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Séismes des Antilles

De
88 pages

En 2015, 12 tremblements de terre assez forts pour être ressentis par la population ont été enregistrés en Martinique, et 17 en Guadeloupe.

L’activité sismique fait partie intégrante de l’histoire des Antilles. De plus, elles sont classées zone de risque sismique maximal. Un événement majeur à l’échelle de l’ensemble de l’arc avec une forte probabilité de tsunami n’est pas à exclure. Et dans ce cas, c’est la majorité des infrastructures qui seront détruites sur plusieurs îles en même temps, réduisant à néant les possibilités de secours locaux.

Nombreux sont les scientifiques qui pensent qu’un séisme majeur (Big One) pourrait survenir au cours des vingt prochaines années.

Même si nous avons tous plus ou moins conscience de ce risque, faisons-nous au quotidien le nécessaire pour nous en préserver ? Nos visiteurs sont-ils suffisamment formés et informés ? Savons-nous quoi faire en cas de tsunami ?

Il ne s’agit pas d’être catastrophiste mais de fournir les outils pour mieux comprendre les phénomènes en cause et mieux les appréhender. C’est pour répondre à ces questions que Scitep, éditeur ultramarin de sciences et techniques, publie le premier ouvrage grand public entièrement dédié à ces questions.

Écrit par François Beauducel, qui a dirigé sept ans l’Observatoire volcanologique et sismologique de la Guadeloupe, Séismes des Antilles associe explications scientifiques et informations pratiques tirées de l’expérience des services chargés localement de la prévention et de l’organisation des secours.

Il revient sur la formation des phénomènes sismiques dans le bassin caribéen et sur les comportements individuels et collectifs à adopter. En l’absence de méthode de prédiction, il incombe aux populations de se montrer particulièrement responsables et impliquées dans la prévention du risque.


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François Beauducel Préface de Nathalie Feuillet
Séismes des Antilles
2015
Carte des séismes historiques des Petites Antilles. Les ellipses indiquent les zones approximatives de la rupture. – © IPGP (d’après FEUILLET et al., 2011b)
En 2015, 12 tremblements de terre assez forts pour être ressentis par la population ont été enregistrés en Martinique, et 17 en Guadeloupe. L’activité sismique fait partie intégrante de l’histoire des Antilles. De plus, elles sont classées zone de risque sismique maximal. Un événement majeur à l’échelle de l’ensemble de l’arc avec une forte probabilité de tsunami n’est pas à exclure. Et dans ce cas, c’est la majorité des infrastructures qui seront détruites sur plusieurs îles en même temps, réduisant à néant les possibilités de secours locaux. Nombreux sont les scientifiques qui pensent qu’un séisme majeur (Big One) pourrait survenir au cours des vingt prochaines années. Même si nous avons tous plus ou moins conscience de ce risque, faisons-nous au quotidien le nécessaire pour nous en préserver ? Nos visiteurs sont-ils suffisamment formés et informés ? Savons-nous quoi faire en cas de tsunami ? Il ne s’agit pas d’être catastrophiste mais de fournir les outils pour mieux comprendre les phénomènes en cause et mieux les appréhender. « Séismes des Antilles » le premier ouvrage grand public entièrement dédié à ces questions. Écrit par François Beauducel, qui a dirigé sept ans l’Observatoire volcanologique et sismologique de la Guadeloupe, « Séismes des Antilles » associe explications scientifiques et informations pratiques tirées de l’expérience des services chargés localement de la prévention et de l’organisation des secours. Il revient sur la formation des phénomènes sismiques dans la Caraïbe et sur les comportements individuels et collectifs à adopter. En l’absence de méthode de prédiction, il incombe aux populations de se montrer particulièrement responsables et impliquées dans la prévention du risque.
Préface En attendant le «Big One» Quand un séisme survient La tectonique des plaques Les phénomènes en cause Le risque sismique Le risque tsunami La veille sismique Vivre en zone sismique La prévention des séismes Que faire lors d’un séisme L’organisation des secours Repères scientifiques Lexique Pour en savoir plus
e e CouveRtuRe et 3 de couveRtuRe  IPGP – 2 de couveRtuRe  Domaine public
Préface
Toute ma vie, je me souviendrai de ce 29 novembre 2007. J’étais à Fort-de-France, où je participais à une réunion sur le risque tsunami.
À 15 h 00, le sol se met à trembler si fort que nous sommes déséquilibrés. Nous nous précipitons sous les tables et, la peur au ventre, nous attendons la fin de l’interminable secousse. Pendant une minute, peut-être deux, le temps s’arrête. Puis c’est l’angoisse. Combien de morts ? Et la famille, et les amis ? La ville est-elle toujours debout ? Les quartiers les plus vulnérables de Trénelle-Citron ou de Texaco ont-ils résisté ? Autour de moi, tout s’anime et se bouscule : des cris, des gens affolés, la panique, les embouteillages, le chaos…
Ce séisme majeur a atteint la magnitude de 7,4 mais par chance, son foyer était profond. Fortement ressentie (intensité maximum de VII), la secousse n’a pas provoqué de dégâts très importants mais a malgré tout fait une victime. C’est la plaque américaine qui s’est rompue, à 150 km de profondeur sous l’arc volcanique au nord de la Martinique. Bien que de magnitude supérieure à celle du séisme d’Haïti en 2010, qui fût l’un des plus meurtriers de l’histoire avec plus de 200 000 victimes, le séisme de la Martinique n’a eu qu’un impact limité.
e Ce ne fût malheureusement pas le cas des grands événements du milieu duXIXsiècle. Le 11 janvier 1839 en Martinique, puis quatre ans plus tard, le 8 février 1843 en Guadeloupe, les villes de Fort-de-France et de Pointe-à-Pitre furent détruites et des milliers de personnes perdirent la vie. Le maire de Basse-Terre de l’époque écrivait : « Au milieu d’une matinée ravissante, une catastrophe effroyable et terrifiante par sa soudaineté et son imprévisibilité jetait le deuil et la famine dans la population : une secousse sismique d’une violence extrême couvrait la Guadeloupe de monceaux de décombres et de cadavres… ». En tuant une enfant et en provoquant d’importants dégâts, celui du 21 novembre 2004 en Guadeloupe a réveillé la mémoire collective.
Ce livre est essentiel car il nous donne les clefs pour mieux comprendre les séismes des Antilles et de la Caraïbe. Il décrit l’histoire sismique de cette région, son origine tectonique, les failles responsables des séismes et pourquoi certaines peuvent provoquer des tsunamis sur les côtes antillaises. Il nous donne aussi des notions fondamentales plus générales mais indispensables sur la magnitude, l’intensité, les ondes sismiques, leur impact sur les bâtiments vulnérables, les répliques et les lois physiques simples qui permettent de les décrypter.
Il décrit la surveillance étroite dont font l’objet les failles antillaises grâce aux observatoires français de Guadeloupe et de Martinique et l’utilité des grands programmes menés par les chercheurs pour mieux comprendre les processus à l’origine des séismes. Saviez-vous, par exemple que les coraux enregistrent dans leur squelette les séismes du passé ? L’objectif de tous ces travaux est bien d’anticiper les séismes futurs et donc de mieux contraindre les risques.
En effet, il ne faut pas se le cacher et nous le savons tous, les Antilles sont sous la menace sismique. Ce livre rappelle qu’à l’heure actuelle, nous ne pouvons toujours pas prévoir les séismes et que la meilleure façon de nous protéger est de construire aux normes parasismiques.
Nathalie Feuillet Institut de physique du globe de Paris
©IPGP
Les Saintes et Basse-Terre en Guadeloupe, théâtre du séisme destructeur du 21 novembre 2004. – © IPGP
En attendant le «Big One»
Les mégaséismes d’Indonésie puis du Japon – Sumatra, le 26 décembre 2004, et Tohoku (« Fukushima ») le 11 mars 2011 – tous deux de magnitude supérieure à 9, ont surpris la communauté scientifique par leur ampleur inhabituelle. On n’avait rien observé de tel depuis un demi-siècle, et surtout, on ne pensait pas qu’une faille – l’interface entre les plaques tectoniques – pouvait se rompre sur plus de 500 km de long en quelques dizaines de secondes, les bords de la fracture se déplaçant de 20 à 30 mètres par endroits. C’est cette énergie incroyable qui a entraîné tant de dégâts et causé les tsunamis destructeurs.
Mais pour la première fois, ces phénomènes majeurs ont pu être mesurés et étudiés par des milliers de capteurs installés de par le monde, ce qui a permis de développer de nouveaux modèles sismiques et tectoniques. L’une des questions fondamentales posées par ces observations est : n’avons-nous pas sous-estimé le risque sismique dans les zones de subduction ?
Même si des avancées considérables ont été réalisées ces dernières décennies, le risque sismique aux Antilles est encore mal connu. En effet, son estimation repose sur la connaissance complète des structures tectoniques sismogènes et leur comportement mécanique au cours des siècles passés jusqu’à aujourd’hui.
Or, si cette question scientifique est fondamentale, elle est à ce jour loin d’être résolue.
Contrairement aux phénomènes volcaniques, qui sont presque toujours précédés de signes précurseurs permettant, lorsqu’une surveillance permanente est pratiquée, de prévenir les populations exposées et de les faire évacuer de la zone dangereuse, les tremblements de terre surviennent brutalement et sans signe avant-coureur. Si c’était le cas, une alerte pourrait être lancée avant chaque séisme potentiellement destructeur pour mettre la population en sécurité