Ces jeunes, et si on les aimait...

Ces jeunes, et si on les aimait...

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Français
173 pages

Description

« Je voulais seulement créer pour les enfants un espace de vie et de liberté : un terrain d'aventure. Le quartier où j'avais choisi de m'installer, dans un petit coin du vieux Paris, était fort dégradé ». S'installant dans le quartier de la Réunion dans le 20e arrondissement à la fin des années 80, l'auteur y voit des enfants grandir dans la misère, tournant le dos à l'école et s'enfonçant dans des impasse. Refusant toute démagogie, sans cautionner leurs dérives, il tente, en créant sa structure d'animation, de leur proposer des alternatives aux voies dangereuses dans lesquelles ils s'égarent.

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Date de parution 02 mai 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140149054
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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François G randeau
Ces jeunes, et si on les aimait… À PA R I S , D ES J EU N ES E T D ES TER R AI N S D ’AV ENT U R E …
CES JEUNES,ET SI ON LES AIMAIT
François Grandeau Ces jeunes, et si on les aimait… À Paris, des jeunes et des terrains d’aventure…
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-20107-8 EAN : 9782343201078
À Madame Maillard, ma chère institutrice. Un grand merci à celles et ceux qui m’ont aidé et soutenu dans mon travail, dans mes luttes et pour la rédaction de ce livre.
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PRÉAMBULE
Je suis venu dans le quartier de la Réunion, dans le vingtième arrondissement de Paris, où j’avais décidé de poser mes bagages, simplement pour créer un espace d’animation pour les enfants. Un espace de vie et de liberté : Un Terrain d’aventure… C’était un quartier bien dégradé, en attente de réaména-gement… J’y ai vu, alors, des enfants grandir dans la misère et, pour certains, même, dans la honte de leur propre condition... J’ai vu des enfants puis des jeunes quotidiennement confrontés au racisme «ordinaire», au rejet, en toute bonne conscience (Mais un geste, un regard, parfois suffit : il est si vite compris…). J’en ai vu, que leurs parents, malgré tous leurs efforts, étaient parfois peu en mesure d’aider et malgré le travail acharné des professeurs et des assistantes sociales débordés, s’enfoncer dans l’échec scolaire, social et plonger, sans avoir rien compris, dans le désarroi, à seize ans, face au mur de la fin de scolarité obligatoire. J’ai vu appréhension et peur mutuelles s’installer peu à peu entre les différentes populations de mon quartier. Puis j’ai vu certains parmi ces jeunes lentement se refermer sur eux-mêmes, tourner le dos à l’école, à une culture dont ils se sentaient exclus et dont, bravaches, ils décrétèrent alors qu’elles ne les concernaient pas… J’en ai vu essayer de prendre leur revanche en décou-vrant «l’argent facile» et s’enfoncer dans des impasses d’où il devenait de plus en plus difficile de sortir. Je n’étais pas préparé à cette population. Je ne savais pas quoi faire. Et qui le savait? Qui le sait?... Alors, bien sûr, j’ai fait des erreurs : il y avait tant d’urgences!...
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Mais, au moins, j’ai essayé… Et je les ai accueillis, tous, et sans aucune distinction, sans les juger. Je n’ai pas cherché à les «éduquer», à les «ramener dans le droit chemin». J’ai juste essayé de les accompa-gner dans leur jeunesse difficile. Refusant toute démagogie, sans cautionner leurs dérives, j’ai cherché à leur proposer des alternatives aux voies dangereuses dans lesquelles ils s’égaraient. Et, quoi qu’il advienne, je ne les ai jamais abandonnés. Aucun d’eux. Je les ai aimés… Je vais maintenant raconter le chemin qui m’a conduit jusqu’à ces jeunes et que j’ai suivi avec eux.
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