Comment bien se disputer en couple

Comment bien se disputer en couple

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Livres
144 pages

Description

... ou du bon usage de la saine dispute !

Peut-on vivre en couple sans se disputer ? Certes non ! Mais alors pourquoi les disputes sont-elles inévitables ? Quels en sont les thèmes privilégiés ? Comment naissent-elles, se déroulent-elles et se résolvent-elles ? Peut-on se disputer sans se déchirer ni se séparer ?

Serge et Carolle Vidal-Graf répondent à ces « épineuses » questions et nous rassurent ! Le temps de la « lune de miel », où chaque partenaire idéalise l’autre, où tout s’enchaîne comme dans un conte de fées, n’est pas, loin s’en faut, éternel, et c’est normal !

Il s’agit donc de développer ses compétences en matière de dispute ! Eh oui, comme l’assurent les auteurs : « Se disputer, c’est comme faire l’amour : ça s’apprend ! » Le couple, en effet, comme tout système, a besoin d’une soupape de sécurité pour son bon fonctionnement : les disputes !

Se disputer, ce n’est pas se violenter, mais savoir exprimer sa colère sans (trop de) violence (verbale), savoir écouter celle de l’autre, savoir négocier pour consolider et pérenniser son couple tout en se réalisant soi-même pleinement. Voilà ce à quoi vous convie cet ouvrage vivant, truffé d’anecdotes et d’exemples où l’on se reconnaît volontiers !

À bonnes disputes, couples durables et épanouis !


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Informations

Publié par
Date de parution 02 avril 2014
Nombre de visites sur la page 20
EAN13 9782889051748
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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CAROLLE ET SERGEVIDAL-GRAF

Comment bien
se disputer en couple

Disputez-vous de manière constructive !

Sommaire

1 Peut-on vivre en couple sans se disputer ?

2 Pourquoi les disputes sont-elles inévitables ?

• Le partage du territoire commun

• La différence de rythme des partenaires

• La différence d’éducation des partenaires

3 Les sujets de disputes

• Le ménage

• L’argent

• Les enfants

• La sexualité

• Les familles d’origines

• Les loisirs

4 Tout savoir sur les disputes…

• La naissance d’une dispute

• Les phases classiques d’une dispute violente

• La colère : un ingrédient indispensable à la dispute

• Après la colère

5 Les enjeux sous-jacents des disputes

• L’engagement

• La hiérarchie

• La distance

• La résolution des difficultés dans les familles d’origine

6 Disputes et polarités au sein du couple

• Un(e) colérique avec un(e) non-colérique

• Deux colériques ensemble

• Deux non-colériques ensemble

7 Disputes et sexualité

• Éviter les conflits

• Manque de tendresse

8 Pistes pour éviter certaines disputes

• La reconnaissance émotionnelle

• Le besoin de solitude

• Entendre la colère de l’autre

• L’acceptation des ombres dans les relations de couple

9 Questions – Réponses

+++ À propos des auteurs

« Le but de la dispute
ne doit pas être la victoire,
mais l’amélioration. »


J. Joubert, Pensées, Paris, 1828

Pictogrammes

À retenir

ATTENTION

Bon à savoir

Conclusion

Exercice

Huile essentielle

Le petit plus

Le saviez-vous ?

Pour aller plus loin

Recette

Témoignage

Trucs et astuces

Un peu d’histoire

Zoom

Notre collection Maxi Pratiques se veut claire, lisible, didactique et facile d’accès. Elle comporte des rubriques reconnaissables par des pictogrammes (ci-dessus); vous accédez ainsi à l’essence de nos livres rapidement (chaque livre ne contient pas forcément tous les pictogrammes présents). Bonne lecture et bien du plaisir !

(photo credit 1.1)

Souvent, l’apparition des premiers conflits marque symboliquement la fin de la lune de miel. Et petit à petit, chaque couple met en place, généralement sans en avoir conscience, une manière de se disputer ou… de ne pas se disputer !

L’immense majorité des couples se déclarent insatisfaits de la manière « choisie ». Soit ils se disputent souvent, mais n’ont pas du tout la sensation que les disputes améliorent la relation. Soit ils réussissent à éviter l’expression des conflits, mais ils souffrent de vivre une relation pesante, sans intimité, émaillée de multiples petites « vacheries » qu’ils s’envoient l’un à l’autre.

Le petit plus

Nous ne croyons pas à une vie de couple sans disputes. Les conflits font partie de la vie. Mais attention : accepter le caractère inévitable des conflits ne veut pas dire accepter la violence. Bien se disputer, c’est se disputer sans violence. Nous y reviendrons.

Nous sommes convaincus – et c’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’écrire ce livre – qu’il est possible de « bien se disputer en couple ».

Il est important de reconnaître l’existence des conflits et d’apprendre à les traverser d’une manière qui enrichit la relation et qui la fortifie, sans blesser durablement les partenaires. Se disputer, c’est comme faire l’amour : ça s’apprend1 !

L’essentiel, à nos yeux, est d’accepter les conflits comme faisant partie d’une relation de couple normale et réussie. De nombreux couples ont malheureusement tendance à associer l’existence de conflits à un échec de la relation. « Si nous nous disputons, c’est que nous ne nous aimons pas vraiment », disent-ils. Nous ne partageons pas du tout ce point de vue.

L’apparition régulière de conflits est parfaitement compatible avec une relation d’amour riche et vivante. Les disputes sont salutaires pour plusieurs raisons :

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  Elles permettent de « faire le ménage », de se débarrasser des ressentiments qui, inévitablement, s’accumulent.

  Elles aident, à certaines époques de la vie d’un couple, à réaliser qu’un changement doit être apporté au modus vivendi.

  Elles maintiennent une certaine tension salutaire. L’absence de toute dispute peut être le signe d’une dangereuse indifférence.

  Elles permettent de faire, petit à petit, le deuil de la relation idéale lorsque la réalité se révèle décevante par comparaison avec le partenaire rêvé.

Nous en sommes venus à la conclusion, en tant que thérapeutes de couples, qu’un couple qui ne se dispute jamais ou très peu est en danger d’éclatement. Lorsque l’énergie conflictuelle, inévitablement présente dans la relation, ne circule pas, elle risque, à long terme, d’entraîner la séparation. Notre rôle de thérapeute consiste parfois, paradoxalement, à inciter les couples à se disputer et, si nécessaire, à leur apprendre à « bien » le faire !

Les études les plus récentes font apparaître que les couples se séparent de plus en plus tôt, après une période de vie commune de plus en plus brève. Il semble que la séparation intervient dès le premier gros conflit. Apprendre à bien se disputer devient une compétence utile pour celles et ceux qui veulent un couple solide.

Conclusion : Un couple qui ne se dispute jamais ou très peu est en danger d’éclatement. En effet, lorsque l’énergie conflictuelle – inévitablement présente dans chaque relation – ne circule pas, elle risque, à long terme, d’entraîner la séparation.

1Lire notre précédent ouvrage, Mais tu ne m’avais jamais dit ça !, Éd. Jouvence, Genève, 1998/2003, consacré à la communication intime dans le couple.

(photo credit 2.1)

Vivre ensemble impose de s’adapter aux habitudes de vie de son partenaire. Il y a, à nos yeux, au moins trois raisons qui rendent les disputes inévitables.

Le partage du territoire commun

Le plus souvent, les disputes commencent lorsque les partenaires décident de vivre ensemble.

Jusque-là, lorsqu’une discussion risquait de devenir conflictuelle, il était toujours possible pour chacun de « s’enfuir » et se retrouver seul chez soi pour retrouver son calme. Cela permettait de mettre les sujets de discordes de côté et de préserver une relation sans nuages.

Une fois la vie commune commencée, il devient beaucoup plus difficile de « mettre sous le tapis » ses propres défauts et surtout de ne pas s’apercevoir de ceux de son conjoint. C’est le moment de la nécessaire désidéalisation du partenaire. Il s’agit d’apprendre à vivre à deux, sans plus avoir de lieu où se retirer pour continuer à rêver au compagnon ou à la compagne idéal(e) qu’on pensait avoir trouvé(e) !

La première tâche à accomplir lorsqu’on commence à vivre ensemble est le partage du territoire devenu commun. Par territoire, nous entendons l’espace de vie : le studio, l’appartement, la maison. Cet espace de vie va maintenant se conjuguer à deux. Il n’y aura plus de « chez toi » ni de « chez moi », mais il y aura un « chez nous ».

Que de décisions à prendre ! Vivre ensemble oui, mais dans quel pays ? Quelle ville ? Quel quartier ? Avec quel mobilier ? Quelle vaisselle ? Quelle décoration ? « Allons-nous vivre au centre ville ou en banlieue ? » « Utiliserons-nous tes objets, les miens, d’autres que nous achèterons ? Ceux qui me viennent de ma famille, de ma tante Jeanne par exemple que j’aimais tellement ? Bien sûr, son service à thé est  un peu désuet, kitsch même, voire moche, : mais ce n’est pas l’esthétique qui compte, c’est le souvenir de ma tante… » « En parlant de souvenir, que faire du lit de mon premier mariage… ? » Autant de « détails » qu’il va falloir négocier !

La situation se complique davantage lorsque l’un des partenaires va vivre chez l’autre. Le nouvel arrivant se heurte aux habitudes de vie que son hôte a eu tout le temps d’installer dans son lieu de vie avant d’avoir à le partager. Le nouveau venu doit aussi se confronter aux souvenirs dont l’espace est chargé. Enfin, il doit négocier, parfois durement, l’espace dont il a besoin pour ranger ses affaires dans des armoires déjà pleines…

La différence de rythme des partenaires

Chaque individu a un rapport au temps unique. Si les membres du couple ont sensiblement le même rythme, tout va bien. Mais parfois les deux rythmes se révèlent différents et difficiles à harmoniser.

harmoniser les rythmes

Certains font tout très vite et d’autres prennent leur temps. Les uns sont méticuleux, perfectionnistes et d’autres se contentent de « l’à-peu-près » ou du « plus ou moins bien ». Pour les uns, l’attente est un plaisir et pour d’autres une angoisse. Le fossé paraît infranchissable entre les ponctuels et les retardataires. Le « chic » pour un retardataire consiste à trouver un partenaire encore plus en retard que lui et donc de n’être jamais responsable des arrivées tardives du couple…

Chaque couple doit aussi apprendre à concilier deux manières, parfois très différentes, d’organiser les journées. À la longue, beaucoup d’insatisfactions peuvent naître de ces différences.

Certains sont du matin et d’autres du soir. Comment éviter les frustrations de celui qui jouit de l’immense plaisir des grasses matinées, mais dont le partenaire apprécie l’inégalable sensation de se lever tôt pour vivre des heures pleines dès le lever du jour ? Comment faire pour que ce ne soit pas toujours le même qui promène le chien, rapporte les croissants et le journal ? Comment éviter de se perdre de vue quand un couche-tôt vit avec une couche-tard, une lève-tôt avec un lève-tard ?

  À retenir

Bien des années sont souvent nécessaires pour que ces différences deviennent des complémentarités, voire des atouts : quel plaisir, par exemple, de disposer du lieu de vie pour soi seul quand l’autre dort encore le matin ou dort déjà le soir !

Une autre différence de rythme, qui peut devenir une source de disputes, oppose le contemplatif à l’hyperactif.

Certains aiment passer leurs dimanches à se reposer de leur semaine, à regarder tranquillement la télévision, à lire un bon bouquin ou simplement à s’asseoir dans leur fauteuil préféré pour rêvasser. Pour d’autres, il est impensable de rester un moment inactif. Il y a toujours quelque chose à faire : un sport, du bricolage, un hobby, une exposition ou un film à voir, des amis à rencontrer…

Les couples ne sont, en général, pas si radicalement clivés que dans les exemples qui précèdent. Mais les différences de rythme peuvent, à certains moments de la vie, compliquer sérieusement la relation et provoquer des conflits. Elles auront besoin d’être acceptées comme parties intégrantes de l’équilibre du couple et d’être négociées… et renégociées.

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La différence d’éducation des partenaires

Un vaste domaine qui perturbe réellement la vie de nombreux couples est la confrontation de deux éducations, de deux systèmes de valeurs différents.

Chacun de nous est issu d’une famille désignée comme « famille d’origine » pour la différencier de la famille que l’on crée soi-même. La famille d’origine comprend les parents, les frères et les sœurs. Les grands-parents, les oncles, tantes, cousins et cousines constituent la famille d’origine élargie.

C’est dans notre famille d’origine que nous avons appris nos manières d’être en relation et nos comportements sociaux. Nous en sommes profondément imprégnés. Ils nous sont devenus tellement « familiers » – c’est le cas de le dire ! – que nous perdons de vue que d’autres familles peuvent avoir des comportements sociaux différents. Si bien que notre façon de vivre nous apparaît comme la seule possible. Cela s’explique d’autant plus facilement que, jusqu’à l’adolescence, nous avons généralement eu peu d’occasions de nous confronter durablement à des habitudes de vie radicalement différentes de celles de notre famille d’origine élargie.

Trois domaines vont influencer la manière d’être en relation et peuvent devenir source de disputes : la règle sociale, le pouvoir et la distribution des rôles.

  La règle sociale : quel était le mode de relation prédominant dans la famille d’origine ? Était-ce le respect systématique du besoin de l’autre ? Le compromis en faveur de la communauté ? L’individualisme, le chacun pour soi ? Un petit exemple : Quels étaient les usages pour les anniversaires ? Faisaiton des cadeaux ? Y avait-il des réunions et des fêtes...