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Communication publique et santé en République Démocratique du Congo

De
253 pages
Dans cet ouvrage, l'auteur met en lumière les facteurs qui expliquent l'échec des campagnes de communication publique menées sur le territoire congolais car celles-ci n'ont pas jusque-là apporté les changements de comportement escomptés auprès de la population cible. Seules les campagnes menées dans le secteur de la santé ont été abordées. L'auteur a recouru à l'analyse transactionnelle, laquelle lui a permis d'étudier la personnalité des principaux acteurs impliqués dans l'organisation des campagnes de communication publique.
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Communication publique et Santé
en République Démocratique du Congo

(Ç)L'Harmattan, 2009 5-7, rue de l'Ecole polytechnique j 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-0744-8 EAN : 9782296070448

Philippe NTONDA KILEUKA

Communication publique et Santé
en République Démocratique du Congo

L' Harmattan-RDC

A Mireille, mon épouse A Francel, Prisca, Dorcas, Michael et Joyce, mes enfants.

Sommaire

INTRODUCTION

7 23 25 39

PREMIÈRE PARTIE
CONSIDÉRATIONS SUR LA COMMUNICATION PUBLIQUE

Chapitre I. : La communication publique Chapitre II : Ecologie de la communication publique

DEUXIEME PARTIE
LES CAMPAGNES DE COMMUNICATION PUBLIQUE EN RDCONGO

55 61 93 111 125

Chapitre 1 : Les activités de vaccination en RDC Chapitre II : La communication au service de la santé infantile
Chapitre III : La conception des campagnes (. . .) Chapitre IV : Radioscopie des campagnes (. . .)

TROISIEME PARTIE ANALYSE DE LA COMMUNICATION PUBLIQUE EN RDCONGO

145 147 171 217

Chapitre I : Modèles d'analyse de la communication Chapitre II : Analyse transactionnelle Chapitre III : Interprétation et discussion des résultats des analyses

CONCLUSION BffiLIOGRAPHIE

235 243

INTRODUCTION

---

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Les campagnes de communication de masse se sont intensifiées en République Démocratique du Congo depuis 19961, notamment grâce au Programme Elargi de Vaccination (PEV), structure du ministère de la Santé qui reçoit aussi des subsides extérieurs provenant des organismes internationaux. Elles sont surtout organisées dans le domaine de la santé publique et visent la promotion de la santé infantile à travers les opérations de vaccination. L'objectif affirmé par les pouvoirs publics congolais à travers ces campagnes de communication est d'assurer le bien-être général. De par ses prérogatives, l'Etat a, en effet, l'obligation d'assurer le bien-être de sa population. Cette obligation est contenue dans la Constitution de la République Démocratique du Congo qui stipule que les pouvoirs publics « prennent dans tous les domaines, notamment dans les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement »2 de la population. La même loi fondamentale souligne que la vie est sacrée; c'est ainsi que l'Etat a l'obligation de la respecter et la protége~. C'est dans cette optique que l'Etat mène des actions d'intérêt général dans divers domaines de la vie sociale. Etant donc le garant du bien-être de la population, l'Etat a de ce fait l'obligation de faire participer aussi cette dernière à l'effort national, dans la perspective précise de l'amener à se prendre en charge, en vue d'initier la mentalité d'un développement intégré et endogène. Cette participation passe ainsi, en toute logique, par l'appropriation par le peuple des programmes mis en place. Dans cette visée, il est utile d'indiquer que, de toute évidence, «l'appropriation suppose une maturation des compétences », ainsi que le souligne nettement Michel Le Net4, qui s'est largement
Programme Elargi de Vaccination: Campagnes de vaccination contre la rougeole et la poliomyélite, Aide-mémoire du mobilisateur, 2005, p.3. 2 Article 14 de la Constitution de la République Démocratique du Congo. 3 Article 16 de la Constitution de la République Démocratique du Congo.
4
1

Michel Le Net, La communication sociale, Paris, La Documentation française,

Collection Sciences Humaines et sociales, 1977, p.15. 7

penché sur cette problématique de mobilisation de l'Etat. Et, à propos notamment de la compétence de communication, il y a lieu de souligner que: «Un individu, un groupe, une population, s'approprient un système de communication dans la mesure où ils acquièrent les clés d'accès techniques, économiques, culturelles, dans la mesure aussi où ils mettent en œuvre le système au service de leurs propres objectifs, pour concevoir des utilisations qui évoluent en usages stables.».! C'est dans cette optique que Michel Le Net conçoit les pouvoirs publics sous la forme spécifique d'Etat annonceur? Cette optique est nouvelle et, au sein des Sciences de l'Information et de la Communication (SIC), elle se distingue par son originalité. Il s'en dégage aussi le concept et le champ de la «Communication publique ». A vrai dire, cependant, c'est depuis une quinzaine d'années que la tendance se fait persistante. Elle a laissé penser que l'immixtion de plus en plus intensive de l'Etat comme annonceur dans l'espace médiatique ou non-médiatique devait aboutir à mettre sur pied et consolider l'idée d'un champ nouveau au sein des Sciences de l'Information et de la Communication(SIC). Ce qui fut donc fait. Cela dit, il faut rappeler que le but visé dans le cadre des campagnes de vaccination est d'aider les personnes qui s'occupent des enfants à comprendre la nécessité de les conduire à la vaccination autant de fois que cela est nécessaire et ce, jusqu'au moment où le programme sera totalement exécuté. En d'autres termes, l'objectif poursuivi dans ce cas est, une fois le programme achevé, d'amener la population congolaise à adopter des comportements qui apporteront des améliorations à la santé communautaire. Ces améliorations seront ainsi rendues possibles grâce entre autres aux capacités offertes par les moyens de communication. Il est utile de relever que « les interventions sanitaires efficaces requièrent un changement de comportement »3. Par ce changement de comportement, l'Etat espère atteindre quelques objectifs du millénaire dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, à savoir la réduction de « 3 /4 de la mortalité maternelle et de 2/3 de la mortalité des enfants de moins de 5 ans, d'ici 2015 »4 . Dans la pratique et selon la Banque Mondiale,« le comportement humain étant un facteur principal dans les problèmes de santé, les
IRobert Jourdan et Marie-France Koulourndjian, médiatiques, Paris, CNRS Editions, 1999, p.143.
2

« Identité»

in

Pratiques

Michel Le Net, L'Etat annonceur,Paris, Editions d'organisation, 1981,p.21.

3Banque Mondiale: Communication stratégique pour les projets de développement, U.S.A, 1999, p.5. 4 Macro plan 2005 élaboré par le ministère de la santé de la ROC. 8

investissements dans ce domaine doivent être concentrés sur les comportements ainsi que sur les structures sanitaires et la fourniture des services. On ne peut résoudre des problèmes de santé sans la compréhension et la motivation des gens devant adopter ou changer certains comportements »1. Cette question relève de la communication publique. Selon Pierre Zémor, « la communication publique est la communication formelle qui tend à l'échange et au partage d'informations d'utilité publique, ainsi qu'au maintien du lien social, et dont la responsabilité incombe à des institutions publiques2. Il ajoute, à ce sujet, que son domaine se définit par la légitimité de l'intérêt général. Michel Le Net, quant à lui, précise, de son côté, que la communication publique vise à « rendre chaque citoyen responsable de ses choix en matière de santé, de sécurité, d'environnement et d'assurer sa participation à la vie publique et à la promotion des valeurs sociales »3. La communication publique se distingue donc nettement de la communication informelle. Et c'est à l'intérieur de ce champ que nous entendons inscrire notre recherche. En fait, de ce champ de communication publique, nous retenons pour l'instant les repères fondamentaux ci-après: Etat comme initiateur de la communication, Nature formelle de la communication, Informations d'intérêt général et Citoyen comme cible de la communication.

1Banque Mondiale, idem, p.5. 2 Pierre Zémor, La communication publique, Paris, PUF, 1995, p.5. 3 Michel Le Net, L'Etat annonceur, Paris, Editions d'organisation, 1981, p.2lO. 9

L'objet de notre étude Pour ce travail, nous entendons étudier les activités de communication organisées sous la responsabilité de l'Etat dans le domaine de la santé infantile. Dans cet univers d'activités, notre choix a porté sur celles qui sont menées dans le secteur de la vaccination. Deux raisons principales ont milité en faveur de cette option: les campagnes d'information et de sensibilisation relatives à la vaccination ont été plus nombreuses et dans une large mesure, plus régulières. Pour étayer nos propos, nous pouvons signaler que la République Démocratique du Congo a organisé, avec l'appui des partenaires extérieurs: deux fois, en 1996 et 1997, les Journées Locales de Vaccination (JL V) ; cinq fois, de 1998 à 2002, les Journées Nationales de Vaccination (JNV)l. Au cours de la seule année 2000, les JNV ont eu lieu en trois phases: les 7,8,9 juillet; les 11 ,12,13 août; les 15, 16,17 septembre2. En 2004, elles ont été organisées en deux phases: du 6 au 10 octobre; du 10 au 14 novembre. Par ailleurs, il y a lieu d'indiquer que les campagnes de vaccination connaissent une forte implication des acteurs publics (hommes politiques, artistes-musiciens, sportifs, leaders religieux etc). Outre le Président de la République et le Ministre de la Santé, parmi les personnalités politiques impliquées ès qualité, ont été associés aux manifestations organisées dans le cadre du lancement des campagnes relatives à la vaccination notamment les sportifs et les artistes-musiciens les plus en vue. Ces stars congolaises ont« battu campagne dans les rues de Kinshasa ou à travers les médias nationaux et internationaux en faveur des Journées Nationales de Vaccination. Elles ont, à l'instar des crieurs, des professionnels des médias, des associations des femmes, des scouts et d'autres groupes sociaux, contribué à convaincre les parents de la nécessité de faire vacciner tous leurs enfants âgés de 0 à 5 ans contre la polio et donc, au succès des JNV ».3 Il est à noter que la présence de ces acteurs publics vise surtout à offrir aux campagnes une plus grande visibilité et, par ricochet, à obtenir une importante mobilisation de la population cible. Cependant, cette dimension supplémentaire d'appui par des acteurs extérieurs contraste quelque peu avec la définition fondamentale de la communication publique, telle que présentée ci-haut par Zémor et Le Net, qui

l

2 Journées Nationales de Vaccination: Eradication de la poliomyélite en RDC, Aide-mémoire du mobilisateur, 2000, p.l. 3 Unicef, R.D. Congo: La polio bientôt éradiquée, Décembre 2002, p.44. JO

UNICEF: R.D.Congo: lapolio bientôt éradiquée,décembre2002, p.9.

n'envisageait comme acteur que l'Etat ou ses institutions. Cette nouveauté retient donc notre attention. Qu'à cela ne tienne, nous reconnaissons que les acteurs extérieurs ne sont pas toujours exclus du champ de la communication publique, comme en témoigne la sociologie américaine du droit. Cette dernière a même proposé un concept plus précis pour désigner ce type d'acteurs publics. Il s'agit du concept de «personnage public ». En effet, selon la Cour Suprême de Justice des Etats-Unis d'Amérique, le concept de «personnage public» est fondé sur des éléments factuels et caractéristiques qui permettent d'identifier deux catégories d'individusl : 1. Toute personne qui occupe une position de pouvoir et d'influence tellement évidente qu'elle est considérée comme« publique» à tous égards; ou toute personne« intimement impliquée dans le règlement d'affaires publiques importantes» ;et 2. Toute personne privée qui participe volontairement à un débat public important afin d'influer sur la manière dont seront résolus certains problèmes donnés. Le nouvel enrichissement est de grande importance. Car, dans la catégorie actorielle de l'Etat, il n'est plus question d'envisager seulement les personnages officiels, mais aussi des personnes tout à fait privées. Il s'agit donc non seulement des personnes qui détiennent des positions de pouvoir mais aussi celles qui ont simplement de l'influence, sans s'occuper directement ou publiquement de la gestion des affaires publiques. Ainsi, les acteurs publics dont il est question dans notre travail ne seront ni strictement ni seulement les hommes politiques congolais. Il s'agit des tous ceux qui ont des positions de pouvoir et d'influence et qui s'occupent aussi de la gestion des affaires publiques. Toutefois, malgré tout cet investissement en ressources humaines, les résultats des campagnes de vaccination en RDC ne semblent pas tout à fait satisfaisants, si l'on se réfère notamment à une évaluation réalisée par Basics.2 Les études de Basics ont montré en effet que« la majorité des enfants atteints d'une maladie évitable par la vaccination n'arrivent pas à une formation médicale. Les mères préfèrent rechercher des services plus
I

Henry H. Schulteet Marcel P. Dufresne,Pratique dujournalisme, Paris, Nouveaux

Horizons, 1999, p.326. 2 BASICS (Soutien de Base pour Institutionnaliser la Survie de l'Enfant). Cet organisme est un projet de dimension mondiale dont la mission consiste à promouvoir la survie de l'enfant. Il est financé par le Bureau Santé et Nutrition du Département des Programmes Globaux, Soutien du Terrain et Recherche, de l'Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID). 11

accessibles, vendeurs locaux de médicaments ou un guérisseur traditionnel. D'autres mères croient que les maladies infantiles comme la rougeole sont naturelles et donc ne nécessitent pas une attention médicale ».1 Ce constat peut être interprété de différentes façons. Dans tous les cas, une telle conclusion montre bien qu'il existe des facteurs de blocage dans le chef de la population, non pas nécessairement du côté des concepteurs et réalisateurs des programmes de vaccination, mais bel et bien du côté des bénéficiaires et des populations cibles. Ayant donc constaté ce déficit, l'Etat congolais s'est mis à organiser des campagnes de communication publique en vue d'amener la population à changer de comportement en adoptant des attitudes positives, susceptibles de conforter son bien-être. Et les campagnes d'information et de sensibilisation dans le domaine de la santé infantile, singulièrement dans le secteur de la vaccination, s'inscrivent ainsi correctement dans le champ de la communication publique. Certes, l'on se rend bien compte que les quatre repères fondamentaux de la définition de la communication publique sont ainsi reconstitués: Etat annonceur; nature formelle de la communication; informations d'intérêt général; citoyen comme cible. Mais en ce qui nous concerne, nous estimons qu'il y a lieu d'intégrer désormais à la définition ce phénomène de blocage constaté dans le chef des populations cibles. D'où nous complétons la définition en disant que, si la communication publique est à considérer comme toute activité d'information et de communication initiée par l'Etat dans le but de promouvoir le bien-être général, en luttant contre toutes les formes de maux qui menacent la société, cette activité informationnelle et communicationnelle doit par ailleurs reposer sur une perception claire des faits et des enjeux d'un processus du développement endogène de la société. Comme nous pouvons le constater, il s'agit là clairement d'une communication qui entend promouvoir l'intérêt général en passant inévitablement par un changement de comportement. Michel Le Net le perçoit également ainsi et parvient même à dégager les trois étapes qui constituent ce type de communication publique. Primo: les campagnes d'information cherchent à donner une bonne connaissance d'un problème. Secundo: les campagnes de communication se fixent comme objectifs de convaincre; cependant, elles ne permettent pas toujours le changement de comportement. Tertio: pour obtenir un changement de comportement, il semble nécessaire de mettre en place des mécanismes pour forcer le changement de comportement.

1

BASICS: Initiative pour l'éradication de la Poliomyélite, 1998, p.32. 12

Michel Le Net n'hésite cependant pas à souligner que «le passage de l'idée à l'acte est statistiquement le défi social le plus difficile à relever »1. D'où, en arrive-t-il à envisager que la modification volontaire d'une attitude puisse passer par la contrainte. Il faut donc « forcer », en passant simplement par «la peur du gendarme ». Pour Le Net, donc, « l'information seule ne peut pas modifier sensiblement les habitudes de nos concitoyens vis-à-vis des principaux maux sociaux quand ces derniers se sont développés sans restriction à partir d'une attitude permissive de longue date de la part des pouvoirs publics »2. Ainsi qu'on peut s'en apercevoir, la communication publique s'est fixée elle-même un objectif intermédiaire: le changement de comportement avant d'atteindre l'intérêt général. Ce changement de comportement, qui du reste est un processus de longue haleine, devient ainsi une variable dépendante de notre logique processuelle. C'est donc plus scientifiquement, à travers cette variable que nous pouvons évaluer la réussite ou non de la communication publique. Par ce changement de comportement notamment, l'Etat espère atteindre, comme nous l'avons indiqué, quelques «objectifs du millénaire »3 dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, à savoir la réduction de «% la mortalité maternelle et de 2/3 la mortalité des enfants de moins de 5 ans d'ici 2015 ».4 Cela dit, il nous faut donc à présent préciser en quoi consistent les campagnes de communication actuelles menées dans le cadre des activités de vaccination et ainsi approcher de plus près le changement de comportement qui doit être induit. Pour cela, il sied de noter que les activités de vaccination sont subdivisées en trois volets: la vaccination de routine, la surveillance épidémiologique et les vaccinations supplémentaires. La première forme consiste à administrer des doses de vaccin aux enfants avant leur premier anniversaire suivant un calendrier vaccinaI précis. Généralement, les parents respectent ce calendrier de manière spontanée. La deuxième forme, relative à la surveillance épidémiologique, permet d'évaluer les progrès en vue de réajuster les stratégies sanitaires médicales. Cette activité est ainsi d'ordre plus technique, n'impliquant pas les populations. Mais, en revanche, c'est une activité qui permet de déterminer le degré de «spontanéité» de ces
IMichel Le Net, op.cit, 1977, p.19. 2 Michel Le Net, La communication sociale, Paris, La documentation française, collection Sciences Humaines et Sociales, 1997, p.2S.
3 4

Les objectifs du millénaire consistentprincipalementà lutter contre la pauvreté qui
Macro plan 2005 élaboré par le ministère de la santé avec l'appui de ses différents

se développe surtout dans les pays du Tiers-Monde.

partenaires.

13

populations et de renseigner sur le changement de comportement. Cette étape que nous considérons comme plus clinique et qui n'appelle pas tout à fait le recours à la campagne de communication publique n'est donc pas exploitée dans notre travail. Enfin, la troisième forme se présente comme activités supplémentaires et ponctuelles menées à travers des journées locales et nationales de vaccination. Ce sont ces dernières activités qui s'accompagnent des campagnes intenses d'information et visent souvent une population cible. Ce sont précisément celles-là qui sont au centre de préoccupations de la présente étude car leur volet communicationnel est vraiment au cœur de la communication publique. Nous tenons à rappeler que le but recherché dans le cadre des campagnes de vaccination est d'aider les personnes qui s'occupent des enfants à comprendre la nécessité de les conduire volontairement à la vaccination autant de fois que cela est nécessaire et ce, jusqu'au moment où le programme sera totalement exécuté et achevé. En résumé, il s'agit de viser d'abord les améliorations à la santé communautaire et ensuite, faire adopter des comportements conséquents. Enfin, ces améliorations ne deviennent possibles que grâce au développement des capacités en matière de communication. C'est ici l'occasion de relever que la communication est une composante essentielle dans toutes les activités humaines destinées à promouvoir le développement dans la mesure où, utilisée à bon escient, elle peut contribuer à l'amélioration des conditions de vie des populations. Depuis 1996, le gouvernement de la République Démocratique du Congo organise, sous la houlette du ministère de la Santé, des campagnes nationales de vaccination. Ces dernières sont considérées par les organisateurs comme des activités à visibilité tellement élevée que les parents des enfants concernés ne peuvent aucunement, en un, trois voire cinq jours échapper à l'information et à la sensibilisation de ces Journées Nationales de Vaccination (JNV). L'opération est parfois renouvelée avec 4 ou 6 semaines d'écartI. Le but poursuivi par cette intensité informationnelle est de susciter chez les parents des comportements ponctuels consistant à conduire régulièrement les enfants à la vaccination suivant le calendrier fixé par les autorités sanitaires. Mais, en définitive, cette campagne par la communication « vise non seulement à faire passer des messages pour que les publics cibles les comprennent mieux, les acceptent et adoptent les comportements sains préconisés, non pas de façon ponctuelle, mais suffisamment longtemps pour en tirer tous les avantages possibles. L'objectif, en fin de compte,
UNICEF et OMS, Guide de communication pour l'éradication de la polio et le PEV de routine, 2001, p.3. 14
1

est par conséquent d'amener un changement des comportements, c'est-àdire favoriser l'adoption et le maintien des comportements souhaités».1 Les campagnes de communication se fixent comme objectifs de convaincre mais elles ne permettent pas toujours le changement de comportement comme nous l'avons souligné. Ainsi qu'on peut le percevoir, même si ce texte n'est pas si clair, les autorités sanitaires se sont rendues compte que le changement de comportement ne peut se réaliser que de manière processuelle. Dans la pratique, le comportement idéal pour résoudre un problème de santé n'est pas toujours facile à réaliser par une population déterminée. Par ailleurs, il existe aussi d'autres problèmes pratiques. En République Démocratique du Congo comme dans la plupart des villes des pays sous développés, on voit coexister aussi bien les «centres urbains, industriels et de haut niveau» que« les périphéries pauvres, agricoles et de bas niveau »2. Or, les JNV ont la prétention de concerner toutes les populations, sans exception et sans exclusive. Pour plus de précision, mais sans nous étendre sur une situation bien exposée par la sociologie urbaine et africaine, nous dirons que la ville constitue un milieu tourné vers la modernité où se développent« les activités des secteurs secondaire et tertiaire, c'est à dire les activités de transformation (usines, machines, services, commerces et entreprises) »3 . Elle est aussi caractérisée par une grande concentration humaine, attirant la main d'œuvre et les autres candidats à la survie. Cette partie de la ville est désignée aussi par l'appellation de « milieu urbain ». En revanche les quartiers situés à la périphérie de la ville sont, généralement, pauvres et ressemblent aux campagnes, à cause notamment de la prédominance des activités agricoles qui s'y pratiquent. Ce sont des milieux dits périurbains, qui connaissent une faible exposition aux médias4et un taux élevé d'analphabétisme. Ces deux facteurs les prédisposent dans une large mesure au déficit d'efficacité des actions de sensibilisation. Comme l'on s'y attend, le Programme Elargi de Vaccination (PEV) est donc obligé de s'adapter à cette dualité. Ainsi, le PEV a décidé
1 2
3

Idem, p.8. Robert Chambers, Développement rural: la pauvreté cachée, Paris, Karthala,

1990, p.1?

Gurale Courage, et al., Nourrir les villes en Afrique Sud Saharienne, Paris, L'Harmattan, 1985. 4 De manière générale, les organisateurs des campagnes d'information et de sensibilisation utilisent abondamment les mass média pour atteindre un large public. Malheureusement, les quartiers périphériques de Kinshasa connaissent des coupures d'électricité de façon récurrente et sont parfois privés de courant électrique pendant des semaines voire des mois au cours d'une année. 15

d'organiser en RDC deux types de campagnes: les Journées Nationales de Vaccination (JNV) et les Journées Locales de Vaccination (JLV). Or, pour la population de la ville de Kinshasa, composée des habitants vivant aussi bien dans les milieux urbains que dans les milieux périurbains, toutes les campagnes menées sur la vaccination dans la capitale congolaise sont destinées indifféremment aux uns et aux autres. Pourtant, en réalité, les deux milieux n'étant pas confrontés aux mêmes réalités sur le plan socio-économique, ils présentent inévitablement des différences de sensibilité et de perception des messages diffusées au cours des journées nationales de vaccination (JNV) et des journées locales de vaccination (JLV). Cela est surtout le cas des vaccinations intervenant après un an comme celles contre la poliomyélite (de 0 à 5 ans) et contre la rougeole (de 9 à 59 mois). C'est, faut-il le préciser, justement cette population hétérogène et complexe de Kinshasa qui sera le site d'observation de notre étude. Pour en donner un aperçu synthétique en recourant à une étude réalisée par le ministère du Plan, nous dirons que le niveau de revenu par habitant, par jour, est passé en 15 ans de 1,31$ us (1973) à 0, 91$ us (1974) et à 0,30$ us (1998).1 C'est donc une population en appauvrissement continu. Cette situation a démotivé les fonctionnaires et engendré la paralysie des services publics. Par ailleurs, la destruction du tissu économique qui s'en accompagne a accentué la crise, avec des conséquences graves notamment dans le secteur de la santé publique. Et, de manière générale, les services de santé ont été fortement affectés. Les milieux les plus touchés sont précisément les périurbains, déjà fragilisés et défavorisés par les pouvoirs publics. En effet, «du point de vue spatial, la pauvreté urbaine se concentre dans des zones périphériques où les infrastructures publiques font gravement défaut ».2 En plus, sachant que, dans ces zones excentriques, 75% des personnes peuvent être considérées comme des pauvres,3 nous pouvons nous rendre compte de la consolidation des barrières socioculturelles, des inégalités à l'accès à l'information et des difficultés à faire parvenir à toutes les populations le même message et une même signification. Pourtant, dans la perspective de la communication publique, c'est à travers la communication que les individus peuvent comprendre le bienfondé du changement et les dangers du maintien de certaines pratiques
I Ministère du plan, Document intérimaire de stratégies de réduction de la pauvreté, Kinshasa, février 2002. 2 Luzolele Nkakala, L. : La pauvreté urbaine en Afrique Subsaharienne. Le cas de Kinshasa. Rapport fmal, Universiteit Antwerpen, Mars 1999, p.7. 3 Ibid, p.6.
16

comportementales. VICIeux.

L'on n'est donc pas loin d'entrer dans un cercle

Concernant le contenu, l'UNICEF souligne que« les messages diffusés durant les différentes campagnes ont porté principalement sur l'importance de la vaccination, les dates, les antigènes et sur la stratégie de vaccination utilisée, à savoir le porte à porte, le site fixe et la synchronisation ». Or, au regard des résultats obtenus, l'UNICEF constate qu'il y a eu des cas de résistance. En plus, cet organisme a même observé « des rumeurs sur la répétitivité de la vaccination et sur l'origine des vaccins» 1. En termes plus clairs, les parents et responsables de famille ont exprimé des vives inquiétudes et avancé des prétextes pour justifier leur renoncemenf:

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Les parents se sont inquiétés de la fréquence des doses et d'un éventuel surdosage du vaccin anti-poliomyélite. Des rumeurs ont fait état des substances stérilisantes contenues dans les vaccins anti-poliomyélite. Les parents ont redouté un certain lien entre la vaccination et l'épidémie de la diarrhée. Certains parents ont estimé qu'ils feraient mieux d'aller chercher de la nourriture pour leurs familles au lieu de perdre du temps aux lieux de vaccination. D'autres ont affirmé que la vaccination était opposée à la parole divine.

Tout compte fait, l'UNICEF et l'OMS sont arrivés à un double diagnostic. D'une part, « l'une des faiblesses des programmes élargis de vaccination (pEV) est liée au fait que les activités de communication en rapport avec les JNV et les programmes élargis de vaccination systématiques sont menées indépendamment les unes des autres ».3 D'autre part, ces deux organismes s'accordent pour déplorer la minime place accordée à la communication dans le cadre de la vaccination; ils arrivent même à souligner que «ce volet des programmes tend à être relégué à des niveaux inférieurs en termes de respect, de priorité et de financement» 4 L'on est là résolument aux causes plus structurelles. Et,
1

2 Ibid., pp.14 et 41. Il faut ajouter à cela la classe des mécontents. En effet, certaines personnes, mécontentes de n'avoir pas été retenues comme vaccinateurs, mobilisateurs ou superviseurs se sont employées à susciter des résistances à la vaccination parmi la population. 3 UNICEF et OMS; Guide de communication pour l'éradication de la poliomyélite et le PEV de routine, 2001, p.10. 4UNICEF et OMS op.cit, p.22. 17

UNICEF: R.D.CONGO: lapolio bientôt éradiquée.Décembre2002, p.37.

surtout, l'UNICEF et l'OMS n'entrevoient pas encore des pistes pour arrêter cette « tendance à mettre en œuvre les activités de communication de façon inorganisée et vague ».1 Allant plus loin dans le diagnostic, ces deux organismes indiquent que, dans l'exercice quotidien et régulier du travail relatif à la vaccination, se trouve consolidée «l'absence de quantification, de documentation et de diffusion de la contribution apportée par la communication »2. Autrement dit, le peu qui peut être fait en matière de communication vole ensuite en fumée. Et le comble est, vraiment, que «nombre d'activités de communication du PEV ne font pas l'objet d'un suivi systématique et sont rarement évaluées. »3 Cela dit, les grosses faiblesses qui viennent d'être observées sont de nature à laisser réapparaître les maladies pour lesquelles l'on a mené des campagnes intensives en vue d'une véritable et définitive éradication. Par ailleurs, le Document intérimaire de stratégies de réduction de la pauvreté4, est beaucoup plus catégorique: « depuis sa création en 1978, le Programme Elargi de Vaccination (pEV) n'a jamais accompli de façon satisfaisante sa mission ni atteint les objectifs qu'il s'est assigné au fil des années ». Le PEV ne pourra rien accomplir, tant sont faibles, sinon inconséquents, les apports financiers des sponsors étrangers. En effet, une mission conjointe de l'OMS et de l'UNICEF en juin 2001 a estimé que le minimum d'investissement initial nécessaire pour arrêter la mortalité et renverser définitivement les indicateurs de santé est en vérité de 350 millions de dollars américains par an. Or, les interventions des bailleurs de fonds n'ont été que de 82,19 millions de dollars us pour la période de 1998-20015, c'est à dire seulement 23,4%. En termes plus clairs, il faudrait, à ce rythme de financement, 12 ans de déblocage de fonds pour atteindre le résultat prévu pour une année. Le rythme de réalisation étant donc 1/12, il faut conclure à une sorte de supercherie. Enfin, de manière plus technique, les statistiques du Ministère de la Santé endossent ce constat d'échec en faisant ressortir des écarts nonnégligeables entre la population-cible et la population réellement vaccinée. Toutes les études montrent clairement que le nombre d'enfants vaccinés est supérieur au chiffre prévu pas les organisateurs. Certes, ces données n'instruisent pas directement sur le volet« communication» des
1 Idem. 2 Idem 3 Ibidem, p.l 02. 4 Document intérimaire 2002, p.8.
5 Idem.

de stratégies de réduction de la pauvreté,

Kinshasa, Février

18

JNV et des JLV; ils offrent néanmoins d'intérêt pour le présent travail:

cinq enseignements

dignes

Le PEV ne maîtrise pas la mobilité et les mouvements migratoires des effectifs d'enfants par sous-zone de santé; certains enfants allant se faire vacciner là où ils n'étaient pas attendus; Cette mobilité est perceptible dans toutes les zones de santé et ne concerne pas que les milieux urbains (Antenne Ouest et Antenne Centre) mais aussi les milieux périurbains (Antenne Est) ; Les cinq sous-zones qui enregistrent le nombre d'enfants manquants le plus élevé sont: Bandalungwa (4441 soit 17,7%), Matete (4406 soit Il,6%), N'djili (3992 soit 9,4%), Barumbu (3490 soit 9,4%) et Kimbanseke (2719 soit 17,5%) ; elles sont cependant tellement éloignées les unes des autres (sauf pour Matete et N'djili) qu'elles n'autorisent pas d'évidents rapprochements et que cela donne plutôt des indications sur la généralisation de la tendance. Les cinq sous-zones qui enregistrent le nombre d'enfants non attendus le plus élevé sont: Bumbu (8199 soit 15,3%), MontNgafula (2496 soit 13,1 %), Kasa-Vubu (2274 soit 13%), Makala (1658 soit 4,1%) et Kingasani (1485 soit 5,1%); ici non plus, les rapprochements ne sont pas évidents. Les effectifs en pourcentage d'enfants manqués ou en surplus respectent une même proportion.

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Cela dit, au regard de nombreux diagnostics que nous avons relevés ci-haut, nous pouvons arriver à établir provisoirement le fait que les composantes qui tirent leur épingle du jeu sont, d'une part, celles qui offrent le vaccin (les sponsors étrangers) et, d'autre part, celles (les acteurs nationaux) dont la personnalité sert à la sensibilisation des populations cibles. Au regard de ce qui vient d'être souligné, nous pouvons alors poser la question suivante qui résume la principale préoccupation de cette recherche: Pourquoi les campagnes de communication publique menées en République Démocratique du Congo n'atteignent-elles pas les objectifs escomptés? De cette préoccupation principale de recherche découle les questions subsidiaires ci-après: les campagnes de sensibilisation et d'information organisées dans le cadre de la santé infantile répondent-elles aux critères pertinents de la communication publique? La communication publique en RDC ne contribue-t-elle pas davantage à la promotion des acteurs publics impliqués dans l'organisation de ces campagnes? Telles sont les préoccupations autour desquelles notre travail tentera également d'apporter des réponses.

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Nos hypothèses Ainsi que cela a pu être montré, plusieurs raisons peuvent justifier les échecs des campagnes de communication publique menées en République Démocratique du Congo. Nous allons donc élaborer nos hypothèses dans la perspective d'identification des causes des échecs de la communication publique en RDC. Hvpothèse 1 Pour nous, la première cause est d'ordre méthodologique. Elle tient au fait que les campagnes de communication publique en RDC sont organisées suivant les règles de l'approche causale, cette dernière étant basée sur le paradigme «de cause à effet ». C'est le modèle béhavioriste d'un stimulus extérieur qui considère également que le «récepteur est passif, en état hypnotique »1. Il consacre, en fait, la domination de l'émetteur. Cette approche enferme ainsi la communication dans un schéma linéaire d'une transmission de l'information et n'intègre pas d'autres dimensions inhérentes au phénomène de la communication, lequel est, fondamentalement, complexe. Les organisateurs des campagnes de vaccination privilégient la transmission des messages au détriment des aspects relationnels qui sont, pourtant, aussi importants dans le processus communicationnel. Aussi, pouvons-nous affirmer qu'il y a très peu de changements dans la nature des interactions qui se produisent lors des échanges entre les différents acteurs de la communication publique. L'élément inter dans interaction qui signifie entre exprime une relation de réciprocité entre des personnes ou des choses; l'interaction est donc «l'échange d'information qui se réalise par une série de communication entre les partenaires »2. Hvpothèse 2 La seconde cause des échecs des campagnes de communication publique en RDC est d'ordre théorique. En effet, en vertu du principe des relations publiques «bien faire, le faire savoir ou le faire valoir », les acteurs concernés dans l'organisation des campagnes de vaccination, à savoir, les sponsors étrangers et les acteurs nationaux, privilégient la promotion de leur propre image auprès des populations cibles.. Or, cette vision théorique est contraire au substrat de la communication publique qui est la promotion de l'intérêt général.

1 Lucien Sfez : « Théories et pratiques des mass media» in Dictionnaire critique de la communication, Tome 2, Paris, PUF,1993, p.1083. 2 Yves Lecoadic :Le besoin d'iriformation, Paris, ADBS, 1998, p.59. 20

La communication publique en RDC ne vise l'intérêt général qu'en apparence; en réalité, elle promeut les acteurs publics impliqués dans son organisation. [Ml] Intérêt de cette étude Notre travail présente de l'intérêt dans la mesure où il s'agit d'une évaluation extérieure et scientifique des campagnes de communication publique consacrées à la vaccination. Si parfois les organisateurs affirment avoir atteint leurs objectifs, il semble, pour nous, que les véritables enjeux qui sous-tendent l'organisation de ces campagnes d'information et de sensibilisation ne sont pas suffisamment appréhendés. En plus, ces campagnes de vaccination sont faites sur base des données démographiques non fiables. En effet, les services de l'état civil ne fournissent pas de statistiques précises, si bien que les organisateurs de ces campagnes ne peuvent prétendre atteindre toute la population dont le nombre exact demeure évidemment inconnu. Délimitation du sujet Sur le plan temporel, nous avons choisi d'observer la période allant de 1996 à 2002. Car elle a été marquée par des campagnes répétitives de communication publique dans le domaine de la santé infantile. Celles-ci accompagnaient les activités de vaccination organisées sur toute l'étendue du territoire national. Il s'agissait des campagnes nationales de vaccination. Etant donné que ces campagnes ont une vocation nationale, il nous a paru logique de retenir toute l'étendue du territoire national dans la délimitation spatiale concernant notre étude. [M2] Seulement, nous devons prendre soin de signaler que le découpage réalisé par le Ministère de la Santé consistant à regrouper la population en « Zone de Santé» a été adopté dans notre travail en lieu et place du découpage administratif. Notre corpus est constitué des discours officiels prononcés par la partie gouvernementale et les partenaires extérieurs à l'occasion des cérémonies de lancement des campagnes. En plus, nous avons recueilli les déclarations des membres influents de certaines communautés et les réactions de la population-cible à travers certaines personnes. Pour atteindre cet objectif, nous avons élaboré un guide d'entretien qui nous a été d'une grande utilité dans la collecte des informations. Division du travail. Outre la présente introduction et la conclusion générales, notre étude comprend trois principales parties.

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