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Agir pour, sur et avec autrui

De
304 pages
La notion de couplage d'activités entre sujets semble pertinente pour rendre compte de la polyfonctionnalité des interactions humaines au-delà de leurs intentions. Telle est l'hypothèse de cet ouvrage dont les auteurs s'emparent de façon personnelle au regard de leurs terrains.
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Telle est l’hypothèse fondatrice de cet ouvrage, dont les auteurs s’emparent de façon personnelle au regard des terrains de recherche convoqués.
Jean-Marie BARBIER, Guy BERGER, Martine DUTOIT, Jérôme GUÉRIN, Jasmine HYPPOLITE, Dominique JOURDAIN, Myriam LÉONARD, Sylviane MARTIN, Elisabeth NELLO, Emeric OFFENSTEIN, Thierry PIOT, Eliane ROTHIER-BAUTZER, Catherine SICALIDOU, Joris THIEVENAZ, Kim VU.
Ouvrage coordonné par Jean-Marie Barbier et Joris hievenaz
Agir pour, sur et avec autrui
Les couplages d’activités
Action & Savoir
Les couplages d’activités
PréFace de Guy Berger
Agir pour, sur et avec autrui
Action et savoir – RECHERCHE ACTION ET SAVOIR – RECHERCHE est une collection d'ouvrages de recherche s'adressant particulière-ment à des professionnels et à des chercheurs intéressés par la théorisation de l'action dans les champs de pratiques, et par les rapports entre constructions des activités et constructions des sujets. Elle est fondée sur l'hypothèse de liens étroits et réciproques entre engagement de l'action et production de savoir. Elle est dirigée par J.-M. Barbier.Dernières parutions Long PHAM QUANG,Émotions et apprentissages, 2017. Thierry PHILIPPOT (coord.),Les traces de l’activité. Objetspour la recherche et outilspour laformation, 2016. Maude HATANO-CHALVIDAN et Maryvonne SOREL(dir.), La notion d’identité. Usages et sens dans le champ de la formation et de l'éducation, 2016. Kristine BASLEV, Laurent FILLIETTAZ, Solange CIAVALDINI-CARTAUT et Isabelle VINATIER,La part du langage : pratiques professionnelles en formation, 2015. Françoise CROS, Edwige BOMBARON et Marie-Laure VITALI,Doctorat et monde professionnel, 2014. Jérôme GUERIN,Activité collective et apprentissage. De l’ergonomie à l’écologie des situations de formation, 2012. Ludovic BOT, Marie-Laure VITALI,Modélisation et activités des ingénieurs, 2011. Patrick KUNEGEL,Les maîtres d’apprentissage. Analyse des pratiques tutorales en situation de travail,2011. André ZEITLER,Les apprentissages interprétatifs, 2011. Jean-Marie BARBIER, Christian CHAUVIGNÉ, Marie-Laure VITALI,Diriger : un travail, 2011.
Ouvrage coordonné par Jean-Marie Barbier et Joris Thievenaz
Agir pour, sur et avec autrui
Les couplages d’activités
Comité scientifique Les contributions présentes dans cet ouvrage ont fait l’objet d’une expertise réalisée par un comité de lecture externe et international composé de Guy Berger (Professeur émérite, Université Paris VIII), Daisy Cunha (Professeure, Faculdade de educação, Universidade federal de Minas Gerais, Brésil) et Frédéric Saussez (Professeur, Université de Sherbrooke, Québec). Il a donné lieu par ailleurs à un comité de rédaction composé de Jean-Marie Barbier, Martine Dutoit, Joris Thievenaz et Marie-Laure Vitali. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13418-5 EAN : 9782343134185
SOMMAIRE
Préface,Guy Berger........................................................... 7 Introduction,Jean-Marie Barbier et Joris Thievenaz.............19 Liminaire. Le concept de couplage d’activités entre sujets,Jean-Marie Barbier.................................... 23
Première partie. Ce que produisent les couplages d’activités 1. L’accompagnement par les pairs : une intervention sur la délibération d’autrui,Martine Dutoit..................... 39 2. Le couplage d’activités comme situation d’apprentissage réciproque,Joris Thievenaz................... 59
Deuxième partie. Agir sur autrui et champs d’interaction 3. Susciter l’engagement : l’interaction délibérative en ergothérapie,Emeric Offenstein.................................. 85 4. Agir au nom d’autrui : le cas de la négociation collective,Jasmine Hyppolite........................................ 105 5. Revenir sur son expérience : figures de managers,Kim Vu123 ....................................................
Troisième partie. Espaces investis, espaces offerts 6. Investir un dispositif d’expression graphique, Sylviane Martin.............................................................. 145 7. Construire un outil commun,Dominique Jourdain... 169 8. S’ajuster pour faire sa place,Elisabeth Nello............ 189
Quatrième partie. Interactivités, interactions et rapports de place 9. Faire autorité : le rapport police-population, Myriam Léonard...................................................................... 211 10. Inverser les rapports de place : une situation de vidéoformation innovante,Jérôme Guérin........................... 237 11. La relation conseiller-client : un rapport asymétrique dans une relation commerciale conventionnelle, Catherine Sicalidou................................................................ 261
Postface. L’agir avec autrui, un autre regard, Eliane Rothier-Bautzer et Thierry Piot.......................... 287
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Préface
* Guy Berger
Je souhaiterais partir de ma position de préfacier, non pas celui qui sait et qui présente un ouvrage du point de vue de son savoir antérieur et de sa mise en perspective, mais du point de vue qui a été le mien en réalité, c’est-à-dire de premier lecteur. Dire ce qui m’intéresse, me dérange, ce qui me change ou me trouble dans ce qui est proposé.
Partir, tout d’abord, de la réponse que Deleuze etGuattari (1991) font à la questionQu’est-ce que la philosophie ? :« La philosophie est l’art de former, d’inventer et de fabriquer des concepts. » Cette définition s’applique et convient à votre recherche. On a même le sentiment que l’ensemble de vos travaux s’inscrivent dans l’ordre d’une langue, d’unesyntaxe, et on comprend parfaitement d’ailleurs pourquoi vous avez pris soin par ailleurs de publier unVocabulaire de l’analyse de l’activité.
Les notions se trouvent en quelque sorte déplacées à partir de cette entrée générale de l’activité. Dans la plupart des sciences, qu’elles soient de l’humain ou sciences physico-chimiques, elles s’inscrivent dans un langage relativement général, comme celui du déterminisme, de la causalité ou du rapport sujet/objet. Vous faites une autre proposition, dans une autre langue. vous mettez en cause la notion même de détermination : dans votre approche, le sujet se définit constamment à travers la façon dont il dessine les objets qui sont les siens.
* Professeur émérite, Université ParisVIII.
Ainsi, ce sont les enfants qui nous font parents, ce sont les élèves qui nous font maîtres, l’environnement n’est pas simplement un milieu inerte qui imposerait ses déterminismes au déterminisme des personnes qui l’habitent, il est un partenaire, un coproducteur de notre activité. Et simplement déjà ce passage se définit dans un ensemble d’inscriptions : -dans des modèles comme ceux de Varela, où la notion d’énaction modifie complètement le rapport entre sujet et objet ; -dans le paradigme de l’action située ;-des approches nouvelles comme celle decours d’action. Ce qui m’apparaît dans ces différentes notions, c’est qu’elles se substituent à des notions générales qui se sont imposées dans le champ des sciences de l’Homme ou des sciences de l’Humain, selon la formule qu’on utilise, et qui sont au fond des notions particulièrement molles :-comme la notion derelation: il est évident, au fond, que le sadismeest une relation, quel’amourest une relation, que la vente de cacahuètesest une relation… -comme la notion d’accompagnementqui est devenue un terme presque générique pour désigner des formes d’interventions : c’est évidemment l’accompagnement musicallequel il s’agit de dans se mettre en retraitpour laisser la mélodie entre les mains (ou entre les lèvres) de celui qui chante et qui joue le solo. Ou c’est l’accompagnement des gens en prisonau contraire, il où, s’agit d’être à la fois proche de lui et représentant la loi qui le contraint. C’est lecompagnonnagesuppose à qui l’inverse le partage du pain et donc un rapport d’égalité. Ainsi à travers la notion d’accompagnement on a tous les
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cas de figure depuis celle du pouvoir à celle du retrait relatif, de la mise entre parenthèse. Tout le monde considère par exemple qu’il y a interaction entre le champ de l’affectivité et le champ de la cognitivité mais sous la forme de deux univers étrangers l’un à l’autre, qui en un certain sens interfèrent. Vous avez essayé de montrer comment l’affectif, l’émotion est « moment » de la pensée cognitive, un élément de cette position. En particulier vous ne cherchez pas simplement à trouver d’autres concepts généraux qui organisent d’autres types de rassemblement, vous cherchez surtout à mettre en évidence desconcepts opératoires. Ici le concept de couplage est particulièrement intéressant, par ce qu’il est de ceux-là ; il permet de découvrir de nouveaux objets, de nouvelles interactions, de nouvelles configurations. Or nous avons tous l’habitude de penser à l’intérieur de typologies préconstituées, des typologies professionnelles qui ont des dimensions idéologiques très fortes. Les métiers du service, les métiers de l’aide, les métiers de l’éducation et de l’accompagnement, les métiers de la contrainte, et les métiers du pouvoir politique ne sont pas simplement des métiers plus ou moins étrangers l’un à l’autre correspondant à des niveaux sociaux différents, ils ont aussi des aspects idéologiques parfaitement contradictoires.
Il existe des classifications par discipline qui comprennent des éléments pas simplement intellectuels mais aussi idéologiques : comme le psychologique, l’économique, le social, la gestion, etc. En fait, on a des univers qui se récusent mutuellement et qui se battent pour occuper des valeurs plus ou moins grandes, dans des échelles idéologiques. Cette approche par l’activitéparait intéressante parce qu’elle me propose une sorte de traversée de ces typologies, indifférente aussi bien à leur valeur idéologique ou sociale (au sens le plus banal du terme) qu’aux différentes coupures épistémologiques
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