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Anarchistes

De
122 pages

Le monde tel que nous le connaissons s’écroule. C’est sans doute la meilleure nouvelle de ce siècle. Partout, des révoltes naissent. Parfois meurent. Toujours existent.

Alors que la surveillance s’intensifie, que les États se surarment, et que, lorsqu’elles ne frappent pas, les matraques mutilent ou que, lorsqu’elles n’asphyxient pas, les lacrymos tuent, des hommes et des femmes font le choix de précipiter la chute d’une société dépassée. Nous, anarchistes, Black Blocs, antifas, « gauchistes », « casseurs », sommes les dernier.e.s défenseur.e.s du monde libre.

C’est en repoussant les lignes de CRS que nous repousserons les limites de cette société qui meurt.
C’est en brûlant tous les drapeaux que nous disperserons les cendres du Vieux Monde.
C’est avec les pavés des rues que nous construirons un monde nouveau.


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Graine, du Collectif LaMeute Anarchistes Derniers défenseurs du monde libre
La première des révoltes, c’est de voler un livre.
La seconde, c’est de le partager.
Partie I
Introduction au « Nous »
Violence.
Cela ne fait plus aucun doute pour beaucoup d’entre nous. Toutes les strates de notre société, ensemble réunies, se confondent en c ette définition :
La violence.
La violence physique. La violence morale. La violen ce des armes et puis celle des symboles. L’Histoire déborde d’exemples, chacun rép ondant à celui qui lui précède, nous démontrant que le bruit d’une balle sifflant n ’est que l’écho d’un mot qui résonne. Nous ne saurions qu’admirer, plutôt que de les plai ndre, toutes ces personnes qui se complaisent dans l’illusion de leur paix. Dans le s imulacre de leur démocratie. Dans leurs rêves de liberté. Qui conçoivent cette libert é et sans aucune difficulté lors de cet exercice, dans une pleine et entière exclusivité qu ant aux autres personnes qui en souffrent. Car, à l’heure où la Terre se figure non plus comme un puzzle d’États sur une carte, mais comme une gigantesque toile grâce à laq uelle les territoires sont interconnectés, qui peut encore prétendre ignorer c ette violence ? Qui peut encore prétendre tout ignorer des cris, du sang et des lar mes qu’il y a sous les bombes que nos États envoient ? Qui peut encore ignorer le rac isme, quand chaque jour qui passe voit s’allonger la liste des jeunes Noir·e·s que le s polices blanches, de tous les pays, massacrent impunément ? Quand les États occidentaux ne sont dirigés que par des soixantenaires blancs ? Qui peut encore ignorer le sexisme, quand les rues se parent de tapisseries publicitaires humiliantes, à l’effig ie de femmes-objets ? Quand sous ces mêmes tapisseries, ces mêmes femmes n’ont pas la li berté d’aller et venir sans être importunées de quelque manière que ce soit ? Quand les multiples diversités de genres ou de sexualités ne sont en aucune façon considérée s et reconnues ? Qui peut encore prétendre ne rien savoir de la pauvreté, de l’exclu sion, de l’injustice, quand même la plupart d’entre nous ne perçoivent pas dans l’année le dixième de ce que touche son patron dans le mois ? Quand on ne sait rien bouffer d’autre que des pâtes le midi, des pâtes le soir, alors qu’ailleurs, dans d’autres log is, des ventres se gavent de toutes sortes de trésors ?
Oui, nous admirons toutes ces personnes pour leur a udace. Seulement, nous les plaignons bien plus encore. Alors que les médias de tous types font circuler l’information, qu’elle soit étatique, mondaine comm e contestataire, il nous paraît impossible de ne pas avoir conscience de la violenc e du monde. De ce fait, si cette inconscience ne peut se concevoir, il apparaît, com me une évidence, que cette ignorance collective est tout à fait consciente et ne peut être autre chose que structurée, encadrée et délibérée.
Nous – encore faudrait-il définir ce nous dont il e st question –, nous sommes de celles et ceux qui combattent ces ignorances consci entes. Vous entendez souvent parler de nous, tandis que nous sommes incapables d e faire durablement du bruit
ensemble. Au journal télévisé, qui semble en quelqu e sorte nous adorer, vous entendez nos noms. Vous les lisez sur Twitter. Sur Facebook. Nous traversons de temps à autre vos fils d’actualité. Et il arrive, quand toutes le s strates de cette société violente sont parvenues à vous révolter, que vous partagiez nos i dées. Et pourtant, pour beaucoup d’entre vous, vous continuez à nous dénigrer dès qu e les temps deviennent trop difficiles à supporter. À longueur de journée, nous entendons les surnoms évocateurs que vous nous donnez.
Nous sommes les « casseurs ». Les « gauchistes ». L es « racailles ».
Nous sommes ces « adolescent·e·s puéril·e·s ». Ces « jeunes radicalisé·e·s » qui vous donnent de quoi commenter machinalement quelqu es vitrines brisées et des agents de police blessés en manifestation.
Nous sommes les « assisté·e·s ». Les « parasites » dont on vous a toujours parlé et qui vous permettent d’ignorer les causes, directes comme indirectes, des inégalités dont vous êtes victimes.
De nos jours, alors que l’état d’urgence se fait au ssi lourd que permanent, il ne se passe pas une seule heure sans que vous ne voyiez u ne fracture entre vous et nous. Entre de « vrai·e·s manifestant·e·s » et nous. Entr e la « vraie politique » et nous. Et pourtant, cette dichotomie devient tout à coup para doxale dès lors que, comme nous, il vous convient de fustiger une classe politique corr ompue. Dès lors que le « tous pourris » vous semble être une réalité inéluctable. Dès lors que, sur vos vies, l’emprise du patronat, de la finance, des banques et des dive rs propriétaires vous force à abandonner toute confiance envers quiconque prétend vous diriger. Vous rêvez de changement, de tout foutre en l’air, de les voir cr oupir en prison jusqu’à la fin de leur vie. Mais vous vous contentez – sans doute de guerr e lasse – de les réélire tandis que nous, nous descendons dans la rue afin de les démet tre. Tandis que nous prenons des espaces de discussion, des lycées aux facultés, afi n de penser ce que pourrait être demain. Et puis, sans doute le summum de toute cett e histoire, vous soutenez la police qui les protège, plus que les vôtres que celle-ci b lesse.
Vous pensez que ces politiques « trahissent » lePeuplene se soucient que de et leurs intérêts. Mais nous ne voyons pas depeuple. Nous en refusons l’idée. S’il y a bien des intérêts en jeu, ce ne sont pas ceux d’unpeuple,faussement uni, faussement indivisible, naïvement pensé comme trahi, bafoué, m anipulé. Non : il n’y a pas de peuple.Parler dupeuplereviendrait à reconnaître de quelconques similitud es entre les vies que ces personnes mènent et les nôtres. Cela r eviendrait à reconnaître un respect mutuel, régi par un sentiment sincère d’appartenanc e à une même communauté. En somme, cela reviendrait à nous reconnaître nous-mêm es dans le sacro-saint mythe de la République romantique, de laNation soudée. Et puis, quellenation ? Quelles balivernes ! Demandez-leur le prix d’une baguette d e pain et vous les verrez hésiter, se couvrir de ridicule. Quant à lanation, à l’idée même denation, elle ne porte en son sein que le rejet. Le rejet de tout ce qui ne convient p as à l’idée que chacun·e se fera de la
nationes et femmes politiques qui. Elle est autant à vomir que les palabres des homm prétendent la représenter et la servir.
Les seuls intérêts défendus, donc, sont des intérêt s deClasse.Ces hommes et ces femmes, qui ensemble prétendent pouvoir nous gouver ner, usant pour cela de la violence, celle de la matraque et celle des mots, n e se maintiennent au-dessus de nous que dans une reconnaissance mutuelle de ce qui est bon pour leurs intérêts. Pour ces personnes, il s’agit par-dessus tout d’empêcher que nous, qui leur sommes assujetti·e·s, nous reconnaissions commeclasse. Que nous reconnaissions en l’organisation de leur domination sur nous la cause commune de toutes les souffrances qui sont les nôtres.
CeNouss « Black Blocs ». Cesque vous pointez du doigt. Ces « anarchistes ». Ce « antifas ». Au mieux, ces « grévistes », quand ce ne sont pas ces « preneurs d’otages ».
Oui, cenous si t-être pas. Nousparticulier duquel vous ne vous revendiquez peu sommes celles et ceux qui font le choix de ne plus attendre que leurClasseleur donne leur pleine et entière liberté. Nous sommes celles et ceux qui, de manière autonome, par nous-mêmes, nous confrontons à elle au nom de n otre classe. Avec nos armes. Avec nos modes d’action. Avec tout ce qui peut bloq uer l’action de notreclasseson et emprise sur nos vies.
Vous appelez cela « guerre civile » ? Nous l’appelo nsGuerre de Classes!
Quant à ce secondnous,endonscelui qui rédige ces quelques lignes, nous ne prét nullement offrir une sorte de manifeste à la person ne qui les lira. Ceci n’est rien d’autre qu’un témoignage. Un regard. Une critique. Nous ne sommes d’aucun parti. « Notre parti est imaginaire. » Il ne s’agit d’aucune prome sse, mais plutôt d’un constat. D’autres parmi nous auront un regard différent. Une apprécia tion peut-être divergente de la situation et de l’état du monde. Ce qui fait notre force, ce qui fait notre classe, c’est bel et bien cette capacité à proposer des alternatives diverses à ce que la classe dominante nous impose.
Ce texte invite donc à voir...