1990

1990

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Livres
268 pages

Description

Qui n’a jamais rêvé de remonter le temps et de corriger ses erreurs ?

Mariée et mère de deux enfants, Clémence mène une vie tranquille, routinière et rassurante jusqu’au jour où, un matin, tout bascule !

Quel méfait a-t-elle commis pour être ainsi mise à l’épreuve ? Même si le passé l’a toujours angoissée, pourquoi la rattrape-t-il maintenant ?

Au fil des pages, elle va trouver des réponses jusqu’au dénouement inattendu...


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Date de parution 31 août 2016
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EAN13 9782334200059
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Cet ouvrage a été comdosér EDilivre 175, boulevarD Anatole France – 93200 Saint-enis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@eDilivre.com www.eDilivre.com
Tous Droits De redroDuction, D'aDadtation et De traDuction, intégrale ou dartielle réservés dour tous days.
ISBN numérique : 978-2-334-20003-5
© EDilivre, 2017
Remerciements
Je tiens tout d’abord à remercier la maison d’édition Edilivre qui m’a fait confiance, Isabelle, Patricia, mes enfants, ma mère car ans eux, je n’aurais jamais eu le courage de finaliser mon projet d’écriture.
Je souhaitais remercier Monique, la maman de ma « Margaux » pour m’avoir autorisé à écrire une version édulcorée de l’histoire de sa fille.
Et, enfin, je tenais à remercier Sève, une jeune femme dynamique, metteure en scène à procéder à une relecture afin d’y apporter l’envie de lire ce premier ouvrage de la jeune auteure que je suis.
A mon grand-père et à mon amie Véronique ainsi qu’à ses proches.
Pour Jean-Pierre.
Prologue Mercredi 6 juin 1990, 7h10
– Clémence, réveille-toi, tu vas être en retard pour le lycée, tu as cours à 8 heures ! » s’écria ma mère, du bas de l’escalier. – Oui, j’arrive. » répondis-je par réflexe, d’un ton ensommeillé. A présent, plus éveillé, je me dis ; mais, je suis en repos aujourd’hui, je peux dormir un peu, en plus, on est mercredi, les enfants n’ont pas école… Mais, au fait, c’est la voix de Maman que j’ai entendue, que fait-elle à la maison ; elle va réveiller Guillaume ainsi que les enfants ! Je m’apprête à me lever, du côté droit du lit comme à l’accoutumée et là, je rencontre un mur. La surprise me fait ouvrir les yeux, face à moi, se trouve un poster du monstre orange de mon enfance et dont je n’ai jamais eu le cœur de me séparer. Je ne comprends plus rien, j’essaie de me remémorer mes faits et gestes de la veille ; je me suis couchée assez tardivement comme à mon habitude, Guillaume, mon mari, dormait déjà ainsi que mes deux enfants Thomas et Louise, âgés respectivement de presque sept et trois ans et demi passés. Hier au soir, nous étions le samedi 4 juin 2011, je profitais pleinement d’un week-end bien mérité après une semaine de travail « harassante ». Soit, il est vrai que par « harassante », j’entends fatigante, usante pour les nerfs et surtout très stressante avec une multitude de dossiers à traiter en un minimum de temps. Je suis interprète, spécialisée dans les langues orientales et notamment en mandarin et mon travail consiste, entre autres choses, à traduire des pages et des pages de pourparlers commerciaux assommants entre un client A et un client B ; mais que je ne rencontre jamais. N’ayant aucune formation en études de commerce, je me contente donc de veiller à ce que toutes les transactions passées se déroulent dans la plus parfaite compréhension. C’est donc loin d’être physique hormis les dorsalgies chroniques et les nuques douloureuses causées par cet emploi de « gratte-papiers » qu’est devenue ma profession au fil des ans ! Je me remémorais donc mes derniers faits et gestes de la veille et l’intrusion de maman dans ma vie de femme mariée et de mère de famille me perturbait plus que je n’aurai voulu ! M’étais-je disputée avec Guillaume, mon « cher et tendre » et aurais-je dans ce contexte désespéré décider de fuir le domicile conjugal pour me réfugier chez mes parents car je dois bien me rendre à l’évidence ; je me trouve actuellement dans mon lit de jeune fille ! Un détail, pourtant, me chiffonnait ; la disposition au détail près des meubles de ma chambre d’adolescente telle qu’elle se trouvait à la fin des années 80 et début 90 alors que nous étions, je le répète en 2011 et que mon ancienne chambre se trouve envahie de vêtements divers, de livres… toutes sortes d’objets que mes parents ont entreposés lorsque j’ai quitté le nid familial pour mes études il y a vingt ans maintenant ! Pourquoi auraient-ils réaménagé ma chambre telle qu’elle se trouvait auparavant ? D’autant que lors de ma dernière visite, elle ressemblait plus à un dressing un peu désordonné ! Retrouver tout cet environnement qui m’était familier lorsque j’avais dix-sept ans me rend nostalgique, tout est à nouveau à sa place ! Et cela n’a vraiment aucun sens ! Je dois être en train de rêver, c’est la seule explication logique qui me vienne à l’esprit ! Je vais me rallonger et me réveiller dans mon présent aux côtés de Guillaume ! Allez, assez perdu de temps à rêvasser, me dis-je tout en me couchant de façon à me « rendormir » au plus vite. Cinq minutes se passent ainsi sans que je parvienne seulement à m’assoupir, j’ouvre à nouveau les yeux et là, je découvre une fois de plus le « visage » souriant de mon monstre orange. Du coup, je commence vraiment à m’inquiéter ; ce n’est décidemment plus un rêve éveillé mais un cauchemar ! Donc, si c’est un cauchemar, je dois pouvoir faire tout ce que je veux, traverser les murs, sauter à plus de cinq mètres de hauteur, bref, pouvoir me sortir de
cette situation grotesque ! Je pourrai presque croire que j’ai fait un bond dans le passé ! Par contre, ce qui ne colle pas du tout mais alors pas du tout, c’est mon physique actuel ; quarante-huit kilos au bas mot contre soixante kilos en temps normal dus à ma vie sédentaire exempte de toute activité sportive ! Même si je veux bien croire que dans les rêves ou dans les cauchemars, ce genre de détail ne compte pas en général ! J’essaie de me remémorer ce que m’a dit Maman tout à l’heure ; « Tu vas être en retard pour tes cours ! Mes cours de quoi ! Je ne suis plus à l’école ; se pourrait-il qu’’elle fasse allusion à mes cours au lycée ? Car, si l’on se réfère au calendrier qui est accroché au mur, nous nous trouverions en 1990, soit mes années de lycée ! Tout à fait réveillée, cette fois, je me mets à observer mon environnement ; le bureau disparaissant à moitié sous des livres, des vêtements. Tous mes posters, mes peluches sont là. Je me lève d’un bond, je n’ai jamais eu une très bonne vue, je m’approche de l’éphéméride ; mardi 5 juin 1990 ! Nous serions donc le mercredi 6 juin 1990 ! Plus de doute possible ! Mais que m’est-il arrivé ? Il est inconcevable que j’ai pu faire un voyage dans le temps de vingt-et-un ans en arrière. Nous ne sommes pas au cinéma, mais dans la réalité ! Je dois me réveiller ! Que m’arrive-t-il ? Suis-je partie « pour le grand voyage » sans m’en rendre compte ? Je me précipite vers mon psyché pour constater à mon grand désarroi que toutes mes petites rides d’expression ont disparu laissant la place à une peau lisse et un visage comme rajeuni de vingt ans. J’ai également perdu mes « étages » abdominaux, non pas que j’accusais un surpoids mais deux grossesses n’ont pas arrangé le tableau général. Les larmes me viennent aux yeux, cela voudrait dire que je ne reverrai peut-être jamais plus Guillaume et les enfants car si c’est ce que je crois, je serai revenue dans le passé ! Je devrai donc « revivre » ma vie une deuxième fois et si je veux revoir les miens, je devrai donc patienter dix-neuf ans pour rencontrer Guillaume qui me donnera quinze années plus tard Thomas et encore trois ans et quelques pour donner naissance à ma petite Louise ! Et si je veux retourner à mon époque, il me faudra attendre, en tout, vingt-et-un ans ! Ce n’est même pas certain que je plaise « de nouveau » à Guillaume et par là même comment pourrais-je engendrer mes deux merveilleux petits monstres ? Pourquoi m’aurait-on, par je ne sais quelle alchimie, renvoyée dans mon passé ? Qu’ai-je fait ou pas fait, d’ailleurs, qui aurait pu provoquer un tel bouleversement spatio-temporel ? Si je suis en train de dormir, je dois me réveiller immédiatement pour retrouver le confort douillet de ma maisonnée ! La voix de Maman retentit de nouveau pour m’annoncer que je serais effectivement en retard et avec les épreuves du Bac de Français qui ont lieu dans deux jours, cela ferait mauvais effet ! Plus de doutes, je suis bien en train de vivre un véritable cauchemar et malgré mes tentatives désespérées pour me réveiller, il semble que je sois prise au piège ! Comment vais-je pouvoir m’en sortir !
Première partie
Voyages dans le passé
Chapitre 1 Ce même jour, trente minutes plus tard…
Désemparée, abasourdie, je me traîne jusqu’à la salle de bain. Debout devant le miroir, je ne peux que constater cette miraculeuse cure de jouvence dont j’ai été l’objet sans n’avoir rien demandé. Quand je pense que des femmes de mon âge dépensent des fortunes pour faire disparaître leurs rides et « pattes d’oie » et que, moi, je retrouve une peau de pêche et un teint lumineux sans rien faire. J’ai assurément, à nouveau la taille fine et recouvré ma jeunesse mais mon moral lui, en revanche, est en berne ! Mais que vais-je faire ? me répétais-je inlassablement comme si le fait de le dire et de le redire pouvait arranger ma situation. Alors que je n’ai absolument rien demandé, je me vois offrir la possibilité d’un « ravalement de façade » gratuit ! Le passage d’un film me revient en mémoire ; il rappelait qu’il ne faut jamais tenter de changer le passé car tout changement aussi infime soit-il peut bouleverser non seulement notre propre existence mais aussi celle de notre entourage ! L’idée même de ne peut-être plus jamais revoir mes enfants et mon mari ainsi que mes proches, mes amis, m’est insupportable. Si je suis obligée de revivre ma vie de dix-sept à trente-huit ans, forcément, il y aura des différences et d’ailleurs, qui me dit que j’épouserais bien Guillaume et aurais deux enfants de notre union. Rien ne me le certifie, sauf si je suis à la lettre mon passé avec ses moments de gloire ; mes réussites à mes examens comme mes échecs tels que je les ai vécus initialement, or, c’est mission impossible ! Je n’ai pas du tout le même état d’esprit qu’à l’époque, là, je réfléchis comme une femme de trente-huit ans avec deux enfants à charge, un travail et non comme une jeune fille de dix-sept ans insouciante que j’ai l’air d’être en ce moment même ! Ne me voyant pas venir, ma mère vint frapper à la porte de la salle d’eau ; il est 7h45 ma puce, tu vas être en retard, tout va bien ; tu n’es pas malade au moins ? Tu me le dirais ? me demande-t-elle, inquiète. J’entrouvre la porte de la salle de bains, Maman est bien telle que je me la rappelais, un corps encore mince malgré ses trois grossesses, un dynamisme étonnant et une propension à se battre devant les moindres aléas de la vie quotidienne. Elle ne fait pas du tout ses cinquante-quatre ans, on lui en donnerait facilement huit de moins ! – Maman, écoute, je pense qu’il vaudrait peut-être mieux que je n’aille pas au lycée ce matin, je ne me sens pas très bien, je me prends une douche vite fait et je descends prendre mon petit déjeuner. Je n’avais pas la moindre idée de ce que je ferai après ! Me confier à Maman ? Elle est très ouverte d’esprit, certes, mais, là, à mon avis, elle va avoir du mal à me croire ! Faire comme si de rien n’était ? C’est peut-être encore la meilleure solution du moins pour les quelques heures à venir mais après, que ferai-je ! Je ne peux rester « coincée » ici trop longtemps, on a besoin de moi, mes enfants, mon mari et moi aussi, j’ai besoin d’eux ! Et j’ai aussi besoin de mes petites affaires, mes livres, mes amis, bref, je veux qu’on meredonne ma vie !! Ma douche prise, je me dirige d’un pas résolu vers mon armoire. Que vais-je pouvoir mettre comme vêtements ce matin. Oh, mais c’est mon pull fétiche que j’aimais tant et que j’ai dû jeter il y a peu de temps, la laine étant usagée à certains endroits mais il faut dire que je l’ai tellement mis ! Au moins un avantage de se retrouver dans le passé ! Il faudra que je réfléchisse à tout ce que j’ai perdu depuis vingt ans, que ce soit des vêtements, des livres, des bijoux même ! Comme cela, je les « planque » dans un endroit précis pour les retrouver
sans problème par la suite si, bien sûr je retrouve ma vie ! Un autre avantage, c’est que je peux m’habiller comme je veux, je ne rencontre plus de difficultés d’ordre corporel ; tel que débordement intempestif d’abdomen disgracieux ! J’ai retrouvé le poids de mes vingt ans ! Enfin de mes dix-sept ans ! Cette situation n’est pas aussi stressante finalement, on me donne une deuxième chance de réparer certaines erreurs de jeunesse, à moi de ne pas en faire d’autres que je pourrai regretter ! D’ailleurs, c’est peut-être cela la raison de ma présence ici à cette époque, aussi irrationnel cela puisse paraître ! J’ai peut-être été « mandatée » pour une mission particulière ! Du moment que ce n’est pas pour sauver l’humanité toute entière car devant l’ampleur de la tâche, ma motivation risquerait d’en prendre un sérieux coup au moral ! Bon, il faut que je redescende sur terre, là, je crois que je m’égare complètement ! Je vais commencer par descendre prendre mon petit-déjeuner, je sens que j’ai brusquement une faim de loup. Je me rappelle que lorsque j’étais adolescente, j’avais un appétit féroce que je comblais à grand-peine et malgré tout, je ne grossissais pas d’un iota, au grand dam de mes amies ! Cela fait donc un troisième avantage d’être redevenue « jeune et belle ! », enfin si l’on peut dire !
J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je n’ai qu’une seule alternative ; me confier à Maman. Il n’y a qu’elle qui pourra me croire ou tout du moins, je me raccroche à cette idée car c’est la seule personne susceptible de garder son sang-froid et de réfléchir posément à mon problème. Je descends l’escalier quatre à quatre et rejoins ma mère dans la cuisine. Comment vais-je pouvoir aborder le sujet ? Je prends une grande inspiration. – Maman, il faut que je te parle de quelque chose, c’est très important. Promets-moi de m’écouter jusqu’au bout commençais-je quelque peu embarrassée en m’asseyant à table. – Bien sûr, ma chérie, je vois bien que quelque chose te chagrine, ce sont tes écrits du Bac de Français qui t’inquiètent ? me demanda-t-elle d’un air attentionné. Tu n’as rien à craindre, tu travailles bien, il n’y a pas de raison que tu échoues ! – Non, Maman, ce n’est pas du tout cela qui m’inquiète, encore qu’il ne faut pas crier victoire avant la bataille ! Non, c’est autre chose. Et je lui racontais tout, sans rien omettre depuis mon coucher la veille dans un corps de femme de trente-huit ans et mon réveil ce matin après mon involontaire et miraculeux « bain de jouvence ». J’omis intentionnellement tous les épisodes douloureux des années à venir. J’étais déjà suffisamment bouleversée et je ne voulais pas, en prime, lui miner le moral. A la fin de mon récit, Maman resta sans voix un long moment puis elle dit ; – Ecoute, ma Puce, tu as raison, c’est vraiment incroyable, je ne sais pas trop quoi penser, je te fais confiance, tu le sais mais c’est…, je ne sais même pas quoi te dire ! Mais rassure-moi, en 2011, tu es heureuse au moins, tu fais un métier qui te plaît, comment est la vie, difficile comme aujourd’hui, j’imagine ? Les gens trouvent-ils du travail plus facilement ou est-ce pire et y a-t-il toujours autant de guerres et de misère dans le monde ? – Pour ce qui est du chômage, des guerres et de la misère, malheureusement, il y en a toujours autant et même plus ! Enfin, en fait, le contexte économique et social s’est beaucoup dégradé ces dernières années. Mais sinon, en ce qui me concerne, ne t’inquiète pas, j’ai un mari, prénommé Guillaume, qui s’investit beaucoup dans son rôle de père. Il est géomètre et nous avons le même âge. J’ai deux enfants adorables Thomas et Louise, tu es donc grand-mère. J’ai mis un peu de temps pour être maman à mon tour mais je ne le regrette pas même s’ils sont de véritables monstres par moments. Tu verrais Louise, elle vient d’avoir quatre ans, tout mon portrait et chipie en prime ! Tom, lui a sept ans passés et il est passionné de dinosaures. A l’évocation de ses souvenirs, les larmes me viennent soudain aux yeux, je ne les reverrai peut-être jamais plus ! Imagine, si je dois revivre ma vie, je ne suis même pas sûre
e plaire à nouveau à Guillaume et alors, mes enfants ne verront jamais le jour ! Je ne peux retenir plus longtemps mes larmes, je me réfugie dans les bras protecteurs de ma mère. – Qu’est-ce que je vais devenir, Maman ! Je me sens complètement découragée face à cette situation ! En plus, ce qui est curieux, c’est que je n’ai rien perdu de mes aptitudes professionnelles, tout à l’heure, j’ai fait un test, j’ai repassé dans ma tête, les idéogrammes que l’on rencontre en mandarin et j’en m’en souviens parfaitement. Donc, si je résume, je vais devoir passer les vingt prochaines années à réapprendre des connaissances linguistiques que je possède déjà ! Je vais devoir repasser mon permis de conduire alors que je conduis depuis bientôt vingt ans ! J’ai la désagréable sensation d’être sur le quai d’une gare en train de voir partir les miens sans pour autant pouvoir faire le moindre pas ! Côté relation masculine, je vais aussi m’ennuyer ferme, j’aime mon mari et crois-moi, à notre époque, en 2011, il y a plus de divorces, de séparations que de mariages réussis. Or, le mien l’était, enfin, jusqu’à présent ! Nous nous disputions bien de temps en temps mais qui ne le fait pas ! Je n’aime pas que l’on me dicte ma conduite et comme, en plus, je suis hyper-susceptible, la situation dérape parfois ! Mais Guillaume et moi parvenons toujours à trouver un terrain d’entente ! Enfin, tu me connais, je n’ai pas changé ! En plus, là, actuellement, il a également dix-sept ans, ça doit y aller avec les filles, moi qui suis jalouse ; penser que d’autres lui font « les yeux doux », j’en suis malade rien que d’y penser ! Je vais devoir apprendre à vivre avec cette idée si je suis destinée à revivre les vingt prochaines années, j’ai encore plus de cinq ans à attendre avant de le rencontrer officiellement ! terminant ma phrase, haletante et furieuse. Je ne comprends vraiment pas comment j’ai pu faire ce voyage dans le temps, dans quel but revivre ce que l’on a déjà vécu ? Pourtant, même si il n’y avait aucune explication rationnelle, je suis bien là et je n’ai aucune idée de la durée de mon passage à cette période donnée de ma vie. Est-ce pour aider une personne en particulier ? Me met-on à l’épreuve pour une raison que j’ignore ? Pourquoi ai-je été désignée et surtout dans quel but ? Je n’ai rien d’exceptionnel ! J’ai obtenu mon Baccalauréat sans mention particulière, je me suis dirigée vers une école d’interprète, domaine dans lequel j’exerce depuis maintenant quatorze années. Ma vie n’a peut-être rien d’exaltant mais elle m’appartient et je suis très heureuse ainsi même si tout n’est pas parfait. Peu importe, finalement, ce qui compte c’est que je me retrouve perdue à une période de mon passé alors que je n’ai rien demandé. Mon seul regret est de ne pas avoir pu secourir mon amie Margaux il y a de cela bientôt sept ans lorsqu’elle a décidé de mettre fin à ses jours laissant son compagnon Philippe et sa fille Marie âgée de cinq ans ! Pour le coup, ce n’est plus tant Marie qui se retrouverait seule sans sa maman mais également moi qui me retrouve seule privée de mon mari et de mes deux enfants ! A part cela, tout va pour le mieux, je suis en bonne santé physique, mentale également, je ne sais pas encore combien de temps ce cauchemar durera ! Il faut que je me ressaisisse, je dois me ressaisir ; ou bien, je me laisse dépérir en attendant une évolution favorable (un départ illico vers mon futur par un moyen ou un autre) et cela, à mon avis, je peux toujours attendre vu que j’ignore ce qui m’a entraînée là ! Ou bien, je décide de foncer, je vais au lycée cet après-midi, j’en profite pour renouer avec mes anciens camarades de classe, reprendre mes discussions avec mon professeur de Français que j’appréciais tant, cette chère Melle Cordier, converser en italien avec Melle François… Ah, ça c’était le bon temps, des plaisirs simples auxquels je n’accordais pas assez d’intérêt à l’époque ! Si je dois donc revivre ma vie, autant le faire brillamment, décrocher les meilleures notes, bref, ne pas subir tous ces deuils qui ont émaillé les vingt dernières années sans me battre et pourquoi ne pas tenter par tous les moyens de sauver Margaux maintenant que je pense connaître les raisons qui l’ont poussé à se donner la mort ! Au moins, j’aurais l’impression de me sentir utile une fois dans ma vie ! Je vis l’expression de Maman changer, elle semblait sous le choc de mes déclarations. Elle qui avait à cœur de me protéger, et ce, en toutes circonstances, paraissait, à son tour,