Introduction à la dynamique des systèmes

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La dynamique des systèmes trouve aujourd'hui des applications multiples dans de très nombreux domaines : l'économie, l'écologie, le management, la gestion opérationnelle des firmes... Des laboratoires universitaires ou d'entreprises y ont également recours pour la pharmacie, la biologie ou encore la gestion de processus de fabrication : partout où des interactions dynamiques, des interrelations entre éléments ou acteurs, des comportements jouent un rôle majeur. Ce livre permet de mieux en comprendre la logique et les modalités de mise en oeuvre.

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Date de parution 15 août 2017
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EAN13 9782140043055
Langue Français

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Patrice Salini
INTRODUCTION À LA DYNAMIQUE D E S S Y S T È M E S
Introduction à la dynamique des systèmes
Patrice Salini
Introduction à la dynamique des systèmes
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-12260-1 EAN : 9782343122601
Introduction
Choisir d’écrire un livre sur la dynamique des systèmes 1 en langue française relève sans doute d’un pari difficile. En raison du réel handicap que constitue en France au mieux la méfiance, au pire la défiance des milieux dits scientifiques à l’égard d’une discipline déjà ancienne et éprouvée. Jay 2 Forrester , son inventeur, fait remonter son développement à 3 la fin des années 1950, et son exposé théorique à l’article qu’il a publié dans la Harvard Business Review, et qui 4 constituera le chapitre deux de son « Industrial dynamics ». Il ne s’agit donc pas d’une innovation récente et contro-versée par sa nouveauté. A travers le monde, de nombreux travaux de dynamique des systèmes ont été développés, y compris en Europe. Mais le passage du domaine un peu austère de l’industrie (avec Industrialo Dynamics) à celui 5 des réalités urbaines, grâce à John F. Collins , produisit selon les termes mêmes de Jay Forrester, et pour la première 6 fois, des « réactions fortes et émotionnelles ». C’est à dire négatives. En effet, les réactions « académiques » par rapport à « Urban dynamics » furent loin d’être toutes favorables. Certains considérant que les conclusions de ce
1  L’un des ouvrages français sur le sujet est dû à Donnadieu (Gérard), Karsky (Michel),La systémique, penser et agir dans la complexité,Éditions Liaisons, Paris, 2002.2 Jay Wright Forrester, 1918, 2016 3  Forrester (Jay W.) Industrial Dynamics - A Major Breakthrough for Decision Makers, Harvard Business Review, 1958 4  Forrester (Jay W.)Industrial Dynamics, Waltham, MA : Pegasus Communications, 1961. 5 John Collins décida de ne pas se représenter au poste de Maire de Boston et devint Visiting Professor of Urban Affair au MIT. 6 Forrester (Jay W.),The Beginning of System Dynamics, Banquet Talkat the international meeting of the System Dynamics Society Stuttgart, GermanyJuly 13, l989
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travail étaient inacceptables. Celles-ci étaient comme on le dit aujourd’hui « disruptives », les simulations effectuées venant contredire les croyances des urbanistes. Le caractère relativement contre-intuitif des résultats avancés choquait. Comme plus tard avec les travaux menés sous l’égide du Club de Rome, la méthodologie se trouve alors tout autant contestée que les conclusions tirées des travaux de simulation.
Car, et je ne l’ai pas encore indiqué ici, la dynamique des systèmes est une approche qui consiste à simuler le fonc-tionnement dynamique, dans le temps, d’un système dont la caractéristique première est d’être complexe et doté d’un ensemble considérable de liens entre ses propres éléments et de mettre en œuvre de multiples rétroactions. La présence dans un tel système de flux et de stocks (variables d’accu-mulation) est essentielle. Parler aujourd’hui de dynamique des systèmes suppose donc de convaincre le lecteur de ces simples évidences. Complexité, rétroaction, rôle du temps sont des éléments constitutifs des systèmes écologiques, économiques et sociaux qui nous entourent. Accepter la 7 complexité du propos et en tirer des conséquences n’est pas facile, loin s’en faut, pour ceux dont l’approche est large-ment déterminée par la quasi-certitude que l’induction statistique et la loi des grands nombres offrent les meilleures garanties de prévisibilité de l’évolution d’un système. Cette réticence résulte aussi assez directement, nous y revien-8 drons, de l’importance de l’économie mathématique en France.
7 Ou de notre représentation de la réalité. Nos modèles mentaux sont bien plus complexes que ce qu’ils deviennent sous la pression des contraintes de l’analyse statistique. 8  Etner (François),Histoire du calcul économique en France, Paris, Economica, 1987
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Ces raisons expliquent en partie que la Dynamique des Systèmes soit relativement méconnue en France, voire fortement décriée. Dans ce cas, on lui fait un procès en non-scientificité au nom de l’économétrie, et elle peine donc à pénétrer les milieux chargés de travaux d’analyse, de prévision ou de prospective, et à demeurer enseignée. Une observation très partielle et qualitative me laisse à penser que la « résistance » de la dynamique des systèmes est plus forte dans des disciplines touchant au monde agricole, aqua-tique, ou dans certaines écoles d’ingénieur. Cette situation singulière – que l’on évoquera plus loin dans cet ouvrage – tranche avec celle que l’on trouve dans d’autres pays.
Mais d’autres facteurs ont joué. Au début des années 1970, on avait tendance – je pense ici au cours que 9 j’ai pu suivre à Paris-Dauphine à enseigner comme faisant 10 partie du même ensemble la théorie générale des systèmes , 11 la théorie des organisations , la dynamique des systèmes et un certain nombre d’approches rompant avec l’économie et la sociologie classiques. Cette relative confusion – conces-sion à l’hétérodoxie ou à la nouveauté de ces approches – a eu, je crois, comme conséquence idéologique de pousser à confondre l’ensemble des approches systémiques. En effet, si toutes avaient de fait tendance à s’éloigner des théories classiques de la firme et de la société, elles n’avaient en
Zylberberg (André), L’économie mathématique en France - 1870-1914, Paris, Economica, 1990 9  Paulré (Bernard),Cours Analyse des systèmesIX, Université Paris Dauphine,Paris 1971 10 Bertalanffy (Ludwig von),Théorie générale des systèmes, Vienne, 1973, 2002 11  March (James G.), Simon (Herbert A.),Organizations:, New York Wiley, 1958. 2nd ed Cyert (Richard M.), March (James G.),A Behavioral Theory of the Firm, Englewood Cliffs, NJ: Prentice-Hall, 1963. 2nd ed
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