Les Merveilles du monde invisible

Les Merveilles du monde invisible

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Français
352 pages

Description

Le milieu du dix-septième siècle fut une des périodes les plus glorieuses pour la pensée humaine. C’est alors que notre grand Descartes, réfugié en Hollande, publia son immortel Discours sur la méthode, qui forme, à proprement parler, la base de la philosophie moderne. A peu près à la même époque, un savant hollandais, nommé Swammerdam, formait le noble dessein d’appliquer à l’étude du monde extérieur un instrument nouveau que nous pourrions appeler le télescope des infiniment petits.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 24 mai 2016
Nombre de lectures 1
EAN13 9782346072170
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Wilfrid de Fonvielle
Les Merveilles du monde invisible
I
LE STANHOPE
Le milieu du dix-septième siècle fut une des périod es les plus glorieuses pour la pensée humaine. C’est alors que notre grand Descart es, réfugié en Hollande, publia son immortelDiscours sur la méthode,forme, à proprement parler, la base de la qui philosophie moderne. A peu près à la même époque, u n savant hollandais, nommé Swammerdam, formait le noble dessein d’appliquer à l’étude du monde extérieur un instrument nouveau que nous pourrions appeler le té lescope des infiniment petits. Swammerdam fut si vivement frappé de l’ordre et de la grandeur des harmonies qui se révélèrent à ses yeux, qu’il appelaBible de la naturele grand ouvrage qu’il rédigea, le microscope en main. C’est un nom heureusement ch oisi, car aucun livre ne met plus victorieusement en lumière la sagesse de la Pr ovidence qui a créé le monde, et qui veille sans relâche à la conservation de son œu vre. Une sorte de révélation inattendue a ajouté ses lumières à celles de la rai son naturelle. Aux yeux que nous avons reçus en naissant sont venus s’en joindre d’a utres que la science nous a donnés. Moins d’un siècle après la mort de ce grand homme l es savants matérialistes, que Frédéric le Grand avait réunis autour de lui, sont parvenus à vicier la méthode essentiellement française de Descartes. Les héritie rs de ces sophistes sont parvenus à tirer de l’emploi d’un instrument si propre à met tre en évidence la sagesse de Dieu des notions malheureusement erronées, qui, surtout il y a une vingtaine d’années, ont exercé une influence déplorable sur l’éducation de la jeunesse. L’arme de la raison et du bon sens est devenue cell e de l’erreur, du mensonge et de l’orgueil. Des sciences prétentieuses et vaines d’o rigine étrangère, ont envahi nos écoles nationales, et préparé tous nos malheurs. Il est temps de faire cesser cette invasion des bar bares de l’intelligence, et de revenir aux saines traditions qui ont fait la Franc e si glorieuse. Le microscope lui-même peut aider à guérir les bles sures intellectuelles et morales qu’il a servi à faire. Il sera une des armes les pl us précieuses de la réorganisation scientifique de la France, car nulle ne convient mi eux à notre nature gauloise, vive, impressionnable, artistique, si merveilleusement do uée, par conséquent, pour reconnaître les traces du passage de l’auteur de la nature. L’éducation qui convient à un peuple libre n’est po int celle dont une nation asservie peut faire ses régals peu chers. Comme le dit le gr and Condorcet, l’art du professeur n’est point d’enseigner le peu qu’il sait, mais d’a pprendre à ses élèves l’art d’apprendre. Aussi notre triomphe sera-t-il complet si nous déci dons ceux qui nous lisent à jeter de côté notre ouvrage et à prendre le microscope po ur s’assurer que nous ne les avons point trompés, et voir par eux-même au lieu d e nous charger de voir. pour eux.
Fig. 1. — Microscope Stanhope. 1 Microscope monté. — 2. Tube. — 3. Pièce portant le microscope. — 4. Anguillettes du vinaigre vues avec cet instrument.
L’instrument que nous les engageons à manier est un petit appareil portant le nom de lord Stanhope, grand seigneur anglais, mort à Ge nève en 1816, et qu’ils pourront acheter partout pour 1 fr. 25. Les plus utiles auxiliaires de la science microscop ique sont ces marchands errants qui suspendent quelquefois au-dessus de leur boutiq ue un tableau sur lequel on voit une goule d’eau peinte avec les animalcules qu’ils y montrent. Il n’y a rien d’exagéré dans les promesses que font ces honorables colporteurs scientifiques. La représentation donne et au delà t out ce que la parade permet d’espérer et de concevoir. J’ai été fier et heureux à la fois, quand j’ai vu q ue quelques-uns de ces professeurs errants montrent en étalage des exemplaires de monmonde invisible.suffrage Leur, éclairé m’a complètement dédommagé des persécutions et des critiques, mieux que ne l’aurait fait un rapport favorable de l’Académie des sciences. Ces microscopes à la Stanhope se composent essentie llement d’un petit prisme en verre, enchâssé dans un disque de cuivre. Le bout s ur lequel on place l’œil a été rodé dans une matrice qui lui a donné la forme d’une pet ite sphère. Sur la face opposée, qui est restée droite, on colle, à l’aide d’un peu d’eau ou même d’un peu de salive, les objets que l’on veut grossir, et on regarde par tra nsparence en se tournant du côté de la lumière. Le disque de cuivre est placé sur un tube dont l’in térieur a été noirci, précaution qui rend la vision plus facile. En sortant de la petite lentille, la lumière qui a traversé longitudinalement le prisme, change brusquement de direction. Il en résulte que les rayons venant de la face opposée s’écartent d’une m anière prodigieuse. Le grossissement ainsi obtenu est donc d’une énergie é norme, c’est comme si l’on dilatait l’objet lui-même en lui donnant des dimens ions cent fois plus grandes sans changer sa forme. Ces petits morceaux de verre se vendent à si bon ma rché, que M. Dagron, l’habile photographe qui a inventé la correspondance microsc opique par pigeons, les fabrique à la grosse. Sur, le devant il colle une petite pho tographie, aussi imperceptible que ses dépêches aériennes du siége. Le tout est renfermé d ans un petit étui en corne et porte un petit anneau, de sorte que l’on peut s’en servir comme de breloques-Si vous n’avez pas compris les explications précédentes, démontez un de ces petits instruments, qui vous coûtera vingt ou vingt-cinq centimes, vous vou s rendrez parfaitement compte du jeu du petit microscope que notre habile compatriote a si bien utilisé et par conséquent de l’instrument si simple inventé par le grand seig neur anglais.
Fig. 2. — Photographie Dagron. 1. Lunette portant la photographie microscopique. — 2. Coupe de la lunette. — 3. Partie supérieure démontée. — 4. Verre taillé, de grandeur naturelle, montrant la photographie en vraie grandeur. — 5. Image amplifiée d’un paysage.
Si j’étais maître d’école dans un village, je m’arr angerais pour avoir toujours, dans un tiroir que j’oublierais de fermer, des microscop es Stanhope, montés dans un bouchon. Je serais heureux quand il manquerait quel ques pièces, car je serais certain que mes élèves ne tarderaient pas à s’en servir en secret, croyant le faire à mon insu. J’ajouterai que cette méthode un peu lacédémonienne ne tarderait point à développer une habileté des plus remarquables, et qu’une éduca tion régulière, faite à coup de pensums, ne saurait jamais donner.