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13

De
136 pages

Un jeune homme, Mickaël, a été interpelé pour avoir pris contact avec des djihadistes sur Télégram.

« Pourquoi ? » lui a demandé le substitut. « Parce que je voulais comprendre leurs motivations ! » a-t-il répondu. « Vu les morts et les victimes des attentats de Paris, il y a des sujets sur lesquels on ne plaisante pas », a repris le substitut.

Mais lequel d'entre nous ne s'est pas posé la question de Mickaël ?



Cette fiction, inspirée des attentats de Paris, tente d'y répondre et propose une lecture de ce qui peut se passer dans la tête d'un jeune tenté par le djihad de Daesch, un récit pour mieux cerner l'impossible choix de cette révolte, fut-elle mortifère, contre notre société.


Résumé : Un groupe d'amis d'enfance programme des attentats, tous décidés au martyr, sauf un, le narrateur qui, au dernier moment, renonce. Or, après les attentats, tous ses camarades sont morts, lui se cache. La police le recherche : doit-il se rendre ou se fier à ses anciens complices pour se sauver ?


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-01139-1

 

© Edilivre, 2017

I

Maman est descendue ce matin. Je n’avais pas beaucoup dormi cette nuit et elle m’a réveillé, elle était assise près de moi, je sentais son odeur, sa poitrine contre ma tête qu’elle avait prise dans ses bras. Je n’ai pas bougé, c’était la première fois. Ou du moins c’est l’impression que j’avais eue alors. A quand remontait la dernière fois qu’elle m’avait pris dans ses bras ? Elle avait cessé de le faire, voilà longtemps. Elle ne nous câlinait plus « Tu es grand, maintenant » disait-elle quand on rentrait de l’école et qu’on demandait une caresse. Et avant, c’était peut-être arrivé mais je ne m’en souviens pas.

C’est tellement doux et incongru à la fois que je n’ose pas bouger, je n’aurais jamais cru partager un jour, avec elle, un moment aussi intense…

J’ai, en même temps honte, je suis comme un enfant, rassuré, elle me protège, je suis à nouveau son petit garçon.

« Que Dieu soit remercié, mon fils, que Dieu Miséricordieux, soit remercié ! Allah est grand ! Il m’a rendu mon fils ! » Elle psalmodie en me berçant. Je pleure.

C’est la première fois depuis la nuit de cauchemar d’il y a trois jours. Alors, Je m’assois sur le matelas et je me laisse aller contre elle, je me blottis.

Elle m’étreint et nous pleurons ensemble. Je crois bien que je sanglote, comme lorsque j’étais tombé du mur. J’avais douze ans.

Jawad nous avait demandé à Walid et à moi de l’accompagner.

Il voulait se venger de la voisine, se venger de son mépris, de ses insultes « sales petits arabes » ! avait crié Madame Van Becken, brandissant son parapluie contre nous.

« Ma parole ! On va lui faire avaler ses insultes ! » C’est ce qu’avait dit Jawad.

On avait repéré que les jours de marché, elle sortait sans ses bijoux, ceux qu’on lui voyait le dimanche, alors on avait décidé d’aller ouvrir ses tiroirs, dès fois qu’il y ait eu de l’argent avec ! Il suffisait d’attendre qu’elle sorte, mais – et là, c’était un problème – il fallait franchir le mur du jardin. Pour finir, c’est moi et Walid qui nous y étions collés – Jawad trouvait le mur trop haut.

Walid et moi, une fois le mur franchi, sans Jawad, on s’était glissé, sur ses ordres, par les fenêtres des toilettes. Les bijoux, on les avait trouvés très vite et comme on ne se sentait pas à l’aise, très vite aussi, on les avait enfournés dans nos poches. En vrac. Et en essayant de repasser le mur, non seulement, j’en avais perdu mais en plus, j’étais tombé (la cheville tordue !) côté Van Becken, autant dire du côté de l’ennemi !

J’avais mal aux genoux, à la tête et en découvrant la frayeur dans le regard de Walid, j’avais posé la main sur mon front et compris, en la voyant pleine de sang que j’en avais plein le visage. J’avais éclaté en sanglot. Jawad, de l’autre côté du mur, avait déguerpi.

La voisine nous avait trouvés sur le trottoir au pied de ses fenêtres, saccagées, les pots de fleurs par terre, l’une des vitres, brisée. Elle avait levé son parapluie sur nous et Walid le lui avait arraché pour se défendre des coups et les lui rendre, mais elle s’était mise à gueuler et ça avait été pire. Les voisins avaient accouru. Tout le monde s’y était mis. Sa vieille peau avait éclaté sous les coups de parapluie et par endroit, elle saignait, une gloire dont elle s’était drapée. Notre réaction de défense était soluble dans ses plaies : on était vraiment de « sales petits arabes ». Pour finir, elle avait porté plainte.

Bilan : ma mère s’était engueulée avec la Van Becken, Walid avait perdu sa réputation de brave garçon, et Jawad avait forgé la sienne, celle d’un lâche, juste capable de nous monter contre la voisine mais de se planquer au moment de l’action.

J’aurais dû m’en rappeler !

Moi, j’avais tout perdu : j’étais blessé et mon père m’avait foutu une baffe le lendemain. Une baffe qui avait mis ma mère en colère, en colère contre lui. Et là, je me souviens, elle m’avait serré contre elle de la même façon. De la même façon sauf que, maintenant, Walid était mort et les autres aussi.

Je suis dans la cave de la maison,

Jusqu’à quand ?

II

Karim est sorti sur le pas de la porte, il a répondu aux journalistes. Il maintenait fermée la porte derrière lui, de peur que les appareils photos et les caméras ne surprennent quelque chose de moi.

Karim, l’aîné, qui m’a toujours détesté et me donnait des coups quand nous étions enfants pour me le faire savoir, et bien même Karim a menti. J’entendais la colère dans sa voix mais il obéissait à la mère, à la loi de la famille : si les flics cherchent l’un d’entre nous, les autres ne le donnent pas. Il s’était copieusement engueulé avec la mère avant, et toute la nuit depuis que j’étais rentré vers huit heures du matin, ils s’étaient disputés tous les deux, Karim ne voulait pas que je reste, il voulait que je foute le camp ! Ils avaient appris, c’était les voisins qui étaient tout de suite venus leur apporter la nouvelle : j’étais recherché, ils avaient entendu mon nom à la radio, vu mon visage sur les télés françaises.

Hamza m’avait déposé devant la maison, j’avais gardé ma clé. Je revoyais le moment où j’avais ouvert la porte, Maman dans la cuisine. Elle avait alors hurlé, pleuré et ça avait réveillé Karim qui m’avait insulté et baffé. Mais la mère s’était révoltée, elle avait fait face à Karim, et elle avait eu gain de cause : « C’est mon fils ! Et personne ne me l’enlèvera, personne ne me l’enlèvera ! Il y en a déjà un qui est parti, alors celui-là, je le garde ! Dieu le veut ! Tu comprends Karim ? Non, tu ne peux pas comprendre – elle hurlait comme un animal – tu ne peux pas comprendre ce qu’il y a dans le cœur d’une mère ! C’est mon fils, Allah me l’a rendu, celui-là ! Personne n’a le droit de me le reprendre ! Ni toi, ni les autres ! Quoiqu’il ait fait, Dieu me l’a rendu ! »

De guerre lasse et pour ne plus l’entendre gueuler, Karim avait renoncé. Il nous avait poussé tous les deux dans la cuisine et sur les ordres de la mère, il avait balancé un matelas et des couvertures dans la cave. Elle était descendue avec moi et je m’étais endormi contre elle, assise sur le matelas près de moi.

Au matin, quand les journalistes avaient afflué et entouré la maison, que les caméras du monde entier s’étaient braquées sur notre porte, Karim, la mort dans l’âme, mais surtout avec la rage, il était sorti pour dire comme ça qu’il n’avait pas de nouvelles, qu’il fallait qu’ils partent tous !

Rien d’autre ne pouvait sortir de sa gorge nouée par la rage, il ne pouvait pas dire : il est là ce petit connard et elle le protège comme elle l’a toujours fait, contre les autres !

Elle est derrière la porte, la mère, elle guette le moindre mot, le moindre écart. Karim parle sous sa surveillance, les journalistes insistent : « Mais il a quitté Paris après les attentats et les amis qui sont venus le chercher sur sa demande, affirment qu’ils l’ont laissé à Bruxelles… » Il les regarde tous sans desserrer les dents, le silence c’est pire que le mensonge, ça ressemble à un aveu, alors Karim reprend les mots de la mère : « Vous savez, nouvelles ou pas, c’est son fils à la mère ! C’est une mère, il faut la comprendre ! Il reste son fils et elle, sa mère. Vous comprenez ? Alors partez maintenant, il n’y a rien à ajouter ! »

La porte de l’entrée a claqué, Karim a refermé la porte et il a jeté un regard à la mère, comme pour lui dire : « ça y est, j’ai fait ce que tu demandais ! « Et maintenant, a-t-il crié, ne me demande plus rien pour ce petit con ! » Et il est parti dans l’épicerie qui jouxte la maison mais qui était fermée, non pas parce que Walid était mort… ça faisait plusieurs semaines déjà. Une fermeture administrative qui avait anticipé celle-ci, définitive. Les clients comprendraient…

Karim avait claqué la porte. La mère se tenait sur une chaise de la cuisine, j’ai glissé à ses pieds et elle a posé ses mains sur mes cheveux, comme lorsque j’étais tout enfant. Deux jours maintenant, deux jours que je suis descendu comme un somnambule dans cette cave, depuis deux jours, je dors le jour, je dors pas la nuit, je sais plus où j’en suis, je sais que je n’ pourrais pas rester là le reste de ma vie mais pour l’instant, je n’ai pas d’idée, la tête vide, juste la poitrine de Maman, ses bras pour m’envelopper, le pain qu’elle m’apporte…

Elle me tend un café, elle a pensé à y mettre du lait. Je colle mes mains sur la tasse : il a fait froid cette nuit, dans la cave. « Tu veux monter un peu, tu veux voir la télé ? » me demande-t-elle. Je secoue la tête, c’n’est pas Disney, Maman, j’ai pas besoin de voir le film, je le connais par cœur !

Je secoue la tête mais je peux pas parler ; le film, je le vois trop, il repasse sans cesse dans ma tête et j’arrive pas à le mettre sur pause.

III

Je déconnais trop à l’époque ! ç’avait commencé par l’école, je foutais rien. Pour moi aller en classe, c’était voir les copains, rigoler avec eux des profs et mater les meufs, et puis un jour, j’avais fait un doigt d’honneur à ce couillon de Van Houten, c’est comme ça qu’on l’appelait le prof d’Histoire-géo, un black. Du Congo qu’il était et il prétendait nous apprendre « le monde » ! Tu parles ! J’ai jamais rien appris, j’savais même pas que la Syrie existait ! Et puis un jour, je me suis battu et les parents de l’autre ont porté plainte et j’ai été foutu dehors parce que j’étais monté sur le toit du gymnase pour échapper aux flics qu’étaient venus me chercher, ouais, j’avais refusé de sortir de la classe et après avoir cassé la gueule à Nicolas, j’avais menacé le prof, les surveillants qui étaient venus me chercher et même le Directeur ! Tous, je les avais insultés « Allez-vous faire foutre, bande d’enculés ! » Et puis comme ce n’était pas assez, qu’j’aurais voulu les voir disparaître, j’ai ajouté : « Je vous tuerai tous ! » ça ne les avait pas trop étonné, on m’a toujours appelé le Français ici, à Molenbeek.

Parce que j’étais né à Argenteuil dans le Val d’Oise, j’avais un passeport français. J’étais Français, oui et j’avais des cousins là-bas à Paris, chez qui j’allais passer mes vacances. Et même qu’on disait que j’étais un voyou parce que j’étais Français, même mon père, il m’appelait « le Français » pour me faire enrager et prendre ses distances avec un fils qui le décevait.

Les vacances au bled, c’était pour les parents. Nous, avec Walid et le grand, on allait à Stains ou à Argenteuil, c’était ça nos vacances. Au bled, on se faisait trop remarquer, et puis le voyage coûtait cher, alors les parents nous envoyaient à Paris chez les cousins. Enfin, Paris, on n’y allait pas vraiment. On traînait à Argenteuil, nos cousins habitaient la Dalle, on rendait des petits services aux gars de la cité, c’est là que j’ai commencé à fumer, j’avais treize ans.

Je me sentais trop fort ! Je me suis fait ma première fille ! C’était Chaharazad la cousine de Jawad. On s’était retrouvé en vacances à Argenteuil, chez nos cousins, presque dans le même immeuble et comme on se connaissait de Molenbeek, lui et moi, et bien, on était copain, forcé ! Sonia avait été impressionnée parce que j’avais tout de suite repéré les mecs de la Bac avec leurs tatouages et leurs cheveux longs et que pour me remercier, Marzouk, le caïd de la Cité, m’avait filé de la beuh en récompense. Quelques grammes que j’avais roulés fièrement, mon premier joint, devant les autres dans la cour de l’immeuble où créchaient les cousins – Marzouk était leur voisin.

Le joint, je l’avais pas trop kiffé, la drogue, ça n’a jamais été mon truc ! Me faire une fille non plus, c’était plutôt moyen comme expérience. Marzouk avait fait descendre Chaharazad dans la cave et il avait baissé son jean, il l’avait fait avant moi et devant moi. Pour me montrer. J’avais pas aimé l’expérience mais j’étais fier. Je faisais partie des grands – Sonia allait avoir quinze ans.

Quand je suis revenu à Molenbeck, à la fin de l’été, j’avais pris l’habitude d’acheter de la beuh et d’en revendre, je traînais devant le Lycée, j’emmenais Walid, parce que, y avait bien le rade du père, mais lui, il ne voulait pas d’ennui, il ne nous voulait pas dans ses pattes. Peu importe, c’est loin tout ça !

C’était le début de mon putain de chemin, parce qu’au bout d’un moment, je n’ai plus eu assez d’argent. On fumait mais on buvait aussi, on allait en boîte. Je n’avais pas mon pareil pour crocheter les serrures de voitures, on en piquait une pour y aller et une autre pour en revenir, c’était la belle vie ! On s’achetait des fringues de stars, des bijoux pour séduire les meufs, des bijoux qu’on leur reprenait quand on cassait, faut pas charrier, on n’faisait pas de cadeau, quand même ! Et puis, il y avait eu la première erreur, le premier braquage. J’avais retrouvé Jawad dans la cour de la prison.

Il m’avait filé un petit paquet grand comme une boîte d’allumettes pendant la promenade, et le gars devant lui l’avait tout de suite attaqué à coups de poings et puis la cour était devenue un immense champ de bataille. Personne ne m’avait fait les poches ensuite. Et le soir dans les douches, Jawad m’avait fait appeler. Il avait échappé au mitard, il était sérieusement amoché, la lèvre fendue, un bleu énorme à l’œil mais chaleureux, d’emblée. « Salut, mec, Dieu est grand, il t’a mis sur mon chemin ! Tu m’as ramené le cadeau que je t’ai fait ? » Je lui ai tendu la boîte, il a sifflé : « Toi, t’es le meilleur ! » Il a ri. Il riait toujours, vite, facilement, des éclats de rire à tout propos, qui se reflétaient dans son regard. Il vous regardait et il riait, la joie de vivre incarnée ! Après l’épisode de la boîte, on avait retrouvé la complicité de notre enfance, il m’interpellait à la promenade. Il était ami avec un type de trente-cinq ans, un Mohamed qui portait la barbe et la robe, c’était une tolérance de l’administration depuis qu’il était devenu prêcheur – un titre qu’on lui accordait. Il nous réunissait, c’était le seul moment où on avait le droit de sortir de notre cellule en dehors de la promenade et parfois, des douches.

Au début avec Jawad, on s’était amusé ! On avait demandé à rejoindre Mohamed pour prier On ne l’avait jamais fait de notre vie mais ça nous permettait de retarder le moment où on retournerait en cellule et ça nous avait été accordé. On parlait et on riait trop, ça avait perturbé la prière alors Mohamed nous avait demandé de rester après la prière. Il ne nous avait pas sermonnés. Il aurait pu dire « ici c’est un lieu de prière, respect, les gars ! » Et nous flanquer dehors. Non. Il nous avait demandé juste comment on était arrivé là.

On avait parlé de notre vie, de ce qui nous avait amené là, le deal, le braquage, les filles, on rigolait ! Il était cool Mohamed ! Jamais un mot de condamnation, jamais un blâme ! Même si c’était un vieux ! Alors peu à peu, on s’était mis à lui parler.

Il nous écoutait. Beaucoup. Et quand il l’ouvrait, on sentait qu’il nous avait compris, y avait plus rien à rajouter ! En quelques mots, il résumait tout, notre malaise avec les parents, les engueulades, l’incapacité où on était de les satisfaire, de leur rendre ce qu’ils avaient fait comme sacrifice pour nous élever en France ou en Belgique, mais nous, ce n’était pas de notre faute s’ils en avaient bavé, fallait pas nous mettre ça sur le dos !

Oui, on souffrait de les voir comme ça, esclaves des pâtés rillette, oui, on en avait marre de les voir trimer et méprisés.

Et nous, on en chiait de se faire jeter : « R’tournez chez vous ! » Mais c’était où chez nous ? On se faisait traiter « d’arabes », ben ouais, on n’avait pas la gueule des mecs d’ici. « Vous êtes pas Belges, ou pas Français » qu’ils nous disaient !

Moi je l’étais mais sur le papier, sinon, je voyais bien que ce n’était pas pareil entre eux et moi, entre moi et l’extérieur : j’avais une gueule d’arabe !

C’était des engueulades avec mon père : « Casse lui la gueule à la Van Becken (elle n’avait jamais retiré sa plainte !) mais non qu’elle disait la mère, et c’était du Van Becken par ci, du Van Becken par là, des courbettes, des sourires, allez vas-y ! J’uis en aurais collé une avec plaisir moi à cette vieille pute ! Et tous ces salauds qui laissaient les parents dans la merde, le père qui devait toujours revenir dans les administrations pour son épicerie, à croire que ça leur faisait plaisir de le voir revenir parce qu’il manquait un tampon ou qu’il n’avait pas bien compris de quoi il s’agissait. Après, il avait ouvert un bar. Il pensait que ce serait plus simple ! Pour un papier demandé à un belge, on en demandait quatre à un arabe ! Combien de fois il était revenu à la maison en disant ça, en remâchant des humiliations, « Oui, tout ça, c’est parce qu’on est arabe ». A chaque fois, ça revenait, que ce soit lui pour son commerce ou nous à l’école, de toute façon, fallait pas chercher loin, si rien ne marchait comme on voulait, c’est parce qu’on était arabe ! D’la merde, oui ! Alors, on s’était servi, ça avait commencé avec le premier braquage. Réussi !

On s’était bien marré, on avait fait la teuf ! Whisky, Vodka et daube, les filles en plus ! On se tapait les mêmes à l’époque, ce n’était pas facile d’en avoir ! Alors quand on en trouvait une ou deux avec Berkhane, Walid et son copain Ahmed, on se les partageait, toujours, pas le temps de s’isoler, on baisait ensemble, même que Jawadl un jour...