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Comment l'Inde recouvra son indépendance

De
158 pages

Creuset de spiritualités et proie d’envahisseurs, l’Inde doit attendre les cataclysmes des guerres du XXe siècle pour recouvrer la Liberté.
Mahavira, Buddha, Ashoka, Babur, Dupleix, Patel, Nehru, Edwina, Gandhi, Jinnah et d’autres sont les acteurs de l’histoire qui est ici contée.


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C o u v e r t u r eC o p y r i g h t













Cet ouvrage a été composé par Edilivre
175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis
Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

ISBN numérique : 978-2-334-12811-7

© Edilivre, 2016

Creuset de spiritualités et proie d’envahisseurs l’Inde doit attendre les cataclysmes
edes guerres du XX siècle pour recouvrer la Liberté.
Mahavira, Buddha, Ashoka, Babur, Dupleix, Patel, Nehru, Edwina, Gandhi, Jinnah et
d’autres sont les acteurs de l’histoire qui est ici contée.
« Rien n’est jamais acquis. Rien n’est jamais perdu »P r o l o g u e
Nous sommes en France le 10 février 1763 au temps du roi Louis XV et les
plénipotentiaires apposent leurs Sceaux au bas du traité de Paris qui met fin à la guerre de
Sept ans.
1Le royaume de France y perd d’immenses territoires dont la Nouvelle France : le Canada .
Mais surtout ce retrait de la France laisse le champ libre aux marchands anglais dans
l’océan Indien.
Pendant les deux siècles passés le destin de l’Inde a été incertain, partagé entre les
conquérants.
Les héritiers de Tamerlan le Mongol qui ont créé le royaume de Dehli ont flirté avec les
Européens installés sur les côtes pour y faire prospérer des comptoirs marchands : on trouvait
ainsi les Portugais, les Hollandais, les Anglais et les Français.
Ces derniers sous l’impulsion de Dupleix ont pu s’allier à nombre de potentats Mogholes
autochtones ce qui leur permet de tenir en respect les agissements des employés de la
Compagnie des Indes orientales britannique : The East Indian Company.
Les disputes de Dupleix avec la Bourdonnais, le gouverneur de l’île de France qui est l’île
Maurice de nos jours, ont mis à mal cette suprématie mais rien n’était perdu.
Le traité de Paris met fin à cette ambition et à cette présence française en Inde à
2l’exception de cinq comptoirs qui restent français jusqu’en 1954.
La pénétration politique et commerciale française est désormais stoppée au bénéfice des
Britanniques.
Un long processus redonne ensuite son indépendance à l’Inde.
Mais cette Inde contemporaine reste marquée par le dépeçage voulu par les autorités
britanniques. Une Inde par ailleurs tiraillée entre spiritualité, modernité scientifique laïque et
stature mondialiste, pour le plus grand bonheur de ses tendances politiques qui s’accaparent
ces thèmes.
Une Inde prisonnière de ses frontières qui doit impérativement étendre sa zone d’influence
pour continuer à exister ou alors disparaître face au géant voisin : la Chine.
1. Ce qui laisse indifférent le sot Voltaire qui fut espion de Louis XV au sein du cabinet noir et
qui n’a pas toujours brillé par sa perspicacité. Son activité en temps qu’espion ne trompa pas
Frédéric II de Prusse qui l’incita à quitter le pays avant que d’être fâcheux.
2. Les cinq comptoirs sont : Yanaon, Pondichéry, Karikal, Chandernagor, Mahé.La géographie physique fait
de l’Inde une île aux abords
naturels bien définis
C’est un lieu commun de parler de l’Inde comme d’un sous-continent.
Encore serait-il bon de préciser le sens exact de cette expression. Pour certains c’est un
sens péjoratif qui rappelle des sentiments passéistes coloniaux ou d’un exotisme sulfureux
3voire d’un mépris pour une contrée qu’ils voient comme un ramassis de gueux .
Il est plus sain de dire que l’Inde est une île venue s’amarrer à l’Asie après qu’elle a dérivé
durant des millénaires depuis les latitudes du pôle sud de la Terre.
Mais c’est un amarrage violent et ce choc laisse des traces sous la forme de majestueuses
chaînes de montagnes auxquelles on donne divers noms bien que leur origine soit la même :
Himalaya(s), Pamir, Indu-Kush ou Hindou-Kouch, Arakan. Toutes ces montagnes ressortissent
au même phénomène géologique qui est l’écrasement de l’île-Inde sur la plaque asiatique.
Figure 1 – L’île Inde vue en 1892
Cette île-Inde ne se confond pas aujourd’hui avec le pays acronyme. Elle inclut le Pakistan,
le Bangladesh, le Népal, le Bhoutan, une partie occidentale de la Birmanie.
On voit que l’île-Inde est entourée de plissements montagneux restes de ce formidable
choc. Les plus hauts sommets de la planète en forment la frontière septentrionale. Des pics qui
font l’objet de vénération spirituelle : Chomolungma – ex Everest – est la déesse mère.
Ce mouvement de la plaque indienne vers le nord n’est pas terminé. Elle continue de
pousser sur la plaque asiatique ce qui explique les très nombreux tremblements de terre qui
affectent les diverses régions en particulier aux points de jonction. L’un des plus célèbres
points de jonction est la faille du Karakoram – ou Karakorum – située à la frontière entre la
Chine et le Pakistan d’aujourd’hui et par où passe la “Karakoram Highway” seule route reliant
ces deux pays : elle est souvent indisponible du fait d’éboulements monstrueux dus aux
soubresauts de la croute terrestre.
On retrouve dans la géologie une autre preuve du périple maritime de l’Inde. En effet dans
son mouvement vers le nord la plaque indienne est passée sur un point chaud de l’écorce
terrestre, le même qui a donné naissance à l’île de la Réunion aujourd’hui. Ceci a occasionné
des éruptions volcaniques et des coulées de lave connues comme le Trapps du Deccan.
Ainsi donc oui l’Inde a des frontières naturelles qui en font une lice et un ensemble
4 5géographique unique mais néanmoins diversifié. L’île-Inde est un monde en soi .
L’Océan Indien est tout à la fois riche et pauvre en termes d’importance maritime.
Ici pas ou peu de grandes voies qui le traversent par le centre mais essentiellement des
voies maritimes côtières. Le grand trafic mondial Asie-Europe-Amériques contourne lapéninsule indienne. Ces sauts des caboteurs ont existé de tous temps. Ainsi les peuples de
l’Arabie savaient où rejoindre les négociants asiatiques pour échanger ou faire transiter les
denrées souvent précieuses fabriquées en Chine ou exploitées en Indonésie. La très fameuse
route de la Soie qui est souvent limitée à son emprise terrestre dans l’Asie centrale avait aussi
ses traces maritimes : Marco Polo d’ailleurs transitera par l’une de ces voies maritimes. Si les
villes d’Arabie comme Médine jouissaient d’une certaine opulence c’est justement qu’elles
étaient à la croisée des routes terrestres et maritimes. Les voies terrestres de l’Arabie se
connectaient au trafic maritime du golfe du Bengale et du golfe d’Oman, partie sous contrôle
arabe partie sous contrôle dravidien.
Jusqu’à une époque récente y naviguer n’était pas une synécure. C’est la mousson qui
décide des traites que l’on peut faire pour relier deux ports et son alternance conditionne les
appareillages. Vasco de Gama en a fait les amères expériences en restant bloqué plusieurs
mois dans son périple vers Calicut puis pour en partir.
eAu XIV siècle Yongle le second empereur Ming lance ses escadres sur les routes de
l’Océan Indien pour aborder les côtes d’Afrique de ce qui sont aujourd’hui le Kenya et la
Tanzanie. Certaines de ses expéditions partent vers le sud pour débarquer au nord de
l’Australie et plus précisément dans la baie de Darwin.
N’oublions pas le rôle de cet océan dans l’esclavage qui n’a pas épargné les côtes de
l’ÎleInde.
Outre ses montagnes et l’océan, le monde indien de la géographie physique ce sont aussi
les fleuves : tantôt symboliques, tantôt sacrés, tantôt sources de calamités.
Le fleuve symbole qui a donné son nom au pays est l’Indus où a éclos aux premiers temps
6la civilisation dite de Mohenjo-Daro du nom d’un des sites archéologiques les plus célèbres .
Encore souvent ignorée par les historiens, plus enivrés par les civilisations de l’Egypte ou de la
Grèce, elle apparaît aujourd’hui singulièrement avancée en regard de celles-ci tant par les
infrastructures que par l’art ou la mathématique. Qui plus est on subodore que la civilisation
sumérienne du delta du Tigre et de l’Euphrate a pu être créée par des émigrants de cette
vallée de l’Indus ou inversement. Il reste que cette civilisation est à découvrir et surtout que
son écriture est à déchiffrer ce qui apporterait d’éminentes lumières sur sa spiritualité et son
organisation sociale.
Pour les Indiens le fleuve sacré entre tous reste le Gange qui prend sa source dans un
versant de l’Himalaya tandis que sur les autres versants s’écoulent l’Indus et celui qui
deviendra le Brahmapoutre. Le Gange porte en fait le nom de sa déesse : Gangâ. Dans la
7mythologie hindoue elle est la fille aînée du roi de l’Himalaya, Himavant, et de la nymphe
Ménaka.
Gangâ est la plus sainte de trois déesses du fleuve, les autres étant les rivières-déesses
Yamuna et Sarasvatî. Le confluent du fleuve et des deux rivières est appelé Tirtha.
C’est un lieu particulièrement sacré et la ville d’Allahabad – Prayaga pour les Hindous dans
l’Uttar Pradesh – bénéfice de ce privilège. C’est une ville où a lieu annuellement un pèlerinage
que tout bon Hindou doit faire. Ce sont plusieurs dizaines de millions de pèlerins qui participent
à ce rassemblement.
Vârânasî, anciennement Bénarès, est un autre centre de ferveur mystique dévolue au
fleuve divin.
Le troisième grand fleuve de par son importance hydrologique cette fois, et aussi parce que
sa confluence avec le Gange engendre des inondations catastrophiques dans la province de
l’Assam devenue le Bangladesh, c’est le Brahmapoutre. Il nait d’un glacier puis reçoit les eaux
d’un torrent et prend le nom de Yarlung Zangbo ou plus simplement Tsang po au Tibet. Il coule
vers l’est puis bifurque brutalement vers le sud pour atteindre la plaine où il est nommé
Brahmapoutre par les Hindous. Il coule alors vers l’ouest.
Dans son parcours final bengali il est appelé Jamuna. Il y rencontre tout d’abord le Gange
qui a changé de nom pour s’appeler Padma puis se jette dans la mer dans une zonealluvionnaire où arrive également la rivière Meghna.
Les crues de ces fleuves puissants conjuguées aux pluies de la mousson engendrent dans
les estuaires des variations de niveaux qui noient momentanément des zones entières
occasionnant de nombreux morts dans la région de Kolkata anciennement Calcutta.
3 3Le Gange à lui seul voit son débit passer de 1 100 m par seconde en avril à 60 000 m
3par seconde en août. Le Brahmapoutre passe de 4 000 m par seconde en février – 8 000 en
3avril – à 50 000 m par seconde en août. Combiné aux effets de la mousson maritime d’été cet
afflux fluvial gonfle les eaux du golfe du Bengale auxquelles rien ne résiste et qui inondent les
terres.
La mousson, comme tous les phénomènes naturels exceptionnels interfère aussi avec la
pensée Hindoue. La mousson rythme la vie de millions d’agriculteurs mais ses irrégularités et
ses dangers induisent des actes religieux visant à s’en faire une complice et non une ennemie.
Cette irrégularité s’apparente aux aléas de la vie et du futur. Les cultivateurs ne manquent pas
de prononcer des prières pour bénéficier des bienfaits de la mousson et les pèlerinages ont
pour but de remercier la déesse sans compter que dans ces foules pieuses il n’y a plus de
castes mais seulement des individus avides de ferveurs religieuses. Il y a empathie totale
entre les cycles de la mousson et les sentiments religieux, l’apparition ou la disparition de l’une
reflétant la présence ou l’absence des divinités.
La Terre, femme de Vishnu, est le milieu de la procréation où l’on sème les graines qui vont
germer et sa disparition débute une saison d’attente. Que la mousson cesse et les hommes
vont profiter de la fertilité intrinsèque de la Terre.
Montagnes, fleuves, climat, tout s’unit pour faire de l’Inde une terre de spiritualité intense et
diversifiée, multiforme et profonde.
Si le Bouddhisme a disparu du pays qui l’a vu naître l’Inde est une terre de religions qui
puisent leurs racines aux premiers temps de l’humanité même si, par la suite, les invasions et
la colonisation ont amené d’autres croyances.
Ainsi on trouve en Inde de fortes proportions de Musulmans, de Chrétiens, de Sikhs et
d’autres croyances en nombre variable selon les contrées.
L’Hindouisme est le socle spirituel de la majorité des Indiens. Mais comme dans tous les
grands thèmes religieux les tendances sont multiples.
8On peut considérer que les Sikhs, les Jaïnistes et les Bouddhistes forment des branches
de l’arbre Hindou.
De même si la majorité des Musulmans est d’obédience sunnite il y a une part non
négligeable de chiites et, compte tenu de la démographie, même un faible pourcentage
représente une population importante.
3. « I hate Indians. They are a beastly people with a beastly religion » disait Winston Churchill
(Je hais les Indiens ce sont des bestiaux qui pratiquent une religion bestiale). Et encore
étaient-ce des paroles publiques. On peut imaginer le mépris qu’il ressentait en son for
intérieur : il est difficile d’être plus xénophobe. Le même Churchill ne voyait en Gandhi qu’un
fakir à demi nu (a half-naked holy man) ce en quoi il faisait deux erreurs : une erreur politique
car l’aura de Gandhi sur ses compatriotes, ennemis ou amis, a permis le processus qui a
abouti à l’indépendance et une erreur dialectique car un fakir est un mendiant musulman ce
que Gandhi n’était sûrement pas.
4. Il ne viendrait à personne de dire que les îles Britanniques sont uniformes. Mais leurs
atterrages maritimes en limitent bien la frontière. Il est à noter que, pour l’Inde, avoir perdu la
vallée de l’Indus lui a ôté la barrière naturelle de l’Indu Kush. De la même façon les monts
Arakan sont désormais partie de la Birmanie. Il ne faut pas non plus ignorer les archipels de
l’Océan Indien et du golfe du Bengale rattachés à l’Inde qui sont prometteurs en gisements
pétroliers.
5. Mis à part les discours politiques de quelques fanatiques pakistanais les ressortissants dece pays ont bien du mal à se voir physiquement différents de leurs voisins indiens.
6. L’autre site urbain est Harappa et l’on parle de civilisation harappéenne.
7. Dans la mythologie hindoue telle qu’elle est formalisée les nymphes célestes sont appelées
des Apsaras et elles sont d’une grande beauté. Elles sont décrites dans le Rig-veda et dans le
Mahabharata.
8. Buddha est considéré par certains comme un avatar de Vishnu, le neuvième. Il y a encore
quelques adeptes du Bouddhisme en Inde mais les principaux pays d’obédience bouddhique
sont la Mongolie, la Corée, le Laos, le Viet Nam, la Thaïlande, le Cambodge, la Birmanie et
dans une proportion non négligeable la Chine avec entre autres le Tibet.La civilisation dravidienne
de la Vallée de l’Indus
Dans les années 1920 les archéologues mettent en évidence des sites urbains
remarquables dans le Pakistan actuel et au nord-ouest de l’Inde : les deux sites les plus
célèbres sont Harappa et Mohenjo-Daro. D’autres cités comme Dholavira, Ganeriwala et
Rakhigarhi sont moins connues.
Jusqu’à ces dernières années les datations les faisaient naitre vers 3750 avant J. -C.
Une annonce faite en 2014 semble indiquer que cette civilisation de l’Indus a vu le jour plus
de deux millénaires plus tôt et qu’elle est donc contemporaine de la civilisation sumérienne
edans le VIII millénaire avant J. -C. soit une datation comprise en 7400 et 6200 avant J. -C.
Indubitablement il y avait depuis longtemps des doutes quant à une relation très forte entre
ces deux civilisations – Sumer et Indus – et si les informations sont confirmées elles
permettraient de mieux comprendre certains éléments anthropologiques et linguistiques
communs qui n’avaient pas échappé aux chercheurs. Sauf que l’écriture de ce peuple reste
encore un mystère bien que les hypothèses les plus osées la font s’apparenter à un dialecte
voisin de la langue élamite de Mésopotamie.
La civilisation harappéenne est, comparé aux civilisations de cette époque, une civilisation
urbaine. On évalue la population de la ville de Mohenjo-Daro à cinquante mille individus ce qui
est un chiffre énorme en regard des quelques milliers d’habitants de cités de l’Egypte antique.
Une tentative de recensement pour les différentes villes de l’Indus indique une population
totale de cinq millions d’habitants. Et le schéma d’implantation de ces villes laisse pantois car
dès cette époque elles disposent d’infrastructures, comme des réseaux d’adduction d’eau et
de rejet des eaux usées, très fonctionnelles.
C’est en outre une civilisation scientifiquement élaborée où les connaissances en
astronomie sont très avancées et un système de poids et mesures sophistiqué.
Du point de vue social il apparait que c’est une organisation tribale qui prévaut avec entre
les individus des liens agréés mais libres : les spécialistes indiquent que le mariage y semble
inconnu.
Pendant longtemps la seule hypothèse propagée quant à la disparition de cette civilisation
a été une invasion destructrice de peuples qualifiés d’ariens qui sont en fait des groupes de
Proto-Iraniens qui ont évolué. De nos jours il semble acté que, sans ignorer le facteur guerrier
qui a pu en précipiter la chute, ce sont des conditions climatiques qui ont engendré le déclin de
cette civilisation agricole. C’est ainsi que le légendaire fleuve Sarasvatî, dont les changements
de régimes ne sont pas dus comme l’Indus aux fontes des glaciers himalayens mais aux
alternances de la mousson, s’est tari et que les populations de la région ont entamé un exode
vers des régions plus propices tout en étant possiblement refoulées par des peuples
envahisseurs arrivant du nord-ouest. C’est dans les Vedas, textes aryens, que cette épopée
est rapportée et peut être doit-on y voir l’origine du culte que les Hindous portent aux fleuves
comme source de richesse et de vie.
Les cultes de cette civilisation de l’Indus sont ceux de déesses-mères et du serpent.
C’est vers 3500 avant J. -C. que la civilisation harappéenne commence à décliner pour
disparaître vers 1800 avant J. -C.Le temps des envahisseurs
dans la plaine Indo-Gangétique
Pendant près d’un millénaire les peuples de l’Indus sont mis au contact de peuplades qui
9migrent vers le sud en provenance des environs du lac Ourmia . On les appelle les Aryens et
ce sont des proto-perses qui émigrent dans divers azimuts : un autre groupe de tribus va ainsi
s’installer dans la péninsule anatolienne pour former la civilisation du Mitanni avec le peuple
Hourrite, adversaire des Hittites mais allié des Pharaons égyptiens.
On ne sait à peu près rien de cette coexistence entre les tribus autochtones et les nouveaux
venus mais le résultat de cette migration et les variations du climat font que se crée une
civilisation originale dans la vallée du Gange en prolongement de la vallée de l’Indus.
Certaines hypothèses indiquent que la cité de Dholavira est le carrefour entre ces deux axes
de développement civilisateur et que le lit de fleuve aujourd’hui asséché sur laquelle elle est
bâtie serait le cours de la mythique Sarasvatî.
Divers royaumes se créent alors par association de tribus et un premier ensemble assez
important pour être nommé “empire” établit sa capitale à Rajagriha dans l’actuel Bihâr. Il s’agit
ede l’empire de Mâgadhî qui dure du VII siècle avant J. -C. à environ 350 avant J. -C., date à
laquelle il s’est étendu vers le Bengale. Il se donne une nouvelle capitale : Pataliputra.
Il a sans doute bénéficié de l’exode de populations de la vallée de l’Indus qui ont été
ebousculées par les conquêtes de Cyrus. Celui-ci, à la fin du VI siècle avant J. -C., conquiert
ladite vallée pour y établir une administration perse : la satrapie de l’Indus inféodée à son
empire.
L’empire Mâgadhî englobe un territoire qui, partant de l’Indus, inclut tout le bassin du
Gange.
Dans cet empire Indo-Gangétique la richesse apporte un regain de pensée qui se traduit
par une nouvelle spiritualité remettant en cause la norme sociale. Deux messies offrent une
vision neuve des relations entre les êtres humains eux-mêmes et entre les humains et le
monde qui les entoure : Buddha et Mahavira.
eAu IV siècle avant J. -C. Alexandre de Macédoine se lance dans une épopée de
conquêtes qui l’amène dans le Sindh mais son passage est si éphémère qu’il ne perturbe pas
grandement la civilisation indienne.
eLe bouddhisme apparaît au VI siècle av. J. -C. Il s’oppose à...