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Le Muséum d'histoire naturelle

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549 pages

La vaste collection des produits de la nature, qui porte aujourd’hui le nom de Muséum d’histoire naturelle, est une des plus belles fondations du règne de Louis XIII. Mais la pensée primitive sur laquelle elle se fonde a été prodigieusement modifiée et développée pendant les deux siècles qui ont suivi l’époque de sa création. Le Jardin du Roi eut d’abord pour unique objet de compléter les moyens d’étude que présentait aux étudiants la Faculté de médecine de Paris, et on lut, pendant plus d’un siècle, sur la porte de sa principale entrée, ces mots : Jardin royal des herbes médicinales.

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Paul-Antoine Cap
Le Muséum d'histoire naturelle
A Messieurs les Professeur Administrateurs, Aides naturalistes, Préparateurs et Employés du Muséum d’Histoire naturelle dont l’obligeance extré me a rendu facile l’érection de ce monument en l’honneurdessciences naturelles, Hommage de profonde etsuicère reconnaissance, L. CURMER.
PREMIÈRE PARTIE
HISTOIRE
PREMIÈRE PÉRIODE
1635-1739
La vaste collection des produits de la nature, qui porte aujourd’hui le nom de Muséum d’histoire naturelle,est une des plus belles fondations du règne de Lou is XIII. Mais la pensée primitive sur laquelle elle se fonde a été prodigieusement modifiée et développée pendant les deux siècles qui ont suivi l ’époque de sa création. LeJardin du Roiens d’étude que présentaiteut d’abord pour unique objet de compléter les moy aux étudiants la Faculté de médecine de Paris, et o n lut, pendant plus d’un siècle, sur la porte de sa principale entrée, ces mots :Jardin royal des herbes médicinales. Lorsque le cabinet réservé dans les bâtiments « aux échantillons des drogues simples et composées » eut acquis une certaine extension, i l devint leCabinet du roi.la A botanique et à la chimie, qu’on y enseigna seules p endant trente-quatre ans, on ajouta, par la suite, une chaire d’anatomie, mais s ans y joindre un cabinet anatomique, dont la création se fit attendre près d’un siècle. Plus tard, le cabinet s’enrichit successivement de plusieurs collections de minéralo gie et de zoologie, auxquelles finit par s’ajouter la ménagerie de Versailles. Enfin, en 1792, l’établissement prit le titre de Muséum d’histoire naturelle.en Deux ans après, la nouvelle organisation fut mise vigueur, et, depuis lors, l’établissement s’est éle vé par degrés, et presque sans lacune, à ce point de richesse, d’ordre et de splen deur qui le distingue aujourd’hui. Ce sont les développements successifs de ce magnifi que répertoire des œuvres de la nature et la description de ses diverses parties qui feront l’objet de ce récit. Nous dirons les efforts qu’il a coûtés, quelles furent s es vicissitudes, quel concours de zèle, de savoir et d’intelligence a répandu la vie et la lumière sur toutes ces richesses, les a complétées à force de courage, d’études et de sacri fices ; nous dirons aussi quels hommes y ont consacré leurs talents et leurs veille s, et ont mêlé leur nom à celui du Muséum d’histoire naturelle, comme à la gloire des sciences qu’ils y ont représentées. Henri IV, sur les instances de Richer de Belleval, avait fondé, en 1596, le jardin
botanique de la Faculté de Montpellier. Quelques an nées après, on créa aussi, pour la Faculté de médecine de Paris, un jardin de plantes médicinales. Mais ce n’est point là la première origine, en France, d’une fondation de la même nature, dont le modèle existait déjà en Italie et en Allemagne. Près d’un demi-siècle avant cette époque, le naturaliste Pierre Belon, dans un ouvrage intitulé :Remontrances sur le défaut de labour et culture des plantes,sement(Paris, 1558), avait émis l’idée de l’établis  etc. d’une vaste pépinière de végétaux exotiques, qui eû t fourni des arbres et des arbustes à toutes les résidences royales. Il y engageait le collége des médecins de Paris, « tant pour leur délectation que pour l’augmentation du sa voir des doctes, à établir un jardin public où, à l’exemple de l’Italie et de l’Allemagn e, on élèverait et cultiverait diverses sortes de plantes. » Un peu plus tard, en 1577, Nic olas Houël, apothicaire de Paris, ayant fondé laMaison de la Charité Chrestienne, y avait joint unJardin des simples, « lequel estant rempli de beaux arbres fruitiers et plantes odoriférantes, rares et exquises, de diverses natures, devait apporter un g rand plaisir et une grande décoration pour la ville de Paris, etc. » Tel est d onc le premier jardin botanique qui ait été établi en France, et ce jardin fait encore part ie aujourd’hui de l’École spéciale de pharmacie de Paris. Qu’on nous permette de saisir cette occasion de rap peler ici la mémoire de l’un des hommes les plus recommandables qu’ait produit le se izième siècle, et auxquels l’humanité comme la science ont le plus de réelles obligations. Nicolas Houël, après avoir acquis dans sa profession une honorable fortu ne, voulût l’appliquer tout entière à des fondations charitables et scientifiques. Il con çut la belle pensée de fonder un établissement destiné « à nourrir certain nombre d’ enfants orphelins, nés de loyal mariage, pour y être instruits tant à servir et hon orer Dieu que ès bonnes lettres, et aussi apprendre l’art d’apothicairerie. Dans la mai son, et par le ministère de ces orphelins, devaient être fournis et administrés gra tuitement toutes sortes de médecines et remèdes convenables aux pauvres de la ville de Paris,sans que ceux-ci soient forcés de sortir de leurs maisons pour aller à l’Hôtel-Dieu. » L’établissement comprenait dès lors, 1° une chapelle, 2° l’école de s jeunes orphelins, 3° une pharmacie complète, 4° un enclos nomméJardin des simples, 5° enfin, un hôpital contigu à la maison de charité. Ainsi, l’on retrouve dans la pensée qui présida à c ette admirable fondation celle des dispensaires,épargnent au pauvre le chagrin de quitter son domicile et de qui renoncer aux soins de sa famille lorsque l’âge ou l a maladie le force à recourir aux secours publics. SonJardin des simplesinspire, soixante ans plus tard, la création du Jardin du roi, auquel il servit de modèle ; enfin, c’est à la même pensée que remonte le premier enseignement régulier de la pharmacie et la fondation de l’école, aujourd’hui la plus complète qui existe pour l’étud e de cette profession. Comprend-on que l’existence d’un tel homme soit restée dans l’o ubli, et que son nom même ait échappé à tous les biographes ? Beaucoup de noms fa meux ont-ils de meilleurs titres notre reconnaissance et à la célébrité,
Vers 1572, un prieur de Marcilly, Jacques Gohorry, possédait, dans le faubourg Saint-Marcel, un jardin dont l’emplacement est préc isément celui du labyrinthe du Muséum. C’est là que Botal (LéonBotalli), Honorat Chatelain, Jean Chapelier se réunissaient et tenaient des conférences auxquelles assistaient Jean Fernel, A. Paré, Ribit de la Rivière et plusieurs autres savants. A côté du jardin de Gohorry était celui de La Brosse, mathématicien du roi (peut-être paren t de Guy de La Brosse), « garni de plantes rares et exquises. » Dans un laboratoire vo isin, on se livrait à des opérations de chimie. C’est là qu’au retour des voyages de Bel on on répéta les expériences sur l’art de faire éclore des poulets dans des étuves. Duchesne (Quercetan) et Théodore de Mayerne devinrent un peu plus tard les oracles d e ces assemblées, préludes de celles qui eurent lieu chez Geoffroy, chez Montmort , chez Justel, chez Bourdelot, et qui furent le berceau de l’Académie des sciences. Il est très-probable que c’est là que dut éclore la première pensée de la fondation d’un jardin analogue à ceux de la Faculté de Montpe llier et de la Maison de la Charité Chrestienne. Une circonstance particulière favorisa le développement de cette idée. La mode qui, chez les personnes de la cour, s’attac hait alors aux broderies, faisait rechercher, comme de précieux modèles, les fleurs l es plus rares et les plus éclatantes. Jean Robin, grand horticulteur, qui pos sédait, à la pointe de l’île Notre-Dame, un jardin fort distingué pour l’époque, excit é par le goût qui se répandait dans le public et encouragé par Vallet, brodeur du roi, entreprit quelques voyages dans ce but, et fit venir plusieurs plantes nouvelles de l’ étranger. C’est à lui qu’avait été confiée la culture des plantes médicinales de la Faculté, a vec le titred’arboristede ou simplicistepasien Robin, son fils,roi. Nous le verrons plus tard, secondé par Ves  du prendre une part plus active à la fondation du Jard in royal. Jean Robin avait publié, dès l’année 1601, un volume in-folio, dédié à la re ine, intitulé :le Jardin du roi très-chrestien Henri IV,ce sur quelques75 planches gravées à l’eau forte et une noti  avec plantes qu’il avait rapportées d’Espagne et de Guin ée, entre autres l’Amaryllis formosissima, C’est lui qui naturalisa à Paris la Tubéreuse, qu’ il avait tirée de Provence.