Comprendre les gribouillis

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Description

Ce livre est une nouvelle approche du gribouillis, première projection de notre corps, première trace graphique de notre inconscient.
Grâce à de nombreux exemples abstraits et figuratifs (de célébrités et d'inconnus), Roseline Davido cherche à décoder les processus psychologiques de la construction de la personnalité.
Cette démarche permet de proposer éventuellement une orientation thérapeutique pour des désordres tels que les abus sexuels, les violences, les névroses, etc.

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Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de visites sur la page 27
EAN13 9782849242544
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0098 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Comprendre les gribouillis
Un miroir de l’inconscient
Collection C-Psy
dirigée par Roseline Davido
Une collection au carrefour des courants de pensée de la psychologie contem-poraine, au-delà des conits d’école.
Dans la collection :
La féminité dévoilée dans les rêves, Sylvie Trinquier Le dyslexique et l’aquagraphie, Maryse du Souchet-Robert Et l’émotion se fait chair, Marie-Jeanne Trouchaud Le corps humain dans les rêves, Sylvie Trinquier
© Éditions du Cygne, Paris, 2011
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-254-4
Roseline Davido
Comprendre les gribouillis
Un miroir de l’inconscient
Éditions du Cygne
du même auteur :
« Quand l’échec scolaire masque « les abus sexuels », apport du Davido-CHaD », chapitre 3in «Techniques projectives : 12 cas cliniques, sous la direction de Jacqueline Finkelstein-Rossi et Lydia Fernan-dez, p 67-88. Concept psy, Éditions IN PRESS, Paris 2011.
Dessins d’enfance, destins d’adulte. Entretien avec vingt personnalités d’enfance juive ou d’ailleurs, co-auteur Michel Zerbib, Éditions du Cygne, Paris, 2006.
Le Cachalot, roman. Éditions du Cygne, Paris, 2004.
La découverte de votre enfant par le dessin, L’Archipel, Paris, 2001, réédition complétée 2012.
Le Davido-CHaD. Le nouveau test psychologique : du dépistage à la thé-rapie, L’Harmattan, Paris, 1997.
The Childhood Hand that Disturbs Projective Test, A diagnostic and the-rapeutic CHaD,PRAEGER, USA , 1994.
L’auteur remercie Emmanuel Frerebaut, Directeur auWaou Club Med Maillot et son équipe, pour leur accueil chaleureux ainsi qu’Annick Belnou, pour son amical soutien
Introduction
Si l’interprétation des dessins d’enfants permet au psycho-logue d’accéder à une meilleure connaissance des processus psychiques de l’enfant, en revanche, chez l’adulte, le dessin peut aussi révéler des aspects affectifs et/ou psychologiques que les tests ne décèlent pas toujours. Ainsi, le gribouillis pourrait repré-senter une approche instantanée de l’état psychique dans lequel on est quand on le réalise. Au cours de notre existence, nous reproduisons très souvent le ou les mêmes gribouillis. Il y aurait une pérennité de notre psyché, au fur et à mesure que nous vieillissons. Grâce à cette constante dans l’évolution des gribouillis se dégagent des facteurs qui favorisent une interprétation psychologique. Le décryptage des gribouillis nous amènera à évoquer les éléments qui permettent de dénir une personnalité mais surtout qui peuvent approcher les processus et rechercher les causes de « nos problèmes psychologiques » enkystés dans notre cerveau, nos pensées au cours de notre vie.
Le gribouillis n’est pas du gribouillage
Gribouiller,c’est inconsciemment « lâcher prise »,se permettre de souiller, faire appel à l’enfant qui est en nous, car l’adulte que l’on est devenu, ne se sent plus capable de dessiner. Si l’écriture peut évoluer avec le temps, en revanche, les gribouillis qui ne demandentaucun format préétablisont des repré-sentations informelles, que l’on a répétées tout au long de sa vie. Parfois, on les a « enjolivées » au l des années, mais la structure de base reste la même.
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Gribouiller,c’est se retrouver face à soi, dans un état de solitude, comme si on se déconnectait du monde extérieur. Cela s’appa-rente, un peu, à un rêve éveillé. Il arrive que l’on « découvre » son propre dessin et alors l’on ne « se » reconnaît pas. C’est un peu comme si un « étranger » (en fait, faisant partie intégrante de nous-mêmes) avait guidé notre main. C’est notre spontanéité qui réap-paraît, cela se joue entre nous et nous,il n’y a pas de place pour un tiers. Nous dénissonsnos propres limites, c’est aussi un déni de la réalité, nous lui échappons, le temps de dessiner. Nous ne sommes plus les victimes d’un ici et maintenant que l’on ne peut contrôler, nous vivons une vie graphique parallèle, bien loin des propos inintéressants que nous devons suivre et/ou prévoir, ou bien on se concentre sur une tâche à venir. Le gribouillis estun mécanisme de défense. Par un processus de répétition, on régresse an d’échapper aux contingences. Quand l’adulte gribouille, c’est aussi un acte de courage : il accepte le chaos, l’inextricable, il se retrouve comme dans les pièces de Beckett ou Ionesco, dans un lieu d’incohérence et d’absurdité où tout effort de compréhension est vain. Parce que la compré-hension est reliée aux ls d’un monde sensible et intérieur qui échappe à la réalité quotidienne. Gribouiller, c’est représenter quelque chose à partir de multiples points de vue,explorer l’interaction dynamique d’un systèmeet l’observer sous des aspects aléatoires qui stimulent et éveillent l’esprit à de nouvelles formes à notre goût. C’est aussi évaluer sa propre création en changeant de point de vue en s’ouvrant sur une vision du monde transformée, car moins stéréotypée, car on s’intéresse à une nouvelle forme, inconnue, que l’on découvre. Avant de parler, l’enfant reconnaît les formes qui l’entourent, les images et les formes préexistent au langage. Le gribouillis serait uneforme archaïqueavant que l’on ait pu nommer les formes qu’ils représentent. Quand on découvre une œuvre picturale, une image et/ ou une photographie, dans un Musée, on regarde, on observe
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et alors, le langage peut sembler superu... Magritte a décrit ses tableaux et ceux des surréalistes comme représentant un véritable décalage entre ce que l’on voit et l’intitulé de ce que traduisent les titres. Nous ne regardons rarement qu’un élément seul (à part le Regard de la Joconde), nous attribuons à ce que nous découvrons des caractéristiques personnelles qui peuvent être aux antipodes de ce qui est représenté par l’artiste, qu’il soit du guratif ou pas. Nous construisons une relation entre les choses et nous-mêmes à travers le miroir de notre grille personnelle d’interpréta-tion. D’où les difcultés à interpréter les dessins et à fortiori, les gribouillis qui feraient appel à un moi encore plus archaïque, où les mots ne s’expriment pas encore, on est dans un infra-langage. Gribouiller, est souvent considéré comme un acte inutile et non productif. Et pourtant, cet acte nous met en contact avec notre « génie créateur ». Une occasion de quitter la routine, les stéréotypes visuels et de se lancer de nouveaux dés, d’inventer des traits que l’on ne connaissait pas ! Chez l’enfant, le gribouillis est un guide diagnostique et théra-peutique très utilisé. Winnicott, commence à dessiner un trait et demande à l’enfant de continuer. Dans un exemple célèbre, un enfant termine le trait et représente « son problème » : un pied palmé de canard. En dessinant une palme, l’enfant témoigne de sa souffrance d’être « un canard boiteux » puisqu’il souffre de claudication. Nous aborderons plus loin cette technique fruc-tueuse : « le Squiggle Game ». Dans cet exemple, le gribouillis joueun rôle thérapeutique. Que l’on nomme l’effet cathartique, « méthode thérapeutique qui vise à obtenir une situation de crise émotionnelle telle que cette manifestation critique provoque une solution du problème que la crise met en scène. »Dictionnaire de Psychiatrie et de Psychopathologie clinique, Larousse p103 Le sujet serait libéré d’affects oubliés : la reviviscence d’une situation traumatique libérerait l’affect« oublié ». En projetant son tourment sur une feuille de papier, le sujet le met à distance
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et s’en dégage. Cette distanciation l’autorise à le considérer diffé-remment et à dédramatiser la situation, il devient alors specta-teur et prend conscience que le problème est moins grave que celui qu’il imaginait. Chaque personne affectionne un ou plusieurs gribouillis, toujours à peu près les mêmes et les reproduit toujours dans des situations semblables (au cours d’un discours, d’une attente, de prises de notes etc.) Ce n’est donc pas le hasard qui guide le type de gribouillis, mais notre personnalité qui le pilote...
Exemples de gribouilleurs célèbres
Charlie Chaplin(C1)
Un chapeau, des chaussures un peu usagées, une canne posée horizontalement en pointillé évoquent à la fois l’autorité, l’humi-lité, la fragilité, sentiments largement utilisés par Chaplin dans ses lms tragi-comiques. Mais ces dessins représentent surtout des attributs masculins « dévalorisés » car la canne symbole phallique et paternel est ténue, n’a aucune consistance, horizon-tale, dessinée en pointillé. On ne peut pas s’appuyer sur elle. La répétition de ces trois objets récurrents dans ses gribouillis montre que Charlie Chaplin a probablement souffert d’un manque d’image paternelle. Un thème sur lequel il a du recul et est capable d’ironiser.
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C1 : copie du dessin de Charlie Chaplin (22)