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Observations sur la matière et les corps

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25 pages

Les savans ont admis comme principes vrais : que la matière est impénétrable ; qu’elle a de l’étendue, qu’elle est inerte, et qu’elle existe en réalité à l’état isolé, sous un volume d’une extrême petitesse.

On dit qu’un espace occupé par un être de matière ou atome ne peut pas être occupé en même temps par un autre atome ou être de matière. En effet, il est impossible de concevoir une étendue quelconque de l’espace occupée d’une manière complète et exclusive, sans avoir de suite l’idée de l’impénétrabilité.

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Polydore Flahaut
Observations sur la matière et les corps
Aujourd’hui on n’accorde plus une attention sérieus e aux causes premières, non qu’on ait renié leur haute importance ; car, en déf initive, une collection de faits isolés ne constitue pas une science. Il faut de plus que c es faits forment entre eux une chaîne continue, découlent sans efforts l’un de l’a utre ; il faut qu’on puisse remonter successivement des effets aux causes pour arriver a ux causes premières, aux vérités fondamentales. Mais des débats, des discussions int erminables ont fait reconnaître sinon l’impossibilité, du moins la difficulté immen se de donner une explication vraie, infaillible, de la nature de ces causes. En effet, doués seulement d’une organisation imparfaite, n’ayant pour nous éclairer, nous condui re d’une manière un peu certaine que le concours, que l’appui de nos sens nous somme s réduits à l’observation des faits sans pouvoir atteindre aux causes qui les pro duisent. Aussi, tout en posant des principes, n’en a-t-on pour ainsi dire tenu aucun c ompte ; tous les efforts se sont portés depuis long-temps, et se portent encore, ver s l’étude des faits. On a cherché à comparer ces faits entre eux par une appréciation e xacte des circonstances qui les précèdent, les accompagnent ou les suivent, et par analogie on en a tiré de nombreuses applications, on a fait surgir une quant ité innombrable de faits nouveaux, et peut-être, après une étude si long-temps continu ée et si profonde, sera-t-il accordé enfin de parvenir, ou du moins d’entrevoir d’une ma nière un peu moins vague les causes qui les produisent. Mon intention n’est pas ici d’émettre de nouvelles propositions pour servir de principes aux faits ; j e n’ai pas plus la prétention de donner une explication plus rationnelle des causes admises comme vraies ; tout ce que j’ose solliciter pour le moment, c’est la permission de r appeler ces principes servant de base à la science et de démontrer que, dans l’étude des faits, on a procédé comme si ces principes n’existaient pas. Je me bornerai à fa ire ressortir autant qu’il me sera possible, dans un fragment de brochure, la différen ce immense qu’il y a en réalité entre les causes admises et l’explication que l’on donne des faits ; enfin je tâcherai de faire voir que, tout en admettant des principes, on n’en a fait aucune application, on n’en a tiré aucune conséquence réelle. Ainsi, sans y prendre garde, on a attribué à ces causes des effets que, dans aucun cas, jamais ces c auses ne peuvent produire. Enfin, supposant une analogie entre la matière et les corp s, on a rapporté à la matière toutes les propriétés qui se manifestent dans ce qu’on app elle les corps ; et cependant il est impossible que, d’après sa manière d’être, la matiè re puisse jamais produire un seul de ces phénomènes qui impressionnent nos organes et frappent notre imagination.