L’architecture des arbres des régions tempérées
432 pages
Français

L’architecture des arbres des régions tempérées

-

Description

Le lecteur trouvera dans cet ouvrage hautement illustré l’ensemble des notions lui permettant d’observer l’architecture d’un arbre. On y présente quelques éléments d’histoire de l’évolution des concepts en architecture des arbres depuis leur découverte dans les années 1960 jusqu’à aujourd’hui. Les plus récentes avancées rendent maintenant disponible la séquence de développement de l’arbre, telle une carte, comme outil de diagnostic du stade de développement atteint par l’arbre, de son rapport à l’environnement et de ses potentialités de croissance à venir. Les applications sont nombreuses tant en études d’impact, en aménagement, en conservation, en foresterie et en arboriculture qu’en sciences où la séquence de développement sert de cadre de référence pour l’intégration des connaissances de disciplines diverses (physiologie, biologie du développement, biologie moléculaire, génétique, écologie, etc.) de même que pour orienter les échantillonnages.
L’architecture des arbres des régions tempérées s’adresse aux amoureux des arbres, autant chez les professionnels (arboriculteurs, élagueurs, ingénieurs forestiers, botanistes, etc.) que dans le grand public. Il intéressera tous ceux qui désirent mieux comprendre comment différentes espèces d’arbres se développent et mettent en place, chacune à sa manière, une disposition particulière des branches, c’est-à-dire leur architecture.
À la lumière de ces connaissances nouvelles, bien des pratiques actuelles, entre autres en arboriculture urbaine, devront être remises en questions.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 19 avril 2012
Nombre de lectures 60
EAN13 9782895449645
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Jeanne Millet Préaces de Roelof A.A. Oldeman et Frédéric Back
L’architecture des arbres des régions tempérées SONHISTOIRE,SESCONCEPTS,SESUSAGES
Extrait de la publication
Extrait de la publication
L’architecture des arbres des régions tempérées SONHISTOIRE,SESCONCEPTS,SESUSAGES
Extrait de la publication
CaTaLOgagE avaNT pUbLIcaTION DE BIbLIOThèqUE ET ArchIvES NaTIONaLES DU QUébEc ET BIbLIOThèqUE ET ArchIvES CaNaDa
Millet, Jeanne, 1958-
L’aRchitectuRe des aRbRes des Régions tempéRées : son histoiRe, ses concepts, ses usages
 ISBN 978-2-89544-190-8-5 2. ARbRes - MoRphologie. 1. ARbRes - Développement. I. TitRe. QK731.M54 2012 582.16
C2012-940274-5
Les dessins et les photographies de ce livre sont de Jeanne Millet, sauf mention.
© Éditions MultiMondes, 2012 ISBN 978-2-89544-190-8 (impRimé) ; 978-2-89544-442-8 (PDF) ; 978-2-89544-964-5 (EPUB) Dépôt légal – Bibliothèque et ARchives nationales du Québec, 2012 Dépôt légal – Bibliothèque et ARchives Canada, 2012
Éditions MultiMondes 930, Rue Pouliot Québec (Québec) G1V 3N9 CANADA
Téléphone : 418 651-3885 Téléphone sans fRais depuis l’AméRique du NoRd : 1 800 840-3029 Télécopie : 418 651-6822 Télécopie sans fRais depuis l’AméRique du NoRd : 1 888 303-5931 multimondes@multim.com http://www.multim.com
DISTRIBUTION AU CANADA PROLOGUE INC. 1650, boul. LionelBertrand Boisbriand (Québec) J7H 1N7 CANADA Téléphone : 450 4340306 Tél. sans frais : 1 800 3632864 Télécopie : 450 4342627 Téléc. sans frais : 1 800 3618088 prologue@prologue.ca http://www.prologue.ca
DISTRIBUTION EN FRANCE LIBRAIRIE DU QUÉBEC/DNM 30, rue GayLussac 75005 Paris, FRANCE Téléphone : 01 43 54 49 02 Télécopie : 01 43 54 39 15 direction@librairieduquebec.fr http://www.librairieduquebec.fr DISTRIBUTION EN BELGIQUE La SDL Caravelle S.A. Rue du Pré aux Oies, 303 Bruxelles, BELGIQUE Téléphone : +32 2 240.93.00 Télécopie : +32 2 216.35.98 Carl.Neirynck@SDLCaravelle.com http://www.SDLCaravelle.com/
DISTRIBUTION EN SUISSE SERVIDIS SA chemin des chalets 7 CH1279 ChavannesdeBogis, SUISSE Téléphone : (021) 803 26 26 Télécopie : (021) 803 26 29 pgavillet@servidis.ch http://www.servidis.ch
DISTRIBUTION EN NUMÉRIQUE Ce livre est aussi disponible en format numérique, entre autres, chez : Archambault (Canada) : www.archambault.ca Apple iBookstore (Canada, ÉtatsUnis et France) Blio (Canada et ÉtatsUnis) : www.blio.com Ebookizzati (Italie) : www.ebookizzati.com Edicool (France) : www.edicool.com ePagine Publications numériques (France) : www.epagine.fr Feedbooks (France) : www.feedbooks.com FQCMS (COOPSCO) (Canada) : www.coopsco.com Kobo (Canada) : www.kobobooks.com Librairie Dialogues (France) : www.librairiedialogues.fr Librairie du Centre (France) : www.librairieducentre.com Librairie Mosaïque (Canada) : www.librairiemosaique.com Livresquebecois.com (Canada) : www.livresquebecois.com RenaudBray (Canada) : www.renaudbray.com Zone coopérative de l’Université Laval (Canada) : www.zone.coop
Les Éditions MultiMondes reconnaissent l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition. Elles remercient la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) pour son aide à l’édition et à la promotion. Elles remercient également le Conseil des Arts du Canada de l’aide accordée à son programme de publication. Gouvernement du Québec – Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres – gestion SODEC. IM Pr IM É AU CA NA DA /Pr IN T ED IN CA NA DA
Extrait de la publication
Jeanne Millet Préaces de Roelof A.A. Oldeman et Frédéric Back
L’architecture des arbres des régions tempérées SONHISTOIRE,SESCONCEPTS,SESUSAGES
Extrait de la publication
PRÉFACE de Roelof A.A. Oldeman
ous tous, les passionnés des arbres, écoutez mon V conseil : lisez ce livre ! Dès mes années d’études à Wageningen en sylviculture tropicale, la partie écologique de la foresterie, j’ai commencé à me demander comment, à partir de moyennes statistiques, on pouvait se forger une image des arbres ou des forêts (« peuplements »). L’arbre « moyen » d’une certaine pinède néerlandaise, par exemple, se caractérise par une hauteur moyenne, un diamètre moyen du tronc, une largeur moyenne de la cime, une masse de bois moyen en mètres cubes et ainsi de suite. Personne n’a jamais pu me montrer un tel arbre « moyen » en forêt réelle, sur le terrain.
Cependant, de telles données dites « dures » sont à la base de la plupart des décisions de gestion et d’aménagement forestiers. Cela est dû principalement au fait que la foresterie actuelle est née, il y a environ trois siècles, autour du concept deproduction durabledebois(durable,nachhaltig, terme de Hans Carl von Carlowitz, Allemagne, dès 1713 !). Les données chiffrées se rapportaient donc – se rapportent toujours aujourd’hui – aux masses de bois « mûr pour la coupe » et leur évolution sur une « rotation » entre la plantation et la coupe finale, tenant compte de coupes intermédiaires. Même en « sylviculture d’après la nature », les arbres sont classés selon leur développement futur probable. La conformité à la courbe dite « normale » obtenue est imposée par des coupes périodiques dans ce but. Mais toujours, en fin de compte, il s’agit de mètres cubes de bois à x dollars chacun ou, dans les temps anciens, desdaalders(Néerlandais). Les études en sylviculture et en foresterie avaient donc bien un siècle et demi d’avance sur les études écologiques dites générales, le terme d’écologiene datant que de 1866 quand il fut lancé par l’Allemand Haeckel (voir aussi J.P. Deléage, 1991,Une histoire de l’écologie. Paris, Éd. La Découverte). Il ne faut donc pas s’étonner que l’écologie actuelle, comme d’ailleurs la biologie, contienne encore aujourd’hui beaucoup de notions élaborées par les forestiers
et les agriculteurs d’antan. Pourquoi, par exemple, exprimer les comptages de populations biologiques parhectare, une superficie économique pour quantifier les récoltes ? Ni la forêt, ni les arbres, ni les plantes, ni les animaux ne connaissent cette superficie anthropogène !
Après mes études aux PaysBas, je suis entré, comme botaniste, au service de l’organisme français de recherches tropicales de l’époque, l’ORSTOM, au centre de Cayenne (Guyane Française). Je suis donc de ceux – cités par Dr Millet – qui ont commencé leurs recherches sérieuses sur les arbres en forêt sempervirente humide tropicale. L’ensemble des arbres de ces forêts subit bien moins de contraintes (ou destresscomme on dit maintenant) qu’en d’autres milieux avec leurs hivers froids, leurs grandes sécheresses, ou encore leurs hivers sans soleil. Sous les Tropiques humides, l’évolution des organismes arborescents a rencontré peu de ces contraintes. Par conséquent, ces forêts sont de véritables musées ou mines de formes biologiques, y compris plusieurs qui se sont éteintes ailleurs. Millet en parle d’ailleurs dans le présent livre en citant la ramification dichotomique qui n’existe que chez deux palmiers tropicaux, quelques fougères et surtout des arbres fossiles (Modèle de Schoute).
J’ai eu le privilège de commencer avec rien. Les ordi nateurs n’existaient pas encore dans une forme acces sible à tous. Les espèces végétales de la Guyane étaient difficiles à identifier en l’absence d’une Flore avec des clefs de détermination. Mais les moyens étaient abondants et le personnel local pouvait vivre en forêt pendant des semaines ou des mois entiers. Inutile de collectionner de nombreuses mesures à défaut de moyens de calcul. Inutile de tâcher d’identifier des plantes avec certitude. Il n’y avait que deux méthodes pratiques : le dessin à l’échelle et la confection d’un herbier permettant de certifier que le dessin concernait le numéro untel dans l’herbier de Cayenne.
Pendant mes études, un stage d’un an en Côte d’Ivoire en 1963 m’a permis d’entrer en contact avec Francis Hallé.
Extrait de la publication
VII
L’ARCHITECTURE DES ARBRES DES RÉGIONS TEMPÉRÉES
Inspirés par les travaux de Corner en Malaisie, qui écrivait sur « la géométrie des arbres », nous nous sommes mis d’accord sur l’importance du concept d’architecture des arbres. Nos travaux ultérieurs, à commencer par notre livre (Hallé et Oldeman 1970), ont mené à des centaines de publications sur le sujet, rédigées par nousmêmes, nos collègues et nos étudiants. Tout cela nous a montré que, en accord avec Goethe cité par le Dr Millet, « l’étude des formes est une méthode au moins aussi universelle que celle des chiffres ». Dans la forme se joignent d’innombrables variables dans un contexte vivant qu’aucun calcul connu aujourd’hui ne saurait mettre en lumière, même avec des superordinateurs. En effet, les formules nécessaires, les « algorithmes », n’existent pas et ne peuvent peutêtre pas exister, suivant la théorie du chaos déterministe. L’étude de l’architecture du vivant est cependant bel et bien quantitative, car nos dessins sont faits à l’échelle, comme des cartes géographiques, avec des dimensions spatiales mesurées et représentées à l’échelle. Ouvrons ici une parenthèse sur les images de paysages, forêts et arbres produites par ordinateur en visualisant des formules de la mathématique des fractales. Nous y « reconnaissons » ces arbres ou paysages parce que les images sur l’écran y ressemblent. Cependant, elles ne peuvent nous aider à comprendre le contexte vivant des formes vues dans la nature. En effet, leur déterminisme est mathématique, non pas biologique. D’ailleurs, la photographie ne peut pas non plus expliquer les organismes ou écosystèmes, surtout la photographie numérique qui est la superposition sur l’image d’une grille très fine faite dedpi (dots per inch –points par pouce), laquelle ne permet aucune lecture précise des échelles (par exemple « feuilles/branches/plantes/bosquets »), échelles où, cependant, s’effectuent la régulation et la mise en œuvre de facteurs biologiques précis.
Pour la première fois dans ce sens, le travail du Dr Millet représente une vue cohérente des arbres dans une grande région tempérée couvrant pas loin du dixième du continent nordaméricain, le Québec, et située dans un ensemble géographique tempéré encore plus vaste. Je me sens très petit, natif d’une minirégion comme les PaysBas (environ 2 35 000 km ), devant ce territoire d’une ampleur géographique si formidable.
Mais l’autre aspect, trop souvent oublié, quoique souligné fortement dans l’introduction du présent ouvrage, est l’utilité directe des dessins synthétiques de l’architecture. Différant en ceci des images électroniques des fractales, les dessins du Dr Millet permettent de reconnaître tout de suite, avec une explication tout à fait simple, l’origine de la réaction
VIII
d’un arbre face au stress, humain ou autre. Mes études sur les impacts des pluies acides aux PaysBas, en Allemagne et en France, entre autres, m’ont persuadé que l’architecture d’un arbre représente un édifice résultant d’un programme physiologique et génétique précis, mais assez flexible pour pouvoir s’adapter. Ce programme est mobilisé chaque fois qu’il est nécessaire, totalement ou partiellement, à partir d’un méristème approprié. Il construit dans cet endroit précis les branches et feuilles précises dont l’arbre a besoin dans les circonstances données. Cette manière héritée de s’ajuster, voilà l’adaptation. D’ailleurs, le programme de croissance est en équilibre avec une séquence de mort et d’abscission d’axes et d’autres organes devenus superflus ou nuisibles dans le contexte de la survie.
Cette image architecturale et adaptative est congruente avec celle que nous dépeint le Dr Millet pour les arbres du Québec. Je ne connais qu’un seul autre exemple d’un tel travail. C’est celui du Dr Peter Gleissner qui, dans la Ville d’AixlaChapelle (Aachen) en Allemagne, gère les arbres de la ville, de ses parcs et allées selon des modèles architecturaux dérivés des travaux classiques des morphologistes allemands comme Rauh et Troll. La base de ces modèles repose sur le puzzle de la disposition des organes, branches, feuilles, plus que sur l’arbre entier, contrairement aux modèles de Hallé et Oldeman qui se basent sur l’analyse (breakdown) de cet arbre dans sa totalité.
N’eût été la pensée authentiquement neuve et originale de Jeanne Millet, je n’aurais pas accepté d’écrire cette préface. La raison d’être d’un professeur est d’aider des étudiants et des chercheurs à développer et à faire s’épanouir leur propre génie, et non de les modeler en professeurs de seconde génération, croyant aux paradigmes courants. Je reconnais le génie propre et authentique de Jeanne Millet dans ces pages. J’en suis profondément heureux. Je souhaite que vous, cher lecteur, le soyez comme moi ! Et… que vous utilisiez ce livre à bon escient dans la gestion des arbres, en ville et ailleurs ! Ce livre n’existe pas que pour être lu, mais aussi et surtout pour être utilisé comme outil !
Extrait de la publication
Roelof A.A. Oldeman Docteur ès Sciences Naturelles (Montpellier, France) Professeur émérite, Chaire de Sylviculture et d’Écologie forestière, Université de Wageningen (PaysBas)
PRÉFACE de Frédéric Back
’artiste interprète ce qu’il voit, mettant à l’honneur les L beautés qu’il perçoit. Il nous offre ses œuvres qui nous émeuvent. L’art engagé, tout en faisant appel à nos émotions, sollicite notre attention sur une cause. Il porte un message, par exemple l’encouragement à prendre soin des arbres et des forêts. C’est dans ce sens que j’ai fait le filmL’homme qui plantait des arbres. Ce film, réalisé en 1987, fait encore 24 ans plus tard en 2011 le tour du monde, preuve qu’il répond à un ardent besoin de l’être humain de s’entourer d’arbres mais, plus que cela, de toucher au bonheur. Ce bonheur, illustré dans le film, vient de l’élan de générosité qui n’attend pas de récompense.
Je suis heureux de constater qu’un tel élan de générosité envers les arbres a poussé Jeanne Millet à les dessiner. Je suis impressionné par la somme de connaissances révélées par le dessin de détail et les croquis d’arbres. L’analyse architecturale illustre magnifiquement bien comment l’art (connaissance appliquée) a ouvert et ouvre encore la
porte à la science (connaissance abstraite). L’art m’éveille à l’importance des arbres dans ma vie et la science oriente mes actions afin que je puisse en tirer les fruits tout en diminuant les impacts négatifs de mes gestes. Réduire les traumatismes, les infections et les dépérissements, voilà qui répond à mon désir de prendre soin des arbres.
Ce livre tout en images réalisé par Jeanne Millet démontre l’importance de suivre son cœur et d’agir selon sa conscience. Elle l’a fait contre vents et marées et le résultat est magnifique et prometteur. Il nous revient à tous de penser et d’agir en fonction de ce que nous espérons pour l’avenir, et de laisser si possible un monde plus beau, plus prometteur qu’à notre arrivée.
Extrait de la publication
Frédéric Back
Illustrateur, réalisateur de films d’animation, environnementaliste végétarien
IX
Extrait de la publication