August Aichhorn : cliniques de la délinquance

August Aichhorn : cliniques de la délinquance

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Description

La voie ouverte par ce pionnier de la pédagogie psychanalytique est essentielle : prenant toujours position, il s’oppose à ceux qui, souvent, stigmatisent les jeunes comme étant à l’origine des maux de la société ou des troubles institutionnels et ne proposent que la sanction comme réponse à l’expression agie de leurs troubles psychiques. En ce sens, une des lectures possibles de ses travaux est politique, comme l’indiquent les débats actuels récurrents sur ces questions.


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Date de parution 30 avril 2007
Nombre de lectures 78
EAN13 9782353714742
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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August Aichhorn :
cliniques de la délinquance

sous la direction

de Florian Houssier et de François Marty

 

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Table des matières

 

Présentation des auteurs

Note de traduction :

Introduction

PREMIÈREPARTIEPortrait d’un pionnier dans l’histoire de la psychanalyse

DEUXIÈMEPARTIEPsychothérapie du jeune délinquant

TROISIÈMEPARTIEPostface : un témoignage « On doit être intéressant pour les adolescents. »

QUATRIÈMEPARTIEBibliographie complète et chronologique des travaux d’A. Aichhorn

Notes

Bibliographie générale

 

Présentation des auteurs

 

Thomas Aichhorn, psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Vienne.

Florian Houssier, psychologue, psychanalyste, Société Psychanalytique de Recherche et de Formation, maître de conférences à l’université Paris V.

François Marty est psychologue, psychanalyste, professeur des universités, directeur du laboratoire de psychologie clinique et de psychopathologie, directeur de l'institut de psychologie, université Paris Descartes, président du Collège International de l'Adolescence (CILA).

Achim Perner, psychanalyste, travailleur social, Président de l’Institut August Aichhorn pour le travail social psychanalytique, Berlin. Co-éditeur de la revue Arbeitshefte Kinderpsychoanalyse und Jarbuch für klinishe Psychoanalyse

Traduction : Catherine Haussonne, Ana Zalvidéa

Note de traduction :

 

Comme les précédents éditeurs français ou étrangers, nous avons rencontré des difficultés de traduction animant des discussions parfois contradictoires. Ces difficultés sont dues soit à l’usage de la langue viennoise du début du vingtième siècle, relevant parfois d’un dialecte aujourd’hui disparu ; soit à la difficulté de définir précisément le sens de certains termes utilisés de façon équivalente puis différenciée, au fur et à mesure de l’évolution de la pensée d’August Aichhorn dans le temps.

Ainsi, les termes « asozial », « dyssozial »,... n’ont pas toujours la même signification, comme le terme générique « Verwarlhoste Jugend ». À titre d’exemple, nous avons traduit ce dernier terme par « jeunesse à la dérive », car les traductions précédentes nous semblaient trop insister sur ce qu’auraient passivement vécu ces enfants ou adolescents (souffrances, abandon, carence) sans donner une dimension dynamique à leur état. Être à la dérive ne met pas seulement l’accent sur le rôle de l’environnement ; cela implique également le potentiel psychique à retourner la souffrance subie en actes, notamment délinquants. Le terme « dérive » résonne également avec le terme « Hilflosigkeit » utilisé par S. Freud pour définir l’impossibilité de l’enfant en bas âge à s’aider lui-même. Pour autant, lorsqu’il s’agit de définir une nosographie précise de cette problématique en la découpant en plusieurs entités cliniques distinctes, il n’est pas possible de maintenir le terme « dérive », alors remplacé par « abandon » ou « carence » (voir en particulier le Chapitre V, « Les catégories de l’abandon »).

Si nous avons choisi d’utiliser le plus souvent le terme « dyssocialité », c’est qu’il apparaît comme un terme essentiel et récurrent qui condense les diverses problématiques cliniques, de la délinquance névrotique à la carence affective prenant la forme d’une revendication agie, ou à la situation de l’adolescent imposteur (Chapitre III). C’est aussi le terme qu’A. Aichhorn utilise sans doute le plus pour montrer le dysfonctionnement psychique de ces enfants et adolescents dont la détresse prend la forme de conduites socialement transgressives. En introduisant l’importance du contexte social, A. Aichhorn met en valeur la dimension affective de l’environnement du sujet. Ce n’est qu’en 1948 que la dyssocialité devient une des problématiques spécifiques des « catégories de l’abandon », perdant alors son caractère dominant dans la phraséologie aichhornienne.

Aussi, pour davantage de clarté, nous avons distingué les enfants des adolescents, afin de permettre au lecteur un repérage plus simple et actuel des problématiques discutées par l’auteur. Nous avons enfin distingué l’éducateur, en institution, du pédagogue-analyste dans les consultations familiales, afin de différencier le rôle de l’éducateur de celui de l’analyste, A. Aichhorn étant un pionnier dans la mise en place des consultations thérapeutiques aujourd’hui devenues fréquentes dans les Centres Médicaux-Psycho-Pédagogiques. Les pédagogues-analystes étaient nommés ainsi lorsque le courant psychopédagogique était à son apogée dans les années trente, représentant alors une des forces vives de la psychanalyse.

Nous avons fait le choix d’une traduction souple par nécessité, en fonction du contexte, afin de restituer le sens que l’on peut prêter au propos de l’auteur. Cette contextualisation de la traduction participe à la modernisation des textes d’A. Aichhorn, dont la portée résonne précisément avec les thèmes qui touchent notre société actuelle et sa jeunesse.

Florian Houssier, Catherine Haussonne,

Ana Zalvidéa, François Marty.

Introduction

FlorianHOUSSIER, FrançoisMARTY

 

De S. Freud à J. Laplanche, en passant par D.W. Winnicott et J. Lacan, nombreux sont les psychanalystes fondateurs à avoir rendu hommage au travail d’August Aichhorn avec les jeunes à la dérive. Pourtant, en France, à l’exception notable de son ouvrage princeps, « Jeunes en souffrance » (1925 ; première publication française en 1973 (!), puis 2000), ses travaux ont jusqu’ici occupé une place marginale. À la marge, A. Aichhorn le fut incontestablement, comme les patients dont il eut la responsabilité ; il joua aussi un rôle de pionnier pour défricher et déchiffrer les tourments de l’adolescence (Houssier, 2007 a).

S’il a été écrit qu’August Aichhorn était un génial clinicien mais moins un théoricien (Freud A., 1951), on peut soutenir que toute pratique clinique s’appuie sur une théorie, qu’elle soit implicite ou explicite. Ici, les creux de la théorie donnent à penser car les questions soulevées par A. Aichhorn restent d’une actualité saisissante, comme en témoigne l’ensemble des textes réunis dans cet ouvrage. Les intuitions cliniques, les prises de risque et le hic et nunc de sa pratique, prônés comme méthode psychothérapique, sont autant d’incitations à une pratique ouverte, dégagée de toute idéologie thérapeutique, loin de toute orthodoxie psychanalytique ou éducative. Le contexte de cette pratique, foyers éducatifs et consultations familiales, rappelle que les troubles carentiels et délinquantiels des enfants ou adolescents restent un des matériaux vivant les plus difficiles à mobiliser. Pourtant, la voie ouverte par A. Aichhorn semble royale pour peu qu’on y prête attention : prenant toujours position en faveur de ces jeunes délaissés, il s’oppose à ceux qui, souvent, stigmatisent ces adolescents comme étant à l’origine des maux de la société ou des troubles institutionnels. En ce sens, une des lectures possible de ces travaux exhumés est politique, comme l’indiquent les débats actuels sur les questions de sécurité et de délinquance, de sanction et de jugement pénal (voir Chapitre II).

Dans le champ social, il est peu d’institutions aujourd’hui qui, dans la durée, survivent aux attaques des adolescents à la dérive sans exploser ou sans réclamer sans cesse l’expulsion du fauteur de troubles. Travailleurs sociaux ou psychanalystes sont confrontés au défi de travailler avec ces adolescents, et de tolérer leur destructivité. C’est l’art d’A. Aichhorn de nous montrer comment faire du désordre un matériel clinique, comment transformer la détresse masquée par les actes transgressifs en demande de lien où un espace d’échange reste possible. La lecture des travaux inédits traduits dans le présent ouvrage permet de donner une nouvelle profondeur à son ouvrage central (1925) ; comme autant d’éclairantes ramifications, l’exploration de ces cinq textes permet en effet de ne pas résumer l’apport de ce talentueux clinicien à un ouvrage reconnu mais d’approfondir à la fois son travail, de découvrir ses ouvertures théoriques, mais aussi l’évolution de sa pensée dans le temps. Dans cette perspective, l’organisation de cet ouvrage, au fil de la chronologie, suit la pensée empirique de l’auteur, ses trouvailles, en l’accompagnant de commentaires remettant dans leur contexte ces travaux originaux.

Cette recontextualisation s’accompagne et s’appuie de l’apport de deux psychanalystes spécialistes de son œuvre, T. Aichhorn et A. Perner. T. Aichhorn participe à la présentation des articles, mais il consacre également un article à la biographie de son grand-père, en montrant notamment, à travers des extraits de correspondance, sa place et son influence grandissante au sein du courant psychanalytique. Ce texte, et les photos qui suivent, participent à préciser les contours d’une personnalité aussi complexe qu’attachante, au plus près des processus profondément vivants auxquels nous renvoie sa pratique clinique.

A. Aichhorn est aujourd’hui considéré comme le principal artisan de ce mouvement dominant dans les années vingt et trente dans les pays germano-suisse, la pédagogie psychanalytique. J. Moll, M. Cifali ou plus récemment D. Milhaud-Cappe (2007) ont largement restitué la puissance et les fondements de cette orientation de la psychanalyse soutenue par S. Freud lui-même, puis par sa fille Anna (T. Aichhorn, Houssier, 2004), qui, à l’aube de sa pratique naissante, fut largement influencée par le travail d’A. Aichhorn.

A. Aichhorn expose d’abord sa façon de s’appuyer sur la psychanalyse pour réorganiser le milieu éducatif des foyers pour enfants et adolescents qu’il dirige (Chapitre I). Il forme les éducateurs à la psychanalyse, en leur enseignant ses principes fondamentaux, en supervisant leur pratique, en les soutenant dans leur capacité à ne pas répondre à un comportement transgressif de l’adolescent par une sanction, autrefois donnée immédiatement sous la forme de coups. Il retourne la perspective éducative qui avait cours jusqu’alors : l’adolescent délinquant n’est pas un être dont il faut corriger l’inadaptation par la force, comme on redresse une fleur avec un tuteur. Cette méthode répressive est vouée à l’échec car elle ne traite pas la question fondamentale à l’origine du comportement délictueux, à savoir les motifs inconscients auxquels l’adolescent lui-même n’a pas accès (Houssier, 2003). Dès lors, comment pourrait-il bénéficier d’un traitement imposé si celui-ci ne s’adresse qu’à la partie consciente de sa personnalité ? Le virage pédagogique, inscrit dans les idées socialistes de libération de l’enfant du joug des adultes, est essentiel : il met l’enfant au cœur du dispositif éducatif, en essayant de comprendre ce qu’il vit. C’est par identification au sujet de sa recherche, le jeune délinquant, qu’A. Aichhorn bouleverse les idées admises jusque là. Il chemine dans le sens de la prise de position de S. Freud qui, dans la préface de son ouvrage, différencie la situation analytique de la rééducation ; il indique pour conclure que chez le jeune à la dérive ou le criminel impulsif, « il convient de mettre en œuvre une pratique autre que l’analyse, pratique qui convergera toutefois avec elle dans son intention » (Freud, 1925, p. 8).

Est-ce parce qu’A. Aichhorn n’était pas psychanalyste au début de sa pratique mais pédagogue de formation qu’il a pu plus aisément remettre en cause le cadre de la cure classique dans le traitement des adolescents ? On peut le penser : la psychanalyse n’est pas chez lui un dogme, seulement un outil pour étayer théoriquement ce qu’il met en jeu intuitivement dans sa pratique psycho-éducative, enrichie par la psychanalyse. S. Freud salue l’intuition empathique et la chaleur d’A. Aichhorn, soulignant que la psychanalyse ne devait pas apporter grand-chose qu’Aichhorn n’ait pas expérimenté dans sa pratique ; dans ce sens, la théorie freudienne apporte l’habillage théorique qui manque à une pratique déjà efficiente.

La rencontre entre sa pratique clinique déjà existante et le socle d’une théorie « in progress » fonde son implication dans le mouvement psychanalytique. Cet alliage psychopédagogique inclut l’introduction d’une médiation dans la prise en charge des adolescents délinquants. La posture originale d’A. Aichhorn implique, derrière le paravent de la théorie, une pratique de la surprise qui ouvre sur la reprise d’une aire intermédiaire. Comme en miroir de sa propre capacité à jouer, il propose à ces adolescents un espace relationnel où remettre en jeu les affects, les mettre en partage et, par cette mise en commun mutuelle, rendre à nouveau malléable la position psychique figée – le transfert négatif – de l’adolescent. A. Aichhorn se situe dans une situation limite, entre pédagogie et psychanalyse, mais tout indique qu’il est aussi les deux à la fois, éducateur et psychanalyste.

1- UNEPRATIQUECLINIQUE « OUVERTE »

EXPÉRIENCEÉMOTIONNELLEETREPRÉSENTATION

Cette position intermédiaire entre l’écoute flottante du psychanalyste et l’action de l’éducateur permet notamment de repérer une symptomatologie et une étiologie des troubles, ainsi que d’élaborer une thérapie efficace des problématiques abandonniques (Cifali, Moll, 1985). Le traumatisme est posé comme une origine de la délinquance, la découverte de ce traumatisme étant une nécessité pour mener à bien le processus de soin. L’objectif poursuivi par A. Aichhorn est de mettre en place une technique sûre pour résoudre les difficultés des jeunes délinquants, tout en se dégageant, paradoxalement, de toute systématisation des procédés thérapeutiques. Il refuse ainsi de faire rentrer les cas dans un schéma préétabli, qui empêche le pédagogue de prendre en compte la situation psychique et émotionnelle de l’enfant ou de l’adolescent. Sa libre pratique avec les patients et leur famille s’inscrit dans une absence cohérente de toute position de maître distribuant des directives ou des solutions censées s’appliquer aux adolescents. C’est le sens de sa critique d’une nosographie psychiatrique à la portée limitée (Chapitre I), résonnant avec l’usage de la classification actuelle (DSM) ou ses applications à la clinique infanto-adolescente.

Sa pratique est liée à un fait clinique toujours d’actualité : le jeune délinquant consulte rarement un psychanalyste. L’usage du transfert contribue à laisser la place aux remaniements psychiques des jeunes abandonnés, faisant place à l’émergence des affects transféro-contre-transférentiels. Le transfert est élargi à la pédagogie de l’enfant et de l’adolescent, en dehors du cadre psychanalytique. A. Aichhorn déplace la pratique psychanalytique en même temps qu’il fait travailler le champ de la pédagogie. Sa pédagogie devient alors une forme de thérapie psychanalytique, s’appuyant sur d’autres ressorts que le dispositif fauteuil-divan. De ce dernier il conserve cependant l’élément fondamental : le transfert et son maniement, et ce dès le premier entretien, indiquant implicitement le caractère essentiel du transfert lors du premier entretien avec les enfants et surtout les adolescents. Les premiers instants de la rencontre initiale vont se révéler décisifs : « la tentative d’identification réciproque » va avoir lieu en quelques fractions de seconde, selon l’inspiration du moment, au moment où le sujet dyssocial franchit la porte de son bureau. L’identification à l’adolescent va permettre de comprendre ses besoins affectifs ; l’empathie, les remarques rassurantes sur son rôle (ni juge ni policier), l’humour ou la lutte d’influence sont autant d’interventions mise en jeu dans les premiers instants (1925). Ruse et séduction sont employées pour précipiter le transfert, et rendre le sujet transitoirement dépendant d’une figure adulte de référence ; cette dépendance affective tend à reprendre le cours du développement infantile des identifications, développement brisé ou en suspens.

Lorsqu’A. Aichhorn parle d’interprétation, cela ne signifie pas pour lui que celle-ci doive être verbalisée.

« On ne leur rend aucun service avec des interprétations. (…) Le jeune à l’abandon n’est intéressé que par la satisfaction immédiate à n’importe quel prix. » (Perner, 1993, p. 90).

Il investigue et utilise le domaine infraverbal, dont les comportements agis font partie si on se réfère au rôle de la motricité qui joue un rôle décisif dès les débuts de la vie, notamment dans la communication avec l’environnement. L’interprétation ne circule pas seulement dans les paroles d’A. Aichhorn mais passent également par son comportement, son regard, ses intonations, qui surprennent le sujet dyssocial car ce dernier s’attend à quelque chose de plus prévisible, dans la continuité de ses liens infantiles. Dans ce contexte clinique, l’art du contre-pied et les effets de surprise constituent autant d’éléments essentiels de sa technique, prenant une valeur comparable à l’interprétation verbalisée dans l’analyse des adultes névrosés.

On a souvent mis en avant l’intuition d’A. Aichhorn comme principale caractéristique de sa pratique. Comme le rappelle son principal élève, K. Eissler (1949 b), son intuition s’aiguisait au fil des enquêtes et investigations qu’il menait dans la vie quotidienne ; quel que soit le contexte, dans la rue ou lors ses déplacements par exemple, il observait et tentait de deviner les gens à partir de leurs attitudes ou expressions.

Avec les jeunes à la dérive, il utilise une forme de perception pré-verbale d’éléments ne passant pas par la parole ; cette perception du sensible organise l’échange et la mise en place du lien, dans un premier mouvement de liaison à la fois transférentiel et représentationnel. Il ne pense pas être le seul à pouvoir manier cette intuition, qu’il ressent comme un élément du contre-tranfert, ou la compréhension immédiate de la problématique spécifique de l’adolescent à partir de ce que celui-ci lui fait éprouver. À partir de cet échange transférentiel, il soutient la nécessité pour les éducateurs d’engager un travail psychanalytique qui leur permettrait d’apprendre à comprendre les autres par l’intuition (Buxbaum, 1966). Cette méthode d’investigation, étayée par les associations d’idées, lui permet de s’intéresser autant à l’inhibition – un enfant de dix ans atteint de dyscalculie – qu’à la participation transgénérationnelle de la transmission des troubles transgressifs (Chapitre IV).