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à notre prochain RDV

De
76 pages

Un voyage dans le passé, pour ce rendez-vous rempli de saveurs d’enfance et des méandres de la vie, afin de retrouver tout ce qui nous a fait grandir et devenir un adulte. Une plongée dans des souvenirs qui permettent maintenant de se regarder dans cette glace avec seulement les reflets des poissons d’argent qui scintillent avec tous ces échanges. Pour garder surtout en nous cette complicité, qui est le véritable cadeau de la vie donné par toutes les personnes rencontrées et aimées.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-94199-2

 

© Edilivre, 2015

à notre prochain RDV

 

 

Le passé c’est comme utiliser ses rétroviseurs.

Il est bon de jeter un regard dedans et de voir tout le chemin parcouru mais ne regarde pas trop longtemps, tu vas manquer tout ce qui est devant toi et il y a encore de belles choses à découvrir quelque soit ton âge.

Pourquoi mes pensées s’égarent peut être dans cette après midi d’automne douce avec ce temps maussade, entre chien et loup, où les nuages font un ciel dégradé de tons gris à noir et qui me replonge loin dans ces années passées.

C’est vrai je suis à la retraite depuis quelques semaines et à l’aube d’une nouvelle vie où les projets se bousculent. Que vas-tu faire ? Tu risques peut être de t’embêter, voilà les questions qu’on te pose dès ton pot de départ. On verra :

Je vais m’organiser.

J’ai plein de projets.

Ne t’en fait pas.

Je te fais confiance.

C’est vrai, ils sont sympas tes collègues de bureau, mais en déballant tous les cadeaux que l’ont t’as remis tu as l’impression d’être sorti de la vie active et du stress, mais surtout de vieillir d’un coup.

En franchissant ce cap, ce qui n’est pas le cas dans ton esprit. Tu vas pouvoir t’exprimer différemment. Tu te projettes dans une nouvelle période et tu espères celle qui sera la plus longue possible.

Tu te fixeras toujours un prochain rendez vous, qui sera une nouvelle étape pour chaque jour de ta vie, et toujours un nouveau projet pour le lendemain. Ainsi passera ton existence.

Il y en aura un qui sera le dernier RDV, celui-ci tu ne pourras jamais le préparer, ce sera l’inattendu. Celui qu’on croise au dernier instant et surtout que l’on espère, bien avant la dernière cassure, être le plus loin possible.

Mais avant tout, je referais bien ce retour dans le passé, ce n’est pas de la nostalgie mais toutes les personnes qui nous ont accompagnées et que tu as aimé, avec eux je parcourrais bien à nouveau un autre bout de chemin ; dans ces quelques lignes en exprimant ces pensées, ces flashs de ces bons moments, une ambiance et cette odeur qui te replonge il y a quelques années.

D’abord mes parents, fils d’ouvrier et d’ouvrière mariés après cette guerre inutile de 39/45 où les gens ont perdu leur identité et ceux qui la gardaient, perdaient la vie pour la défendre.

Aurons-nous assez de mémoire de cette période horrible dans plusieurs générations, pour qu’elle ne se résume pas seulement à quelques pages dans un livre d’histoire ? Pour le sacrifice de plusieurs millions de personnes dans des circonstances horribles, en oubliant tout d’abord la dignité humaine, le respect, qu’on doit à l’autre en faisant abstraction de sa religion, de sa couleur et de toutes les autres différences entre nous qui ne doivent plus créer de frontière.

C’est vrai que dans ce milieu modeste où le travail reposait encore sur des valeurs morales et le respect de la personne, je fus choyé et en plus avec le bonus d’avoir deux mères.

Je n’étais pas un cas unique, mais comme d’autres personnes, j’avais la chance de pouvoir piocher dans ces deux cultures. C’était à moi de cueillir et de prendre toutes ces connaissances, tous ces câlins et cette tendresse qui étaient là, ancrés dans leurs mains et aussi leurs sourires.

A deux ans, souffrant de bronchites à répétitions, à une époque où les antibiotiques n’étaient pas monnaie courante, un médecin conseilla à mes parents de m’éloigner de la ville.

Ce fut ma première chance, ma marraine Aline m’accueilli à Malleval.

Non mariée et belle, elle avait peut être laissé passer l’amour de sa vie quelques années auparavant, je l’appris après, plus grand.

Je compris alors la photo du grand beau jeune homme que j’avais découverte cachée dans sa chambre, elle était froissée, pour avoir été souvent manipulée, serrée et peut être mouillée de larmes et de regrets.

Elle rayonnait avec cette tendresse partagée et je représente peut être encore même maintenant peut être un fils tant désiré.

Quelle chance d’avoir tiré le bingo !

Passionnée d’art, de peinture, je découvris avec elle et avant les autres des musées et des expositions. Il reste dans mes souvenirs, la visite d’une rétrospective de Picasso à Lausanne.

Je n’étais pas très grand, mais perdu au milieu de ces salles, avec mes yeux grands ouverts.

Je découvrais ces tableaux. Je voulais déchiffrer ces dessins, ces formes, la signification. Le cubisme c’est vrai ce n’était pas trop logique dans mon esprit de petit. Heureusement, elle était là, me commentant chaque tableau doucement à l’oreille pour ne pas nous faire remarquer.

Depuis ce jour, j’ai un œil différent sur la peinture. Chaque fois que je vois le tableau d’un Maitre, j’ai un flash dans mon esprit, je me retrouve 60 ans en arrière, dans ces grandes salles au sol de marbre, avec cette ambiance feutrée, ces mots murmurés et tous les gestes qui te montrent les détails pour découvrir ainsi la pensée et l’œuvre du peintre.

Mes débuts, ma petite enfance, sur la route du Sud est ma découverte de Malleval, qui reste caché au milieu de mes souvenirs. C’est un village classé médiéval surélevé pour se protéger des envahisseurs, sur les contreforts du massif du Pilat.

On l’a vu récemment dans un reportage du Journal de 13 H de Jean Pierre Pernaut, c’est une référence qui fait la fierté aussi de ses habitants.

J’aime ces pierres et pour moi il reste le dépaysement total avec déjà un pas de franchi vers le Midi, sa végétation, ses vignes poussant au milieu des caillasses, et ne donnant pas n’importe quoi, mais un cru du St JOSEPH, une appellation contrôlée.

Des rigottes, des fromages exclusivement de chèvres frais ou secs mais séchées avec amour par Thérésine dans son garde manger portatif, constitué d’un cadre en bois et d’un grillage à mailles fines, sorti à l’ombre suivant les saisons, pendu et balayé par les jours de vent chaud.

Je me souviens, cette grand-mère d’un ami de mon enfance, veuve, aux cheveux blanchis par le temps, attachés en chignon et toujours habillée d’une robe noire et d’un tablier gris, dont la poche était le refuge et le fourre-tout de toutes ses activités journalières.

La peau burinée par le soleil, ses rides étaient belles car elles amplifiaient l’éclat de son sourire.

C’était un visage nature qui avait vécu et qui resplendissait avec le temps.

Les crèmes de beauté n’étaient sûrement pas de très loin, sa préoccupation quotidienne.

Elle avait eu raison, la nature l’avait façonnée. Elle était belle à mes yeux d’enfant, elle le restera toute ma vie.

Dans son fameux tablier, elle cachait dedans la consolante, une bouteille d’eau de vie maison, qu’elle venait partager à l’heure du café avec mon arrière grand-mère Bonne Maman et sa fille Tante Jeanne. C’était un vrai moment de convivialité, avant de partir garder ses trois chèvres dans les champs (bien sur celles qui produisaient l’excellent lait pour ces rigottes).

J’aimais m’évader avec elle au milieu des champs.

Toujours accompagnée de son tabouret, qu’elle posait parfois près d’un noyer à la recherche de la fraicheur ou d’une ombre passagère, je restais là à côté, souvent assis dans l’herbe à respirer toutes ces odeurs variées, suivant les différentes saisons, la terre humide après la pluie et d’autres toutes portées par les brises du vent.

Il me reste ces senteurs, ces ciels de printemps, de fin d’été et d’automne, ces ambiances dans cette douceur, que je partageais avec elle, et aussi les fameuses rigottes bien sèches au moment du goûter.

Alors elle sortait du fameux tablier, son opinel, grattait de la pointe la croute légèrement bleuie provoquée par le séchage et nous les dégustions avec un morceau de pain. Il me remonte au fond de la bouche des saveurs en écrivant ces quelques lignes, toutes ces senteurs de mie de pain mélangées qui explosaient dans mon palais.

Elle me fit aussi découvrir, en allant emmener les chèvres dans les champs, les champignons des prés.

Les mousserons qui poussent groupés au milieu du terrain, souvent là où les herbes représentent des touffes plus vertes, mais pas très hautes. Puis séchés sur une page de journal et ensuite replongés quelques minutes dans une casserole d’eau pour les faire revenir.

Prendre trois œufs battus, puis mélanger les mousserons avec quelques herbes odorantes et feuilles de basilic, le tout pour obtenir une omelette d’enfer, avec des saveurs qui vous envahissent la bouche et qui restent gravées pour des lustres dans ta mémoire.

N’étant pas riche financièrement, elle possédait déjà toutes les richesses données par la nature. Nous partagions ensemble cette omelette, ça ressemblait à un repas de dimanche où de fêtes.

Thérésine, je repousserais bien de suite, la chaise de paille jaune autour de cette table avec cette nappe plastique à fleurs près du poêle à bois où restait dans un coin la cafetière de métal cabossée par le temps où le café avait le gout du bonheur, de l’hospitalité et du partage.

Je crois que l’on donne plus quand on n’est pas riche, car cela sort vraiment du cœur, ça nous explose à la figure avec ce sourire en plus.

Puis c’était son jardin autour du vieux puits circulaire, son petit banc de...