Le Sale discours ou Géographie des déchets pour tenter de distinguer au mieux ce qui est propre de c
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Le Sale discours ou Géographie des déchets pour tenter de distinguer au mieux ce qui est propre de c

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Description

Le Sale discours, c'est un récit qui parle d'un environnement façonné par nos ordures, nos excréments et nos déchets.
 C'est un récit qui parle de notre instinct de survie, de nos rêves d'éternité, de la peur de la mort.
 C'est le récit de l'homme, qui envisage sa survie au prix de son environnement. Et du cycle de plus en plus vertigineux dans lequel cette lutte l'entraîne.


Qu'est-ce qui est propre ? Qu'est-ce qui est sale ?



Au début du XIIe siècle, le roi Louis VI ordonna qu'aucun cochon n'entrât plus dans la ville sans être tenu en laisse – une loi de salubrité publique. Ce faisant, il mit fin, du même coup et bien malgré lui, à la meilleure escorte de nettoyage de l'époque. Car les porcs, dévorant les immondices, nettoyaient les rues. Et c'est ainsi qu'en l'espace de quelques semaines, la ville se transforma en... porcherie .



Qu'est-ce qui est propre ? Qu'est-ce qui est sale ?



Inodores, incolores, et, par-dessus tout, imputrescibles, les déchets nucléaires sont impeccables, d'aspect le plus propre possible. Mais mortellement radioactifs durant des dizaines, voire des centaines de milliers d'années.




Le Sale discours, c'est un récit qui parle d'environnement.
 D'un environnement façonné par nos ordures, nos excréments et nos déchets. 
C'est un récit qui parle de notre instinct de survie, de nos rêves d'éternité, de la peur de la mort.
 C'est le récit de l'homme, qui envisage sa survie au prix de son environnement. Et du cycle de plus en plus vertigineux dans lequel cette lutte l'entraîne.

Où l'on croise un cochon, des atomes, Marie Curie, la Voie lactée, des fantômes et bien d'autres choses encore.


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Date de parution 04 janvier 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9791094841471
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

© Premier Parallèle, 2018 ISBN : 979-10-94841-47-1 www.premierparallele.fr
À Michel Archimbaud, toujours.
AVERTISSEMENT
Lecteur, je loue ton courage. Il t’en a fallu, assu rément, pour choisir un livre au titre si répugnant. Aussi, au moment où tu t’apprêtes à comm encer ce petit traité, je me dois de t’avertir : ce qui est sale, c’est bien connu, n ’est pas très net. À la lecture de ces pages, il n’est donc pas impossible que tu sois pri s de dégoût, voire de nausée. Digère au mieux ces lignes. Et quand la composition généra le te soulèverait encore le cœur, accorde au moins aux simples faits dont elle est ti ssée une petite considération. Tous sont vrais. N’en doute pas.
I
e u début du XII siècle régnait en France un homme auquel on avait donné un bien Aaimait tant manger qu’unétrange surnom. Ce roi, Louis VI, dit « le Gros », chroniqueur de son époque rapportait qu’il avait « fait de son ventre un dieu », et qu’ainsi il était comme « dévoré par sa propre grai sse ». Craint et peu apprécié de ses sujets, Louis avait un fils. Il l’aimait passionném ent. Le peuple lui-même voyait en cet adolescent de quinze ans, aussi mince et beau que s on père était balourd et repoussant, la promesse d’un règne et d’un avenir r adieux. Le jeune prince, comme tous les princes, aimait la chasse. Au matin du 13 octobre 1131, accompagné de quelques amis, Philippe – c’était son prénom – part it pour le bois de Vincennes. On ne sait si la chasse fut bonne ni s’il y prit plaisir. Ce que l’on peut assurer en revanche, c’est que jamais plus il ne revit la moindre forêt. Car revenant au soir de sa chevauchée, en une ruelle fort étroite de Paris, un cochon – oui, c’est fort malheureux à dire, un cochon –, comme fou, venu de nulle part et fonçant tête baissée sur le convoi, heurta violemment les pattes du cheval prin cier. Philippe, déséquilibré, fut projeté au sol. Sa tête heurta une pierre. Il perdi t connaissance. On voulut désespérément lui porter secours, mais sa monture, terrorisée par les assauts du porc, ruait en tous sens. Ses sabots, à chaque seconde, d échiraient le corps du malheureux prince. Philippe ne fut bientôt plus qu’une sanglan te plaie ouverte et terrible à voir. Jamais prince de mémoire d’homme n’était mort en de telles souffrances. La consternation fut générale, le royaume comme décapi té. Suger, fameux abbé de Saint-Denis et conseiller du malheureux roi, écrivit même en sa chronique du règne que la tristesse du peuple était telle « qu’Homère lui-mêm e ne parviendrait à l’exprimer ». L’accident prit la couleur d’un attentat. On n’en d outa pas un instant : le diable en personne avait envoyé ce cochon pour nuire à la sûr eté de l’État.Porcus diabolicus, « le porc diabolique », fut désormais le nom que l’ on donna au coupable. L’indignité de l’un rejaillit sur tous ceux de sa race. Il fallait sévir et châtier les cochons. Mais quelle peine adopter ? Cela revenait à punir son garde-man ger... Surtout, comment faire ? L’entreprise s’avérait des plus ardues, assurément. De toute éternité, les cochons se promenaient dans les cités aussi librement que les chiens galeux, fouaillant çà et là la boue des villes, errant en meute et se battant entr e eux, répandant partout leur puanteur et leurs grouinements. C’est ainsi qu’en c ette même année 1131, Louis VI, dit « le Gros », interdit formellement aux truies, verr ats et autres pourceaux de baguenauder librement dans les rues et obligea quic onque en possédait à les tenir dorénavant en laisse.