Le génome et ses embryons

Le génome et ses embryons

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Français
80 pages

Description

Collection «  Leçons inaugurales  », Collège de France
Denis Duboule
Le génome et ses embryons
Proposition de quatrième
La compréhension des processus de développement d’un organisme vivant, de sa conception à sa naissance, a fait ces dernières années des progrès extraordinaires, notamment grâce aux outils de la génétique et de la génomique. Ces avancées ouvrent de larges perspectives scientifiques et biotechnologiques, notamment la possibilité de modifier ou de réparer les organismes, voire d’imaginer un homme futur génétiquement «  augmenté  ». Néanmoins, il convient de considérer avec humilité ces avancées scientifiques rapides qui bouleversent les paradigmes de notre connaissance du vivant et la notion même d’individu.
Denis Duboule est généticien. Actuellement directeur du laboratoire de morphogenèse moléculaire à l’université de Genève et du laboratoire de génomique du développement à l’École polytechnique fédérale de Lausanne, il travaille sur les mécanismes de régulation génétique qui interviennent dans le développement des mammifères. Il est professeur sur la chaire internationale Évolution des génomes et développement au Collège de France depuis février  2018.
 

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Date de parution 14 novembre 2018
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EAN13 9782213713984
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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© Librairie Arthème Fayard et Collège de France, 20 18. ISBN : 978-2-213-71398-4 Dépôt légal : novembre 2018. Achevé d’imprimer en octobre 2018.
Leçon inaugurale prononcée au Collège de France le jeudi 8 février 2018
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Couverture
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Chapitre 1
Table des matières
Les leçons inaugurales du Collège de France
Monsieur l’Administrateur,
Chers et chères collègues,
Chers amis, chères amies,
Tout d’abord, laissez-moi vous remercier, chère Edi th Heard, cher Alain Prochiantz, de me donner le plaisir d’être ce soir devant cet auditoire dans ce magnifique amphithéâtre Marguerite de Navarre pour vous parler d’embryons, ces créatures pleines d’avenir et de pr omesses qui remplissent m a vie professionnelle depuis maintenant quarante a ns. Mes contacts avec le Collège de France remontent à de nombreuses anné es, d’abord lorsque Jean-Pierre Changeux puis François Jacob m’avaient sollicité pour prolonger quelques-uns de leurs cours par des sémin aires. La gentillesse que ce dernier avait à mon égard, pour des raisons personnelles sans doute – car François Jacob travaillait alors dans le doma ine des cellules souches de tératocarcinome, cellules que j’avais étudiées p endant mon doctorat à Genève –, cette gentillesse me touchait et ses réflexions sur l’évolution des animaux ont en partie construit le cadre conceptuel de notre travail depuis plus de vingt-cinq ans. Ces contacts avec le Collèg e de France se poursuivirent à travers mes relations toujours enri chissantes et amicales a v e c Nicole Le Douarin, qui représenta brillamment l’embryologie expérimentale française pendant de très nombreuses années. J’aimerais donc profiter de cette occasion pour relever les co ntributions essentielles de ces collègues dans les domaines de l’évolution et d e l’embryologie, deux domaines si proches et pourtant si éloignés l’un de l’autre.
Le lien entre ces deux disciplines fondamentales de s sciences de la vie, c’est l’ADN, qui assure, d’une part, la continuité entre les espèces et, d’autre part, la stabilité du développement embryonnaire au sein de chaque espèce. Ainsi, l’étude de l’ADN, la génétique moléculaire, a permis de donner un sens nouveau aux relations entre l’ontogenèse et la phyl ogenèse et, là encore, plusieurs pionniers de cette discipline ont enseign é dans cette institution. Je mentionnerai en particulier Pierre Chambon, que j’a i eu la chance de rencontrer au début des années 1980 et à qui je dois entre autres de m’avoir appris ce qu’était la vraie recherche fondamentale et de m’avoir lancé dans cette aventure passionnante.
L’intitulé de la chaire à laquelle vous m’avez nomm é, « Évolution des génomes et développement », est à la fois scientifi quement ambitieux et socialement délicat. Certes, ces trois domaines de recherche constituent un socle solide – sur lequel se sont fondées la plupar t des sciences de la vie – e t sont vecteurs d’espoir, mais ils suscitent aussi des inquiétudes et des fantasmes, parfois légitimes. J’ai eu la chance d’aborder ce domaine d’étude a u moment même où naissait Louise Brown, le premier enfant conçu par fécondationin vitroerteen 1978, une naissance suivie de peu par la découv