecondamné.

Des robots organiques

policefit

Sommes-nousdonc,commecejugeetcecriminel,si
totalement dépendants des forces physiques, que tout ce que
nousfaisons–depuiscequenousmangeonsaupeit-déjeuner
jusqu’à la personne que nous épousons – ne dépend pas de
notre libre choix mais est l’inévitable conséquence de ce qui
s’estpass no, lembses ou te xiohcavanuparé alin q ’uuQio t ?
décisionslibressont-ilstoutause notrpri reimdétéuq eén s
ADN?«Toutcequiarive,lespluspeitles sec ohes socmm e
3
plusgrandes,arivenécesl iS .» tnemeriaa’on ceptecete
vision purement matérialiste de la réalité, il est dificilede
croireautrechose.

En contrepartie,sil’idéequenotreexistencen’estrien
d’autre que le mouvement aléatoire d’atomes nous semble
ausiinace lee qutablepmurer sé tedf ia es d àurmo’a l

3.ArthurSchopenhauer,Esai sure eraibrtl eilrbioctden t,dura
Salomon Reinach (1894), numérisation et mise en page par Guy
Hefid Bu & Davfo,mai2013,www.schopenhauer.fr,p.112.

13

sécrétions hormonales, alors, il faut reconnaître que notre
origine provient de quelque chose de plus grand que les lois
physiques, quelque chose qui va au-delà de la matière et du
mouvement.Ildoitalorsexisterunepuis xua sue ncareeuripé
loismécaniquesetphysiquesquirégis eune tunl’eriv qs,lque
chosequiacréa emtnsiq iuy a é agel ces lois, masociénotre
liberté de choix, notre créativité, notre capacité à aimer – tous
les aspects de notre existence qui ne semblent pas être définis
uniquementparceslois.

Quepouraitêtrecetepuisance sninoD ei,ul erCteéa ?ur
QuandlaBibleditquel’êtrehumainaétécrée dgemal i’« à
Dieu»(Genèse9.6),celapouraitsignfierquelaliberté,la
créativité etl’amourhumain sontlesmanifestationsdu
caractère de Dieu lui-même. Encore une fois, s’il n’existe pas
deDieuquiacréxiohc ed nu ,a lteisé rtbeli odeexù un on m
monde où la liberté fonctionne à un niveau supérieur à la
dimension purement physique, alors il est difes ed elici
considérer comme rien de plus que des robots organiques,
dotésdeneuronesaulieudepucesélectroniques.

Qu’enest-ildonc?

Laréponseàcetequestionestesentiel nou ques y p ,eecra
trouvons le sens et le but de notre vie, si tant est qu’ils
existent.Enefet,ilseraitdifci elioppae ims qu– quoisible–
de découvrir du sens et un objectif à notre existence si nous
n’étions rien d’autre que de la matière en mouvement, des
êtres qui ne contrôlent pas leurs pensées, actes et choix (cela
seraitausue des sommes qonsun eq eus i pt,cearprdéanim i
procese autr s’d sapvano s’nou ns,ueiqyspht nemerup su

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alternative que d’imaginer que nous sommes libres alors que
nousnelesommespasdu tout).Si,au contraire,nous
sommesdesêtrescrésparunepuis usce cancsnotneiuq eon i
rend libres et nous donne la capacité de faire nos propres
choix, alors notre vie peut prendre une toute nouvele
dimension, qui va bien au-delà de simples forces physiques,
qui ne peuvent rien choisir, tout comme les pages d’un livre
nepeuventchoisirlesmotsquiyserontécrits.
La question se pose à nouveau : qu’en est-il donc ? Ne
sommes-nous que des automates, ou au contraire des êtres
librescrésàl’imaged’unDieuaimant?

Ne sommes-nous que des automates, ou au
contrairedesêtreslibrescréagiml’à Dund’e ei u s
aimant?

On peut poser la question autrement : qui sommes-nous ?
Que sommes-nous ? Quel est le sens de notre vie ? Ce livre
cherche, entre autres, à aborder ces questions – avec logique,
raison et une mesure de foi – et à apporter quelques réponses.
Ilyaunebonnenouvelo ineosn bpa’saoiavd:’ ne el r
cerveaud’Einsteinpourcomprendrecesréponses!

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CHAPITRE 2 :
LEPRINCIPEDECLIFORD

Une question de science

La plupart des gens n’ont jamais entendu parler de Werner
von Siemens ; beaucoup connaisae avcnehl tne ner
compagnie Siemens. Fondée dans les années 1840, alors
qu’elre qencoait n’ét eiep nu’utatelierberlinoi s–qui
construisit la première ligne de télégraphe à longue distance
enEurope(environcinqcentskilomètres)–,elnitief p ra
devenirl’un desgroupeslesplusinnovantsdu monde.
Produisantenvironhuitmil,n raa snp tnoieveins ntcex eu d
SiemensAG estaujourd’hui unecorporation
multimil nitgd-xiquatre-vde cent sulp snad etnesré Pe.irnaoni
pays, la compagnie emploie environ quatre cent quatre-vingt
milersoe p s’dqéiuepemtn suttot enteor sesiuq sennsiudorp
électroniques – des téléphones aux ordinateurs, moteurs,
appareilsélectroménagersetappareilagesaudtit st eor f .lIsf
probablequevousayezdéjàutli euqramsé un ledl aa ppraie
Siemens.

16

Werner von Siemens (1816-1892) est le génie qui a fondé la
compagnie. Vers la fin de sa vie, à Berlin, pendant la dernière
décenniedudix-neuvièmesiècle,cebrilachef ruet te i tnnevn
d’entreprise a exprimé devant un groupe de scientifiques sa foi
dans le pouvoir de la science et de la découverte scientfique
pouraméliorerlaqualitédeviedel’humanité.

«C’estpourquoi,mesieurs,déclara-t-il,rien nepoura
ébranlernotre conviction que la recherche etl’activité
d’invention amèneront l’humanité à un niveau supérieur de
culture, l’ennobliront et rendront les aspirations idéales plus
acesles. L’âibtfegs icnei dteinimi qubudé uq eareusel
dificultés,ferareculerlamaladie,permete arme dh’moà l
mieux profiter de la vie et le rendra plus heureux et satisfait.
Même si nous ne discernons pas toujours clairement la route
devantnous,celequimèneverscetma eoilées ration d
condtivs ueri s,eoontsnnn oa ésmendoins convaincus euq al
lumière de la vérité que nous explorons ne nous égarera pas,
maisquelaricheseetlapuisancequ’elarà ea pproet
l’humaniténepourontpass’afèverl’él et lir, ànuno tbia
4
niveaudeviesupérieur.»

LaprédictiondeSiemensétait-el e acex ?teL a «ulimrè eed
la vérité » qu’il considère comme la « recherche scientfique
et l’activité d’invention » a-t-el’l uamuh edners nité plu
heureuse etsatisfaite?Pouvons-nous,au vingt-et-unième

4.CitédansRüdigerSafranski,MartinHeideger: Betw
Evil,Cambridge,Mas.: HarvardUniversityPres,1998

17

enGodand
,p.35.

siècle,partagerl’optimismesuscitéparlascience
ledébutduvingtième?

bienavant

Qu’enpensez-vous?Bienquelarecherchescientfiqueait,
dansdenombreuxdomaines,améliorénoscondtinso de vie,
nous vivons aujourd’hui une époque où, loin de nous prédire
un futurmeilerus ic ,alou nceenarépprs oj sed e sru
inquiétants.Dansson enthousiasme,Wernervon Siemens
n’avaitjamaisentendu parlerd’explosionsnucléaires,de
réchaufélcueriaed ,mob quti de,iv’h nerlimant cemebes
radiologiquesnideters aL .eue ecneictéac bmeiqogolrirosist
probablementdevenue une menace pournotre existence
plutôtqu’unmoyendel’améliorer.

« Le progrès technique est comme une hache qu'on aurait
5
mise dans les mains d'un psychopathe » a écrit Albert
Einstein.

Unehache?Ilaécritcelaen1917.Quedirealorsd’une
bombenucléairedevingtmégatonnes?Un psychopathe?Ne
sont-cepasplutôtdesfanatiquesreligieux?

On a brûlé Giordano Bruno…

Deplus,bienqu’el la oir, aéenscet oi sepse’l ed retropp
science a toujours été incapable de répondre aux questions les
plusesentielnant la vie. Quemea nteoaftdenl soccnrseese l t
l’objectifdenotreexistence?Quelos rnt nns daiso e sose

5.CitédansAlanLightman,ASenseoftheMysterious,NewYork:
VintageBoks,2006,p.110.

18

vivre ? Quel est le sens de la vie ? Celui de la mort ? Comment
trouver le bonheur ? Comment devons-nous agir ? Qu’est-ce
qui est moral ou immoral ? Que nous réserve le futur ? La
science est peut-être capable de maintenir quelque temps en
viedespersonnesmourantes,maisel ennucua en nedoe
raison pour ne pas débrancher la prise. Comme l’a observé le
philosophe autrichien Ludwig Witnstategenstein:«On co
que lorsqu’on a répondu à toutes les questions scientfiques
6
pos de la vie ».lbsein a’ ,noas pnc ee ororabl édp selborsemè

Si la science ne peut pas fournir de réponses, où
pouvonsnous alors les trouver ? Sommes-nous simplement destinés à
vivrenotrevie–spasmesdemétabolismescelualrisec pabaels
de contempler l’idée de l’éternité – uniquement pour
disparaître comme la buée sur une vitre, de sorte que quand
nous partirons, ce sera presque comme si nous n’avions
jamaisexisté?

LepoètepolonaisCzeslawMiloszsaisitlanatureé
denotreviequandilécrit:

«C’estici,surceteplace,

Qu’onabrûléGiordanoBruno,

Qu’entouréd’unefoulecurieuse,

Leboureaualumalaflamme.

Àpeinefut-eleéteinte

phémère

6. Ludwig Witgenstein,s Logico-PhilosohpcisucarTutat ,tAaltnc i
Highlands,N.J.: HumantiesPresInternational, 1961,p.73.

19

Quelestavernesétaientpleines,

Quelesmarchandsportaientsurleurstêtes
7
Lespaniersd’olivesetdecitrons.»
Qui sommes-nous, et comment – prisonniers de l’éternité du
paséetoppresésàlapenséedecel ud utufes ré de er,ount
toutes parts par l’infini – pouvons-nous donner du sens à notre
vie? Pouvons-nous trouver des réponses certaines ou
avançons-nous automatiquement, en supposant et en nous
contentant de conjectures concernant les questions
existentielesesentieldae ns’a sèvch tuoalecq tnt eus, sachae
lamortéternels ceà s ou nruop sap dnopér e neienca sc ? Le
questions; elenelesabordemêmepas.

Ilexistepourtantdesréponsesauxinterogns l rues eoitas sn
et le but de la vie, sur la façon dont il faut vivre, sur la mort, la
soufseC pér esnolp sneeid’s poes niruo saret lnce tur.e fu
amènent au-delà de ce que nous pouvons voir ou imaginer en
nousbasantsurdeséprouvet ,setnfces scieexpérieniqueset
équationsmathématiquesgénéréesparordinateur.

Le principe de Clifford

Il n’y a pas seulement des réponses, mais également de
bonnesraisonsd’ycroire.

7. Czeslaw Milosz, CampodeiFiori,New andColed Poemsect,
NewYork: HarperColes un de l’ts d0320, nsinemgarF .33 .p ,Poèmes
dughetodeVarsovie,versionfrançaisedeFrédéricWandelère,en
coopérationavecRolfFieguth.

20

On raconte l’histoire du propriétaire d’un bateau, dans les
années1800,quisepréparaitàfairepartiren merson
embarcationchargéedefamilét dtsangrmi’é dseà énsereim
commencerunenouvelu eandmon uuvno ecnsnadxe eetsi.e
Lebateauétaitasbré,délauste vétep ue thc.eténa vieux , ez
Ce n’était pas étonnant, puisqu’il avait navigué sur l’océan
pendantde nombreusesannées,aftesrontantles violen
tempêtes de l’Atlantique Nord. Le propriétaire savait qu’il avait
besoin de certaines réparations. Il aurait falrénoveru le
entièrement d’ici peu. Quelques entrepreneurs et
constructeursdenaviresluiavaientsuglin q ’utip é’at ésraé
prudentdelaisparationaines rés iectr eabetuaguvi cerenar s
importantesn’étaientpasef savaireriétpropl eamsise ,tcéuaiet
qu’ils lui proposaient cela dans leur propre intérêt. En efet,
c’étaienteux-mêmesquiefntieuactra tes l te xuavitarapérno se
sur son bateau, il était donc normal qu’ils lui proposent une
rénovation. Certains membres de l’équipage exprimèrent leur
inquiétude,maislepropriétairen’yprêtaaucuneatention: ils
n’étaient que des matelots sans instruction, que savaient-ils de
lastructureetdumoteurd’unbateau?

Ilestimmoraldesoutenirunpointdevue,même
corsc tee sur des preuve ,isl o’ nesb sa
insufisantes.

Il savait bien que son navire avait quelques problèmes, mais
c’était uniquement parce qu’il était vieux, et il n’avait aucune
raison de penserque ce bateau n’étaitpasen mesure
d’afortnreu ne tempête supplnemériatS .e li’uvpot aiefectuer

21

quelques traversées de plus, il aurait les moyens de payer une
rénovation complète. Il ne pouvait pas se le permettre à ce
moment-là, et pensait ne pas en avoir encore réel entme
besoin.Ilchasa setuodp al cevque séen lae es da sers erni
Providence protègerait son bateau parce qu’il était rempli de
centainesdepersonnesquipartaientailuesr , àalr echerche
d’uneviemeileure.

C’est ce dont il se persuada, surtout après avoir prononcé
une courte prière en faveur du bateau et de ses passagers.
Deboutsurlequai,encetemntri p il, psam edèited eénite
observaavecjoieettranquiléls’gnoit airsvenos van eri iuqité
l’horizon.

« Il acquit ainsi la sincère et confortable conviction que son
navireétaitsûretenétatdenavigablievle ll tli vr ectna’I e.ré
lecœurléger,formulantdesvœuxpourlaréusmé sed e sérgiit
qu’il transportait… et empocha les dédommagements de
l’asurancequandlenaviresombraaumlieu na ,en edl o’éc
8
laisantaucunsurvivant.»

Le sens de cete histoire,racontée parle philosophe
britanniqueW.K.Cliford,estqu’ilestnéceses eedarires b sa
convictions sur des raisons valables, et qu’il est immoral de
soutenirunpointdevue,mêmecor des surbase se is no’l,tce
preuvesinsufie éticapac oa’ll at ond anQu. esntsacasionde
recueilirsufisammentd’informations pourélaborerune
conviction, il incombe de le faire. Dans le cas contraire, on

8.CitédansPhilosophyofReligion,Éd.CharlesTaliaferoandPaul
Grifiths,Oxford,Eng.: Blackwel uPlbsiihgn ,0230.1 69 ,.p

22

commet une grave faute morale en soutenant un point de vue,
sanstenircomptedecequiestvraioufaux.

Une fois pour toutes

«Transformons unpeutl’histoire,poursuitClifro t,de
supposons que ce bateau n’était pas ausaléd.érba L i
traverséesepasutre d’a, etmbreneocna ses aleC .etiusne s
diminue-t-illaculpabliorrpéiatri e ?bAté du plusontmeas p !
Lorsqu’uneactionestachevée,eleestdéfintibot enemve nn
oumauvaise;aucunéchecac’uli,sq ss see datltsuréletnedi
soientbonsou mauvais,nepeutchangercela.Dansce
nouveau casde figure,le propriétaire n’auraitpasété
innocent, il aurait juste eu de la chance. La question du bien
ou du mal concerne l’origine de sa conviction, et non pas son
contenu. Le problème n’est pas ce qu’il croit, mais comment il
y est parvenu. La question n’est pas de savoir si ce qu’il croyait
était juste ou faux, mais de déterminer s’il avait le droit de
croire quelque chose, en se basant sur les preuves dont il
9
disposait.»

LeprincipedeCliford: s,« Il estruojuot iavuam s
pourtoutlemondeetpartout,decroirequelque
choseensebasantsurdespreuvesinsufisantes».

Lephilosopherésumeenfinsapostiq ,noe onnust cui e
commeleprincipedeCliford: «Ilestvuam,siauop roujours

9.Ibid.

23

toutlemondeetpartout,decroirequelquechosee
10
surdespreuvesinsufisantes».

nsebasant

Noussommesd’ac ceca evcnpip irordd te e Te. eel lstbj’o
celivre,Vivresanslimites.Ilnesecontentepasd’exprimer
certaines croyances, mais cherche à fournir – à tout le monde
etpartout–despreuvessufisantes.

10.Ibid.,p.199.

24

CHAPITRE 3 :
LE«BIGFREZE»OULE«BIG
CRUNCH»

À vous de choisir…

Une chaudière explose dans un immeuble en Mongolie. La
déflagrationprojettnal-ua auce’a dercirû b morormel’éne
des xued su sbeometvin uuris xtégase .lIr ’un bâtiment de
monsieur aux cheveux blancs qui – alors qu’il avait survécu à
laSecondeGuer s rel rapelaial , ednompoe oiuvri p dse
communistesetlarévolutionculturel s e –seoiinche tuédans
cetacident.

Aux États-Unis, un jeune homme qui travailpoure un
journal va réclamer une photo d’un jeune homme qui a été
tué parbalnees quelques heures auparavant,lors d’u
transactiondedrogue,chezsesparents.Unétrangerfrappeà
votre porte et vous demande une photo de votre fils de
dixseptansquivientdemouirarté ser sregnur q, po’autue d
publient la photo dans un journal, afin qu’encore d’autres
étrangers s’en désolent pendant quelques secondes, avant

25

d’utliserlejournalpourenvelopperdupoison,alumerun
feuounetoyerlesvitres?
Lejeuneemployénes’at à sap ta nundaiecs rè tileu
chaleureux!
Ilnelereçutpas,c’estlemoinsqu’onpuise rediett, i’nob tn
aucunephoto.Alorsqu’ilbat eîarfrèl eti,eetraen rait dnéu
jeune défunt fulminait contre lui depuis la porte d’entrée.
Submergé de peine à la pensée de la vie tourmentée – et de la
mortviolente–desonjeunefrère,ilrépétait: ur « Tout cela po
rien!».

Pour rien ? Et le vieil homme tué par la chaudière ? Pour
rien ? Et qu’en est-il de nous ? Que l’on vive une existence
longue et prospère, ou que l’on meure prématurément dans
l’enfance,quelaise-t-onderère itse’n ec is ,ios? e vrdacan u
Aumieux,onlaispa e sèr iosxuecveneri qui, avant de d
cadavres,lais’d xue sg sertuaerrèapt on equi,ens nt d ava
devenircadavres,enlais’a dreutent reconoreue,xe t spaèr s
ainsidesuite…

«LaVoie lactée,écritle philosophe etastrobiologiste
britannique Paul Davies, rayonne de la lumière de centaines
demil. tensDaix d sdrai d’étoiles, dontc ahucene tsm ro
mil suonnoi’d sénna ,seedp rgnaul salp que ce e dearti
voyonsaujourd’huiaura disparu,éteinte parmanquede
combustible… L’univers,ilnémictu eaulenem lar pat
prolfiqueénergiedelapuisunlccn e,ef aéria ririnpaa épr seui

26

cet reesra défintedl aulimrè ees erè’L .ecruoiv
11
terminée.»

ement

Si, à la fin de « l’ère de la lumière », le « big freze»ou
« grande glaciation » commence, et que nous disparaisons
tous,àquoiservira-t-ild’avoirexisté?

Le « big crunch »

Touslesscientfiquesnes’atdne tneepecnadnpat à s qce ue
l’univers disparaisrtainse avec la grande glaciation.Ce
at af revité graù la», odeen uoctna ri etnar bigle «nch cru
implosertoute la matière quisera réduite à un granulé
extrêmement chaud et dense de matière, de la dimension
approximatived’unatome.

En 1967, l’auteur de science-fiction Paul Anderson écrit Tau
Zéro,unenouveller hè t dme« u us eDa. »chuncrg bi nos sn
histoire,levaiseauspatialLeonoraChristinesedéplacedans
lecosmosàuneviteseprochedecelmul al erO .erèie,d
commelecerveaud’Einstein(lespeit stnm edèita eragmes fr
rose que nous avons évoqués au premier chapitre) l’a
démontré,plusonserapprochedelavites ed l alèimu ,ere
plusletempsralenit(vousvoussouvenezdel’exp érience
efectuéesurlesdeuxjumeles?L’unedesjumel seyavo ge
dansunefuséeàuneviteseprochedecel e,rèimul al ed e
alorsquesasœurjumelerestesurTere.Eleatendvingtans
quelafuséerevienne,etquandelearsœur sa e jum,evileen

11.PaulDavies,TheLastThreMinutes,NewYork:PerseusBoks,
1994,p.49,50.

27

descendetelen’avieili que de deuxa snd peiu sos n ,trapéd
parce qu’à la vitesoùe e lanse s’estdéplacée,deux
seulementsontpasésalorsquevingtansontpaseé sur Tre).

Dansl’histoire,levaiseauLeonoraChristinesedéplacesi
vite,etletempsralenitteles spmet el euq ene ptom cent,em
minutespoursesoc silcoe tempn eimuaptn,sa olsrq ’ulions
d’années pour les habitants de la Tert esC’. qus oral ee
malheureusement, levaisa luporteudee eh uasière
interstelr,etlaaire quidétruitle décélérateurdu moteu
Leonora vitplus en plusd e av je,quus a’àteindrelavitesede
la lumière,le Tau zéro.Lespaseragevana ldes te,
impuisants,voientalorsletempspresques’ar ropêetux ur e
(selonEinstein,letempss’arêtelorsqu’onatni talv iteesede
lalumière).Quelquesheuresseulementpasent,x r eu pou
pendantquedesmill’extérieur. C’ets iand’s onféd seén à tneli
alorsqu’àleurgrandehorr ecnemmoc srevinueui ,rv slneio’l t
à se refermersurlui-même dansle «big crunch».La
température augmente,lesgalaxiesse
replientsurelesmêmes, et l’équipage comprend que ce n’est plus qu’une
question de minutes avant qu’ils soient aspirés et incinérés
dans ce minuscule globule cosmique de matière extrêmement
densedelatailed’unatome.

LepoèteRobertFrostadécritladestructiondu
mondedanslefeuoulaglace.

Heureusement, vous serez heureux d’apprendre que
l’équipage de la einstriCha oroneL neyom nu evuort

28

d’échapperàlacatastrophe.Enrevanche,ilsepouraitque
nousn’ayonspaslamêmechance,cequisignfi euq euqele
quesoitlafindel’univers–«bigfrebi« , »chuncrg ,u » o ez
comme certainsl’atendent, le«big rip» ou grande
déchirure –, nous sommes tous perdus. Le poète Robert Frost a
décrit la destruction du monde dans le feu ou la glace. Que
cela se produise dans le feu, la glace, l’implosion, ou la
déchirure de l’espace, tout ce que nous aurons fait, pensé,
rêvéouréusiseradéfintiliub oett uitrdé tnemevé.

La mort, le grand voleur

Bienentendu,nousn’auronspasàatl a nede l’endrectioxtin
dernière étoile ou la grande implosion avantde nous
interviseà l epsreptce. La moong term elbmes trr sus noor ge
dérober tout sens à la vie dès le moment où l’on veut s’y
préparer. Léon Tolstoï observe : « La mort est la fin de toute
12
chose,etrienn’estalorspirequelavie.»

Bienqu’elesteon rlexi réf ,asréeéxeegsa io t sniomnaén
pertinente. Quel est le but de quelque chose d’éphémère,
dont l’impact, l’influence, même la mémoire seront
défintiuovrien de ce qui p à’uqsiu ,nif alout enem ps,iéblrait
en garder le souvenir n’existera plus ? Quel sens a la vie d’un
nourisonafricainquimeurtdedénutrti udns uanoep ,n ei
déshydraté de sa mère, dans un univers voué à la destruction ?

12.LéonTolstoï,dansuneletredel’introduction
NewYork: PenguinClasics,1978.

29

àAnnaKarénine,

L’auteur argentin Jorge Luis Borges écrit l’histoire d’un
délinquant appelé Otálora qui rejoint un gang uruguayen.
Otálora – qui cherche à supplanter le chef de gang, Bandeira –
commence tout doucement à usurper son pouvoir, son
autorité, et même sa femme. Ce n’est qu’au dernier moment,
juste avant que Bandeira ne lui tire desu’ qálOta or,su
comprendcequis’estréelementpasé.

« Juste avant de mourir, Otálora se rend compte qu’il a été
trahi depuis le début, qu’il a été condamné à mort, qu’il lui a
été permis d’aimer, de commander, et même de vaincre, parce
qu’il était déjà considéré comme mort. Pour Bandeira, il était
13
unhommemort.»

Mêmesinousaimons,obtenonslepouvoiretréusssions
dans la vie (bien que souvent ce ne soit pas le cas), chacun de
nous, comme Otálora, est en quelque sorte « un homme
mort».Laseulediférenceestquecelaareviulp ôt spot ur
certainsquepourd’autres.

«Plusdelamoitiédelapousièredesmaisonsest
constituéedefragmentsdepeaumorte.»

« Plus de la motiupodeé a lsestière desmaisons
consitp ae sedemtnrfga de uéeeD sadi Mitcr ée,rtmou kers.
Si vous pensez que vous vous perdez, jetez un coup d’œil
audesusdevotrearmoireetpasy leez- .tgiod ev suoVrezceà

13.JorgeLuisBorges,TheDeadMan,TheAleph,London:Penguin
Clasics,200,p.25.

30

quoivousresuqled senad uq sblemezer. en sziiaénse’dna
Donnezuncoupsurvotrematelasetvousvousverzev loiteg r
14
enpousièredansl’air.»

Cetviinep e ,a ee,ssc sveemsb csoe,stases céd itpeons,
estelelasommedecequenoussommesoupournoi Et ? ertê s
pourfinir,notrevoyagesurtervuos tnelb e ,emit raséistr ete
–ponctué parquelqueslignes,paragraphesou pagesde
bonheur, si nous avons de la chance – se réduit en pousière
quifiniraele-mêmedansle«bigcrunch».

Est-celànotredestinée?

Celadépend…

14.MidasDeker,theWayofAlFlesh,London: HarvilPres,1997,
p.186.

31

CHAPITRE 4 :
UNZÈBREDANSLACUISINE

La dame ou le tigre…

Dans le chapitre précédent, nous avons évoqué l’idée que le
but de notre vie dépend de quelque chose, mais de quoi ?

Ildépenddelafaçondontnoussommesared ivés ici, sinon
quoi d’autre ? Tout comme le chêne se trouve dans le gland,
de la même façon,notre fin se trouve dansnotre
commencement.

Qu’est-cequecelasignfie?

Il existe deux principales visions sur l’origine de l’humanité.
La première considère que l’univers et tout ce qu’il renferme
sont le produit d’éléments purement matériels qui sont
apparusparhasard.

Tout – depuis la galaxie d’Andromède jusqu’à nos désirs les
plus intimes – a une origine et une existence matérialiste, et se
compose exclusivement d’atomes. Tout ce qui existe est ce
que les anciens matérialistes appelaient « les atomes et le
vide».

32

Lesmatérialistesmodernesdécriventcela de la façon
suivante : il y a environ quinze mile ia’dnadr s ,nuénse
extraordinaire explosion a fait surgir tout à la fois la matière,
l’énergie, le temps et l’espace, et cet évènement a été appelé
«bigbang».Lesatomescréslorsdecetonn t plexioos e
formé des nuages gazeux qui ont fusionné pour former les
étoiles.Danstoutcefourmil rueeemtnd eulmière et de chal
interstelfer diorte irioaf ,e ersesf und erotnpsaiunlti comé des
planètes–dontlanôtre.Aprèsdesmila’d sdrad ,seénnes i
étendues d’eau se sont formées, contenant des composants
chimiques de plus en plus complexes. Les formes de vie les
plus simples sont apparues à partir d’acides aminés, et ont
évolué au fil du temps pour devenir des êtres humains.

Lepointcrucialdecesprocestn qst eusen sli’uetlusér
d’aucun objectif, d'aucune intention, et ont leur point de
départ au moment du « big bang ». Ces phénomènes se sont
simplement produits. «Notreunivers, commenteun
scientfisedes choses quique, fait simplement partie
15
produisentdetempsentemps.»

Sicepointdevueestcort,ecre not (etf nitoersrn a ol
intermédiaireausi)–toutcequiprovientdenosorigines–est
ter a’a nceut bunucuqsiuP . eemeniblgubrt lutoer.eN tsnee ix
la mixture originele n’avaitniobjectifniintention,son
produit final n’en a pas non plus. Nous faisons partie de ces
« choses qui se produisent de temps en temps ». Si ce qui est à

15.CitédansDennisRichardDanielson,TheBokoftheCosmos,
Cambridge,Mas.: 84.2p .P suesreP0,00 2g,inshliub

33

l’origine de notre existence n’a aucun sens, alors rien de ce
quenousproduisonsnepeutavoirdesens.

Dans une citation célèbre exprimant ce point de vue, le
biologistefrançaisJacquesMonodécrit: L «cna’nnieae liance
estrompue.L'homme saitenfinl 'qiut es san dulse
l'immensitéindiférentedel'universd'oùilaémergépar
hasard. Non plus que son destin, son devoir n'est écrit nule
partlesde choisirentre le Royaume et.À lui
16
ténèbres.»

Onpeutsedemanderoùilestposibledetrouver«
Royaume»danslecosmosnéduhasarddeMonod.

le

L’écrivain du dix-neuvième siècle Franck Stockton raconte
l’histoire d’un roi qui avait un sens étrange de la justice. Il
plaçait les hommes coupables dans une pièce avec deux
portesfermées.Dere l’ièrde cune is,y l pesteor eiavanu t
femme ; derun tigre.ière l’autre,L’acusé ne savait
évidemmentpascequ’ilyavaitderit t srsoep .e’eSlliior èvuar
laportederièrelaquelro taiuvlat em fes e larélié em ,d céatti
innocent, libéré, et la femme lui était donnée. Si au contraire
il ouvrait la porte au tigre, il était déclaré coupable et dévoré
vivantparlefauve.

Les personnages de la courte histoire de Stockton avaient au
moins une chance sur deux de s’en sortir. Il semble que
l’universdeMonodn’enofmoà , leeu sne’u nos euq snire qu
« Royaume » n'existe réelement.Ilestpourtantdificile

16.htp:/danyreviews.com/h/Chance_and_Necesity.htm

34

l