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2012, la campagne présidentielle

De
254 pages
Regroupés en trois ensembles relatifs à la contribution des médias, aux comportements des électeurs et aux pratiques des candidats, ces recherches permettent de dégager une approche synthétique du phénomène de la campagne électorale comme point d'orgue de la démocratie représentative et montrent comment les différents protagonistes interagissent.
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26 €
ISBN : 978-2-343-02884-2








2012
La campagne présidentielle




Observer les médias,
les électeurs, les candidats


Collection

Communication, politique et société
dirigée par Jacques Gerstlé

Sous la direction de

Jacques Gerstlé
Raul Magni Berton




2012
La campagne présidentielle




Observer les médias,
les électeurs, les candidats








ÉDITIONS PEPPER – L’HARMATTAN




































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-02884-2
EAN : 9782343028842
SOMMAIRE
LES AUTEURS ........................................................................... 9


LES RECHERCHES COLLECTIVES SUR LA CAMPAGNE
PRÉSIDENTIELLE 2012 .......................................................... 15


INTRODUCTION ..................................................................... 23


CHAPITRE 1 LES MÉDIAS ...................................................... 39
La dynamique de la campagne présidentielle
dans l’information ....................................................................... 41
Le rôle des médias dans la campagne présidentielle
de 2012 ....................................................................................... 59
La présence web des candidats en 2012
Espaces officiels et espaces non officiels de campagne .......... 73
Twitter en campagne ................................................................. 87


CHAPITRE 2 LES CITOYENS ................................................ 103
Le vote comme un processus de décision :
le panel électoral français de 2012 ......................................... 105
Comprendre et prédire le comportement électoral
à partir des probabilités de vote Le baromètre TriÉlec ......... 123
Les études électorales à l’ère d’Internet.
Les systèmes d’information et d’aide au vote :
le cas de La Boussole présidentielle ........................................ 137
2012 LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
Parler politique sur Internet. Les questions d’énergie
et d’environnement dans la campagne présidentielle ........... 153


CHAPITRE 3 LES CANDIDATS ........................................... 169
Les enseignements sur le financement
de la campagne électorale présidentielle de 2012 ................. 171
L'autre élection présidentielle : les groupes d'intérêt
en campagne ............................................................................ 183
Ne votez pas pour l’autre ! La spirale de la négativité ......... 195
La publication de livres comme stratégie
de communication politique ................................................... 211


BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE ................................................ 225


LISTE DES TABLEAUX ET DES FIGURES ............................. 241


TABLE DES MATIÈRES ......................................................... 245


LES AUTEURS
Jacques Gerstlé est professeur émérite de science politique à
l’Université Paris I Panthéon Sorbonne où il a dirigé le master de
Communication Politique et Sociale. Il a consacré de nombreuses
publications aux campagnes électorales sous la Cinquième
République depuis une trentaine d’années et contribuer aux
Chroniques Electorales de la Fondation Nationale des Sciences
Politiques. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages concernant la
communication politique, dont La communication politique,
Armand Colin, 2008.

Raul Magni Berton est professeur de science politique à
Sciences Po Grenoble et chercheur au laboratoire PACTE (CNRS,
Université de Alpes). Il travaille sur la démocratie, et
plus particulièrement sur le vote, la démocratie directe, le rôle
des citoyens et des non citoyens (les immigrés…) dans les
politiques. Il a récemment publié Démocraties libérales, aux
éditions Economica en 2012.

Jérémy Bouillet est doctorant en science politique, rattaché au
laboratoire PACTE de Grenoble et au Groupe de Recherche
Énergie, Technologie et Société (EDF R&D). Sa thèse porte sur
l’élaboration et la diffusion de normes sociales sur les questions
d’énergie. Il travaille également aux programmes de recherche
TriÉlec sur le suivi de la campagne présidentielle de 2012 et
Cogni sur la formation du jugement politique.

9 2012 LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
Mathieu Brugidou est chercheur senior à EDF R&D, au
Groupe de Recherche Energie Technologie et Société et
chercheur associé à PACTE. Il enseigne à Sciences Po Grenoble,
Sciences Po Paris et à Paris I. Ses travaux actuels portent sur les
volets théorique et méthodologique d’une approche discursive
des publics. Il s’intéresse notamment aux controverses et débats
sur l’énergie. Il a récemment publié avec Daniel Boy, Charlotte
Halpern et Pierre Lascoumes, Le Grenelle de l’environnement :
Acteurs, discours, effets. Armand Colin, 2012.

Bruno Cautrès est chercheur CNRS au CEVIPOF - Centre de
recherches politiques de Sciences Po. Ses recherches portent sur
l’analyse du vote et de ses déterminants, en particulier sociaux.
Elles concernent également les attitudes des citoyens vis-à-vis de
l’intégration européenne. Il enseigne à Sciences Po Paris ainsi
que dans les écoles d’été en méthodes quantitatives de l’ECPR et
de l’IPSA. Il a récemment co-écrit Les élections présidentielles. Le
vote des français de Mitterrand à Sarkozy. Paris, Presses de
Sciences Po, 2012.

Guillaume Courty est professeur de science politique à
Sciences Po Lille et chercheur au CERAPS (UMR CNRS, Lille 2).
Ses travaux sont consacrés aux groupes d’intérêt en France et à
Bruxelles en mêlant une approche sectorielle sur le transport à
une sociographie des professionnels de la représentation des
intérêts.

Bernard Denni, professeur de science politique à Sciences Po
Grenoble, est membre du laboratoire PACTE, dont il a été
directeur adjoint de 2006 à 2011. Il a dirigé pendant 15 ans le
master « Progis, études d’opinion et de marché ». Spécialiste des
opinions, des attitudes et des comportements politiques, il étudie
notamment les politiques des électeurs âgés. Il a animé
l’équipe grenobloise du programme TriÉlec.

Abel François est maître de conférences à l’Université de
Strasbourg, professeur affilié à l’EM Strasbourg Business School
(LARGE), et chercheur associé à Telecom ParisTech (dep. SES).
Ses thèmes de recherche portent sur le financement de la vie
politique, la participation électorale et les évolutions budgétaires.
Ses travaux adoptent principalement une démarche empirique et
10 LES AUTEURS
traitent des interactions entre les dimensions politique et
économique à l’œuvre dans le processus politique. Il a
récemment publié (avec J. Navarro) Le cumul des mandats en
France. Causes et conséquences, Éditions de l'université de
Bruxelles, 2013.

Jean-Marc Francony est chercheur en sciences de
l'information et de la communication au laboratoire PACTE.
Informaticien de formation dans le domaine des interactions
homme-machine, ses recherches portent désormais sur l'étude
de l'usage et des pratiques effectives et sociales du web. Cette
approche empirique des situations d'information et de
communication médiatisée, le conduit à développer une
instrumentation et des méthodologies expérimentales visant à la
constitution, l'exploration et l'analyse de corpus de traces
d'interactions situées.

Simon Gadras est docteur en sciences de l’information et de la
communication. Il effectue son post-doctorat à l’IRENEE,
Université de Lorraine, dans le cadre du projet franco-québécois
« enpolitique.com ». Il est également chercheur associé au
GRESEC, Grenoble. Ses recherches portent à la fois sur les
usages du web dans le champ politique et sur les mutations
contemporaines de l'espace public en lien avec les TIC. Il
s'intéresse notamment à ces deux thématiques dans le rapport à
leur dimension territoriale, que ce soit au niveau local, national
ou international.

Julie Gervais est maîtresse de conférences en science politique
à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne et chercheuse au CRPS-
CESSP (UMR 8209). Elle travaille sur la haute fonction publique
française, les consultants et le Nouveau Management Public. Ses
recherches actuelles portent sur les groupes d’intérêt dans les
élections françaises. Elle a notamment publié dans Actes de la
recherche en sciences sociales, Gouvernement & Action publique,
Genre, sexualité & société, International Review of Administrative
Sciences, Pyramides et Politix.

Fabienne Greffet est maître de conférences en science
politique à l’Université de Lorraine, membre de l’IRENEE et
chercheure associée à PACTE. Ses recherches portent
11 2012 LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
principalement sur les usages de l’internet au sein des partis
politiques et sur l’engagement politique en ligne. En 2011, elle a
dirigé l’ouvrage Continuerlalutte.com, Les partis politiques sur le
web, aux Presses de Sciences Po. Outre la direction scientifique
du projet « enpolitique.com », Fabienne Greffet coordonne avec
Andrea Calderaro les activités du groupe de recherche « Internet
and Politics » de l’ECPR.

Emiliano Grossman est professeur associé à Sciences Po
Paris, rattaché au Centre d'études européennes. Ses recherches
portent sur la régulation économique et financière et sur les
institutions politiques. Il dirige le projet Agendas France. Il a
récemment publié Les groupes d'intérêt (avec Sabine Saurugger,
eArmand Colin, 2012, 2 édition) et The French Fifth Republic at
Fifty (Routledge, 2009).

Asmaa Jaber est diplômée de Sciences Po Paris et doctorante
èreen 1 année sous la direction de Florence Haegel. Sa thèse
porte sur les mécanismes de la construction du rapport au
politique dans l'enfance, au croisement de la sociologie urbaine,
la sociologie de l'immigration et les questions de socialisation
familiale. Depuis novembre 2011, elle a intégré le
projet Agendas/France auprès d'Emiliano Grossman en tant
qu'assistante de recherche chargée du codage de la campagne
électorale dans les médias puis des discours des premiers
ministres dans la Quatrième République.

Dominique Labbé est chercheur au laboratoire PACTE.
Depuis 1973, il a publié plusieurs centaines de travaux consacrés
à la statistique appliquée au langage, spécialement au discours
politique. En 2009, D. Labbé et D. Monière ont reçu le prix du
livre politique de l’Assemblée nationale du Québec pour leur
ouvrage Les mots qui nous gouvernent. Dernier ouvrage paru : La
campagne présidentielle de 2012 (L’Harmattan).

Christian Le Bart est professeur de science politique à l'IEP de
Rennes et membre du CRAPE-CNRS. Il dirige la Maison des Sciences
de l'Homme en Bretagne. Ses travaux portent sur la vie politique
nationale et locale et sur la communication politique. Il a
récemment publié La politique en librairie : les stratégies de
publication des professionnels de la politique (Armand Colin, 2012).
12 LES AUTEURS
Sonia Metché est directrice des études chez Kantar Media,
diplômée en Communication et Sciences du langage (Université
Paris III - Sorbonne Nouvelle). Elle a créé l’agence d’analyse de
la presse Indice Presse avant de rejoindre Kantar Media (ex TNS)
en 2000 pour développer l’analyse media à destination des
directions de la communication des entreprises et des
institutions, notamment le baromètre d’impact médiatique UBM.
Avec l’UBM, elle a collaboré aux publications : L’Etat de
l’Opinion (Collectif Sofres, Seuil 2007) et La Téléprésidente (P.
Guibert, Plon, 2008).

Michèle Moine est maître de conférences de statistique à
l’Université Pierre Mendès France, chercheure du laboratoire LJK
(Grenoble) et chercheure associée du laboratoire PACTE. Elle
enseigne actuellement au Département STID - IUT 2, à Grenoble
et au Master PROGIS (Sciences Po Grenoble). Ses domaines de
recherche concernent les méthodes statistiques appliquées aux
sciences sociales : sondages aléatoires, exploitation de données
d’enquêtes et de données textuelles.

Denis Monière est professeur de science politique à
l’Université de Montréal. Depuis plus de 40 ans, il a publié
plusieurs centaines de travaux consacrés au discours politique.
En 2009, D. Labbé et D. Monière ont reçu le prix du livre
politique de l’Assemblée nationale du Québec pour leur
ouvrage Les mots qui nous gouvernent. Dernier ouvrage paru : La
campagne présidentielle de 2012 (L’Harmattan).

Françoise Papa est chercheure en sciences de l’information et
de la communication au laboratoire PACTE. Ses recherches
portent sur l'évolution des paradigmes de communication dans
diverses configurations événementielles telles que les campagnes
électorales et les événements médiatiques globaux (Jeux
Olympiques) qui mobilisent une audience large. Ses travaux
s’orientent aujourd’hui principalement vers l’analyse du web et
des médias sociaux et notamment sur les répercussions de leurs
usages sur les processus d'information. Ils s’appuient sur
l’élaboration de méthodologies adaptées à l’analyse des corpus
médiatiques issus du web.

13 2012 LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
Thomas Vitiello est doctorant à Sciences Po Paris et à
l’université Sabanci d’Istanbul. Il a participé en tant que Marie
Curie Fellow à un projet de recherche sur les démocraties
électorales (ITN-ELECDEM) de 2009 à 2012. Il prépare à présent
une thèse sur les Systèmes d’Information et d’Aide au Vote
(SIAV). Il a participé à plusieurs projets de développement de
SIAV en Tunisie, en Turquie et notamment en France lors de
l’élection présidentielle de 2012. Ces travaux ont été publiés dans
les revues Party Politics et International Journal of Electronic
Governance.

14

LES RECHERCHES COLLECTIVES
SUR LA CAMPAGNE
PRÉSIDENTIELLE 2012
TRIELEC

TriÉlec est un réseau de recherche sur les élections qui
rassemble des chercheurs qui travaillent au Centre Emile
Durkheim à Bordeaux, à Pacte à Grenoble et au Centre d’études
européennes à Paris. Son principal objectif est de contribuer à
l’étude du vote et au renouvellement de ses approches, tant au
niveau des problématiques que des méthodes, en s’inscrivant
prioritairement dans les débats scientifiques internationaux. Il
coordonne plusieurs programmes de recherche sur l’analyse de
la campagne électorale, les réactions des électeurs à cette et leurs votes. Quatre volets sont représentés dans ce
livre.

Dynamiques politiques 2012
Ce projet, coordonné par Sylvain Brouard, a produit les
données quantitatives sur les probabilités de vote. Il consiste en
7 vagues d’enquête (entre début juillet 2011 et début mai 2012)
auprès d’échantillons nationaux par quotas de 1500 Français,
âgés de 18 ans et plus et inscrits sur les listes électorales de la
métropole, interrogés au téléphone par TNS-Sofres. Ce projet a
bénéficié du financement du ministère de l’Intérieur, de
Sciences Po Paris, Sciences Po Bordeaux et Sciences Po
Grenoble.
15 2012 LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
Bulletin Board On Line (BBOL)
Ce projet, coordonné par Bernard Denni, a fait l’objet d’un
partenariat scientifique entre le laboratoire Pacte et le Groupe de
Recherche Energie Technologie et Société. Une vingtaine d’électeurs,
aux caractéristiques sociales très diverses et recrutés sur tout le
territoire métropolitain, participe à un forum en ligne (BBOL) au
cours de trois sessions réparties entre novembre 2011 et avril 2012.

Twitter-Analyse
Le projet « Tweet-analyse » vise à la constitution et à
l'exploration d'une archive de Twitter réalisée en continu tout au
long de la campagne présidentielle. Il est coordonné par Jean-
Marc Francony et Françoise Papa et vise à concevoir et mettre en
œuvre un dispositif de collecte ainsi qu'un protocole
expérimental qui garantisse la validité et la complétude du
corpus documentaire construit sur un temps long ; ainsi qu’à
élaborer et valider des méthodes de fouille de données issues de
l'archive dans le cadre d'analyses empiriques.

Analyse de contenu et lexicométrique
Denis Monière et Dominique Labbé ont collecté et analysé tous
les messages émis par les principaux candidats et leurs partis
durant la campagne présidentielle de 2012. Cette vaste base de
données textuelles a permis de mesurer, pour chaque camp :
l’intensité et les principales composantes de la communication, les
interactions polémiques, les vocabulaires, les thèmes et leurs poids
relatifs, les styles de communication. Les outils de mathématique
appliquée et informatiques ont été développés par Cyril Labbé
(Laboratoire d’Informatique de Grenoble - Université Joseph
Fourrier et Institut National Polytechnique de Grenoble) et
Dominique Labbé (PACTE-CNRS-Université de Grenoble). Pour une
présentation des principaux résultats voir Labbé et Monière (2013).


CEVIPOF

Les enquêtes électorales françaises, réalisées en particulier par le
Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), ont
accompli d’importants progrès depuis la fin des années 1970 et
sont parvenues à stabiliser la production d’enquêtes sur de larges
échantillons. Même si la France ne peut toujours pas revendiquer
16 LES RECHERCHES COLLECTIVES SUR LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE 2012
l’existence d’un programme national de recherche, comparable
aux British election studies (BES) ou aux National election studies
américaines (ANES), les progrès accomplis sont significatifs.
Depuis la séquence électorale de 2002, ces enquêtes ont à la fois
prolongé la réalisation d’enquêtes post-électorales sur le modèle
initié par le Cevipof en 1978 et renoué avec une méthodologie
que les enquêtes électorales françaises n’avaient plus connu
depuis le panel réalisé par Georges Dupeux, Alain Girard et Jean
Stoezel en 1958, l’enquête par panel. Parallèlement à la réalisation
d’enquêtes post-électorales et de panels électoraux selon un mode
d’administration en face à face ou par téléphone, le Cevipof s’est
engagé puis 2007 dans un ensemble de dispositifs d’enquêtes
online : panel d’internautes en quatre vagues, conduit avec un
questionnaire proche du Panel électoral français en 2007 dans le
cadre du dispositif « Agora », réalisation du Baromètre de la
confiance politique depuis 2009 et pour la première
fois en France d’une enquête post-électorale online en 2012,
répliquant exactement le questionnaire de l’enquête post-
électorale réalisée par téléphone en 2012 également.

Le panel électoral français de 2012 : l’enquête Présidoscopie
L'objectif principal du panel électoral français de 2012, appelé
« Présidoscopie », était de suivre, d'une vague à l'autre, les
« changeurs », c'est-à-dire les personnes qui changeaient
d'intention de vote ou d’intention de participation au premier
comme au second tour de la présidentielle (ceux qui deviennent
certains d'aller voter alors qu'ils ne l'étaient pas auparavant et
inversement). Cette enquête consiste en un panel de 6 000
personnes inscrites sur les listes électorales et représentatives de la
population française de plus de 18 ans. Les 10 premières vagues
d’enquête ont eu lieu entre novembre 2011 et avril 2012, suivies
ème èmechacune d’une dizaine d’entretiens semi-directifs. Les 11 et 12
vagues ont été réalisées en juin 2012. Le terrain de l’enquête a été
réalisé en CAWI par Ipsos/Logica Business Consulting et en
partenariat avec la Fondation Jean Jaurès, la Fondation pour
l’innovation politique et Le Monde. Pour une présentation des
principaux résultats, voir Pascal Perrineau (2013a).

La Boussole présidentielle
En partenariat avec la société néerlandaise Kieskompas et
plusieurs médias français (20 Minutes, MSN-RTL-M6 et Ouest
17 2012 LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
France), le Centre de recherches politiques de Sciences Po
(Cevipof) a lancé le projet de La Boussole présidentielle
(www.laboussolepresidentielle.fr) dans le but de proposer un
site de positionnement politique aux citoyens. Les internautes
ont ainsi pu comparer leur position sur 30 enjeux saillants de la
campagne électorale avec celles des dix candidats à l’élection
présidentielle de 2012. Lors des six semaines précédant le scrutin
du deuxième tour, environ 750 000 utilisateurs ont comparé leur
position dans le paysage politique français avec celles des
candidats.


AGENDAS FRANCE

Le projet Agendas collecte des données longitudinales sur
l'activité des principales institutions et de plusieurs acteurs
politiques en France. Inspiré du projet Policy Agendas de Frank
Baumgartner et Bryan Jones, le projet a adapté leur
nomenclature thématique et l’a appliquée au cas français.
Entre autres, des bases de données ont été créées concernant
les lois et communiqués des conseils des ministres, les questions
parlementaires, les décisions du Conseil constitutionnel, et les
vœux présidentiels. Les programmes électoraux des principaux
partis, les Unes du Monde, le JT de TF1 et France 2 ont
également fait l'objet d'un codage Agendas. Selon leur
disponibilité, les données ont été codées sur des périodes allant
d'une vingtaine à une cinquantaine d'années.
Ces données, dont certaines séries sont librement disponibles
sur le site du projet Agendas France, permettent d'étudier
l'interaction à moyen et long terme entre institutions et acteurs
politiques en France et de donner un fondement empirique plus
solide à l'étude des institutions politiques en France. Par ailleurs,
étant donné l'utilisation du système de codage Agendas dans
plus de dix autres pays, des analyses comparées extrêmement
fines sont désormais possibles.


ENPOLITIQUE.COM

Enpolitique.com est un projet de recherche international mené
par une équipe de chercheurs français et québécois. Ce projet
18 LES RECHERCHES COLLECTIVES SUR LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE 2012
comparatif, au croisement des recherches en science politique et
en sciences de l'information et de la communication, est financé
par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR, France) et le
Fonds de recherche du Québec, Société et culture (FQRSC,
Québec, Canada) pour la période 2012-2014.
L’objectif du projet est double : comparer les usages du web et
des réseaux sociaux en ligne par les candidats et partis politiques
lors de la campagne présidentielle et législative française de 2012
et lors de la campagne législative québécoise de septembre
2012 ; appréhender parallèlement les perceptions et les pratiques
politiques des internautes dans ces campagnes web en France et
au Québec. Cet objectif répond à l'orientation générale du projet,
consistant à analyser conjointement les initiatives de campagne
des acteurs politiques et leur appropriation par les citoyens, dans
un contexte d'usage croissant des technologies numériques.
Pour cela, une approche mixte est privilégiée, combinant des
analyses quantitatives (quantification des contenus web, sondage
en ligne) et qualitatives (entretiens semi-directifs de recherche et
groupes de discussion), permettant de construire des résultats
véritablement comparatifs.
Le projet est mené sous la direction scientifique de Fabienne
Greffet (Université de Lorraine) et de Thierry Giasson (Université
Laval). Participent également à ce projet en France : Gersende
Blanchard (Université Lille 3), Simon Gadras (Université de
Lorraine) et Stéphanie Wojcik (Université Paris-Est Créteil). Et au
Québec : Frédérick Bastien de Montréal), Gildas Le
Bars (Université Laval) et Mireille Lalancette (Université du
Québec à Trois-Rivières).


SPEL

Mis en place au début de l'année 2011, le projet SPEL : temps
forts, temps faibles de l'effervescence démocratique est une
enquête longitudinale de longue durée sur les rapports au
politique de plusieurs catégories du public (le public général, les
publics étudiants, les publics mobilisés lors des réunions
électorales, les groupes d'intérêt, les think tanks et les médias). Il
s'agit d'une recherche inter-laboratoires, coordonnée par Daniel
Gaxie, visant à étudier les attitudes de ces publics avant et après
les élections de 2012. Une des hypothèses du programme est
19 2012 LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE
que les rapports au politique sont le produit d'interactions
complexes entre des dispositions et des contextes. S'agissant des
diverses catégories de citoyens observées, quelle que soit la
méthodologie retenue (questionnaires ou entretiens
approfondis), les dispositions sont appréhendées à travers une
investigation approfondie relative aux caractéristiques sociales au
sens le plus large. La prise en compte des effets de contexte est
au cœur de la méthodologie du programme SPEL du fait de
l'étalement et de la répétition dans le temps des observations.
L'une des originalités réside dans la comparaison des rapports au
politique dans des temps « forts » (notamment la campagne
présidentielle) et des périodes d'intensité plus réduite.


LE BAROMÈTRE UBM

L’UBM (Unité de Bruit Médiatique), créée en 2000, est
l’indicateur de référence de mesure de l’impact médiatique. Il est
1produit par le département News Intelligence de Kantar Media ,
en partenariat avec Médiamétrie.
Cet indicateur composite intègre l’espace rédactionnel (en
pages ou en minutes) consacré à un sujet, et l’audience (en % de
la population 15 ans et plus) du média qui véhicule cette
information. Par exemple, un article d’une page sur l’emploi
dans Le Monde, dont l’audience est de 1 922 000 lecteurs (Etude
One 2012), va produire 3,8 UBM. Un reportage sur l’emploi de
deux minutes dans le Journal de 13h de TF1 du 10 avril 2012
produira 23,8 UBM (Audience Médiamétrie). En cumulant
l’impact de ces deux supports, l’UBM sera de 27,6 soit 27.6 % de
la population exposée une fois au thème de l’emploi. En
synthèse, 1 UBM correspond à 1% de la population
potentiellement exposée à une page ou une minute
d’information sur un sujet dans les médias. Avec 100 UBM, tout

1 Kantar Media propose aux marques, annonceurs, institutions, agences de
publicité et de RP, d’optimiser le pilotage de leur stratégie marketing et de
communication dans un univers des médias en constante évolution. Veille
publicitaire et éditoriale, études de réputation et de positionnement de la
marque, décryptage du comportement et de l’engagement du consommateur,
analyse des stratégies d’influence sur internet : Kantar Media met à leur
disposition des services de veille média et d’analyse qui intègrent l’étude du
Paid, du Owned et du Earned Media. Partenaire de 22 000 clients, Kantar
Media traque plus de 3 millions de marques dans 50 pays.
20 LES RECHERCHES COLLECTIVES SUR LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE 2012
se passe comme si chaque français de 15 ans et plus avait été
exposé une fois au message. Les UBM des faits d’actualité
dépassent régulièrement 1000 UBM en 24 heures, soit 10
messages par individu.
Le baromètre UBM est mis en œuvre quotidiennement sur un
panel qui comporte aujourd’hui 110 supports (43 supports de
Presse écrite, 54 tranches d’information Radio et TV, 13
de Presse en ligne) leaders en terme d’audience. Permanent et
réactif, cet outil de pilotage de la communication est utilisé par
les grandes entreprises et les institutions.

21
INTRODUCTION