Le désastre écologique et sanitaire de la COVID-19

Le désastre écologique et sanitaire de la COVID-19

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Français
267 pages

Description

Dans cet ouvrage, l'auteur décrit un monde qui ne sera plus géré de la même manière démontre dans cet ouvrage que la crise du coronavirus est avant tout une crise écologique. Celle-ci a brutalement déséquilibré l'écosystème mondial et menace au quotidien l'existence de toute l'humanité par le réchauffement climatique, la pollution de l'eau, de l'air, du sol, ainsi que la destruction de la biodiversité. Les crises multidimensionnelles dont le monde fait face sont les conséquences de l'effet d'entraînement de la crise écologique mondiale qui a provoqué la crise sanitaire de la Covid-19 qui a elle-même engendré la crise psychologique, le traumatisme qui a conduit à son tour à la crise économique et financière et, enfin, à la crise sociale et politique des États.

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Date de parution 17 juin 2020
Nombre de lectures 4
EAN13 9782140151798
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Michel InnocentPEYA
LEDÉSASTREÉCOLOGIQUEETSANITAIREDELACOVID-19
L’humanité à l’épreuve des crises multidimensionnelles
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-20599-1 EAN : 9782343205991
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Michel Innocent PEYALE DÉSASTRE ÉCOLOGIQUE ET SANITAIRE DE LA COVID-19 L’humanité à l’épreuve des crises multidimensionnelles
ÉPIGRAPHE
Si l’Afrique est le continent le moins touché en termes de taux de létalité, elle est par contre le continent le plus frappé en termes de conséquences économiques et sociopolitiques. Michel Innocent Peya
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PROLOGUE
SECTION1.RESPONSABILITÉ HUMAINE DANS LES ÉPI-DÉMIES ET PANDÉMIES MONDIALESPour comprendre lesphénomènes d’un monde en mouvement, les chercheurs ont de tout temps été à l’avant-garde de l’interprétation desdites manifestations. Ces phénomènes souvent atypiques, une fois dépouillés du mystèrequi les entoure, révèlent en de nombreux cas, l’interaction de l’homme à la base de leur apparition. De quoi déduire qu’une interaction dysharmonique entre l’homme et la nature est susceptible de créer des mutations conduisant à desphénomènes tant incontrôlés,que lourds de conséquences. La conduite de cette réflexion responsabilise l’humain dans sa relation avec la nature.
L’homme source de sonpropre malheur(l’homme est l’ennemi de l’homme lui-même) Depuis de nombreuses années, les scientifiques, les chercheurs, les ONG et lespolitiques alertent sur l’apparition de nouvelles maladies liées à la déforestation et à l’industria-lisation sauvage : Paludisme, Ebola, SRAS,grippe aviaire, ZIKA, Covid-19… l’agression humaine à la biodiversité finit par mettre en péril des vies humaines. L’apparition de ces étonnants agents pathogènes nouveaux, comme le coronavirus responsable de la Covid-19, n’est rien d’autre que le résultat de l’anéantissement des écosystèmes, dont souffrent en particulier les zones tropicales, où ils sont détruits pour faire place à des cultures intensives industrielles. Le développement de ces maladies découle aussi de la
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manipulation et du trafic de la faune et de la flore, souvent menacées d’extinction.
La disparition de la biodiversité menace l’humanité Ilya une dizaine d’années déjàque les scientifiques étudient les liens entre l’explosion des maladies virales et la déforestation. Ce n’est pas quand une machine écrase tout sur son passage sur une montagnegrouillante de vieque lephénomène est visible : c’estquand apparaissent chez les individus des symptômes étranges et des maux jusque-là inconnus.
De nouveaux foyers d’épidémies dus à la disparition et à la destruction des forêts tropicales Le constat est établi dans de nombreuxpays, de l’Asie en passantpar l’Afrique subsahariennejusqu’à l’Amérique latine, avec des spécificités, des difficultés et des dynamiques propres à chacun. Cependant, il s’agit au fondpartout de la même chose : d’une conception extractiviste du monde vivant,qui conduit l’humanité à mettre en péril sa propre existence. Et contre cela, aucune solution même hydro alcoolique et de lavage des mains nepeut rien. Les maladies transmissibles de l’animal à l’homme appelées scientifiquement ZOONOSES, ont toujours existé dans le monde, sans toutefoisprendre une ampleurpandémique. Elles sontgénéralement contenues, ou ne trouventpas les conditions nécessaires pour se propager. Ainsi enjuin de l’année 1999, un foyer épidémique avait été identifié en Bolivie, causépar le virus Chapare, du nom d’une province de la région de Cochabamba, au cœur du pays. Ce dernier avait été identifiépour lapremière fois en 2003 dans la région de Cochabamba, une zone déboisée au profit de rizières où la récolte se fait, en règlegénérale, manuellement – les paysans qui en vivent habitent donc à proximité desplantations. Or voilàque,quelques annéesplus tard, est arrivé dans des services d’urgence de la région de La Paz, un homme présentant
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des symptômes que les médecins n’ont pas identifiés immédiatement. Nul ne savait comment le virusqu’il avait contracté a voyagé depuis les rizières tropicalesjusqu’aux altitudes andines. En Afrique, enparticulier au Liberia, en RDC et en Sierra Leone, la virulence de l’épidémie d’Ebola a surpris tout le monde. Dans cespays aussi, c’est la déforestation massive de la forêt tropicalequi fut lapremière cause de la maladie : le déboisement sauvage a en effetpousséplusieurs espèces de chauves-souris à se rassembler, en groupes serrés, sur les rares arbres encore surpied. Ce rassemblement d’espèces différentes, qui dans l’environnement habituel n’interagissentpas, a fait office de mélange de culture. Ces chauves-souris sont soupçonnées d’être l’un des réservoirs du virus Ebola. Le Chercheur Carlos ZAMBRANA-TORRELIO explique que« Tout commencepar la déforestation. Lafragmentation du couvertforestier est en train deprovoquer une recrudescence dupaludisme. L’explication? Dans des espaces ouverts, ily a deplusgrands trous dans lesquels s’accumule l’eau où se reproduisent les moustiques. Ceux-ci vont transmettre le parasite, donnant la malaria aux hommesqui, àproximité, exploitent lespalmiers à huile ».Si les maladies transmissibles de l’animal à l’homme ne sont doncpas nouvelles, elles sont cependant en augmentation. DavidQuammen en étudie les raisons dans son ouvrage Spillover : Animal Infections and the Next Human Pandemic: les infections chez l’animal et la“Tache d’huile pandémie humaine à venir”.
Le scénario de la vengeance Une humanité surpeuplée, cohabitant avec une kyrielle d’espèces animalesparfois en voie d’extinction, ajoutée à la destruction des habitats naturels et à une biodiversité en déliqselon lui, tous les inuescence : grédients sont réunispour un scénario façon vengeance de dame Nature.
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Dans un reportage de la National Public Radio, aux États-Unis, Quammenpréciseque nous, les êtres humains, sommes le point commun à toutes les épidémies : « Nous avons tellement proliféré et nous perturbons tant la planète… Nous rasons lesforêts tropicales. Nous dévorons la vieforestière.Quand on entre dans uneforêt, il suffit de secouer un arbre pour que tombent les virus – au sens propre comme au sensfiguré ».La nature écologique est une cohabitation, dont nous comprenonspartiellement les relations évolutivesgrâce à de patientes observations scientifiques. Leur destruction au nom du progrès ou simplement de l’ignorance a des côtés obscursque nous finissonspar subir deplein fouet.
Des virus en évolution Quand,par exemple, Jair Bolsonaro(Président du Brésil)se vante de la souveraineté brésilienne sur les incendies en Amazonie, il n’y a plus qu’à attendre que la maladie s’abatte sur cette forêt transformée en zone d’agriculture et d’élevage. En témoigétudene une publiée en 2010 dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases: la destruction de 4 % de la forêt a entraîné une hausse de 50 % des cas depaludisme. Les espèces sauvages ne sontpas malades des virus dont elles sont porteuses, car elles ont évolué avec eux pendant des milliers d’années. Tout animalpeut êtreporteur d’une cinquantaine de virus différents.Ça faitpartie de la dynamique du système. S’il n’yavait pas d’êtres humains, il n’y aurait pas de transmission. Fidel Baschetto, vétérinaire etprofesseur en Argentine, ajoute :« Les virusqui sont nouveauxpour nous ne le sontpas pour la nature. Il s’agit donc de déterminer si on parle d’une maladie émergente, ou d’une maladie émergentepour l’homme.De nombreux virus ont coévolué avec certaines espèces et ces dernières ne souffrent pas de la maladie. L’agent pathogène saitquequand ilpénètre dans un nouvel organisme, il ne doitpas le rendre malade ou du moins il ne doitpas le faire succomber. Car la mort de l’hôte – celuique nous appelons patient – entraîne aussi la mort de l’agent pathogène.
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