Les flèches de galets de Bretagne

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Français
266 pages
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Description

Les rivages de Bretagne sont soumis en permanence à l'action des vagues, des marées et des courants côtiers. D'autres éléments tels que les sédiments, le niveau de la mer, les tempêtes et les interventions humaines participent au façonnement du littoral. Cet ouvrage porte sur la mise en place et la mobilité des flèches de galets, cordons littoraux qui ourlent les côtes bretonnes.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2011
Nombre de lectures 151
EAN13 9782296804241
Langue Français
Poids de l'ouvrage 42 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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LES FLÈCHES DE GALETS DE BRETAGNE Évolutions passées, présentes et futures
Photographie de couverture :La pointe du Sillon de Talbert, Dominique Halleux du Conservatoire du littoral.
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-296-54476-5 EAN : 9782296544765
Pierre Stéphan Lauréat 2009 du prix de thèse Paskoff / EUCC-France / Fondation Procter & Gamble pour la Protection du Littoral
LES FLÈCHES DE GALETS DE BRETAGNE Évolutions passées, présentes et futures
CollectionMilieuxnaturelsetSociétés Approchesgéographiques
Cette collection des éditions de l’Harmattan consacrée aux interactions entre les milieux naturels et les sociétés entend privilégier les approches géographiques de ces phénomènes. Des vallées montagnardes aux espaces littoraux, des zones urbaines aux grandes plaines alluviales, des forêts tropicales aux régions volcaniques, les milieux les plus divers sont concernés dès lors qu’ils ont à supporter une emprise humaine. Il s’agit de comprendre comment l’Homme agit sur son environnement en modifiant, volontairement ou non, la dynamique naturelle des espaces qu’il occupe et de montrer comment ces impacts s’opèrent et se répercutent à différentes échelles spatiales. Destinée à un public de chercheurs, universitaires et étudiants, la collection est ouverte à tout ouvrage, manuel, thèse, HDR, synthèse de colloque ou de programme de recherche répondant à cette thématique.
P. Durand et L. Goeldner-Gianella
Ouvragesdelamêmecollection
CAZES-DUVAT Virginie, PASKOFF Roland, 2004,Les littoraux des Mascareignes entre nature et aménagement, L’Harmattan, coéd. Université de la Réunion.
DURAND Paul, GOELDNER-GIANELLA Lydie (éd.), 2005,Milieux littoraux. Nouvelles perspectives d’études.
CHADENAS Céline, 2008,L’Homme et l’oiseau sur les littoraux d’Europe.
ANDREU BOSSUT Vincent, 2008,La nature et le balnéaire. Le littoral de l’Aude.
MARRINER Nick, 2009,Géoarchéologie des ports antiques du Liban.
Remerciements
Cet ouvrage étant le fruit d’une re cherche doctorale, mes premiers remerciements s’adressent tout particulièrementà Serge Suanez, Maître de Conférence à l’Université de BretagneOccidentale (Brest)à qui je dois ces premiers pas dans le domaine de la recherche. Un grand merci pour le temps qu’il a su me consacrer, pour ses encoura gements et ses conseils scientifiques et amicaux.Un merci égalementàBernardFichaut pour l’intérêt qu’il a pu porter à montravail, pour son aide précieuse sur le terrain et ses conseils avisés.Je souhaite également remercier YannickLageat pour sa disponibilité, pour ses conseils et ses relectures.Merci égalementà Laurent Lespez et StéphaneCosta du laboratoireGéophen (UMR LETG– 6554CNRS) deCaen pour leur accueil, leur écoute et leurs précieux conseils.Je les remercie d’avoir accepté de juger ce travail.Merci égalementà Mireille Provansal et Edward Anthony de m’avoir fait l’honneur d’être les rapporteurs de cette thèse. Je remercie les membres du laboratoireGéomer deBrest (UMR LETG– 6554 CNRS) au sein duquel j’ai effectué mes recherches, en commençant par sa directrice,FrançoiseGourmelon, pour tous les moyens qu’elle a su mettreà ma disposition. Je tiens à remercier également l’ensemble des doctorants de ce laboratoire, à la fois ceux qui furent des amis et confidents dans les moments de joie ou de découragement, ceux qui m’ont accompagnéà de nombreuses reprises sur le terrain et ceux qui m’ont accordé une partie de leur temps pour effectuer les dernières relectures.Merci aussi aux stagiaires du master « Expertise et Gestion de l’EnvironnementLittoral » qui, je l’espère, me pardonneront de leur avoir parfois infligé certaines tâches ingrates, mais nécessairesà l’acquisition etaux traitement des données. Je tiensà remercier l’ensemble des personnes qui m’ont apporté informations et connaissances durant cetravail.MerciàDenisBredin etDominique Halleux du Conservatoire duLittoral, aux professeursRobinEdwards (Université de Dublin) et SteeveJuggins (Université deNewcastle),à MaxJonin de laSGMB,à Jacques Populus et RenéKerbrat de l’IFREMER, àCarlos Olivero du BRGM,àBertrand Michard etGérardGoasguen duCETMEF, à RudyMagne, FabriceArdhuin, Bernard Simon, Jean-LouisBurban et PatrickGuiomarc’h du SHOM, àChantal Bonnot-Courtois de l’EPHEdeDinard. Un immense merci à JulienGaslain, Rosine Jeannes, TangiKervern,Mikael Boennec, Youenn Dorval, ErnestLe Boennec, Guillaume Estéva,Thomas et LydieRobin pour leur aide sur le terrain. Je remercie ma famille et, en tout premier lieu, mes parents pour leur soutien et leurs encouragements tout au long de cetravail.Mercià Typhaine d’avoir étélà depuis le début... Merci enfin à Horst Schülke de m’avoir « mis sur la voie de la géomorphologie ». Il me resteà remercier les membres du jury duPrixPaskoff, l’UECC-France, en la personne de Yvonne Battiau-Queney, ainsi que la fondationProcter& Gamble pour la Protection du Littoral, sans qui cetouvrage n’aurait jamais vu le jour.
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Introduction générale
Les travaux exposés dans cette thèse traitent de la mobilité des flèches de galets deBretagne à différentes échelles spatiales et temporelles etvisentà déterminer le rôle des forçages naturels et anthropiques dans l’évolution de ces formes d’accumulation littorales.
Les flèches de galets sont, par nature, des formes d’accumulation très mobiles. L’absence d’un ados facilite leur reculvers leszones d’arrière-cordon et l’ouverture éventuelle debrèches lors d’épisodes de submersion marine. L’ancrage d’une seule de leursextrémitésà la terre ferme renforce le caractère particulièrement mobile de ces édifices sédimentaires dont la stabilité n’est très souvent assurée que par unebonne alimentation en sédiments, ou le cas échéant, le maintien du stock qui les constitue.Ces caractéristiques morphodynamiques et sédimentaires font de ces formes d’accumulation unobjet d’étude des mécanismes d’évolution littorale.
Quelque peu délaissée par les géomorphologues, l’étude des plages de galets a connu un regain d’intérêt au cours des deux dernières décennies en raison de l’appropriation récente de ce type d’accumulation littorale faisant suiteà l’essor touristique et récréatif qui a saturé les plages sableuses (Costa,2005).Ace jour, les travaux de recherche sur les plages de galets ont été menés dans deux directions : l’étude des processus morphosédimentaires et l’étude de la dynamique générale des cordons et flèches de galets. (1)L’étude des processus morphosédimentaires a permis de souligner la particularité de ces accumulations en terme d’agencements granulométriques et de réponses morphodynamiques aux agents d’agitation marine (Bluck, 1967 ;Carret al., 1970 ;Orford, 1975 ;Kirk, 1980 ;Caldwell etWilliams, 1985 ;Shermanet al., 1993).Les cordons de galets se distinguent des plages sableuses par leur profil réfléchissant (Wright etShort, 1984).Dans ce contexte, le déferlement des vagues génère une zone deswashpeu étendue en raison de la porosité et de la perméabilité du sédiment (Carter etOrford, 1993).En outre, ces accumulations se composent de sédiments de tailles et de formes très variées, aus si bien en surface qu’en profondeur, et comprennent le plus souvent une fraction sableuse importante qui influenceà la fois les transits sédimentaires (Mason etCoates, 2001) et l’évolution du profil de plage en rapport avec l’hydrodynamisme et le marnage (Masselink etLi, 2001).EnFrance, cette problématique a été développée parE.Anthony sur les plages deMéditerranée (Anthony, 1993), par les travaux de thèse deS.Costa sur les plages de galets haut-normandes (Costa, 1997), parO. Cohen sur les plages de la côte d’Azur (Cohen, 1996), parV.Morel sur les côtes deBretagne (Morel, 1997) et parF.Dolique sur la flèche duHourdel (Dolique, 1998, 1999, 2002 ;Dolique etAnthony, 1999).Ces travaux ont insisté sur le rôle important de la fraction sableuse interstitielle et celui du bas de plage dans le fonctionnement morphodynamique des plages de galets.Plus récemment, cette problématique a été approfondie parCosta (2005) sur les rivages de laManche orientale dans le cadre de deux programmes de rechercheINTERREG(Beach Erosion of theRiveManche,BERM, 2002 ;BeachesAtRisk,BAR, 2005).
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(2)La dynamique générale des cordons et flèches de galets a été étudiée en détail sur la côte deNouvelle-Ecosse auCanada parR.W.G.Carter,J.D.Orford, R.Jennings etD.L.Forbes (Carteret al., 1989 ;Forbeset al., 1991, 1995 ;Orford et al., 1991, 1992, 1995, 1996, 2002 ;Orford etCarter, 1995), parA.Héquette et M.-H.Ruz en mer deBeaufort auCanada (Héquette etRuz, 1991).Acela s’ajoutent plusieurs études locales réalisées sur les rivages des îlesBritanniques (e.g.Kidson 1963 ;Carteret al., 1987 ;Nicholls etWebber, 1987 ;Morelet al., 1993 ;Firthet al., 1995).L’ensemble de ces travaux a permis d’identifier les grands types de fonctionnement morphodynamique des flèches de galets et a progressivement conduità une meilleure compréhension des mécanismes d’évolution de ces formes d’accumulation, en réponse aux variations des apports sédimentaires,à une élévation du niveau moyen de la mer età l’action d’épisodes tempétueux. En France, la flèche duHourdel a faitl’objet de nombreuses études universitaires (Briquet,1930 ;Regrain, 1970, 1992) et d’ingénierie (Beauchesne etCourtois, 1967 ;Bellessort, 1990).Plus récemment, les travaux de thèse deF. Dolique (Dolique, 1998, 1999, 2002 ;Dolique etAnthony, 1999) se sont focalisés sur les évolutions morphodynamiques récentes de ce cordon.Al’échelle de la Bretagne, la multitude de flèches de galets a également donné lieuà quelques études locales (Guilcheret al., 1957, 1990 ;Jussy etGuilcher, 1962 ;Pinot, 1961, 1963, 1994 ;Hallégouët etMorel, 1994 ;Mtorel, 1993, 1997) consistan essentiellement en un inventaire descriptif de ces formes d’acc umulation (appelées « sillons » dans la toponymie locale) et une analyse de leur orientation par rapport aux agents hydrodynamiques.Ces travaux ont mis en évidence les nombreux dysfonctionnements qu’enregistrent actuellement ces constructions sédimentairesà l’échelle régionale, se traduisant le plus souvent par un recul des cordons et l’ouverture debrèches au sein des flèches. Toutefois, rares ont été les tentatives de quantification de cette mobilité, si ce n’est de manière très ponctuelle sur le Sillon de Talbert (Pinot, 1994) et sur la flèche du Loc’h en rade deBrest (Hallégouët et Morel, 1994 ; Morel, 1997). L’hypothèse avancée pour expliquer cette tendanceà l’érosion est celle d’un épuisement progressif des sources sédimentaires en matériel grossier à l’échelle de laBretagne conduisant à un contexte de pénurie de galets sur le rivage (Morel, 1997).Toutefois, en l’absence de données quantifiées relatives aubilan sédimentaire des accumulations de galets sur le littoral deBretagne, cettehypothèse demandaità êtrevérifiée.
Ce travail de thèse a porté sur l’étude de 25 fl èches de galets réparties de manière très inégale sur les trois façades de la péninsule armoricaine (figure A).Il a eu pour pre mierobjectif de retracer la mobilité des flèches de gal ets à différentes échelles spatiales et temporelles afin d’aboutir à une compréhension globale de leur fonctionnement morphosédimentaire.Différentes approches méthodologiques de l’évolution littorale ont été adoptées en fonction des échelles de temps considérées.Sur le long terme (échelle de temps pluri-centennaleà millénale), les grandes étapes de mise en place etd’évolution des flèches ont été reconstituéesnaà partir de l’a lyse stratigraphique de dépôts sédimentaires holocènes et le recours aux datations radiocarbone. L’emploi de techniques statistiques (fonctions de transfert) basées sur l’analyse de la micro-faune (foraminifères) a permis d’apporter des données quantitatives et d’enrichir cette
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