//img.uscri.be/pth/422b95fa8b4ea3a0d328ea6898d3bd4cc8951de2
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 12,00 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Amour, islam et mixité

De
120 pages
Ce livre tente de comprendre comment les couples musulman/non-musulman parviennent à faire cohabiter leurs différences et créer une vie commune stable et harmonieuse. Après avoir esquissé les principales conclusions des théories relatives aux processus interculturels, cette étude amène le lecteur à travers l'analyse approfondie de quelques cas au cœur des processus de construction des couples mixtes : des difficultés du travail sur soi de chacun, des fermetures et des ouvertures réciproques.
Voir plus Voir moins
Les couples forém sedm suluamsnt  e nde monulussnamved nnei tnetiverela coument sadartn eocsnl  eteexntn.éeopurec ruoP elpuoc s aidevsr sodtnl doriginité est esue te er eigil, le dleltcuelurd  eleiutsc ée aire à fenirparvd sel retibahoc crt  eesncreféif enuitasiafstnasr éee une vimmconeiaer.sC moemtn chacun des parteréfér sd à secngonée  slet encid fiersltn séfernivees uulturs cêm m lesls-ies lsemmtno eL ?oh sue les fiation qedn gécogoqieu sles ilt-ons anlmusum seL ? semme mus non les queuqseoligem s sêmes resllesivctpe leuQ ? uoj elôrns ?ulmament Comne tp sèafimel sm la pentiarlicud re snat ecavare la religion eng nérélae  tlsiœc ua tnenèma sudel aiavtru  dur e ?oruqcépilir s notionquesCes uetun er.étiaL uinddt s oucoy tcoi nedc notsurcultural linteroisnlcsué utd sencip pri conalestnys enused esèhà d orabs eravtrutersl .nEusti,eocessus interculalerevitua srp xs de tetorhés iemènele a, elplesc uouqseuqled  eiendforopp aselyanal srevart à uples min des cotsurtcoi sedc noocprsuesr œus de ruec ua el tcelertu ouv dess eteu.srpqoéricer souodstriCha riMa as unetbo a uols difcuxtes, dertvaia ltlséd  u cdecuhar sui soemreerutd ,nf sene uoctn eovedc  prélumee sesenticnirp sjus xuap rdes ethercheecamtîirese  nosicologie à lUnivetisrac élohteuqie  duvLon.aie  Lsellerutlucretnis ontilares dee  trF.ge B leohsr50  17,  -. 16usumnamltarg noilt miimue qon sélamituql  arpbogique ete en Bel metm laéitixAsi ,ruom06-8001--283w.wwecnaNBSI9 : 2-87a.bedetioisna-acedim
s
Amour, islam et mixité
L
n
a
 c o n s t r u c t i o n d e s r e l a t i o
a u s e i n d e s c o u p l e s
m u s u l m a n / n o n - m u s u l m a n
Aou, sl t x
La construction des relations au sein des couples musulman/non-musulman
t
Islams en changement
Collto dg  Fl Dsstto,  ollboto v l dto du Cso (UCL)
Ctt ollto vs à st t dffus uès d’u lg ubl ds tvux ott su l’sl v u ttto  -tulè ux hgts  ous ds l od ot - o. Ls txts sot ssus d hhs uvsts, d os d îts ou d olloqus tulèt ogux ou l t tud, l t tttv ou lu ot d sythès. Ls tvux sts ovt d dos dsls dvs : thoolog, soolo -g, syholog, dot, ss oltqus, ss ds l -gos, slolog.
1. Fl DASSETTO, La rencontre complexe. Occidents et islams, 4. 2. Fl DASSETTO, Discours musulmans contemporains. Diversité et cadrages, . 3. Youous LAMGHARI, L’islam en entreprise. La diversité culturelle en question, . 4. M CHRISTODOULOU, Amour, islam et mixité. La construction des relations au sein des couples musulman/non-musulman, .
Am, m e mxé
La construction des relations au sein des couples musulman/non-musulman
Maria Christodoulou
© HARMATTAN / ACADEMIA s.. Gd’Pl  B-4 Louv-l-Nuv
 D//4/4 ISBN : 978-2-8061-0083-2
Tous dots d oduto, d’dtto ou d tduto,  qulqu od qu  sot, svs ou tous ys ss l’utosto d l’utu ou d ss yts dots
Imprimé en France
www.en-cem.be
RemerciementsJe tiens à remercier Alain Reyniers, pour sa disponibilité, ses conseils précieux et son inaltérable sens de l’humour. Je remercie chaleureusement Brigitte Maréchal, pour la confiance manifestée à l’égard de mon projet de recherche, a insi que le Centre inter -disciplinaire d’études de l’Islam dans le monde contemporain (CISMOC) sans lequel cette publication n’aurait pu avoir lieu. J’exprime également ma gratitude à Felice Dassetto, qui a accepté de publier ma recherche et qui m’a accomp agné tout le long du processus. Je tiens à exprimer ma reconnaissance à tous mes interlocu -teurs sans qui ce travail n’aurait pas abouti. Je les remercie pour le temps et la confiance qu’ils m’ont accordée et pour l’accueil chaleureux qu’ils m’ont assuré. Je témoigne également toute ma sympathie à Zaffira et Véronique, mes deux intermédiaires et amies, qui m’ont soutenue dans ma recherche d’interlocuteurs. Enfin, je remercie mon frère Georges, pour la relecture atten -tive de mon travail.
Introduction
Comment se construit la vie commune de deux personnes ne partageant pas les mêmes références culturo -symboliques ? Quelle importance joue l’identité ethnoreligieuse et ethnocult u-relle dans le couple ? En quoi, finalement, l’étude des couples musulman/non musulman en particulier est -elle aujourd’h ui intéressante ? Voilà une série de questionnements à l’origine de ce travail qui espère offrir des éléments de réponses et susciter de nouvelles réflexions sur la mixité conjugale et sur l’identité musulmane. L’objectif de cette recherche est donc d’apporter une réflexion sociologique sur la manière dont les références culturo -symboliques et la culture d’origine 1  de chacun des partenaires – les descendants d’immigrés musulmans nés en Belgique et leur partenaire d’origine belge – s’expriment au contact de l’autre culturellement et religieusement différent d’une part, et de saisi r les processus interculturels par lesquels les partenaires gèrent ces différences d’autre part. La question de départ – comment se cons-truit l’interculturalité au sein des couples musulman/non musulman ? est certes générale mais résume assez bien le do uble intérêt pré-sent dans la problématique – la cohabitation inte rculturelle et l’identité musulmane – et marque le point de départ d’un cheminement intellectuel ainsi que l’émergence progre ssive d’une série d’interrogations plus affinées. En sociologie de l’immigration comme en sociologie de la famille, en ce qui concerne le cas français du moins, l’étude sur le couple mixte a avant tout porté sur la fonction intégratrice de la mixité conjugale. Elle a notamment trait aux relations entre les membres des familles immigrées, mais non pas sur les dynam i-1  Par culture d’origine, on entend la culture et les valeurs transmises par les parents immigrés à leurs enfants. On explique notre propos à l’aide du concept d’identité ethnoculturelle.
8
Amour, islam et mixité
ques conjugales, exclusivement étudiées dans le cas des couples dits français (Santel li, Collet, 2003 : 2-3). En revisitant les diffé -rentes approches du couple mixte adoptées auparavant, les auteures constatent que peu de place fut accordée au vécu subjec -tif de ces différences culturelles ou religieuses, ce que ce présent travail tente d’analyser. Après la Seconde Guerre mondiale, la Belgique, comme la plupart des pays européens ravagés par la guerre, a fait appel à une main-d’œuvre étrangère pour reconstruire le pays dans le cadre du plan Marshall. Suite à la tragédie minière survenue en 1956 à Marcinelle, dont une part importante des victimes était italienne, le gouvernement italien exprima de nouvelles exige n-ces en matière de sécurité sociale pour protéger ses travailleurs expatriés (Manço, 2000 : 18). La Belgique se dirige alors vers d’autres pays plus dociles avec lesquels elle signe des accords (Espagne, Grèce, Tunisie, Algérie, Yougoslavie) dont le Maroc et la Turquie en 1964. D’autres accords bilatéraux suivent avec l’Algérie en 1968 et la Tunisie en 1969. Des bureaux de recrut e-ment s’ouvrent au Maroc et, pour attirer les migrants, la Belgique autorise, contrairement à ses voisins, le regroupement familial (Attar, 1992 : 295). Il est intéressant de noter qu’une des raisons pour lesquelles la main -d’œuvre marocaine fut privilégiée p ar l’État belge au détriment de la main -d’œuvre algérienne lors des accords de 1964 était le caractère apolitique, religieux et soumis de la population marocaine (Frennet -De Keyser, 2003 : 11). En effet, durant cette période, l’islam n’est pas encore réell ement visible dans l’espace public ; quelques salles de prières ouvrent leur porte dans des bâtiments désaffectés et la pratique religieuse reste confinée dans l’espace privé (Manço, 2000 : 23), « ce qui a pour corollaire une certaine individualisation et privatisation de la pratique » (Sierens, 1991 : 106). Ce n’est qu’à partir des années 1970 que la dimension rel i-gieuse des populations marocaines et turques prend une vérit a-ble ampleur et ce, en raison du « réveil islamique » des pays musulmans et du dés ir des musulmans de réaffirmer leur iden -tité religieuse face à un Occident perçu comme envahissant (Dassetto, 2004 : 26). Au-delà des influences internationales tou -tefois, la visibilisation croissante de l’islam est surtout due à diverses autres raisons telles que l’impossibilité du retour au pays des travai lleurs immigrés, pour des raisons financières dues à la crise, et en conséquence la prise de conscience de l’installation
Introduction
9
définitive, la féminisation progressive déclenchée par la politique de regroupement familial et l’apparition de la « seconde » géné-ration de musulmans nés sur le sol belge qui réveillera l’inquiétude des parents quant à la transmission de la culture d’origine (Manço, 2000 : 24 ; Ouali, 2004 : 27 ; Bousetta et Maréchal, 2003 : 7 ; Torrekens, 2005 : 4). Les primo-migrants, les pères de cette « seconde » génération, touchés par le chômage suite à la crise pétrolière de 1973, et analphabètes pour la plupart, vont voi r leur rôle de pater familias  – fortement ancré dans la culture d’origine – s’effriter progressivement (Manço, 2000 : 24). Le besoin d’une structure religieuse répondra notamment à cette perte d’autorité des pères, qui prendront l’initiative de développer des lieux de socialisation religieuse, des associations de mosquées et des cours de Coran à destination de leurs enfants (Manço, ibid. ; Dassetto et Maréchal, 2007 : 9). Si la visibilité de l’islam s’accroît, c’est que la religion constitue le matériau principal par lequel les immigrés extra-européens vont affirmer leur consci ence ethnique et dénoncer l’isolement spatial et la marginalité sociale dont ils font l’expérience (Bastenier, 2004 : 233). Dans les années 1980, avec le développement de la notion d’intégration, le gouvernement belge décide de faciliter l’accès à la nationalité en établissant un code de la nationalité en 1984 permettant ainsi à l’État belge de mieux contrôler les flux migr a-toires et de doter les travailleurs immigrés et leurs enfants d’une identité juridique (Rea et Biétlot, 2007 : 150). En 1986, la comm u-nauté marocaine représente 14,5 % de la totalité des naturalis a-tions, contre 4,7 % pour la communauté turque et 1,6 % pour les Algériens (Attar, 1992 : 306). Les années 1980 sont également marquées par les revendications identitaires des jeunes de « seconde » génération en quête de reconnaissance sociale. Contrairement à leurs parents, primo -migrants qui considéraient leur installation comme provisoire et qui se contentaient de mener une vie convenable, les jeunes nés en terre d’immigration revendiquent une citoyenneté à part entière au même titre que les jeunes « blancs de souches ». Victimes de relégation scolaire et de discrimination professionnelle, les jeunes n’hésitent pas à extérioriser leur colère face à une société qui les rejette, à travers le rap et le tag mais aussi par des émeutes comme celles qui ont eu lieu à Bruxelles en 1991 (Manço, 2000 : 24-25 ; Ouali, 2004 : 36-37). Cependant, certains jeunes tentent de s’extraire des traditions religieuses trop rigides transmises par leurs parents, ori ginaires