Afrique, la voie du cannibalisme culturel

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Français
244 pages
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L'Europe d'aujourd'hui s'alimente de sa romanité depuis la période républicaine et impériale. Quelle est la source commune identitaire de l'Afrique identifiable au classicisme européen ?

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Date de parution 01 janvier 2012
Nombre de lectures 23
EAN13 9782296479876
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Afrique, la voie du cannibalisme culturel
Paulin Hounsounon-Tolin Afrique, la voie du cannibalisme culturel
À la recherche de la source commune identitaire de l’Afrique
© L’Harmattan, 2011 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-55904-2 EAN : 9782296559042
À la mémoire des feus Anagonou Joseph Goudjèhoun et Rufin Kindo Goudjèhoun Hounsounon qui avaient compris, dès notre enfance, l’intérêt à aller à l’apprentissage des savoirs de l’homme blanc. Lucien et Lucienne, qui ont quitté cette terre avant l’âge de la réflexion
REMERCIEMENTS
Je remercie une fois encore les différents responsables de la maison d’éditions L’Harmattan à divers niveaux, en particulier mon collègue et ami Monsieur Roger Mondoue, directeur de L’Harmattan Afrique / Cameroun et enseignant à l’université de Douala, pour avoir accepté d’éditer cet ouvrage.Je remercie également les différents responsables des revues scientifiques dans lesquelles, les études présentées ici ont d’abord été publiées, et qui ont autorisé leur reprise en partie ou en intégralité dans cet ouvrage. Que ma mère, Adeline Ahouanlèdé née Pierre Agligan Videgnonsin Agbanmadahankou,ici ma reconnaissance pour avoir supporté reçoive son impatience de voir vite son petit ‘‘Akowé’’ (clerc) commencer à travailler afin que... Qu’elle trouve ici les fruits des longues années d’études à cause desquelles toutes les propositions de très belles filles ont été renvoyées aux calendes grecques depuis le fameux Cours Moyen e 2 année, CM2, qui était à l’époque, et dans la contrée de Zado, une étape très importante. Je salue le professionnalisme, le niveau de culture générale et la maîtrise de la langue de Jean-Jacques Rousseau des instituteurs d’alors qui leur ont permis de former de jeunes apprenants dont les niveaux de culture générale et de maîtrise du français, à la fin du CM2, dépassaient ceux des brevetés d’aujourd’hui, voire des bacheliers de nos jours.
Les noms de deux d’entre eux me viennent spontanément à l’esprit. Il s’agit de feu Cyrille Gnansounou, ancien directeur de l’École primaire publique mixte de Zogbodomey, qui m’a appris l’importance du subjonctif et du conditionnel dans l’expression de nos idées et des événements, et Vincent Adjakle, premier instituteur, et le seul d’ailleurs du court instant d’existence, de l’École catholique de Zado-Hlanhonou, qui me mit le crayon à la main.
Enfin, j’ai gardé un souvenir inoubliable de deux de mes professeurs du secondaire à Bohicon : Marcelin Kitcho, professeur d’histoire-géographie, et Hubert Azonsi, professeur d’histoire-géographie et de français.
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Le premier m’apprit qu’après la lecture d’une dissertation, si l’on constate qu’en enlevant une phrase, le texte gardera toujours son sens, il convient de l’enlever. Le second m’apprit les concordances de temps : - Je cherche le chemin qui conduise à la forêt - Je n’ai pas trouvé le chemin qui conduise à la forêt - Pourriez-vous m’indiquer le chemin qui conduise à la forêt ? - J’ai trouvé le chemin qui conduit à la forêt Feu Cyrille Gnansounou, MM.Marcellin Kitcho et Hubert Azonsi, m’ont donné le goût de la langue française sans lequel j’aurais dû arrêter mes études en classe de troisième à cause de ma nullité en mathématiques, en physique et en chimie.Mais les notes de la dictée, de l’analyse grammaticale, de la dissertation, la réflexion donc, et de l’histoire et géographie, comblaient les trous de ces trois disciplines dont je confondais même les cahiers de cours.
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INTRODUCTION
‘‘Il y a des problèmes généraux qui intéressent tout le monde, ceux-là, un philosophe doit être en état de les traiter dans la langue de tout le monde’’. Henri Bergson ‘‘Quand on danse avec un aveugle, il convient de le piétiner de temps en temps afin qu’il puisse savoir qu’il n’est pas seul’’. (Prov. Africain) ‘‘Quiconque accepte de se faire oublier au partage de la cendre, se fera oublier au partage du sel’’. (Prov. Fon du Bénin) ‘‘Quiconque garde silence sous un arbre, recevra les fientes des oiseaux sur la tête’’. (Prov. Fon du Bénin) Les études rassemblées ici sous le titre de ‘‘Afrique,la voie du cannibalisme culturel’’ (À la recherche de la source commune identitaire de l’Afrique identifiable au classicisme européen), rédigées et publiées de 2003 à 2011, et bien que n’étant pas destinées à l’origine à cette fin, visaient au moins trois objectifs principaux : ‘‘la non-singularité de façon absolue des représentations du continent noir face aux grandes énigmes de l’existence humaine’’, ‘‘la modernité pas comme un vain mot’’ et ‘‘la connaissance comme la meilleure action. Connaître, c’est agir, ou du moins, la connaissance est la voie indispensable à l’action déterminée et réfléchie’’.
‘‘Le postulat d’une épistémologie propre au continent noir et le devoir épistémologique universel’’ et ‘‘la singularité de l’Afrique’’ à travers la différence qu’il y aurait entre les difficultés rencontrées par l’évangélisation de l’Afrique et d’ailleurs, suffisent pour justifier les deux premiers propos. Quant à l’affirmation selon laquelle, connaître, c’est déjà agir, elle peut déconcerter bien de gens, pas seulement de niveau du pecus vulgum. En effet, le propos semble trop hardi et les milieux qui ne comprennent pas bien le sens du point de vue selon lequel on n’a jamais le vent favorable si l’on ne sait où l’on va, ne pourraient pas accepter la priorité de la connaissance sur l’action.
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Mais on peut supposer qu’un penseur comme Hannah Arendt, par exemple, en dénonçant avec la dernière rigueur le penseur professionnel qui trouve son plaisir uniquement dans les fallaces métaphysiques, qui finissent toujours par absorber l'agir dans le penser, ne montre pas moins l’importance de la théorie. Elle est considérée comme l’une des grandes penseures et théoriciennes de l’époque contemporaine. Nous sommes ici sur le terrain de la réflexion, de la recherche. Certes, le travers du penseur professionnel est à condamner. Mais un intellectuel universitaire n’est pas un militant de mouvements comme ceux des mouvements altermondialistes, des mouvements écologistes, des mouvements des droits de l’homme, des mouvements féministes.
Même parmi ceux-ci, on peut citer l’exemple particulier de Simone de Beauvoir qu’on peut considérer à la fois comme une grande penseure et une militante du mouvement féministe. Et pourtant, comme le fait remarquer Mariette Sineau dans son articleSexisme:, écrit en 1979 1 ‘‘Nommer, c’est dévoiler et dévoiler, c’est déjà agir’’ .
Nous sommes des intellectuels universitaires et notre champ d’action est le domaine de la réflexion. Tandis que notre rôle, en tant qu’universitaire, à la différence de celui de l’intellectuel dont ‘‘le fonds de commerceest de redire l’opinion dominante en « causant bien »’’,est avant tout de rétablir ce que nous croyons être la vérité, qu’elle soit 2 agréable ou non’’ .Que l’on veuille nous écouter ou non, est un autre problème.
En tant que chercheurs et universitaires, nous ne pouvons donc pas avoir pour tâche de redire l’opinion dominante en « causant bien ». Nous devons avoir comme mission de rétablir ce que nous croyons être la vérité, même si cela doit aller contre la clause de style habituel.
C’est pourquoi j’ai donc, pour ma part, choisi d’indiquer et d’analyser l’existence d’autres pistes de réflexion concernant lesrealiadu continent noir et que les intellectuels ne prennent pas toujours en considération. Puisqu’il s’agit pour moi de réfléchir sur la situation de l’Afrique sub-saharienne en évitant de causer bien à propos de l’opinion dominante comme l’intellectuel, j’ai donc entrepris de proposer aux intellectuels et 1 InDictionnaire encyclopédique de l’éducation et de la formation, Paris, Nathan, 1994, p. 914, col. B. 2 Voir Rémi Brague,Au moyen du Moyen Âge. Philosophies médiévales en chrétienté, judaïsme et islam, Nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Flammarion, Champ essai, 2008, p. 9.
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