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1916 : La bataille de la Somme

De

A la fin de l’année 1914, la « course à la mer » s’achève. Tandis que le conflit s'enlise en Europe, de nouveaux fronts s'ouvrent en Italie, dans le Caucase, dans les Dardanelles et au Proche-Orient. En Prusse orientale et en Pologne, où l'armée du tsar résiste tant bien que mal, la guerre totale continue de faire rage. En décembre 1915, le général Joffre, généralissime français, peu émoussé par ses récents revers en Artois et en Champagne, envisage de mener de nouvelles offensives. Il est convaincu que c’est à l'ouest que se jouera la guerre. Son plan repose sur une vaste offensive contre les positions allemandes du front de la Somme, au niveau de la ville de Péronne. Mais le 21 février 1916, le général Falkenhayn prend les alliés de vitesse en déclenchant une attaque sur Verdun, avec pour objectif affiché de "saigner à blanc l'armée française". C'est sans compter sur la résistance acharnée et inattendue des poilus français sur le théâtre d'opérations de la Meuse, qui éteint progressivement l'optimisme des officiers du Reich. Le 1er juillet, Joffre, profitant du point d'ancrage que constitue Verdun, déclenche son offensive sur la Somme. Après un déluge d'artillerie, les troupes françaises et britanniques se lancent à l'assaut des lignes allemandes. La bataille de la Somme, liée à la résistance de Verdun, va décider de l'issue de la Grande Guerre, au prix d'immenses sacrifices.

Docteur en Histoire, Dominique Buresi a publié depuis 2006 de nombreux articles et ouvrages sur la Grande Guerre.


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ISBN : 978-2-37116-070-5
storia-ebooks.fr
Textes : Dominique Buresi

Oeuvre protégée par le droit d’auteur. Toute reproduction ou diffusion au profit d’un tiers de tout ou partie de cette oeuvre est strictement interdite et constitue une contrefaçon prévue par l’article L335-2 et suivant du code de la propriété intellectuelle.

Le front français en 1916

« Peu importe sur le théâtre de la guerre défensive de livrer bataille de façon défensive ou offensive. La guerre ne consiste pas en attente passive de l’évènement » Clausewitz

Préambule

A la fin de l’année 1914, le réseau de tranchées hérissé de barbelés de la mer du Nord à la frontière suisse s’est révélé difficilement franchissable. La « course à la mer » s’achève sur l’échec du concept de l’offensive à outrance.

Le postulat communément admis que la guerre moderne ne peut qu’être brève est à l’origine d’une défaillance logistique majeure : la « crise des munitions » qui affecte les stocks d’obus se traduit par une diminution des capacités opérationnelles des belligérants. Les Etats-majors également n’ont pas tenu compte de la vulnérabilité des vagues d’assaut face à l’organisation défensive de l’ennemi, associant un réseau d’obstacles et des nids de mitrailleuses. D’où le préalable de sa destruction par l’artillerie, à laquelle l’ennemi oppose des batteries de canons à tir rapide et d’obusiers lourds destinés à la contre-batterie et à l’encagement du secteur attaqué. L’attrition des vagues d’assaut, qui en est la conséquence, rend impossible toute percée.

En 1915, dans les deux camps, les vertus de l’offensive ne sont pourtant pas remises en cause. La direction de la guerre y est même favorable, estimant qu’il suffit juste de se donner les moyens de frapper plus fort...

En France, le gouvernement, qui a comme priorité la libération des départements envahis et comme obligation envers son allié russe de maintenir la pression sur l’Empire allemand, suit plus que jamais une stratégie offensive. La condition nécessaire est la mobilisation de l’ensemble des ressources de la nation et de son empire colonial, processus long et complexe.

En Grande Bretagne, on prend conscience de l’incapacité de la British Army de projeter 50 divisions sur le continent avant l’année 1916. Bien que la France soit hostile à l’ouverture d’un second front en Méditerranée orientale, son gouvernement propose d’ouvrir un second théâtre d’opérations pour contre la Turquie. La mainmise alliée sur la mer Noire permettrait d’approvisionner la Russie en armements et munitions, de précipiter l’entrée en guerre de la Roumanie et de la Grèce dans les rangs de la Triple Entente et de tendre la main aux Serbes, alliés de la Russie alors aux prises avec l’Empire Austro-Hongrois.

En Allemagne, le système défensif mis en place sur le front de l’Ouest ayant fait la preuve de son efficacité. L’Oberste Heeresleitung (OHL), organe suprême de commandement de l’armée impériale, reprend le projet de generalfeldmarschall von Moltke (1800-1891) en faisant le choix d’adopter une posture offensive à l’Est.

L’année 1915 aboutit immanquablement à l’enlisement de la guerre. C’est une cruelle désillusion qui fait enfin admettre le caractère particulier de ce conflit : cette guerre d’armements ne peut être faite à coup d’hommes et mène à une impasse. Elle consacre dans les faits la victoire de l’Entente qui, outre sa supériorité en ressources et en hommes, impose un blocus naval contraignant aux Empires centraux.

Dans ses souvenirs, Ludendorf, generalquartiermeister (chef d’Etat-major) du generalfeldmarschall Hindenburg, commandant suprême des armées allemandes, dit avoir pris conscience de cette réalité dès le mois de septembre 1916 lors de la visite du Kronprinz Friedrich Wilhelm à son quartier-général de Charleville : « Il était très satisfait de l’arrêt des attaques sur Verdun…. et marqua son désir de paix mais il ne dit pas comment on pourrait l’obtenir de l’Entente. »

L’OHL, assurant à la fois la direction et la conduite de la guerre, a privilégié l’art opératif. Sa stratégie résultant d’un sentiment d’encerclement, se résume à la Weltpolitik, que ne peut admettre la Grande Bretagne et provoque l’entrée en guerre des Etats Unis d’Amérique. Suite à cette guerre qui enfantera les totalitarismes, l’Europe des Lumières phare de la civilisation commencera sa descente aux enfers.

« Sans bonne stratégie, la meilleure des tactiques est de faible rendement, sans supériorité tactique la meilleure stratégie est défaillante » Amiral Castex

La situation militaire sur les différents fronts

Le constat de décembre 1915

A la fin de l’année 1915 sur le front oriental, les Empires centraux sont, avec leurs alliés turcs et bulgares, dans une situation relativement favorable. La Serbie, dont le territoire est occupé et dont l’armée, décimée, s’est réfugiée à Corfou, n’est plus une menace. La Turquie, qui aligne 13 corps d’armée, tient en échec l’Entente aux Dardanelles et a fermé l’accès à la mer Noire ; en outre, elle menace le canal de Suez où elle immobilise plusieurs divisions britanniques. Entrée en guerre aux côtés des empire centraux, la Bulgarie couvre le flanc droit de l’armée austro-hongroise du Danube jusqu’à la frontière grecque et...