Amphibiens et reptiles du Québec et des Maritimes
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Amphibiens et reptiles du Québec et des Maritimes

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Description

À la découverte d'un monde fascinant et méconnu
Créatures discrètes et souvent mal aimées, grenouilles, salamandres, tortues et couleuvres captivent un public de plus en plus large.
- Une nouvelle édition revue et augmentée d'un ouvrage de référence incontournable
- Un guide pratique autant pour le spécialiste que l’amateur
- Plus de 500 photos saisissantes, illustrant les stades de vie, les variations de coloration, les comportements
- Des fiches d'identification par espèce bien documentées (description, reproduction, alimentation, prédateurs, habitat, situation de l'espèce, notes)
- Les cartes de répartition les plus à jour et des clés d'identification claires et faciles à utiliser

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Informations

Publié par
Date de parution 07 avril 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782897624972
Langue Français
Poids de l'ouvrage 52 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0050€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

AMPHIBIENS ET REPTILES
David Rodrigue
Jean-François Desroches
DU QUÉBEC ET DES MARITIMES
AMPHIBIENS
ET REPTILESDU QUÉBEC ET DES MARITIMES
À la découverte d’un monde fascinant et méconnu ET Créatures discrètes et souvent mal aimées, grenouilles, salamandres,
tortues et couleuvres captivent un public de plus en plus large.
Une nouvelle édition revue et augmentée d’un ouvrage
de référence incontournable
Un guide pratique autant pour le spécialiste que l’amateur
Plus de 500 photos saisissantes, illustrant les stades de vie, • David Rodrigue Jean-François Desroches
les variations de coloration, les comportements
Des fi ches d’identifi cation par espèce bien documentées
(description, reproduction, alimentation, prédateurs, habitat,
situation de l’espèce, notes)
Les cartes de répartition les plus à jour et des clés d’identifi cation
claires et faciles à utiliser
David Rodrigue, biologiste spécialisé en herpétologie, est l’auteur d’un
ouvrage sur les amphibiens et reptiles du monde et de plusieurs textes
sur la faune herpétologique du Québec. Il dirige le Zoo Ecomuseum
à Sainte-Anne-de-Bellevue, un organisme voué à l’éducation, la
conservation et la valorisation en matière de faune québécoise.
Jean-François Desroches est biologiste et enseignant en techniques
de bioécologie au Cégep de Sherbrooke. Il est auteur ou co-auteur
de nombreux rapports et articles sur les amphibiens et les reptiles
du Québec et co-auteur du guide Poissons d’eau douce du Québec
et des Maritimes dans la même collection. Édition revue
et augmentée
ISBN 978-2-89762-303-6editionsmichelquintin.ca
FSC
to come
9 782897 623036AMPHIBIENS
ET REPTILES
DU QUÉBEC ET DES MARITIMES
• David Rodrigue Jean-François DesrochesÉdition : Johanne Ménard
Révision linguistique : Philippe Blain et Serge Gagné
Conception graphique : Ruth Pelletier et Sandy Lampron
Mise en page : Sandy Lampron
Illustrations : Charline Giffard (annexe 2) et Jean-François Desroches (annexe 3)


Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de
livres — Gestion SODEC
Les Éditions Michel Quintin bénéficient du soutien financier de la SODEC et du
gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs
activités d’édition.
Tous droits de traduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Toute
reproduction d’un extrait quelconque de ce livre, par procédé mécanique ou électronique,
y compris la microreproduction, est strictement interdite sans l’autorisation écrite
de l’éditeur.
ISBN 978-2-89762-303-6 (reliure souple)
ISBN 978-2-89762-302-9 (reliure cartonnée)
ISBN 978-2-89762-497-2 (PDF)
2018, Éditions Michel Quintin©
Éditions Michel Quintin
Montréal (Québec) Canada
editionsmichelquintin.ca
info@editionsmichelquintin.caÀ Lucas et Mateo, mes étoiles, qui faites de cette vie
le plus merveilleux des voyages. Et à toi, Sarah,
qui es toujours pour moi, chaque fois que le besoin
s’en ressent, un phare dans la brume.
David
À Isabelle Picard, biologiste, qui m’a accompagné dans la quête
de bestioles au Québec, dans les Maritimes et au Labrador
depuis plus de 15 ans, et avec qui j’ai pu réaliser une multitude
de projets ambitieux et originaux.
Jean-FrançoisRemerciements
Ce guide n’aurait pu voir le jour sans le travail et la collaboration de
nombreuses personnes, à qui nous sommes redevables. Nous sommes
particulièrement reconnaissants envers Johanne Ménard et Michel
Quintin (Éditions Michel Quintin) qui, par leur enthousiasme et leur appui
inconditionnel, ont non seulement permis la réalisation de la première
édition de ce guide en 2004, mais maintenu la même détermination
pour la réalisation de cette deuxième édition. Nous tenons également
à remercier particulièrement Walter Bertacchi et Benoît Couture ; par
leur amitié et leur travail, ils nous ont grandement aidés tout au long
des diverses étapes de la réalisation de la première édition du guide.
Certains biologistes ont contribué à la première édition par leurs
commentaires sur le contenu et des avis sur la version préliminaire. Nous
remercions ainsi Isabelle Picard, Daniel Pouliot et Benoît Lafeur. Plu -
sieurs photographes nous ont aimablement fourni des images pour
les deux éditions. Merci à tous pour cette précieuse collaboration.
Nous remercions également Philippe Blain (première édition) et Serge
Gagné (deuxième édition) pour la révision linguistique des textes, ainsi
que Sandy Lampron pour la conception graphique et l’infographie de
cette nouvelle édition. Leur travail passionné et leur patience ont été
grandement appréciés. Merci également à Charline Giffard pour la
réalisation des illustrations présentées à l’annexe 2.
Plusieurs herpétologistes ont joué le rôle de conseillers scientifques et
nous ont fourni de précieuses informations tout au long de la rédaction
de la première édition du guide : Jim P. Bogart, Francis R. Cook, Leslie
A. Lowcock, Frederic W. Schueler et Donald R. McAlpine. Ce dernier a
de plus élaboré les cartes de répartition des espèces dans les Maritimes
pour les deux éditions. Les textes de la première édition ont bénéfcié
des commentaires d’un comité de révision scientifque : J. Roger Bider,
Gabriel Blouin-Demers, Joël Bonin, Patrick Galois, Andrée Gendron et
Raymond A. Saumure. Nous remercions de nouveau tous ces
collaborateurs pour leur importante contribution.
Le domaine de l’herpétologie au Québec a été, et continue d’être,
grande ment infuencé par les contributions et le savoir cumulé d’un grand nombre de personnes qui ne sont pas déjà remerciées ci-dessus.
Certaines agissent professionnellement dans le domaine de la
biologie ou de l’environnement, se spécialisant parfois dans le domaine
de l’herpétologie, alors que d’autres le font simplement par intérêt
personnel et passion. Quoiqu’il soit impossible de les remercier toutes
ici, nous tenons à souligner notre appréciation à l’égard de plusieurs
d’entre elles : Michel Aubé, Yves Bachand, Michel Bédard, Pierre-André
Bernier, Philippe Blais, Pierre-Alexandre Bourgeois, Lyne Bouthillier,
Anaïs Boutin, Jocelyn Caron, Claude Daigle, Yohann Dubois,
LouisPhilippe Gagnon, Denis Henri, Stéphanie Houde, Jean-François Houle,
Jacques Jutras, Philippe Lamarre, Richard Laparé, Patrice Lavigne,
Sylvie Matte, Tommy Montpetit, Jean-David Moore, Martin Ouellet,
Mathieu Ouellette, Simon Pelletier, Isabelle Picard, Étienne Plasse,
Daniel Pouliot, Yves Robitaille, Jean Rodrigue, Sébastien Rouleau,
Martin Savard, Nathalie Tessier, Jean-Marc Vallières, ainsi que les
étudiants en techniques de bioécologie du Cégep de Sherbrooke (de
2004 à 2017).
Finalement, nous remercions sincèrement tous ceux et celles, au nombre
de pratiquement trois mille, qui ont généreusement accepté de verser
leurs données d’observation dans la banque de l’Atlas des
amphibiens et des reptiles du Québec (ARRQ), ainsi que les responsables de
l’Atlas. Leur apport a été inestimable pour la réalisation des cartes de
répartition des espèces de la première édition et leur révision pour la
deuxième édition. Nous remercions particulièrement la Société
d’histoire naturelle de la vallée du Saint-Laurent / Zoo Ecomuseum, qui a
contribué à la mise à jour des cartes de répartition des espèces de cette
deuxième édition par le biais de l’AARQ. Ces contributions enrichissent
considérablement les connaissances sur les amphibiens, les tortues et
les couleuvres du Québec.
À Jérôme, Iris et Marie-Neige Desroches, ainsi qu’à Lucas et Mateo
Rodrigue, merci d’avoir si souvent et si patiemment suivi vos papas à
la recherche d’amphibiens et de reptiles et ce, depuis votre plus jeune
âge. Ce furent les plus beaux moments de recherche.Table des matières
Avant-propos ................................................................................... 10
Introduction ..................................................................................... 12
Première partie
À LA DÉCOUVERTE DES AMPHIBIENS
ET DES REPTILES DU QUÉBEC ET DES MARITIMES ............... 20
1. Des êtres fascinants .............................................................. 22
2. L’observation des amphibiens et des reptiles ..................... 28
3. La conservation des amphibiens et des reptiles ................. 36
Deuxième partie
ESPÈCES À IDENTIFIER ET À MIEUX CONNAÎTRE .................. 48
Urodèles : salamandres, nectures et tritons ........................... 50
Les larves d’urodèles ............................................................ 60
Necture tacheté .......................................................................... 62
Triton vert ................................................................................... 66
Salamandre maculée .................................................................. 72
Salamandre à points bleus ......................................................... 78
Le complexe de la salamandre de Jefferson ............................. 83
Salamandre sombre du Nord ..................................................... 86
Salamandre sombre des montagnes ......................................... 93
Salamandre à deux lignes .......................................................... 99
Salamandre pourpre ................................................................ 104
Salamandre à quatre orteils .................................................... 109
Salamandre cendrée 114
Les oeufs d’amphibiens ..................................................... 120
Anoures : grenouilles, rainettes et crapauds ........................ 124
Les larves d’anoures ........................................................... 134
Crapaud d’Amérique ............................................................... 136
Rainette versicolore ................................................................. 144
Rainette crucifère ..................................................................... 150
Rainette faux-grillon boréale .................................................. 156
Grenouille des bois .................................................................. 163
Grenouille léopard ................................................................... 170
Grenouille des marais .............................................................. 175
Grenouille verte ....................................................................... 181
Grenouille du Nord 190
Ouaouaron ............................................................................... 196 Testudines : tortues ................................................................ 202
Tortue serpentine .................................................................... 214
Tortue musquée ....................................................................... 220
Tortue peinte ............................................................................ 224
Tortue géographique ............................................................... 228
Tortue mouchetée 233
Tortue des bois ......................................................................... 239
Tortues à oreilles rouges .......................................................... 244
Tortue-molle à épines .............................................................. 249
Tortue luth ................................................................................ 254
Caouane ................................................................................... 257
Tortue bâtard ........................................................................... 258
Tortue verte .............................................................................. 259
Squamates (sous-ordre des serpents) : couleuvres ............. 260
Couleuvre rayée ....................................................................... 272
Couleuvre mince ...................................................................... 284
Couleuvre d’eau 288
Couleuvre à ventre rouge ....................................................... 295
Couleuvre brune 301
Couleuvre verte 308
Couleuvre tachetée ................................................................. 312
Couleuvre à collier ................................................................... 316
POUR EN SAVOIR PLUS ............................................................ 323
Annexe 1. Espèces limitrophes ...............................................324
Annexe 2. Illustrations anatomiques et autres .....................326
Annexe 3. Clés d’identifcation ..............................................330
Annexe 4. Coordonnées pour la collecte
des données d’observation 348
Annexe 5. Étymologie des noms scientifques ....................... 349
Glossaire ..................................................................................353
Crédits photographiques ........................................................358
Lectures utiles ..........................................................................360
Liste des espèces observées au Québec
et dans les Maritimes 367
Index ........................................................................................373Avant-propos
n 2004 paraissait Amphibiens et reptiles du Québec et des Maritimes, E premier guide complet d’identifcation de toutes les espèces d’amphi -
biens, de tortues et de couleuvres présentes sur le territoire en question.
Sa parution tombait à point nommé, car l’intérêt envers l’herpétologie
– l’étude des amphibiens et des reptiles – était alors en plein essor, tant
au sein d’une portion du grand public que chez les gestionnaires de la
faune, les chercheurs et une panoplie de biologistes aux maints intérêts
et spécialisations. Plus de 14 années plus tard, force est d’admettre que
cet enthousiasme ne s’est pas essouffé et que, bien au contraire, les
grenouilles, les salamandres, les couleuvres et les tortues sont
maintenant plus populaires que jamais aux yeux du public et font l’objet
d’un nombre toujours grandissant d’études scientifques.
Il faut toutefois constater qu’en corollaire de cet heureux état de fait
en est un autre, hélas, particulièrement inquiétant. En effet, au fl des
ans, la situation de plusieurs espèces de l’herpétofaune québécoise et
des Maritimes ne s’est pas améliorée ; elle s’est même dégradée dans
certains cas. Malgré qu’ils soient davantage aimés du public, plus
fréquemment considérés par les gestionnaires de la faune et étudiés par les
chercheurs, les biologistes et les techniciens, nos amphibiens, tortues
et couleuvres font les frais du développement domiciliaire intensif et
de nombreuses autres causes anthropiques de destruction de leurs
habitats, qui sont sans contredit les plus grandes menaces à leur survie.
Il importe donc de poursuivre les efforts d’acquisition de connaissances
et de sensibilisation et de soutenir l’intérêt et l’engouement par rapport
à nos amphibiens et reptiles. Chez les jeunes et les moins jeunes, en famille, entre amis, dans un cadre d’enseignement ou dans un contexte
scientifque, ces animaux ne manquent jamais d’intéresser et de fasciner
si on leur accorde un tant soit peu d’attention. Quiconque a déjà vécu, par
exemple, l’expérience auditive absolument spectaculaire d’une chorale
de centaines de rainettes crucifères tôt le printemps dans un étang
temporaire abondera dans ce sens. Pour les jeunes, une telle expérience peut
être déterminante ; pour les adultes, elle constitue souvent une révélation.
Nous espérons donc que cette nouvelle édition du guide saura
encourager de plus en plus de gens à découvrir et apprécier ces animaux. Ce
n’est qu’en rapprochant les publics de tous âges des espèces sauvages
que nous pourrons susciter des changements signifcatifs qui permet -
tront d’améliorer leur situation et celle de l’environnement en général.
Car, ultimement, on se soucie rarement de ce qu’on ne connaît pas.
Avec cette réédition du guide, nous avons bien entendu mis à jour
plusieurs renseignements et cartes de répartition en plus de reféter
les changements taxonomiques survenus depuis la première édition.
De plus, nous avons grandement bonifé le choix de photographies,
compte tenu non seulement de la grande variabilité de coloration chez
plusieurs espèces, mais également de l’intérêt marqué des observateurs
à connaître et identifer ces différentes phases ainsi qu’à obtenir des
références visuelles des œufs, des larves, des métamorphes et des jeunes.
Le résultat, nous l’espérons, saura répondre encore mieux aux attentes
tant des amants de la nature que des professionnels de la faune, tout
en poursuivant notre objectif de sensibilisation du public en
communiquant notre passion pour ces merveilleux animaux.
David et Jean-François
 Grenouille verte.
 Salamandre pourpre.
 Page 5 : Rainette versicolore.
Pages 6-7 : Tortues serpentines nouveau-nées sortant du nid.Introduction
Ce guide décrit la totalité des es - ambiante. On comprendra que le
pèces d’amphibiens et de reptiles climat du Québec et des Maritimes
qui hab itent le Québec et les leur impose une contrainte
maM a r i t i me s : N o u v e au - B r u n s w i c k , jeure. De plus, plusieurs
amphiNouvelle-Écosse et Île-du-Prince- biens et reptiles se dispersent assez
Édouard. Le Québec compte 37 es- lentement : ils n’ont pu coloniser
pèces (20 amphibiens et 17 reptiles) notre territoire que depuis
enviet les Maritimes, 29 (16 amphi- ron 10 000 ans, c’est-à-dire
deb i e n s e t 1 3 r e p t i l e s ) , p o u r u n t o t a lp uis le dernier retrait des glaciers.
de 40 espèces dans le territoire cou- Certains obstacles naturels ont
vert (20 amphibiens et 20 reptiles). égalem ent entravé la dispersion
Au Québec et dans les Maritimes, des amphibiens et des reptiles.
les amphibiens et les reptiles Mentionnons les grands cours
constituent les deux groupes de d’eau, comme le Saint-Laurent, et
vertébrés les moins riches en es- les chaînes de montagnes. Plus
pèces, loin derrière les poissons, r é c e m m e n t , l a m o d i f c a t i o n d e s
les mammifères et surtout les habitats par l’homme a nui
égaleoiseaux. Cette pauvreté relative ment à la dispersion de certaines
tient au fait que les amphibiens et espèces. Des perturbations comme
les reptiles sont des ectothermes, le déboisement et l’urbanisation
ap pelés abusivement « animaux à r e s rt e i g n e n t d e p u i s l on g t e mp s l a
sang froid », et que leur métabo- répartition et l’abondance locale
lisme dépend de la température des espèces.On compte chez les amphibiens au Québec et dans les Maritimes :
et les reptiles du Québec et des plusieurs genres comptent chez
Maritimes une forte proportion nous une seule espèce. Ainsi, nos
d’espèces rares ou en situation 1 2 t o r t u e s a p p a r t i e n ne n t t o u t e s
précaire. La r ainette faux-grillon à des genres différents. Cette
diboréale, la salaman dre pourpre, versité indique qu’aucun genre ne
la tortue des bois et la tortue géo- s’est particulièrement diversifé
graphique ont été offciellement sous nos latitudes, des espèces
désignées comme vulnérables au bien différentes étant plutôt
veQuébec, alors que la salamandre nues coloniser le nord-est du
consombre des montagnes, la tortue tinent. Les 40 espèces des deux
luth, la tortue mouchetée, la tor- classes, amphibiens et repti les,
tue musquée et la tortue-molle à prés entes au Québec et dans les
épines sont dé signées menacées. Maritimes appartiennent à 16
faPlusieurs reptiles du Québec et milles et 30 genres.
des Maritimes sont également
Souvent regroupés, les amphi-jugés en situation préoccupante,
biens et les reptiles constituent menacés ou en voie de
disparinéanmoins deux groupe d’ani-tion au Canada. La tortue luth, la
maux bien différents. Le guide caouane et la tortue bâtarde sont
des tortues mar ines menacées à pré sente leurs principales
caracl’échelle planétaire. téristiques distinctives.
Les quelques espèces limitrophes Malgré le peu d’espèces, les
amphibiens et les reptiles manifestent au Québec et aux Maritimes sont
une grande diversité taxonomique présentées à l’annexe 1.
14Québec et dans les Maritimes. Des OrganisatiOn du guide
t a b l e a u x - s y n t h è s e a c c o m p a g n e n t
Le guide permet un accès rapide
ces textes. Ils réunissent des détails
aux informations recherchées. On communs à plusieurs es pèces, qui
y trouve d’abord un texte
génésont ainsi plus faciles à trouver et ne
ral sur les amphibiens et les rep- sont pas répétés inutilement dans la
tiles, un texte sur l’observation
description de chaque espèce. Ces
des amphibiens et des reptiles
ta bleaux donnent notamment la
en milieu naturel, le code
d’éthitaille des adultes et des larves ainsi
que de l’herpétologiste et une
secque le nombre d’œufs, et résument
tion sur la conservation
divers as pects de la reproduction.
Dans la me sure du possible, les Une introduction présente ensuite
valeurs extrêmes sont présentées. les ca ractéristiques générales de
chaque ordre (urodèles, anoures, Ces chiffres, établis pour l’ens emble
testudines et squamates), ainsi que de l’Amérique du Nord, dem eurent
celles des familles représentées au va lables pour notre territoire.
 La recherche d’amphibiens et de reptiles permet parfois la découverte de spécimens
inhabituels, comme cette jeune couleuvre à ventre rouge de coloration rouge brique.
 Tortue-molle à épines nouveau-né.
 Pages 12-13 : Couleuvre rayée forme orange.
15On trouvera à l’annexe 2 des
i l l u s t r at ion s mon t r a n t c o m m e n t
mesurer le corps des amphibiens
et des reptiles ainsi que des
dessins mettant en évidence certaines
particularités de ces animaux ou
de leur cycle de vie.
Les chapitres sur les ordres
présentent ensuite la description de
chaque espèce suivant une série de
rubriques détaillées, avec photos
et carte de répartition. Les textes
sont vulgarisés, mais con servent les
informations importantes et un
contenu scientifque. Certains termes
le lecteur observera au fl de ses techn iques retenus sont défnis
sorties sur le ter rain, y compris à dans le glossaire à la fn du guide.
partir des œufs des amphibiens,
Finalement, les clés permettront de leurs larves et des exuvies des
l ’ i d e n t if c a t i o n d es es p è c es q u e couleuvres.
 La rainette versicolore est notre plus grande rainette. Sa capacité à prendre en
alternance une coloration grise ou verte lui confère un camoufage exceptionnel
dans les arbres, où elle vit. Ici, un adulte de coloration grise.
Médaillon : Jeune salamandre à points bleus.
 La couleuvre rayée est notre espèce de couleuvre dont la coloration est la plus
variable. Ici, un adulte de la coloration la plus commune.
16of Amphibians and Reptiles. Le nOmenclature
transfert de la rainette versicolore
Noms français vers un autre genre (Dryophytes)
Les noms français utilisés sont ceux
est présentement sous étude. Un
de la Liste de la faune vertébrée du
nouveau genre (Opheodrys) est
Québec, version électronique 2017.
également proposé pour la
couleuvre verte.
Noms scientifques
Le nom latin constitue le nom
Noms anglais
off c iel et scientifque d’une es -
Les noms anglais utilisés ont aussi
pèce. C’est un nom international,
été puisés dans la SSAR North Ame-valable dans toutes les langues.
rican Standard English & Scientifc Il est binominal, composé du
Names Database, 2017. Dans le cas où nom du genre et du déterminant
plus d’un nom anglais est présenté, de l’espèce. Un troisième nom
le premier est celui de cette liste, les désigne parfois une sous-espèce.
autres provenant d’autres sources.Les noms latins présentés dans ce
guide sont conformes à la SSAR
Noms vernaculairesNorth American Standard English
Certains autres noms français, uti-& Scientifc Names Database , 2017,
une banque électronique main- lisés régionalement ou dans
certenue par la Society for the Study tains ouvrages, sont mentionnés.
17rubriques des espèces
Le texte des espèces se divise en
neuf rubriques, présentées dans
le même ordre pour faciliter la
consultation. Dans la mesure
du possible, les données sont
issues d’observations effectuées
au Québec et dans les Maritimes.
Elles proviennent du savoir des
auteurs, sont tirées des échanges
avec de nombreux collègues ou identification. Des photos
ilpuisées dans la littérature scien- lustrent également diffé rentes
tifique et technique. Des réfé- colorations, des œufs, des larves
rences en fn d’ouvrage présentent et des jeunes. Hormis celles des
certaines sources consultées, et tortues marines, certaines de la
d’autres pouvant intéresser ceux
tortue à oreilles rouges, du crotale
qui veulent approfondir leurs des bois et de la salamandre de
connaissances.
Jefferson, elles ont toutes été prises
au Québec, dans les Maritimes
ouphOtOs
dans l’est de l’Ontario afn d’éviter
les problèmes reliés aux variations Les photos sélectionnées
représentent des spécimens typiques géographiques dans la color ation
de chaque espèce et facilitent leur et les motifs des individus. Les
18 spécimens observés sur le terri- communications personnelles des
toire couvert par le guide devraient auteurs. Malgré leur précision, on
donc ressembler aux photos, sauf devrait considérer ces cartes à titre
parfois les individus d’espèces qui indicatif et ne pas exclure la
présence d’une espèce hors de la zone manifestent une grande variation
illustrée. L’aire est colorée de façon de couleurs.
continue sur les cartes, mais il vaut
mieux considérer qu’il s’agit d’une cartes de répartitiOn
série de sites regroupés en une aire
Une carte présente la répartition générale au sein de laquelle il est
de chaque espèce au Québec, dans probable de rencontrer l’espèce.
les Maritimes, à Terre-Neuve- Les espèces ne sont donc pas
diset-Labrador, en Ontario et en tribuées uniformément dans leur
Nou velle-Angleterre. Tracées à aire. Elles s’y présentent plutôt
partir de mentions attestées, les sous forme de populations
discartes sont les plus précises à ce jointes qui utilisent des habitats
jour. Les mentions québécoises particuliers et sont souvent
sépaproviennent de la plus récente rées par des étendues impropres à
version de la banque informa- l’espèce. Dans le cas d’espèces très
tique de l’Atlas des amphibiens et local isées ayant un habitat bien
des reptiles du Québec. Quant à la particulier, ou de populations
isodistribution dans les Maritimes, lées, la répartition est présentée
elle a été tracée à partir des men- sous forme de taches disjointes.
tions faites jusqu’en 2016 et de
 La salamandre maculée, l’une de nos deux espèces de salamandres fouisseuses. Ici un
spécimen orné de taches anormalement grosses.
 Forme bleue, ici partiellement verte, de la grenouille verte.
Médaillon : La tortue des bois, la seule de nos tortues qui est principalement terrestre.
19Première partie
À LA DÉCOUVERTE
DES AMPHIBIENS ET
DES REPTILES DU QUÉBEC
ET DES MARITIMESDes êtres fascinants1
Qu’est-ce qu’un amphibien ?
Les amphibiens sont une classe de est régularisée par un apport ex -
vertébrés dont l’origine remonte terne de chaleur (rayons solaires
à environ 370 millions d’années. ou surface réchauffée) ; leur mé
taCe furent les premiers vertébrés bolisme est dépendant du climat.
à s’aventurer en milieu terrestre. La température ambiante joue donc
Aujourd’hui représentés par trois un rôle important dans l’activation
ordres et environ 7 650 espèces, les et le maintien de leurs fonctions
amphibiens sont demeurés beau- physiologiques (respiration,
circoup plus inféodés au milieu aqua- culation sanguine, digestion, etc.).
tique que les reptiles, les mammi- En général, ils hibernent, inactifs
fères et les oiseaux. Les urodèles ou presque, au fond de l’eau ou
(salamandres, nectures et tritons) et enfouis dans le sol. Quelques
les anoures (grenouilles, rainettes urodèles aquatiques demeurent
et crapauds) sont les deux ordres toutefois actifs en hiver.
représentés au Québec et dans les
La plupart des amphibiens, et Maritimes.
toutes les espèces du Québec et
Comme les poissons et les reptiles, des Maritimes, pondent des œufs,
les amphibiens sont des ectother- dans l’eau ou en milieu humide.
mes. La température de leur corps Ces œufs, contrairement à ceux
23des reptiles et des oiseaux, sont Les adultes sont dotés d’une peau
dépourvus des membranes ap- mince, lisse, humide et riche en
glanpelées amnios et allantoïde. Dé- des, qui remplit un rôle respiratoire,
pourvus de coquille, les œufs des au point que certains groupes sont
amphibiens sont très perméables à même dé pourvus de poumons. La
certaines substances comme l’oxy- peau est également riche en mucus,
gène.Les urodèles et les anoures ce qui aide à conserver son humidité.
passent en général par un stade Plusieurs espèces se protègent des
larvaire aquatique. Les larves aqua- prédateurs par des glandes cutanées
tiques sont munies de branchies ; produisant des toxines.
elles développent progressivement
Les amphibiens sont les premiers des pattes et, chez la plupart des
verté brés de l’évolution à posséder familles, des poumons. Une
métaune langue véritable. Cette langue morphose complexe transforme
peut être projetée en avant chez la larve en un adulte
complètement différent chez la majorité beaucoup d’es pèces et sert à la
capdes amphibiens. ture des petites proies.
 Larves presque à terme dans les œufs d’une salamandre maculée.
Médaillon en haut : La peau de l’elfe rouge du triton vert est particulièrement
rugueuse, contrairement à nos autres urodèles chez qui elle est lisse.
Médaillon en bas : L’apparence lisse de la peau de cette salamandre à points bleus
est due aux sécrétions des nombreuses glandes à mucus de sa peau.
 La petite taille, les mœurs et l’apparence de la tortue musquée la rendent
difficilement détectable par ses prédateurs. À l’instar de la majorité des tortues,
elle peut aussi rentrer la tête et les membres dans sa carapace pour se protéger.
Médaillon : La dent de l’œuf qui a permis à cette jeune tortue des bois de percer
la coquille de l’œuf pour en sortir est toujours visible sous ses narines.
 Page 22 : Couleuvre d’eau dans son habitat.
Page 23 : La rainette crucifère est l’une de nos deux plus petites espèces d’anoures.
24Qu’est-ce qu’un reptile ?
Apparus il y a environ 300 millions plus frais pour se refroidir. Ce
d’années, les reptiles ont dominé la comportement visant à faire
vaTerre à l’ère du Mésozoïque et sont rier la température corp orelle se
nomme thermorégulation. Quel-représentés aujourd’hui par près
ques espèces peuvent également de 10 000 espèces dans le monde.
produire un peu de chaleur par Ils sont répartis en 4 ordres, dont
des contractions musculaires 2 sont présents au Québec et dans
rythm iques. Sous nos latitudes, les Maritimes : les testudines
(torles reptiles passent l’hiver en hi-tues) et les squamates, qui
combernation. Les tortues s’ins tallent prend le sous-ordre des ophidiens
au fond de l’eau des lacs et des (serpents) dont font partie les
courivières (sauf les tortues marines, leuvres. On ignore l’origine exacte
qui n’hibernent pas), tandis que des reptiles et même s’ils descendent
les couleuvres cherchent refuge des amphibiens, mais ce furent les
dans le sol, sous la ligne du gel. premiers vertébrés to ta lement
afCertaines espèces hibernent en franchis du milieu aquatique.
groupe, du moins à l’occasion.
Les reptiles sont des ectothermes.
La température interne de leur
corps est régularisée par une
sourc e externe de chaleur. Ils peu -
vent toutefois agir volon tai rement
sur leur température en s’exposant
aux rayons solaires, en pren ant
contact avec une surface chaude
comme une roche, ou encore en
recherchant l’ombre ou un m ilieu
25Les œufs des reptiles possèdent
une coquille semi-rigide qui les
protège partiellement des chocs
et de la sécheresse. Ils sont
pourvus de l’amnios et de l’allantoïde,
absents chez les amphi biens mais
présents chez les oiseaux et chez
les mammifères au stade
d’embryon. L’amnios renferme le
liquide amniotique, qui protège
l’embryon des chocs ; l’allantoïde
entrepose les dé chets azotés de
Contrairement aux amphib iens, l’embryon. Les reptiles pondent
plusieurs espèces sont dotées de leurs œufs (ils sont dits ovipares)
griffes et de dents ; les tortues en milieu terrestre ou mettent au
ont une carapace osseuse et un monde des petits déjà formés (ce
bec corné. Les reptiles sont mieux sont alors des ovovivipares). Les
armés contre les prédateurs que les petits ressemblent aux adultes ; il
amphibiens. La fécondation est n’y a pas de métamorphose.
interne et se fait par introduction
La peau des reptiles est générale- du pénis (chez les tortues) ou de
ment couverte d’écailles, adap- l’un des deux hémi pénis (chez
tation limitant la perte d’eau. Ils les couleuvres) du mâle dans le
respirent tous par des poumons. cloaque de la femelle.
 La rapidité et l’agilité de la couleuvre mince font d’elle une chasseuse redoutable.
Médaillon : La coquille de ces œufs de couleuvre à collier est perméable et semi-rigide.
26Des reptiles… ou pas ?
La classe des reptiles réfère habituellement à une entité taxonomique
divisée en quatre ordres : les rynchocéphales (le sphénodon), les
squamates (serpents et lézards), les testudines (tortues) et les
crocodiliens (crocodiles). Outre leur regroupement dans la classifcation
scientifque, les reptiles sont également associés entre eux dans la
perception populaire comme un seul et unique clan du fait de leur
peau couverte d’écailles.
Certaines études cladistiques proposent toutefois une nouvelle
classifcation des animaux de la classe actuelle des reptiles. Selon cette
nouvelle classifcation, les rynchocéphales, les testudines et les cro -
codiliens entreraient dans une classe à part, alors que les squamates
(serpents et lézards) demeureraient les seuls constituants de la classe
des reptiles. Cette nouvelle donne reconnaîtrait un lien de parenté
très étroit entre les crocodiliens et les oiseaux, ce qui laisse supposer
l’existence d’un ancêtre commun à ces deux classes, non partagé avec
la classe des reptiles. Cette dernière, suivant la nouvelle classifcation,
partagerait plutôt un ancêtre commun beaucoup plus proche de la
classe des mammifères.
C’est donc dire que le groupe d’animaux que nous appelons
aujourd’hui reptiles n’existerait plus, du moins dans sa forme actuelle
de groupe évolutif reconnu au même titre que les oiseaux ou les
mammifères. Advenant que cette nouvelle classifcation des reptiles
soit acceptée par la communauté scientifque, il restera à voir à
quel point elle gagnera la compréhension et le parler populaires.
Car ce groupe d’animaux à écailles qu’on appelle reptiles inspire
tant d’engouement, de passion, de peur, d’incompréhension et de
légendes depuis des temps immémoriaux qu’il restera sans doute
dans la culture, peu importe la classifcation scientifque.
 Selon la nouvelle classifcation proposée, les tortues, comme cette tortue
serpentine, seraient apparentées aux oiseaux plutôt qu’aux serpents et lézards.
27L’observation des amphibiens 2 et des reptiles
La recherche des amphibiens et Le projet de l’atlas, qui a débuté
des reptiles dans leur habitat natu- en 1988, consiste en la récolte et
rel est une activité fort divertis- la saisie de toutes les données
dissante, enrichissante… et remplie ponibles sur nos espèces : force
est de constater que les données de défs. Au gré des sorties sur le
provenant de plusieurs régions terrain, les observateurs retirent
et portant sur plusieurs espèces un plaisir sans cesse renouvelé par
font encore cruellement défaut. de nouvelles découvertes, et leur
Nous vous encourageons donc contribution à la connaissance des
à communiquer avec la Société espèces peut s’avérer très précieuse.
d’histoire naturelle pour plus Contrairement aux oiseaux et à
d’information. Les données des certains autres vertébrés comme
observations effectuées dans les les poissons de pêche sportive,
Maritimes devraient être envoyées les amphibiens et les reptiles ne
au Musée du Nouveau-Brunswick. sont pas recherchés et ob servés par
(voir annexe 4).beaucoup de gens, amateurs ou
professionnels. Les observations
la préparatiOnde chacun, sur le comportement,
la distribution et le suivi des po- Avant d’entreprendre des
excurpulations par exemple, en sont sions pour observer les
amphid’autant plus précieuses. Pour évi- biens et les reptiles, il est fortement
ter que ces ob ser vations ne soient recommandé de se renseigner sur
perdues, on devrait les transmettre leurs mœurs et leurs habitats, qui
aux organisations respon sables varient selon la période de l’année.
de leur collecte. Au Québec, la
Société d’histoire naturelle de la
vallée du Saint-Laurent pilote un
p r o j e t d ’ e n v e r g u r e p r o v i n c i a l e :
l’Atlas des amphi biens et des reptiles
du Québec. Toutes les observations,
même celles des espèces les plus
communes, sont considérées dans
cette banque informatique.
29Généralement très discrets, ces Le filet est indispensable pour
animaux sont relativement diff - capturer les grenouilles, les
salaciles à déceler par le néophyte ou le mandres aquatiques et les larves
randonneur opportuniste. Même d’amphibiens lorsque cela s’avère
nos espèces les plus communes nécessaire pour bien confrmer
p a s s e n t s o u v e n t i n a p e rç u e s s i o n l’identifcation. Les jumelles sont
ne se donne pas la peine de les utilisées pour observer les tortues
rechercher adéquatement. qui sautent souvent à l’eau avant
qu’on puisse les approcher d’assez
près pour les identifer à l’œil nu. le matériel
L’utilisation de gants est conseillée
Pour profter au maximum d’une
lorsqu’on a à soulever des pierres
sortie herpétologique, il faut un
ou des débris au sol, et lorsqu’on
équipement de base. Comme
manipule des tortues et des
coupour toutes les sor ties en nature, il
leuvres, qui risquent de mordre.
est primordial de se vêtir
convenaLors des sorties prolongées, ne
blement. Les bottes imper méables
pas oublier une bou teille d’eau
s’avèrent une nécessité ; celui ou
et un lunch.
celle qui néglige d’en porter s’en
rend compte assez rapidement.
les salamandres, nectures
L’imperm éable et un chandail de
et tritOns (urOdèles)
rec hange chaud sont très utiles
lorsqu’on se lance à la recherche de ces Les salamandres sont des animaux
animaux, surtout au printemps ou discrets et surtout actifs la nuit et
à l’automne. Les sorties de nuit les jours pluvieux. La meilleure
nécess itent une lampe de poche méthode pour trouver les espèces
(avec piles de rechange). Un sac terrestres consiste à retourner les
à dos s’avère utile, et se remplit pierres et les bûches qui jonchent
assez rapidement : chasse-insectes, le sol, car les salamandres se
règle à mesurer, carnet de notes, cachent en dessous. Il faut
cepentrousse de premiers soins et, pour dant veiller à bien remettre en place
les amateurs plus che vronnés, les objets soulevés, car ils créent
GPS (Système de positionne ment des microhabitats qui offrent les
géographique) et appareil photo. bonnes conditions d’humidité aux
30salamandres. Les salamandres en plaçant des nasses à ménés
(cyde ruisseaux se trouvent sous les prins) appâtées de poisson mort
pierres et les autres objets bor- aux endroits où leur présence est
dant les cours d’eau. Comme elles connue. Au print emps, les
ambyss’enfuient souvent rapidement, il tomes et les tritons se déplacent,
est conseillé d’avoir en main une parfois en grands groupes, vers des
petite puise pour les capturer et étangs et autres lieux de
reproducles observer. Certaines espèces tion. Les soirées pluvieuses sont
aquatiques, comme le triton vert particulièrement fructueuses pour
et les larves d’ambystomes, se l’observation : il est alors facile de
prennent à l’aide d’une épuisette, les apercevoir sur les routes ou
dans les sect eurs des lacs et des dans l’eau à l’aide d’un éclairage
étangs généralement pourvus de artificiel. Les œufs des
ambysvégétation aquatique. On peut tomes sont également repé rables
aussi à l’occasion les aperc ev oir au printemps, dans l’eau aux sites
dans l’eau, immobiles au fond ou de reproduction. Il est important
à la nage. Les nectures sont plus de ne pas manipuler d’urodèles
diffciles à observer ; il est possible avec des mains chaudes ou sèches,
d’en trouver, surtout les jeunes, car leur peau mince et humide se
en relevant des roches submer- déshydrate rapidement ; on devrait
gées. La plupart des observations se mouiller les mains lorsqu’on les
de nectures adultes sont faites par tient, et éviter de les prendre par la
les amateurs de pêche blanche qui queue, qui se détache facilement
en prennent au bout de leur ligne chez quelques espèces.
en hiver. Il est facile d’en capturer
 La salamandre sombre du Nord habite principalement les ruisseaux forestiers. Sa
coloration très variable pose des défs lors de l’identifcation.
 La salamandre pourpre représente une spécialité de certains ruisseaux montagneux
québécois. Lorsqu’elle se déplace ou se cache en bordure d’un ruisseau ou en milieu
terrestre, l’espèce tend généralement à apprécier la présence d’eau au sol.
 Page 28 : Tortue géographique. Une espèce à la peau relativement colorée qui
préfère les grands plans d’eau et rivières.
Page 29 : La rainette versicolore se fait souvent entendre à l’automne du haut des
arbres les journées chaudes ou pluvieuses.
31nos espèces d’anoures par le chant les grenOuilles, rainettes
de reproduction qui lui est propre. et crapauds (anOures)
Il faut éviter de manipuler ces
aniTout le monde connaît les cra- maux avec des mains chaudes et
pauds et les grenouilles : on les
sèches, surtout les jeunes
spécivoit souvent à découvert dans
mens qui se déshydratent
rapidedivers habitats. Les grenouilles
ment. Les œufs des crapauds et
aquatiques se tiennent ha
bides grenouilles sont obser vables
tuellement en bordure des marais
dans l’eau, aux sites de
reproducet des plans d’eau, tandis que les
tion. Quel enfant ne s’est pas crapauds se rencontrent le plus
adonné à la pêche aux têtards, à souvent à découvert sur le sol,
l’aide d’une épuisette ? Il peut être ou sous des objets durant le jour.
intéressant d’élever des têtards On les aperçoit également le soir
jusqu’à la métamorphose, afn de lorsqu’ils s’approchent des
maivoir de quelle espèce d’anoure il sons de campagne éclairées, à la
s’agit. On doit cependant éviter recherche d’insectes. Les rainettes
de libérer des amphibiens dans sont beaucoup plus diffciles à ob -
server : on détecte le plus souvent de nouveaux milieux, entre autres
à cause du risque de propagation leur présence par leur chant. Il est
possible d’identifer chacune de de pathogènes.
 Grenouille des bois. Cette espèce terrestre vit surtout en milieu forestier. Elle vient à
l’eau, dans les étangs temporaires, tôt au printemps seulement.
 Tortue serpentine en posture défensive sur terre.
32ne doit pas déranger les femelles les tOrtues (testudines)
en train de pondre ni toucher aux
Les tortues se rencontrent le œufs. Lorsque l’on manipule une
plus souvent au printemps alors tortue, faire attention aux
morqu’elles se chauffent au soleil sur sures et aux érafures. Malgré leur
des objets émergeant de l’eau, mais air docile, elles peuvent mordre et
il est aussi possible de les observer leur morsure est souvent
douloudurant l’été, dans les étangs, les reuse. Éviter de manipuler
inutilerivières et les lacs où elles vivent. ment ces animaux. Avec la tortue
Comme pour l’observation des serpentine, on doit redoubler de
oiseaux, des jumelles s’avèrent vigilance et la tenir de manière à
très utiles pour repérer et identi- ce qu’elle ne puisse nous mordre.
fer les tortues, car plusieurs sont Il faut se méfer de son bec crochu
farouches et ne se laissent pas ap- et de son long cou qui peut se
proprocher. En période de ponte, il est jeter rapidement vers l’avant ou les
possible d’observer des femelles côtés ! Elle peut aussi infiger des
qui creusent leur nid sur la terre blessures avec ses griffes. Les
torferme. On les voit surtout en fn tues sont spécialement vulnérables
de journée, durant le mois de juin, à la récolte et sont protégées par la
et la plupart se laissent observer si loi : on doit absolument s’abstenir
on les approche doucement. On de les retirer de leur milieu.
33chaleur qu’ils accumulent. On doit les cOuleuvres
replacer tout objet qu’on soulève (squamates)
dans sa position initiale, mais il
Les grosses espèces diurnes, telles la faut parfois un certain temps avant
couleuvre rayée, la couleuvre mince que les conditions du
microhabiet la couleuvre d’eau, sont repéra- tat ne rede viennent optimales. Les
bles alors qu’elles se pré lassent couleuvres sont habit uellement
au soleil, à découvert, ou qu’elles capturées à la main. Une ancienne
recherchent activement des proies. méthode, l’utilisation du bâton
La couleuvre tachetée, grosse espèce formant un « Y », est déconseillée
plutôt nocturne, peut se ren contrer car elle risque de blesser l’animal.
à déc ouvert le jour, mais on la Plusieurs couleuvres sont habiles
trouve plus souvent sous des pierres à fuir : il faut des réfexes rapides
ou des souches. La meilleure façon pour les capturer. En manipulant
de trouver des couleuvres, surtout des couleuvres, surtout celles de
les petites espèces, consiste à retour- grande taille, on risque toujours de
ner les objets qui jonchent le sol se faire mordre. La morsure est sans
comme les roches et les bûches. conséquence, mais peut être
douDes objets artifciels, comme les loureuse. Il est donc conseillé de
bardeaux d’asphalte et le métal (car- porter des gants. On recommande
rosseries d’auto, tôles) attirent parti- également de désinfecter toute
blesculièrement les couleuvres par la sure causée par une morsure.
 La couleuvre à collier est diffcile à observer.
34Code d’éthique de l’herpétologiste
La personne qui s’intéresse à l’herpétologie et qui va observer les
amphibiens et les reptiles en nature se doit de suivre certaines règles
fondamentales, afn de respecter le bien-être des animaux et de
contribuer à la conservation des espèces.
• Manipuler le moins possible les animaux. Ne pas les brutaliser lors
des manipulations. Garder les mains humides lorsqu’on manipule
des amphibiens, surtout les juvéniles et les petites espèces. Éviter
les produits chimiques, notamment les insectifuges, lorsqu’on
touche des amphibiens.
• Relâcher rapidement les animaux à l’endroit même de leur capture
ou, si l’endroit n’est pas convenable (ex : sur une route), dans un
microhabitat à proximité (ex : étang au bord de la route). Il faut
éviter d’introduire les animaux dans un nouveau milieu à cause
du risque de transmission d’agents pathogènes.
• Replacer tout objet déplacé lors des fouilles, pour ne pas modifer
le microhabitat. Ne pas détruire les souches et autres objets servant
d’abri aux amphibiens et reptiles.
• Lorsqu’on effectue des recherches à plusieurs endroits, surtout
s’ils se trouvent dans des régions différentes, on devrait se munir
d’un équipement distinct (flets, pots, etc.) pour chaque site. De la
même manière, il est recommandé de rincer ses bottes dans une
solution d’eau de javel diluée pour tuer tout agent pathogène
pouvant s’y être fxé.
 La salamandre à quatre orteils est petite et délicate. Elle pratique l’autotomie
au moindre stress. Il faut minimiser les manipulations de l’espèce.
35La conservation des amphibiens 3 et des reptiles
Les amphibiens et les reptiles sont leur effectif, et plus encore leur
disune composante importante de parition, affectent donc plusieurs
plusieurs écosystèmes. Dans leur autres espèces animales.
habitat, où leur biomasse est
souLes amphibiens et les reptiles sont vent considérable, ils font partie
particulièrement sensibles aux intégrante de la chaîne alimentaire.
perturbations de leur habitat. Le Les amphib iens sont des grands
remblayage des marais, l’urbanisa-consommateurs d’invertébrés et
tion et la fragmentation des habi-servent pour la plupart de
nourritats par les routes menacent plu-ture aux poissons, reptiles, oiseaux
sieurs espèces. Des chang ements et mammifères. Pour leur part, les
à l’échelle planétaire, comme reptiles consomment également
l’augment ation des rayons ultra-des invertébrés, parfois aussi des
violets et la pollution de l’air, sont poissons, des amphibiens et des
rongeurs. Plu sieurs couleuvres également susceptibles de nuire à
ces animaux et ont été pointés du constituent une part importante
du régime alimentaire de certains doigt comme causes probables du
oiseaux de proie. La diminution de déclin de plusieurs populations
37