Edgar Quinet

Edgar Quinet

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Livres
29 pages

Description

La vie de Quinet se partage en deux périodes nettement séparées par le coup d’État de 1851. La première période est celle de la jeunesse et de la maturité commençante. Elle est remplie par de libres études d’une très riche diversité, et par des travaux très variés qui sont le fruit de ces études. On peut dire que jusqu’en 1830, Quinet, au collège de Lyon, dans sa chambre d’étudiant à Paris, ou sur les bancs de l’Université d’Heidelberg, est uniquement occupé de la formation de son esprit.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Ajouté le 01 juillet 2016
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EAN13 9782346083343
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Langue Français
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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Henry Michel

Edgar Quinet

Conférence faite à l'Université populaire de Lyon

MESDAMES, MESSIEURS,

 

J’ai été très touché, très honoré aussi en recevant l’appel qu’a bien voulu m’adresser l’Université populaire lyonnaise, par l’entremise de mon collègue et ami M. Ferdinand Buisson.

Vous eussiez tous préféré entendre ce soir la parole de votre président d’honneur, la parole de M. Buisson. Mais vous savez qu’il est en ce moment retenu à la commission parlementaire des congrégations. Il livre pour la République et pour la pensée libre un combat sérieux, difficile, auquel il ne peut dérober une heure de son temps.

L’Université populaire lyonnaise aurait pu trouver, à Lyon même, des conférenciers qui eussent parlé de Quinet avec plus d’agrément, plus d’éloquence que vous ne devez en attendre de moi, et d’une voix moins enrouée. Elle aurait pu faire appel aux professeurs de l’Université de Lyon, dont deux déjà ont eu l’occasion de commémorer le centenaire de Quinet de façon excellente : M. Chabot dans cette même salle, M. Charléty à la Société des Amis de l’Université. Enfin l’Université populaire n’aurait en que l’embarras du choix parmi ses orateurs habituels, parmi tous ces jeunes maîtres qui lui prodiguent sans compter leurs efforts et leur talent. Je ne nommerai aucun d’eux ; ils sont presque tous sur l’estrade à mes côtés, et je ne voudrais pas mettre leur modestie à l’épreuve de vos applaudissements.

Le seul titre que j’aie à vous parler de Quinet (n’attendez pas de moi un discours apprèté, mais une causerie simple et sincère), c’est d’avoir vécu dans la plus grande familiarité avec sa pensée, depuis deux ans que j’ai pris pour sujet de mes cours, à la Faculté des lettres de Paris, la contribution de Quinet et celle de Michelet à l’idée démocratique. Je me suis rendu compte, à le lire beaucoup, à fond, que la place qui lui a été faite jusqu’ici dans la reconnaissance et l’admiration de la démocratie, si considérable qu’elle soit, n’est encore égale ni à son mérite ni aux services qu’il a rendus. Plus je l’ai étudié, plus je l’ai vu grandir.

Je voudrais retracer, à grands traits rapides, la vie, surtout la vie politique de l’homme dont vous célébrez aujourd’hui la mémoire. J’insisterai un peu plus longuement sur la portée de son œuvre. Et de cette œuvre, de cette vie j’essaierai de tirer la leçon qu’elles renferment.

I

La vie de Quinet se partage en deux périodes nettement séparées par le coup d’État de 1851. La première période est celle de la jeunesse et de la maturité commençante. Elle est remplie par de libres études d’une très riche diversité, et par des travaux très variés qui sont le fruit de ces études. On peut dire que jusqu’en 1830, Quinet, au collège de Lyon, dans sa chambre d’étudiant à Paris, ou sur les bancs de l’Université d’Heidelberg, est uniquement occupé de la formation de son esprit.

C’est un penseur, un poète, qui se cherche encore et qui suit sa fantaisie, sa réflexion, partout où elles le mènent, uniquement jaloux d’apprendre, de comprendre, de créer, sans aucun souci positif de carrière.