La restauration écologique des estuaires

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251 pages
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Description

Le développement des activités humaines a fait perdre aux plus grands estuaires certaines de leurs fonctionnalités écologiques au point même de menacer leur dynamique interne. Devant la dégradation ou la disparition des habitats spécifiques qui les composent, il est devenu indispensable de restaurer ces écosystèmes irremplaçables afin de rétablir leurs fonctions essentielles. Les sociétés doivent prendre des initiatives inédites pour s'adapter aux évolutions des conditions environnementales.
Après avoir rappelé les principales caractéristiques écologiques des estuaires, cet ouvrage présente les fondements et la mise en œuvre de la préservation et de la restauration des habitats estuariens dégradés, à travers l'exemple de plans d'actions menés en France et à l'étranger. Il constitue une véritable aide à la décision en décrivant les stratégies à développer à moyen et long terme afin de minimiser les risques liés aux changements globaux, tant du point de vue des conditions environnementales que socio-économiques. La restauration écologique des estuaires s'adresse aux gestionnaires et décideurs publics, consultants et bureaux d'études impliqués dans la protection de l'environnement en général et des estuaires en particulier, mais aussi aux scientifiques, aux enseignants et aux étudiants.
L'auteur Jean-Paul Ducrotoy est enseignant-chercheur émérite de l'université de Hull (Grande-Bretagne). En tant qu'expert biologiste des estuaires, il est associé à l'Institute of Estuarine and Coastal Studies et participe aux travaux de l'Environmental Management of Enclosed Coastal Seas International Center (Japon). Il est également vice-président du Comité scientifique du groupement d'intérêt public Seine-Aval dont il a animé le groupe de travail sur la restauration. Évoluant dans un contexte international, il a collecté de nombreuses informations sur la restauration écologique des habitats estuariens.
Introduction. Chapitre 1. Contexte et objectifs de la restauration écologique. Les estuaires et le besoin de les restaurer. Définitions utiles. L'écologie en tant que science. Qualité écologique. Chapitre 2. L'écosystème estuarien et ses potentialités écologiques. Références environnementales et paysagères historiques. Fonctionnement hydro-sédimentaire des estuaires. Cycles biogéochimiques et pollution. Communautés biologiques. Dynamique écologique des estuaires. Chapitre 3. Gouvernance et restauration. Biens et services rendus par les estuaires. Monitorage et gestion écosystémique. Le cadre règlementaire. Restauration et économie. Chapitre 4. La restauration en action. Importance de l'hydrologie. Restauration suite à la dépollution de l'eau. Restauration de vasières. Restauration de marais salés. Dépoldérisation. Habitats artificiels. Prise en compte des usages. Synthèse. Chapitre 5. L'approche stratégique de la reconquête des estuaires. Pourquoi une stratégie globale de restauration ? Approche écologique de la restauration estuarienne. Prise en compte des activités humaines. Une méthodologie au service de la stratégie de restauration. Conclusion générale : comment restaurer les habitats estuariens ? Références bibliographiques. Glossaire. Index.

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Date de parution 16 avril 2010
Nombre de visites sur la page 5
EAN13 9782743018252
Langue Français

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La restauration écologique des estuaires
La restauration écologique des estuaires
Jean-Paul Ducrotoy
11, rue Lavoisier 75008 Paris
Chez le même éditeur
Actualités de la recherche en écologie des communautés végétales ECOVEG, 2008
Gestion des habitats naturels et biodiversité J. B. Bouzillé, 2007
Diagostic, aménagement et gestion des rivières G. Degoutte, 2006
La gestion du risque inondation B. Ledoux, 2006
Écologie du paysage – concepts, méthodes et applications F. Burel, J. Baudry, 2005
L’évaluation environnementale des politiques, plans et programmes – Objectifs, méthodologies et cas pratiques M. Lerond, C. Larrue, P. Michel, B. Roudier, C. Sanson, 2003
Études sur l’environnement – De l’échelle du territoire à celle du continent Académie des sciences, rapport sur la technologie n° 15, 2003
Eau, environnement et santé publique - Introduction à l’hydrologie R. Vilaginès, 2003
DAN GER LE PHOTOCOPILLAGE
TUE LE LIVRE
© LAVOISIER, 2010 ISBN : 978-2-7430-1250-2
Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent ouvrage, faite sans l’autorisation de l'édi teur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie (20, rue des Grands-Augustins - 75006 Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, et, d’autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le caractère scientifique ou d’information de l’œuvre er dans laquelle elles sont incorporées (Loi du 1 -juillet 1992 - art. L 122-4 et L 122-5 et Code pénal art. 425).
Préface
Les estuaires sont des milieux de transition entre les fleuves et la mer. Ce sont des écotones selon les scientifiques, dont les propriétés émergentes les différencient des écosystèmes marins et d’eau douce adjacents. Ce sont aussi des milieux complexes, dynamiques, et donc assez difficiles à étudier de telle sorte que les écologistes aquatiques ont encore timidement investi ce domaine de recherche. D’autant que beaucoup d’estuaires, en Europe notamment, font l’objet de fortes pressions liées aux activités humaines. Nombre d’entre eux ont été aménagés pour la circulation des navires marchands et sont devenus des axes de circulation incontournables pour l’activité industrielle.
Actuellement on se pose la question de la restauration des estuaires, et des systèmes aquatiques continentaux en général. D’une part parce que la directive cadre européenne sur l’eau nous contraint à mieux prendre en compte la qualité des écosystèmes aquatiques, et fixe des objectifs à moyen terme sous peine de sanctions. D’autre part parce que la société a pris conscience que la qualité de l’environnement était un élément important du cadre de vie, et que pour un ensemble de raisons éthiques et sanitaires, on ne pouvait sacrifier les systèmes naturels aux seuls impératifs de l’économie.
Le terme restauration fait partie de ces mots « valise ». Il doit être pris dans un sens générique, et recouvre différents concepts aussi divers que restau-ration sensu stricto (retour à un état initial), réhabilitation, renaturation, etc. L’idée de départ est simple : dans la mesure où l’on a délibérément ignoré le fonctionnement écologique des estuaires lors des divers aménagements à finalité économique, ces derniers ont perdu une partie de leurs capacités de régulation biogéochimique et de production biologique. Exutoires des pollu-tions agricoles et urbaines, endigués pour faciliter la navigation ou éviter les inondations, certains sont même devenus des tuyaux d’évacuation peu propices © Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
VI
La restauration écologique des estuaires
au développement de la vie. Dans ce contexte l’homme peut il recréer ce qu’il a détruit ? Probablement pas, au sens strict. Et d’ailleurs, c’est une illusion de penser qu’il puisse y avoir retour sur le passé. Le monde change, il évolue, et on ne retrouvera jamais plus la « carte postale » du siècle dernier. Le changement climatique dont nous parlons beaucoup actuellement, nous oblige d’ailleurs à penser que le futur sera bien différent de ce que nous avons connu.
La question n’est donc plus de recréer un milieu identique à celui d’une époque fixée comme référence (la restauration au sens strict), mais de recréer, dans des milieux fortement anthropisés, des conditions et des processus, favo-rables à une certaine forme de vie.
La question centrale que nous devons nous poser, est bien de savoir ce que la société veut faire de ces écosystèmes. Quels usages ? Quelles fonctions économiques, sociales ou écologiques souhaite-t-on favoriser ? En termes plus généraux, « Quelles natures voulons-nous ? » pour paraphraser le titre d’un symposium organisé par le Programme Environnement, Vie et Sociétés, il y a une dizaine d’années….
Il s’agit alors de rechercher des compromis entre des usages industriels des estuaires, le maintien d’un milieu de vie favorable à certaines espèces, et des espaces ludiques ou de convivialité pour les riverains. Il s’agit d’ouvrir le débat entre les différents usagers de l’estuaire, cette fameuse gouvernance que la Directive cadre sur l’eau nous incite à mettre en place..
On sait que tout n’est pas possible en matière de restauration, mais qu’il existe des espaces de liberté. Vouloir retirer à l’estuaire de la Seine sa fonction de corridor pour le transit des bateaux venant accoster à Rouen, provoquerait sans aucun doute un tollé général, et une grave crise économique régionale. Mais réaménager le lit du fleuve, rétablir des connexions entre le milieu estua-rien et ses annexes telles que les filandres, recréer de l’hétérogénéité dans les habitats pour la f lore et la faune, sont des actions tout à fait envisageables. Renaturer les berges et les ouvrir aux citadins, repaysager les zones indus-trielles, recréer des activités ludiques sur et autour de l’estuaire, sont également des projets concrets que la société souhaite voir réaliser. Rappelons que la Camargue ou le marais poitevin, après tout, ne sont que des systèmes artificiels créés par l’homme !
L’ouvrage que Jean-Paul Ducrotoy nous propose s’inscrit dans cette perspec-tive d’une reconquête écologique et sociale des estuaires. Après avoir rappelé les principales caractéristiques écologiques des estuaires, il nous dresse un état des lieux, et nous expose, à partir d’exemples concrets, les principes de la « restauration ». Grâce à une bonne connaissance de la littérature internatio-nale, il fait état des expériences réalisées dans de nombreux estuaires (la restau-ration en action). On voit bien la nécessité d’une approche systémique pour la gestion de ces écosystèmes et, selon les concepts actuels, la nécessité de mettre en place une gouvernance qui prenne en compte les attentes de divers usagers ainsi que des populations riveraines.
© Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit
Préface
VII
La difficulté réside dans la mise en œuvre opérationnelle. Quels estuaires voulons-nous recréer ? Il n’y a certainement pas de réponse unique à cette ques-tion. Selon les contextes géographiques et économiques, il faudra trouver des compromis entre les divers usages. Une vision à long terme de la manière dont la société souhaite utiliser et gérer les estuaires est donc un élément stratégique de la restauration. Tout en tenant compte du fait que le changement climatique sera un facteur déterminant, sur le long terme, tant de la dynamique écologique que de la dynamique économique. Il existe, il est vrai, de fortes marges d’incer-titudes que nous devons chercher à réduire par des analyses prospectives. De manière plus générale, la gestion intégrée des zones côtières (GIZC) tend à concilier les activités économiques dans les zones côtières avec l’amé-lioration de la qualité de l’environnement. Il faut pour cela privilégier une approche systémique, et s’inscrire dans une perspective de dynamique à long terme. La gestion proprement dite se fixe un objectif de développement durable, et doit alors jouer un rôle d’arbitre entre les différents usagers. Elle est par essence adaptative, dans la mesure où notre environnement global, écologique ou économique, se modifie en permanence. Toute prise de décision doit être soigneusement évaluée, tant pour ses conséquences immédiates qu’à plus ou moins long terme. Elle doit donc s’appuyer sur les éléments d’informations les plus pertinents et sur des scénarios à long terme. Dans ce contexte, l’ouvrage que nous propose Jean Paul Ducrotoy va beau-coup nous aider à réfléchir aux outils d’acquisition, de partage, et de diffusion des connaissances. Christian Lévêque Directeur de recherches émérite de l’IRD Président du Conseil scientifique du GIP Seine Aval
© Lavoisier – La photocopie non autorisée est un délit