Modélisation économique des exploitatons agricoles

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Cet ouvrage est la première pierre dans la construction d'une reflexion commune autour des travaux menés avec le logiciel "Olympe", outil de modélisation économique des exploitations agricoles et de leurs composantes. L'ambition des auteurs est de faire connaître cet outil et sa souplesse, au travers d'une dizaine de cas d'étude concrets développés par des chercheurs économistes ou agronomes, ainsi que par des enseignants. Ce premier ouvrage est une invitation à la découverte d'un outil original et unique en son genre.

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Date de parution 01 février 2007
Nombre de lectures 390
EAN13 9782336254050
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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MODÉLISATION ÉCONOMIQUE
DES EXPLOITATIONS AGRICOLESwww.]ibrairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan 1@wanadoo. fr
@L'Harmattan, 2007
ISBN: 978-2-296-02688-9
EAN : 9782296026889Éric PENOT, Olivier DEHEUVELS
Éditeurs scientifiques
MODÉLISATION ÉCONOMIQUE
DES EXPLOITATIONS AGRICOLES
Modélisation, simulation et aide à la décision
avec le logiciel Olympe
L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
FRANCE
Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina FasoL'Hannattan Hongrie
Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Via Degli Artisti, 15 1200 logements villa 96Konyvesbolt
; BP243, KIN XI 10124 Torino 12B2260Adm.
Kossuth L. u. 14-16
Université de Kinshasa - RDC ITALIE Ouagadougou 12
1053 BudapestSommaire
REM ERCI EM ENTS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
INTRODUCTION
Simulation et modélisation du fonctionnement de l'exploitation agricole
avec le logiciel Olympe. PENOT E., DEHEUVELSO. 9
PARTIE 1- MODELISATION ET COMPARAISONS DE CHOIX TECHNIQUES
ET DE SYSTEMES DE CULTURE: CAS D'ETUDE EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE
SUR DES DE PRODUCTION A BASE DE CAFE, CACAO ET PALMIER A HUILE
Comparaison de deux systèmes de culture du café dans l'ouest
du Cameroun. SANCHEZ S., SNOECK D. ..25
Comparaison de stratégies de création de palmeraies non industrielles
au Camerou n. RAFFLEGEAU S 33
Dynamiques de plantation. Replantation cacaoyères en Côte d'Ivoire
Comparaison de choix techniques avec Olympe. DEHEUVELS O. 49
PARTIE 2 - MODELISATION ET COMPARAISONS D'EXPLOITATIONS AGRICOLES:
CAS D'ETUDE EN INDONESIE ET EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE
SUR DES SYSTEMES DE PRODUCTION A BASE DE CACAOYERS ET D' HEVEA
Modélisation et analyse prospective des exploitations hévéicoles
en Indonésie. PENOT E., HEBRAUD C. 65
Diagnostic du secteur hévéicole villageois au Cameroun
CHAMBON B., ESCHBACH J. -M., PLAZA C . 85
Reconversion des cacaoyères du mode conventionnel au mode biologique,
au Togo. Kou Kou-TcHAM BA A., BASTIDE P., LE GRUSSE P. 97
Elaboration des plans pluriannuels de développement de l'exploitation
agricole en Algérie: utilisation d'« Olympe», simulateur de gestion de
l'exploitation agricole. LAMRANIF., LE GRUSSEP. .111
5PARTIE 3. SIMULATION ET GESTION DE CONTRAINTES REGIONALES: CAS D'ETUDE EN
TUNISIE ET EN FRANCE SUR LA GESTION DE PERIMETRES IRRIGUES ET DE PHENOMENES
D'EROSION
Evaluation économique de mesures contre le ruissellement érosif
dans le pays de Caux. DANIEL S., BOURGAIN O. 129
Libre-échange agricole et développement durable: une zone irriguée
du nord-ouest de la Tunisie. AL.ALBOUCHI, LE GRUSSE P. 145
CONCLUSION
DE lA PARCEllE A lA REGION: diversité des méthodologies de modélisation
du fonctionnement des exploitations agricoles avec le logiciel Olympe.
PENOT E., DEHEUVELS O. 171
6"'Rtmtrcttmtnts
Les auteurs tiennent tout particulièrement à remercier le concepteur du
logiciel, Jean-Marie Attonaty, retraité de l'INRA-ESR, qui nous a ouvert les
portes d'une collaboration fructueuse.
Les co-éditeurs de ce livre tiennent également tout particulièrement à
remercier Phillippe Le Grusse (Iamm) et Marjorie Lebars (Cemagref) sans qui
ce livre n'aurait pu être fait.
La mise en page du livre a été faite par Mme Chantal Mazzela-Second.
Les éditeurs remercient également Christine Rawski pour l'aide apportée
à l'édition de ce livre.Int yod uctf,on
Simulation et modélisation du
fonctionnement de l'exploitation agricole
avec le logiciel Olympe
Eric Penot et Olivier Deheuvels, Cirad* Montpellier, France
De nombreux outils ont été créés en France par des centres de gestion, pour
modéliser l'exploitation agricole et optimiser le revenu dans une perspective
comptable ou fiscale d'aide à la décision. Le conseil de gestion a été développé
en France avec des outils tels que «Explore », «Planfi », «Planclair »,
« Depim », « Système 70 », « Silex 43 », « PSC » puis « Anaïs ». Aux USA, on
trouve des logiciels classiques de gestion d'entreprise, parfois adaptés au cas de
l'agriculture.
Olympe a été développé par l'Inra/Esr, en collaboration avec l'lam-Montpellier
et le Cirad. Initialement baptisé Quatre Vents (QV), il a été conçu à la
demande des chambres d'agriculture pour les besoins de leurs conseillers
agricoles. Son concepteur, Jean Mary Attonaty (Inra-Esr, Grignon) l'a ensuite
adapté, de 1999 à 2003, par une collaboration fructueuse, aux besoins de la
recherche agronomique en particulier sur les plantes pérennes (Cirad-Cp), sur
les systèmes d'élevage (Cirad-Emvt) et de façon plus générale sur les
méthodologies d'utilisation (Cirad-Tera). Le logiciel est également utilisé
depuis 1999 par l' lamm dans le cadre de la formation au niveau Master
(Responsable: Phillipe Le Grusse) et, plus récemment (2001), par l'Ird et le
Cemagref. D'autres utilisateurs (lnralEsr, Esitpa, Mae), collaborateurs d'agents
du Cirad, sont venus rejoindre ce groupe baptisé « pôle Montpelliérain » même
s'il regroupe des expatriés, des chercheurs du Sud et des agents parisiens.
Olympe prend donc en compte en particulier toutes les spécificités des
cultures pérennes tropicales ou tempérées.
Gratuite mais à durée de vie limitée (6 mois), son utilisation nécessite néanmoins
une formation de base de 5 jours qui peut être mise en œuvre par l'une ou l'autre
des institutions pré-citées. Elle donne accès à un réseau d'utilisateurs matérialisé
par un site QuickPlace « Olympe », et géré par le Cirad au service de tous les
utilisateurs formés. Ce réseau permet une mise à jour gratuite du logiciel et des
*Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.
9échanges permanents entre les différents utilisateurs. Il s'étend maintenant en
Afrique centrale et de l'Ouest avec des partenaires au Togo, Cameroun, Nigeria,
Ghana et Côte d'Ivoire, ainsi que des chercheurs à la Réunion. L'accès au site
permet, au-delà d'un simple échange d'informations, de bâtir des projets de
recherche à dimensions régionales. Par ailleurs, la perspective de l'utilisation
d'un outil commun entre chercheurs du Nord et du sud et la diffusion à faible
coût du logiciel, limité en général au coût de la formation, est particulièrement
intéressante en termes d'échanges et de travaux communs.
Les chercheurs et agents du développement ont souvent créé leurs propres
systèmes d'expert pour le calcul des marges et des revenus agricoles*. La
modélisation devient alors un outil de compréhension de situations parfois
complexes qui prennent en compte la diversité d'activités, de sources de
revenus ou de subventions et la complexité des investissements, dans des
contextes agricoles productivistes (Europe) ou très diversifiés (tropiques). On
s'intéresse alors à quantifier de façon opérationnelle et surtout représentative,
les différents coûts et revenus pour obtenir des marges et des productivités du
travail qui permettent une analyse économique classique de rentabilité.
La prise en compte du temps (10 ans renouvelables sur Olympe) permet une
analyse prospective et l'élaboration de scénarios de variation de prix et de
quantités produites ou consommées. On temporise alors les données issues
des enquêtes pour une vision dynamique du court au long terme.
Enfin, la modélisation permet de mesurer l'impact à long terme de décisions
prises sur les cultures pérennes ou l'élevage, dont les contraintes sont
fondamentalement différentes des cultures annuelles. Une modélisation appliquée permet
donc de prendre en compte la complexité et surtout la diversité des situations
rencontrées.
Olympe, un outil de modélisation?
Les modèles analytiques classiques ont souvent été exprimés sous forme de
systèmes d'équations déterministes entre variables instantanées qui captent
tant les comportements que les interactions entre agents économiques. La
logique de conception d'Olympe est également déterministe: des coûts, des
prix, des productions entraÎnent des marges, des frais de structure, un résultat
net final, une trésorerie... Cependant, la méthode de calcul, de type tableur,
est beaucoup plus simple, sans équations ni processus de règles de décision.
Le fait de chercher à aborder un problème en le modélisant est parfois considéré
comme la marque distinctive de l'esprit scientifique et un problème qui ne prêterait
à aucune modélisation échapperait à la science (Nouvel, 2002). De fait,
l'utilisation d'un modèle simple comme Olympe n'a pas pour objectif la compréhension
* Il est plus difficile d'identifier ces outils de chercheurs, souvent confidentiels ou à diffusion
restreinte au laboratoire créateur/utilisateur. On citera pour l'exemple le logiciel «Smile»
développé par Cirad-Tera pour la gestion des exploitations agricoles dans les périmètres irrigués.
10globale d'un phénomène (comme dans les sciences fonda-mentales), mais relève
plutôt de la recherche d'un langage, de définitions et d'une forme de
représentation commune à des utilisateurs appartenant à des disciplines variées
allant de l'agronomie à l'économie, la sociologie et l'anthro-pologie. En d'autres
termes, il permet d'agir par l'utilisation d'un outil commun, pratique et formalisé et
de définitions communes, pour le partage de données, d'informations et surtout la
comparaison de situations.
Un modèle a deux rôles principaux: un rôle figuratif de représentation d'un
système et un rôle démonstratif de raisonnement sur un système. En
combinant ces deux rôles, on obtient un modèle explicatif qui a pour fonction
de rendre compte de phénomènes particuliers en les faisant dériver de
phénomènes généraux (gestion, comptabilité) et de conditions locales
caractérisant les cas d'études (Nouvel, 2002).
La compréhension de l'exploitation agricole en tant que « système productif»
et l'analyse des choix techniques font appel à l'analyse systémique (Badouin,
1985), classiquement utilisée depuis les années 1980. La compréhension des
stratégies fait appel à une analyse qualitative cognitive dérivée des résultats
obtenus par la simulation. Cette analyse replace les données dans leur
contexte et tient compte de facteurs non chiffrés. Elle est indispensable et
complémentaire des données calculées. L'ensemble permet de développer
une véritable analyse socioéconomique des déterminants des stratégies
paysannes et de contextualiser l'aide à la décision.
Un modèle n'est jamais qu'une lecture, parmi d'autres, de la complexité
rencontrée (Bouleau 2002). Il doit être validé par le terrain ou l'expérimentation.
S'il représente une situation préalablement observée, au sens de la
construction logique de l'explication d'un phénomène, il est primordial d'en
valider les résultats sur le plan économique, par les acteurs qui en sont à
l'origine, c'est-à-dire les producteurs. La validation d'un modèle met en
évidence son caractère idéalisé qui combine approximation des hypothèses et
robustesse des conclusions, qu'il soit testé par projection sur les faits ou à
partir de données. La validation sur le terrain par discussion des résultats
avec les intéressés permet donc d'éviter la tendance naturelle du
modélisateur à maximiser les résultats au profit d'une meilleure représentation
des formes du possible. A ce titre, le logiciel Olympe n'est pas un modèle
complexe qui permettra de définir des lois générales sur les exploitations
agricoles. Il diffère en cela de modèles de simulation du type MATA,
développé par Ecopol (Ci rad). Il résulte de la reconstitution empirique d'un
système simple, doublée d'une analyse «à dire d'expert» dont la qualité
dépend de la connaissance qu'a l'expert de son terrain d'application.
Dans la plupart des cas, les faits sont effectivement projetés par le biais
d'enquêtes de caractérisation des exploitations et de suivis effectués à travers
un réseau de fermes de références. A partir de ces données constituant la
structure de base du modèle, on détermine des scénarios qui permettent de
11tester la robustesse économique des exploitations agricoles selon leur
structure et leur stratégie (spécialisation ou diversification, choix techniques),
face à la volatilité des prix ou à des variations de productions induites par les
aléas climatiques, par exemple. Le risque, élément majeur des stratégies,
peut alors être partiellement quantifié.
Le choix des hypothèses de simulation reposera donc sur l'utilisation de séries
de données historiques constituant l'échelle des variations possibles. Lors d'un
travail avec des exploitations types, l'intérêt de la simulation portera sur la
comparaison et l'ordre de grandeur des évolutions, plus que sur les résultats
dans l'absolu. Par contre, la modélisation d'exploitations réelles permet des
comparaisons entre valeurs absolues, dans le cadre du conseil de gestion par
exemple. Le modèle peut aussi être une reconstruction du passé, permettant de
dégager des conséquences et externalités induites pour une analyse prospective.
Enfin, la modélisation des exploitations agricoles est aussi un outil de dialogue
avec les producteurs, via le conseil de gestion et avec les décideurs ou
bailleurs de fonds pour la définition de projets par exemple.
Modélisation et simulation
On peut élargir le champ d'application d'Olympe en prenant en compte plusieurs
exploitations et en totalisant leurs résultats, grâce au module « Ensembles» du
logiciel. Cela demande tout d'abord l'établissement d'une typologie adaptée au
problème étudié et ensuite la validation du modèle et de ses résultats.
Dans une simulation avec un décideur unique, la validation est directe:
l'agriculteur réagit vigoureusement aux résultats non réalistes. L'habitude
d'utiliser rétrospectivement le modèle en simulant les résultats des dernières
années est aussi un moyen de validation simple et couramment utilisé. Au
niveau d'un ensemble, ce genre de simulation peut se révéler périlleux si la
validation n'est pas faite avec soin (Attonaty, 2001).
Elle consiste à s'assurer que le fonctionnem~nt du modèle est compris par
ses utilisateurs, par un consensus sur les données introduites et la typologie
retenue. Elle nécessite de confronter, pour les dernières années, les résultats
globaux du modèle avec les données observées sur le terrain.
Tout modèle entraîne une simplification du système décrit, dans ses modalités
de fonctionnement ou dans le nombre de variables explicatives, et cela dans
certaines limites d'utilisation. Il est donc important de circonscrire le domaine
d'utilisation du modèle. Tout modèle postule sur un principe de continuité des
approximations qui affirment que des hypothèses voisines conduisent à des
conclusions voisines (Waliser). Olympe est un modèle simple, assez mécaniste
sur le strict plan économique et dont l'analyse ne vaut que replacée dans son
contexte politique, socioéconomique, technique et environnemental. L'analyse
qualitative par des variables explicatives de choix stratégiques est indispensable
12pour une explication des résultats de la simulation. On peut alors juger le modèle
sur la robustesse de ses assertions. En faisant varier les hypothèses de
simulation dans un domaine assez large, il permet de baliser les conditions de
validité des conclusions. Un modèle idéal suggère alors des conditions assurant
la possibilité, plutôt que la nécessité, d'un phénomène (Waliser). C'est donc le
domaine du probable, celui de la construction de scénarios plausibles, de
trajectoires potentielles, qui nous intéresse plus particulièrement dans la simulation
pour satisfaire à des questionnements issus des producteurs ou des
développeurs et décideurs.
L'outil Olympe
Olympe est un outil de modélisation et de simulation du fonctionnement de
l'exploitation agricole reposant sur l'analyse systémique, selon les définitions des
systèmes de cultures, d'élevage, d'activité et de production données par Jouve
et al. (1997). Il offre la possibilité de réaliser une modélisation fonctionnelle des
systèmes d'exploitations, suffisamment détaillée pour permettre l'identification
des sources de revenus et des coûts de production, l'analyse économique de
rentabilité en fonction des choix techniques et des types de productions et
l'analyse mensuelle des besoins en main-d'œuvre. Olympe fournit des
simulations de résultats économiques aussi bien par système de culture, d'élevage
ou d'activité qu'au niveau de l'exploitation. Outre les calculs de base
automatisés, il est possible de créer des variables, des indicateurs et des
tableaux de sorties de données personnalisées.
Un module « Comparaison» permet de comparer tous les résultats techniques
et économiques des différents systèmes entre exploitations ou groupes
d'exploitations pour chaque variable. Un module «Aleas» permet d'introduire des
scénarios de variations de prix et de quantités des produits vendus ou utilisés
par l'exploitation, en fonction d'aléas climatiques ou conjoncturels. Ce module
permet donc une analyse prospective sur l'impact de la volatilité des prix ou
d'effets climatiques.
Olympe replace toute innovation technique ou organisationnelle dans le cadre
global de l'exploitation agricole et même d'une petite région. Il possède en effet un
module d'agrégation des exploitations d'après une typologie choisie. Ce module
« Ensembles» permet une approche régionale à l'échelle d'un bassin versant ou
d'un périmètre irrigué. Il permet de déterminer les évolutions de flux, intrants et
produits, besoins en financements et richesse produite par type d'agriculteurs.
C'est donc un instrument à utiliser pour mettre en débat l'acceptabilité d'une
innovation dans une exploitation en termes de trésorerie et de ressources
humaines. Il peut aussi contribuer à identifier les conséquences sur une petite
région de divers choix techniques des projets ou des décideurs locaux.
13Des définitions sur les éléments de l'analyse systémique
Selon Sébillote (Inapg), un système de culture est « l'ensemble des modalités
techniques mises en oeuvre sur des parcelles traitées de manière homogène.
Chaque système de culture se définit selon 1) la nature des cultures et leur ordre
de succession 2) les itinéraires techniques appliqués à ces cultures (suite
logique et ordonnée des pratiques culturales), ce qui inclut le choix des variétés
pour les cultures retenues ». Selon Papy (Inra), « i/ se définit sur une portion de
territoire traitée de façon homogène, par une logique d'action appliquée à la
production végétale se déclinant en un plan d'action accompagné de règles de
pi/otage». Une innovation agronomique conduit souvent à remplacer un
système de culture par un autre. Le niveau d'analyse est ici celui de la parcelle
ou de l'ensemble des parcelles traitées de façon homogène.
L'ensemble des systèmes de culture et d'élevage est regroupé en système de
production. « Le système de production est une combinaison des facteurs de
production au sein d'une unité de production. » (Badouin, 1987) ou, selon
Jouve (1992), «un ensemble structuré de moyens de production combinés
entre eux pour assurer une production végétale et/ou animale en vue de
satisfaire les objectifs et besoins de l'exploitant et de sa famille». Le niveau
d'analyse est ici l'unité de production.
Le système d'exploitation est l'ensemble des systèmes de production dépendant
d'un décideur. C'est donc l'unité économique qui symbolise l'exploitation agricole
comprenant un ou plusieurs systèmes de production. Il est conduit par une unité
de gestion, l'exploitant, qui prend des décisions selon une stratégie évolutive. Ce
concept a été introduit en Afrique pour mieux expliquer le fonctionnement des
concessions formées de plusieurs unités de production. En Asie du Sud-Est ou
en Amérique latine, les unités économiques correspondent aux unités de
production et de consommation (ménage), axées autour du noyau familial. Il y a
alors identité entre systèmes de production et d'exploitation qui se superposent à
la famille nucléaire.
Enfin, un système agraire est «une association des productions et des
techniques mises en oeuvre par une société rurale pour exploiter son espace,
gérer ses ressources et satisfaire ses besoins» (Jouve, 1992). On peut le
considérer comme une construction historique et sociale en fonction
d'impératifs techniques liés à la production. Le niveau est ici celui de la région.
L'extension territoriale d'un système agraire peut aller du village à la
Les exploitations agricoles (systèmes de production) sont souvent regroupées
en village qui peut être considéré comme un agrosystème villageois, une
entité territoriale et humaine ayant sa propre cohérence (Jouve, 1992). Un
système agraire est donc un espace rassemblant des villages ayant des
contraintes et des problématiques agricoles communes.
14Le contexte d'utilisation d'Olympe
)- Connaître les stratégies paysannes: sur le plan agricole, les stratégies
paysannes se sont développées selon des contraintes écologiques, foncières et
d'accès aux technologies, au crédit et à la main d'œuvre. L'organisation sociale
et les modes de transmission du patrimoine jouent un rôle également
déterminant dans la construction des stratégies paysannes. L'accès au foncier,
ses modes de tenure et son évolution, sont des critères extrêmement importants
de différenciation collective car ils touchent au bien le plus précieux de la
communauté: son sol, son espace, son territoire. C'est l'adéquation d'une
innovation à une contrainte particulière qui importe. Ces contraintes peuvent être
l'évolution du revenu, la diminution du risque agricole, l'augmentation de la
productivité des systèmes de culture, l'optimisation du facteur travail et la
minimisation du capital investi, etc. Le changement social qui découle du
changement technique dépend alors de plusieurs facteurs:
- la souplesse initiale du modèle social;
- la cohérence entre systèmes techniques et systèmes sociaux;
- la législation en vigueur (foncier...) ;
- la capacité de la communauté à innover et à suivre les évolutions techniques
et les actions de nouveaux acteurs (projets...).
La connaissance des stratégies paysannes et la possibilité de simuler, grâce
à un outil comme Olympe, leur évolution par des scénarios prospectifs définis
par les choix techniques des producteurs permettent une approche
participative, y compris dans la validation des résultats avec les acteurs.
)- Choisir l'unité étudiée: le terme «exploitation agricole» est relativement
bien adapté à l'étude de l'agriculture européenne car il concerne les activités
réunies en un même lieu et les décisions y sont généralement prises par une
seule personne (système de culture à pratiquer, matériel à acheter, réseau
commercial à choisir...). Dans les régions tropicales, les décisions, les modes
d'accès au foncier ou l'organisation du système de production (cultures de
rentecultures vivrières, cultures pérennes - cultures annuelles, systèmes d'élevage)
peuvent dépendre de personnes différentes. Si l'exploitation agricole liée à une
unité familiale est le cas le plus fréquent en Asie et en Amérique latine, il est
courant de rencontrer des formes plus complexes en Afrique avec le principe des
concessions dans lequel le centre de décision est un « patriarche» et l'unité
d'exploitation un regroupement de plusieurs familles nucléaires. Enfin, il existe
également de grandes exploitations de type capitalistique (/atifundias, estates)
ou kolkhozien (Ex-URSS, kibboutz en Israël). L'important est d'identifier
clairement l'unité de travail, le centre de décision et les éléments des différents
systèmes qui la composent. Dans tous les cas, Olympe permet de caractériser
un système de production quelle que soit sa taille, de la petite exploitation
familiale à la concession africaine ou à la grande plantation capitaliste de type
hacienda, fazenda ou estate. Olympe permet également une analyse limitée au
niveau d'itinéraires techniques, de systèmes de culture ou d'élevage.
15)- Choisir les données à traiter: les données les plus fiables sont celles collectées
par enquête de caractérisation des exploitations agricoles. Elles renseignent sur
tous les éléments qui participent au fonctionnement de l'exploitation: productions,
intrants et main-d'œuvre, assolements, prix, accès au crédit, dépenses et revenus
familiaux ou extérieurs à l'exploitation. Les objectifs de ces enquêtes sont:
- d'obtenir une base de données sur les exploitations agricoles enquêtées;
- d'identifier les sources de revenus et la répartition des facteurs de production
par type d'exploitation et dans la structure des revenus;
- de mieux connaître les stratégies des producteurs;
- de mesurer les performances économiques de chaque système et leur stabilité
dans le temps;
- d'identifier les contraintes et opportunités de chaque système;
- de construire une typologie de situations et de producteurs;
- de sélectionner les exploitations représentatives pour construire un réseau
de fermes de références.
Ces données permettent de disposer d'éléments d'analyse des trois facteurs
de production: foncier, capital et travail. Elles permettront de calculer les
indicateurs économiques de base permettant de la comparaison entre systèmes
de culture, d'élevage ou d'activités, à savoir:
- les marges brutes/ha, par culture ou atelier;
- les temps de travaux et productivité du travail, par culture ou atelier;
- le retour sur investissement;
- le montant des investissements nécessaires, par culture ou atelier;
- les revenus ou charges globaux.
Olympe autorise la comparaison de données issues d'une analyse régionale avec
des statistiques officielles ou avec les potentialités réelles de la zone considérée.
La démarche méthodologique générale
La figure 1 présente de manière synthétique la démarche d'utilisation d'Olympe.
Le déroulement classique des activités de caractérisation et d'analyse est:
- une enquête exploratoire (sélection des zones et des acteurs; identification
de l'échantillon; mise au point du questionnaire) ;
-la sélection et la formation de l'équipe de réalisation de l'enquête;
- des réunions de présentation des enquêtes pour chaque zone: ces réunions
préparatoires ont pour objectif d'informer les paysans sur le pourquoi d'une telle
enquête et de collecter des informations générales sur la zone;
- des enquêtes individuelles: un minimum de 30 exploitations par secteur est
nécessaire pour pouvoir établir une typologie opérationnelle;
- la collecte des questionnaires et rentrée des données, avec Olympe;
- l'analyse des données d'enquête;
- la modélisation des exploitations agricoles « type» ou « réelle» ;
- le rapport final et les recommandations;
- le réseau de fermes de références pour une mesure de l'impact des
expérimentations ou des actions.
16~
\=J
D
Résultats: Modélisation des exploitations agricoles validée par les paysans
et analyse prospective des ces exploitations
Figure 1. Schéma méthodologique d'utilisation d'Olympe (d'après J. Lecomte, 2000).
17Les principaux produits attendus sous Olympe
TYPOLOGIE DES EXPLOITATIONS AGRICOLES
Les critères de sélection peuvent être:
- le revenu global en pourcentage du revenu minimal officiel et l'origine des
différents revenus, agricoles ou non;
- la superficie cultivée et les différentes cultures;
- le type de main-d'œuvre disponible;
- les marges et productivité du travail par activité;
- la capacité d'investissement;
-l'utilisation d'intrants (niveaux d'intensification des systèmes), etc.
Les clés de tri du module «Ensemble» permettent de construire des
typologies, de les adapter et de les faire évoluer dans des simulations sur
10 ans.
RESEAU DE FERMES DE REFERENCES
Olympe permet de suivre la sélection d'exploitations réelles constituant ce
réseau afin de mesurer l'impact d'essais et d'innovations techniques sur le
fonctionnement de l'exploitation agricole. Le réseau de fermes de références
peut être suivi annuellement afin de mesurer l'impact d'essais en cours et
l'éventuelle redistribution des facteurs de production selon les cours des
produits ou les développements de certains systèmes. Il peut être ensuite
étendu aux exploitations extérieures au réseau d'expérimentation. Le suivi
sera fait selon un schéma identique pour l'ensemble des exploitations et devra
être le plus léger possible. L'approche participative est essentielle dans la
réalisation des essais mais également dans la restitution des résultats
d'enquête auprès des producteurs.
MODELISATION DES EXPLOITATIONS AGRICOLES
Olympe permet de créer des « exploitations moyennes représentatives », issues
d'une typologie initiale. On peut aussi créer des « types d'exploitations» les plus
couramment observés, représentatifs, s'ils sont validés par les paysans
concernés.
ETABLISSEMENT DE SCENARIOS PROSPECTIFS
Olympe permet la construction de scénarios de changement d'itinéraires
techniques, de diversification, de variation des prix ou d'impacts climatiques
sur les rendements. Ces scénarios prospectifs permettent de tester des
hypothèses et de mesurer l'impact économique (revenus, productivité du
travail...) des évolutions simulées. Olympe est un outil complémentaire
d'autres approches classiquement utilisées en agriculture, dont la
programmation linéaire.
18