//img.uscri.be/pth/34706d3901b1e5e6460a4993186f2ea0ed46835b
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : MOBI - EPUB

sans DRM

Tu te lèves et tu décides !

De
144 pages

Véritable outil dédié aux entrepreneurs qui souhaitent construire une entreprise pérenne et acquérir l’attitude et l’état d’esprit nécessaires pour devenir dirigeant créatif et performant, ce guide leur propose des astuces, des conseils, beaucoup de bon sens, des témoignages et souligne surtout des évidences trop souvent oubliées.


Voir plus Voir moins
2866couverture.jpg

 

Pascale Joly

Tu te lèves et tu décides !
Mais tu peux aussi décider de ne rien changer, c'est ton choix...

Préface de Julien Leclercq

2015

www.editions-pantheon.fr

FacebookTwitterLinkedin

 

« Le progrès est impossible sans changement, et ceux qui ne peuvent pas changer leurs esprits ne peuvent rien changer. »

George Bernard Shaw

 

À Alain, l’homme de ma vie…

 

Préface

C’est sans surprise lors d’une réunion d’entrepreneurs que j’ai rencontré Pascale pour la première fois. Nous étions dans les magnifiques locaux des Échos, confinés à l’intérieur d’une salle où une centaine de créateurs d’entreprises étaient venus chercher optimisme et enthousiasme. Deux mots indispensables lorsque l’on se lance dans cette aventure si prenante, deux mots chers à celle qui est désormais coach d’affaires, et dont l’on devine rapidement qu’elle possède une énergie peu commune.

« Tu te lèves et tu décides », une formule claire, directe, qui ne laisse que peu de place à la tergiversation. Ça tombe bien, tergiverser, c’est un luxe que ne peuvent s’offrir les patrons. Une formule directe, donc, et qui sied pleinement à la personnalité de son auteure. Comme vous dans quelques heures (si, si, c’est très facile à lire !), j’ai vite compris d’où ce petit bout de femme puisait son étonnante force de caractère, ses convictions profondes.

Elle ne dit pas tout, j’imagine, mais suffisamment pour nous emmener dans son univers, ses succès, et surtout ses échecs. Échec, un terme que la France n’accepte pas malgré de beaux discours sur la seconde chance. Comme l’écrit Pascale « annoncer lors d’un dîner mondain que son fils vient d’emménager à Fleury Mérogis doit générer à peu près le même effet que si l’on avoue avoir déposé le bilan ». Pourtant, comme les Anglo-Saxons l’ont compris depuis longtemps, ce sont ces échecs qui nous construisent et nous rendent meilleurs. Ce sont eux qui ont permis à l’autodidacte dont vous vous apprêtez à découvrir la prose de devenir coach d’affaires.

Ce livre n’est pas qu’une découverte du coaching. Au moment où j’écris ces lignes, la formule « leçons de vie » me vient à l’esprit. Je ne sais pas si elle est appropriée, toujours est-il que c’est au moins le fruit des leçons que Pascale a tiré de la sienne, et notamment de sa vie de chef d’entreprise.

Des astuces, des conseils, beaucoup de bon sens, évidemment une méthode, qu’elle applique auprès de ceux qu’elle accompagne dans son métier. Pour ma part, j’y ai surtout retenu des évidences que j’avais besoin de relire ou réentendre. Des évidences que l’on oublie trop souvent lorsque l’on pilote sa boîte. Pas par bêtise, mais parce que conduire une PME nous laisse trop rarement le temps de prendre le recul pourtant indispensable à la réussite de notre activité.

Lorsque l’on me demande la principale qualité pour être un bon dirigeant, je ne choisis pas une qualité technique. Certes, il faut être bon sur le fond de son métier, comme il faut exceller dans le domaine commercial, maîtriser les rouages de la communication, briller en droit fiscal, encore plus en droit social (plus que jamais !) et être un manager hors pair. Oui, pour être un bon entrepreneur il faut être bon en tout. Malheureusement – ou pas, ­d’ailleurs – c’est impossible. C’est pourquoi je suis convaincu que la première qualité que doit avoir un bon patron c’est de savoir se remettre en question. Réussir à prendre de la hauteur pour reconnaître ses limites, ses domaines d’ignorance et agir en conséquence.

Bien sûr, il faut aussi d’innombrables qualités humaines. Dix-huit mois passés à vivre mon aventure autour de Salaud de Patron m’ont amené à rencontrer près de trois mille chefs d’entreprise. Des dirigeants de TPE, de PME, d’ETI, et quelques-uns du CAC 40 aussi. Les discours et les postures changent, les motivations quasiment jamais. Passion, optimisme, abnégation, don de soi… sont les moteurs qui font vivre toute âme d’entrepreneur.

Ces valeurs, Pascale nous les fait vivre avec son expérience unique, au sens propre du terme, et ses mots à elle. Lire ces pages m’a fait du bien, ne serait-ce que pour les questions qu’elles soulèvent et que j’oublie de me poser au quotidien lorsque je dirige ma PME de quarante-huit salariés. Ces phrases-clés, celles qui m’ont particulièrement marqué, je les ai copiées sur mon petit (Philippe Bloch me pardonnera, il est vraiment petit) Moleskine noir qui ne me quitte jamais.

Et, dès demain, je vais me lever et décider de les appliquer. Pour le bien de mes collaborateurs, pour le bien de mon entreprise. Non sans avoir trempé quelques tartines de roquefort dans un bon chocolat chaud, préambule incontournable avant d’affronter Urssaf, banquiers, inspecteurs, contrôleurs… Ça, c’est pour mon bien à moi !

Julien Leclercq www.salauddepatron.fr

 

Avant-propos

TU TE LÈVES ET TU DÉCIDES ! Tel est le credo qui m’accompagne depuis toujours pour contourner ou surmonter les innombrables chausse-trappes rencontrées tout au long de mon existence. Et vous savez quoi ? Ça marche !

Attention, je ne prétends pas être Wonder Woman… Si je parviens le plus souvent à appliquer avec lucidité ce précepte de vie, il m’est arrivé à plusieurs reprises de viser totalement à côté. Ce que je souhaite partager avec vous est donc avant tout ma capacité de rebond face à un destin fait de bonheurs et de succès, mais aussi d’échecs et d’impitoyables coups du sort. Pourquoi ce livre ? Parce que lorsque l’on a vécu comme moi une enfance avec un père inexistant et une mère si peu présente car tellement absorbée par ses activités professionnelles, que l’on a dû affronter deux faillites, que l’on a cru voir sa dernière heure arrivée face à un fusil pointé sur sa tempe par son propre époux, que l’on a perdu sa maison patiemment payée depuis plus de 20 ans, que l’on a veillé son fils entre la vie et la mort suite à un grave accident de moto… Et que l’on s’est chaque fois remis debout pour aller de l’avant, alors on a forcément un témoignage à transmettre.

C’est en tout cas la demande qui m’est sans cesse formulée depuis près de dix ans. « Pascale, mais comment fais-tu pour encaisser tout cela sans jamais perdre le sourire ? », s’interrogent les gens que je croise et qui sont pourtant loin de connaître tous les méandres de mon itinéraire. « Tu te lèves et tu décides ! », ai-je pris l’habitude de leur répondre de manière schématique. Si vous vous remettez tout de suite debout à chaque fois que vous avez un genou à terre et que vous décidez par vous-même de la direction à prendre, alors tout redevient possible. Parce que j’en suis la preuve vivante, j’ai décidé de le raconter dans ce livre en résistant à toute tentation d’embellir la réalité. L’éminent psychanalyste Boris Cyrulnik a théorisé avec brio le phénomène psychologique de résilience. À mon tour d’y ­apporter ma modeste contribution en expliquant comment je le mets en pratique depuis ma naissance sans même en avoir conscience.

Garanti 100 % sincère et sans concession envers moi-même, ce récit autobiographique constitue la deuxième partie de mon ardent plaidoyer en faveur du « Tu te lèves et tu décides ! » Vous y découvrirez comment mon aventure entrepreneuriale « malheureuse » à la tête d’Eurodis Flowers et Horti Flowers s’est finalement avérée la plus belle de mes périodes d’apprentissage.

Mais avant cela, je souhaite surtout vous démontrer à quel point la mise en application de ces six mots suffit bien souvent à contrer la totalité des pensées négatives qui habitent un jour ou l’autre tout individu.

En tant que Coach d’affaires depuis 2007, j’aide mes clients à en prendre conscience au quotidien et c’est ce même message que je veux faire passer à travers ce livre. En complément de la méthode qui permet à chaque personne qui le souhaite de « construire une entreprise pérenne et d’acquérir l’attitude et l’état d’esprit nécessaires pour devenir un chef d’entreprise » sur laquelle est basée mon activité, je ne manque jamais une occasion d’insuffler ce souffle d’énergie positive à mes clients. Je n’ai aucune visibilité sur mon business… Mes commerciaux ne font pas leur chiffre… Je ne sais pas comment me dépêtrer de ce nouveau concurrent… Je n’y arriverai jamais… Mes ­collaborateurs n’en font qu’à leur tête… Je suis débordé de travail et je ne m’en sors plus… Depuis que je suis à la tête de cette boîte, je ne vois plus mes enfants… Je n’ai même plus le temps de rêver… Etc.

Face à tous ces moments de découragement tout à fait légitimes, une réponse s’impose : TU TE LÈVES ET TU DÉCIDES ! Ces affirmations et bien d’autres générant de l’anxiété chez la plupart d’entre vous, je vous propose donc de découvrir dès à présent comment ce commandement s’applique à merveille au contexte de l’entreprenariat (mais aussi à la vie en général…)

 

Avertissement au lecteur

Cette Pascale Joly et ses deux faillites au compteur, pour qui se prend-elle à nous faire ainsi la leçon ? À la lecture de ce qui suit, il n’est pas impossible qu’une telle réflexion vienne à l’esprit de certains entrepreneurs. En effet, dès lors qu’il s’agit de dépeindre les travers de nombre de dirigeants d’entreprise, je me montre sans concession. Comme on dit parfois, cela pique un peu les yeux ! Et il est tout aussi exact que j’assène ensuite mes bonnes pratiques sans prendre de gants. À l’instar de mon approche en séance de coaching individuelle, c’est le ton que j’ai choisi d’adopter pour l’écriture de Tu te lèves et tu décides !

Mais je précise que c’est justement parce que je suis passé par là avant vous que j’estime pouvoir me permettre cette bienveillante franchise. En dépit de mon positivisme naturel à toute épreuve, les treize situations de « rupture » évoquées ici, je les ai toutes plus ou moins vécues. Les erreurs que je pointe, j’en ai commis au moins la moitié. À l’arrivée, mon « échec » comme diraient certains ou mon expérience professionnelle comme je le dis est là pour en témoigner, d’ailleurs…

Sauf qu’à la différence de mes coachés et de ceux qui ont ce livre entre les mains, je n’ai jamais bénéficié du moindre accompagnement à la direction d’entreprise. Par malchance ? Par totale ignorance de ce qu’était le coaching ? Par manque d’ouverture aux conseils des autres ? Il est trop tard pour réécrire l’histoire et cela n’a plus aucune ­importance. Je sais juste que tout ce que j’ai appris en devenant coach d’affaires m’aurait été extraordinairement utile au moment où mes affaires prenaient un mauvais tournant voire bien avant !

J’en suis convaincue, chacun a en lui les ressources nécessaires pour se lever et décider de réussir. Pour autant, personne ne sait d’instinct comment franchir ou contourner la totalité des obstacles qui se dressent sur son chemin. Adopter le bon état d’esprit et le mettre au service de l’efficacité professionnelle : tel est le couple gagnant que je vais à présent tenter de mettre en lumière pour chacune des situations auxquelles tout chef d’entreprise risque d’être un jour ou l’autre confronté.

Illustration

Je suis débordé de tous les côtés, je ne m’en sors plus

Situation n° 1

Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi d’évoquer cette situation en préambule. Car il n’y a pas plus classique que ­l’entrepreneur se sentant submergé par l’ampleur de sa tâche au point de ne plus tout à fait savoir où il habite. Cette surcharge de travail n’a rien d’un cliché, d’ailleurs. Dans la mesure où il est exact que diriger une entreprise est très chronophage, certains patrons ont de quoi se sentir au bord du gouffre, faute de parvenir à maîtriser leur agenda.

Un problème inhérent à la fonction de chef d’orchestre ? On n’exige pas du chef d’orchestre qu’il joue de chaque instrument à la place de ses musiciens. Donc, laissez de côté pour l’instant la question du refus de déléguer que nous approfondirons dans la situation n° 8. Un déficit d’organisation ? Si seulement il était aussi facile d’élucider les causes d’un emploi du temps victime d’inflation. Il peut certes être pertinent de travailler ce domaine pour lequel la perfection n’existe pas. Reste que la plupart des chefs d’entreprise sont d’anciens cadres habitués à devoir s’organiser en toute autonomie et ils s’en tirent souvent mieux que la moyenne.

Ce qui ne signifie pas pour autant que leurs malheurs ne leur sont en rien imputables… Pour bien faire comprendre à mes coachés que ce qui leur arrive n’est pas une fatalité, voici en résumé le type de dialogue que j’ai pris l’habitude d’entamer avec eux lorsqu’ils m’expliquent que la coupe est pleine et qu’elle a même commencé à déborder. Si, comme la majorité d’entre eux, vous vous demandez où je veux en venir, je vous invite à lire/écouter le dialogue suivant :

– Que voulez-vous faire avec votre entreprise, précisément ? Où souhaitez-vous l’emmener ?

Comment ça !? Je ne sais pas trop jusqu’où elle ira, mais je sais en tout cas que je veux en faire une entreprise qui se développe. Si les clients sont au rendez-vous !

– Quelle est la raison pour laquelle vous voulez la voir se développer ?

Pour gagner de l’argent, pardi. Sans cela, je ne me serais pas embêté à quitter mon job de salarié pour monter ma boîte.

– Je vous crois sur parole. Mais au fait, quelle est la raison pour laquelle vous avez créé cette boîte ?

Pour être indépendant (ou alternativement pour être maître de mon destin, pour mieux gagner ma vie, pour avoir une activité plus stimulante, etc.) ?

– Que la discussion dure quelques secondes ou s’éternise pendant une heure, elle débouche presque invariablement sur le constat suivant : neuf entrepreneurs sur dix n’ont aucune vision claire de leur entreprise dans trois, cinq ou 10 ans. Et pour certains d’entre eux, le brouillard le plus total fait même son apparition au-delà de quelques mois… Même lorsqu’ils sont au clair sur leurs motivations, voire sur leur stratégie commerciale ou industrielle, ils ont juste oublié de réfléchir à la finalité de l’extraordinaire aventure dans laquelle ils se sont engagés.

Étant entendu qu’un « je veux y arriver », un « je veux grandir », un « je veux faire du chiffre » un « je veux me développer » n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler une vision, il n’y a rien d’étonnant à voir un dirigeant sans vision crouler sous le boulot.

Imaginez un instant que l’on vous mette entre les mains un voilier arrimé au port et que l’on vous exhorte à naviguer au plus vite, mais sans vous communiquer de destination précise. Même si le vent vous emporte vers le large, la traversée de l’Atlantique a peu de chances de s’effectuer sans encombre, faute de préparation digne de ce nom. C’est un peu ça, un chef d’entreprise sans vision. Voguant au hasard, il se prend chaque bourrasque en pleine face et se retrouve très vite dépassé par les événements. Y compris celui qui a des compétences de skipper, d’ailleurs. Alors que la personne qui sait qu’elle veut traverser l’Atlantique, qui a estimé combien de temps elle devait mettre pour effectuer son périple, qui a étudié ses cartes maritimes pour décider de la voie idéale tout en se préparant à l’idée d’être dérouté, qui a réfléchi à toutes les galères possibles et aux moyens de les ­affronter…

Celle-là sera certes très occupée, voire débordée par moments, mais elle s’en sortira toujours. Ajoutons qu’un capitaine sans cap précis ne peut attendre de ses ­équipiers qu’ils le ­définissent à sa place. Or, il en va de même dans le business. Si vous ignorez où vous allez, comment ­pouvez-vous espérer un seul instant que vos ­collaborateurs en aient la moindre idée ? Dans de telles circonstances, deux cas de figure sont susceptibles de se présenter. À ­l’instar de certaines administrations, le risque est grand que ­s’installe une ambiance délétère où ceux qui arrivent en retard croisent ceux qui partent en avance.

Mais dans les jeunes entreprises en phase de lancement, il arrive aussi très souvent que la motivation générale soit à son comble avec une envie sincère de casser la baraque. Hélas, le résultat ne sera pas davantage au rendez-vous. Tel un groupe de Shadocks, chacun pompe dans tous les sens jusqu’à l’épuisement avec un Shadock en chef s’approchant chaque jour un peu plus du burn-out.

Bref, si voulez vraiment arriver à bon port sans y laisser votre santé et votre moral, il est grand temps de définir quel est ce port et où il se trouve. Puisque nous naviguons dans la métaphore maritime avec bonheur, restons-y encore quelques instants. C’est décidé, vous ambitionnez de traverser le Pacifique en partant de Lima au Pérou pour atteindre Brisbane en Australie ? Magnifique objectif.

Maintenant, à vous de définir quel type de bateau convient à ce périple, quel niveau de compétences vous devez acquérir pour éviter de couler à la première brise, combien de temps vous devez prévoir avec ou sans vent et avec ou sans tempête, à quel type d’entraînement vous devez vous astreindre avant de quitter le port pour de bon, de combien d’équipiers avec quelles compétences vous avez besoin, etc. Penser à tout dans les moindres détails ne vous dispensera pas de devoir parfois enchaîner les actions avec la sensation d’être au four et au moulin. Mais pas de façon chronique. Vous aurez également beaucoup de temps pour vous poser afin de préparer sereinement la suite du voyage.

Alors que c’est également leur vie qu’ils mettent en jeu d’une certaine manière, nombre d’entrepreneurs n’ont par exemple jamais réfléchi plus de 3 minutes 20 au capital dont ils auront besoin au final pour mener leur projet initial à son terme. Ou alors, ils ont vite évacué cette question éminemment stratégique en sortant un chiffre au doigt mouillé qu’ils se sont empressés de coller dans un business plan totalement factice. Je ne le sais que trop bien, puisque je fus moi-même dans ce cas il y a quelques années. Avec un tel degré d’impréparation et de vision, il ne faut pas s’étonner de voir certains marins d’eau douce quitter le port de Lima seul à bord de leur Zodiac avec des réserves de nourriture pour trois jours. Et vogue la galère !

Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a aucun jugement de valeur de ma part dans ce qui constitue ou non une vision digne de ce nom. Le Pacifique d’est en ouest ou la remontée du canal du Midi, les deux expéditions se valent dès lors qu’elles correspondent à un projet clairement défini et préparé en conséquence. Mais c’est là l’erreur de beaucoup trop de dirigeants. Parce qu’ils n’ont pas la prétention de devenir le prochain Danone ou L’Oréal, ils estiment à tort pouvoir improviser en cours de route. Faux. En dépit d’un emploi du temps qu’on imagine à peine, Emmanuel Faber et Jean-Paul Agon, P.D.G. respectifs de ces deux immenses paquebots, se sentent certainement moins débordés que la plupart des petits patrons.

— Tu fais quoi maintenant pour toi-même ? ­—