Continu et discontinu dans l’espace géographique

Continu et discontinu dans l’espace géographique

-

Livres
442 pages

Description

Le présent ouvrage rend compte du colloque Continu et discontinu dans l’espace géographique tenu à la «Maison des Sciences de la Ville» de Tours en novembre 2002. On n’y lira pas le grand combat des « continuistes et des discontinuistes » mais une occasion de dialogue entre sciences de la nature et sciences sociales pour tenter de penser les deux concepts dans leur opposition, forme classique, et aussi dans leur complémentarité, ce qui est plus novateur. Au départ, un ensemble de travaux menées à l’initiative de Michel Lecompte autour du Bassin méditerranéen et dans les Alpes a ouvert la voie à une relecture de la géographique de la végétation aux échelles moyennes de l’espace biophysique. La « phytoclimatologie dynamique » qui en est issue a mis en lumière l’importance de l’analyse des configurations spatiales, du monde de variation - continu ou discontinu - des phénomènes biologiques et physiques dans l’espace géographique. Cette interrogation participe à celle de la géographie, considérée comme un tout, auquel d’autres champs de réflexion se trouvent, de fait, associés, puisque l’espace géographique n’est pas seulement affaire de géographes. De cette expérience, de la volonté d’en rendre compte à l’ensemble de la communauté des géographes et, au-delà, à tous ceux que l’organisation de l’espace géographique ne laisse pas indifférent, est ainsi né le désir de réunir les personnes qui ont pu se poser des questions semblables dans l’autres domaines que celui de la biogéographie. Après une longue introduction, l’ouvrage propose vingt textes de vingt-huit auteurs (surtout géographes mais aussi écologues, archéologue ...). Les écrits sont certes variés puisque la géomorphologie fluviale côtoie l’urbain, la dimension technique la fête, la frontière les réseaux et la cartographie les représentations, mais toujours accordées au sujet, débordant largement du factuel pour proposer des réflexions riches. Le découpage en quatre parties permet un cheminement cohérent. D’abord, six auteurs s’attaquent à « saisir les formes de l’espace géographique ». Ensuite, cinq autres discutent du continu et du discontinu au sein des « interactions sociétés-nature ». La troisième partie composée de quatre écrits, ne peut éviter de s’interroger sur « frontières et limites » où continu et discontinu sont si prégnants. Enfin, ils sont cinq également à tenter d’aller « au-delà du dualisme continu-discontinu », entreprise certes pas toujours évidente mais qui fournit ici quelques pistes subtiles, dialectiques et relativistes.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 22 mai 2013
Nombre de visites sur la page 78
EAN13 9782869063198
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Couverture

Continu et discontinu dans l’espace géographique

Alexandre Fréderic et Alain Génin (dir.)
  • Éditeur : Presses universitaires François-Rabelais
  • Année d'édition : 2008
  • Date de mise en ligne : 22 mai 2013
  • Collection : Perspectives Villes et Territoires
  • ISBN électronique : 9782869063198

OpenEdition Books

http://books.openedition.org

Référence électronique :

FRÉDERIC, Alexandre (dir.) ; GÉNIN, Alain (dir.). Continu et discontinu dans l’espace géographique. Nouvelle édition [en ligne]. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2008 (généré le 20 janvier 2014). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pufr/2342>. ISBN : 9782869063198.

Édition imprimée :
  • ISBN : 9782869062351
  • Nombre de pages : 442

© Presses universitaires François-Rabelais, 2008

Conditions d’utilisation :
http://www.openedition.org/6540

Le présent ouvrage rend compte du colloque Continu et discontinu dans l’espace géographique tenu à la «Maison des Sciences de la Ville» de Tours en novembre 2002. On n’y lira pas le grand combat des « continuistes et des discontinuistes » mais une occasion de dialogue entre sciences de la nature et sciences sociales pour tenter de penser les deux concepts dans leur opposition, forme classique, et aussi dans leur complémentarité, ce qui est plus novateur. Au départ, un ensemble de travaux menées à l’initiative de Michel Lecompte autour du Bassin méditerranéen et dans les Alpes a ouvert la voie à une relecture de la géographique de la végétation aux échelles moyennes de l’espace biophysique. La « phytoclimatologie dynamique » qui en est issue a mis en lumière l’importance de l’analyse des configurations spatiales, du monde de variation - continu ou discontinu - des phénomènes biologiques et physiques dans l’espace géographique. Cette interrogation participe à celle de la géographie, considérée comme un tout, auquel d’autres champs de réflexion se trouvent, de fait, associés, puisque l’espace géographique n’est pas seulement affaire de géographes. De cette expérience, de la volonté d’en rendre compte à l’ensemble de la communauté des géographes et, au-delà, à tous ceux que l’organisation de l’espace géographique ne laisse pas indifférent, est ainsi né le désir de réunir les personnes qui ont pu se poser des questions semblables dans l’autres domaines que celui de la biogéographie. Après une longue introduction, l’ouvrage propose vingt textes de vingt-huit auteurs (surtout géographes mais aussi écologues, archéologue …). Les écrits sont certes variés puisque la géomorphologie fluviale côtoie l’urbain, la dimension technique la fête, la frontière les réseaux et la cartographie les représentations, mais toujours accordées au sujet, débordant largement du factuel pour proposer des réflexions riches. Le découpage en quatre parties permet un cheminement cohérent. D’abord, six auteurs s’attaquent à « saisir les formes de l’espace géographique ». Ensuite, cinq autres discutent du continu et du discontinu au sein des « interactions sociétés-nature ». La troisième partie composée de quatre écrits, ne peut éviter de s’interroger sur « frontières et limites » où continu et discontinu sont si prégnants. Enfin, ils sont cinq également à tenter d’aller « au-delà du dualisme continu-discontinu », entreprise certes pas toujours évidente mais qui fournit ici quelques pistes subtiles, dialectiques et relativistes.

Sommaire
  1. Remerciements

  2. Introduction

    Frédéric Alexandre et Alain Génin
    1. 1 - MICHEL LECOMPTE (1939-2001) : UN REGARD NEUF SUR L’ESPACE BIO-PHYSIQUE
    2. 2 - CONTINU ET DISCONTINU : NOUVELLE OCCASION DE DIALOGUE ENTRE SCIENCES DE LA NATURE ET SCIENCES SOCIALES ?
    3. 3 - LE DUALISME CONTINU-DISCONTINU À L’ÉPREUVE DE L’ESPACE GÉOGRAPHIQUE
  3. Saisir les formes de l’espace géographique

    1. Seuils biologiques, révolutions floristiques et limites climatiques

      Frédéric Alexandre, Alain Génin et Michel Lecompte
      1. 1 - LA TRADITION PHYTOGÉOGRAPHIQUE ET PHYTOSOCIOLOGIQUE
      2. 2 - PRINCIPES DES RELATIONS ENTRE CLIMAT ET VÉGÉTATION
      3. 3 - SUR LE POURTOUR DE LA MÉDITERRANÉE OCCIDENTALE
      4. 4 - SEUILS HYDRIQUE ET THERMIQUE AU SEIN DES ALPES OCCIDENTALES
      5. SYNTHÈSE ET CONCLUSION
      6. RÉVOLUTIONS FLORISTIQUES ET SEUILS HYDRIQUES ET THERMIQUES
      7. RÉVOLUTIONS FLORISTIQUES ET PAYSAGES
      8. RÉVOLUTIONS FLORISTIQUES ET CLIMAT
    2. La Notion de discontinuité en géographie

      Claude Grasland
      1. INTRODUCTION
      2. DISCONTINUITÉS DANS LES PHÉNOMÈNES SURFACIQUES
      3. DÉFINITION DES DISCONTINUITÉS À L’AIDE DE LA THÉORIE DES CATASTROPHES
      4. DÉFINITION DES DISCONTINUITÉS À L’AIDE DES PENTES
      5. DISCONTINUITÉS DANS LES PHÉNOMÈNES PONCTUELS
      6. DISCONTINUITÉS ASSOCIÉES À UN MAILLAGE
      7. DISCONTINUITÉS ASSOCIÉES À UN LISSAGE
      8. EXEMPLE D’APPLICATION : LES DISCONTINUITÉS DE RÉPARTITION DE LA FÉCONDITÉ EN EUROPE VERS 1988
      9. CONCLUSION
      10. REMERCIEMENTS
    3. Mise en évidence statistique d’un continuum à facettes dans les Baronnies

      Michel Godron et Julien Andrieu
      1. 1 - MATÉRIELS
      2. 2 - MÉTHODES
      3. 3. CONCLUSION
    4. Continuité et discontinuité dans l’espace géographique

      L’exemple du transport

      Philippe Mathis
      1. LE NIVEAU GLOBAL, MACRO-GÉOGRAPHIQUE
      2. AU NIVEAU INTERMÉDIAIRE, MESO-GÉOGRAPHIQUE, LA QUESTION EST PLUS AMBIGUË
      3. LE NIVEAU MICRO GÉOGRAPHIQUE : LA SIMULATION DU COMPORTEMENT DES AGENTS
      4. LA REPRÉSENTATION DES RÉSEAUX
      5. ARC CELLULAIRE
      6. LE GRAPHE CELLULAIRE PERMET L’UTILISATION D’UN MODÈLE CELLULAIRE
      7. LE MULTI ÉCHELLE TEMPOREL : DE L’INSTANTANÉ À UNE DYNAMIQUE DISCRÈTE À DIFFÉRENTE TEMPORALITÉ
      8. CHANGEMENT D’HYPOTHÈSES ET CHANGEMENT D’OBJET
    1. Les systèmes fluviaux et leurs bordures : continuité ou discontinuité ?

      Sandrine Lamotte
      1. INTRODUCTION
      2. LA RÉPONSE DES VÉGÉTATIONS À L’ÉDIFICATION DES PLAINES ALLUVIALES
      3. CONTRAINTES ABIOTIQUES ET STRUCTURE FORESTIÈRE
      4. FORÊT ALLUVIALE - FORÊT D’INTERFLUVE : CLIVAGE OU CONTINUITÉ ?
      5. DIMENSIONS SPATIO-TEMPORELLES DES SYSTÈMES DE MÉANDRES
      6. LE SYSTÈME FLUVIAL : GRADIENT LINÉAIRE OU ARÉOLAIRE ?
      7. DISCUSSION
      8. CONCLUSION
    2. Distance sociale et voisinage. L’espace des castes en Inde

      Odette Louiset
      1. LES CASTES : INTÉGRATION PAR LA DIFFÉRENCE
      2. DU MODÈLE IDÉOLOGIQUE AU MODÈLE SPATIAL
      3. VOISINAGE PLUTÔT QUE BORNAGE
      4. L’INTOUCHABILITÉ, UNE DISCONTINUITÉ SOCIO-SPATIALE ?
      5. SANS VRAIMENT CONCLURE…
  1. Continu et discontinu et interactions société-nature

    1. Continuités floristiques, discontinuités territoriales et paysagères dans les Alpes du Sud

      Marianne Cohen
      1. INTRODUCTION
      2. À L’ÉCHELLE RÉGIONALE
      3. À L’ÉCHELLE DU PAYS
      4. CONCLUSION
    1. Nouvelles modalités d’étude de l’espace et des lieux des sociétés anciennes

      Gérard Chouquer
      1. LES CONTOURS D’UN PROJET DE RECHERCHE
      2. LA DISCONTINUITÉ : CONTRAINTE OU POTENTIEL ?
      3. DES ORDRES SANS INTELLIGIBILITÉ
      4. TAPHOCHRONIE ET UCHRONIE, DEUX PROCESSUS SPATIO-TEMPORELS FONDAMENTAUX
      5. UNE SEULE SOLUTION, LA RÉSOLUTION ?
      6. UN POINT DE VUE ÉCOUMÉNAL
      7. OBJETS RECOMPOSÉS
      8. UNE THÉORIE DES ASSOCIATIONS ET DES CONFLITS DE FORMES
    2. Entre le pixel et l’espace de la gestion : le continuum géographique

      Réflexions sur les continuités et les discontinuités spatiales dans le cadre des programmes écologiques

      Laurent Couderchet
      1. 1 - DYNAMIQUE DE LA VÉGÉTATION ET TÉLÉDÉTECTION
      2. 2 - DE LA RÉALITÉ ÉCOLOGIQUE AU DOCUMENT DE GESTION
      3. CONCLUSION
    3. La renaturalisation des systèmes agricoles à la lumière de l’opposition continu/discontinu des processus et des formes

      Yves Poinsot
      1. L’ÉCONOMIE D’ÉCHELLE INVITE AU CONTINU, LA NATURALITÉ AGRICOLE AU DISCONTINU
      2. PARASITES ET PRÉDATEURS : L’IMPOSSIBLE MISE À DISTANCE ?
      3. DU VÉGÉTAL À L’ANIMAL : LE DIFFICILE MARIAGE D’UN COUPLE AUX TEMPORALITÉS DIVERGENTES
      4. DISCUSSION
    4. L’anthroposystème et la zone atelier : nouveaux concepts territorialisés de l’étude des interactions société/milieux

    1. Christian Lévêque, Tatiana Muxart, Sander Van Der Leeuw, Alain Weill et Luc Abbadie
      1. INTRODUCTION
      2. 1 - L’ANTHROPOSYSTÈME
      3. 2 - LES ZONES ATELIERS
      4. 3 - CONCLUSION ET DISCUSSION
  1. Limites et frontières

    1. Représentation et compréhension de l’évolution d’un territoire transfrontalier : le cas du territoire horloger franco-suisse de l’arc jurassien

      Alexandre Moine
      1. L’ARC JURASSIEN FRANCO-SUISSE : UNE CONTINUITÉ NATURELLE ET DES MIGRATIONS
      2. UNE DISCONTINUITÉ DÉCISOIRE LOURDE DE CONSÉQUENCES : LE POIDS DES INFLUENCES EXTÉRIEURES ET L’ADAPTATION DES ACTEURS LOCAUX
      3. UNE CONTINUITÉ FONCTIONNELLE QUE TRADUIT UN ESPACE TRANSFRONTALIER DISSYMÉTRIQUE STRUCTURÉ AUTOUR DE MULTIPLES FLUX
    2. L’agglomération transfrontalière : un objet géographique, produit de relations singulières entre continu et discontinu

      L’exemple de l’agglomération trinationale de Bâle

      Bernard Reitel
      1. INTRODUCTION : LES AGGLOMÉRATIONS TRANSFRONTALIÈRES, DES OBJETS GÉOGRAPHIQUES SINGULIERS QUI INTERPELLENT LE GÉOGRAPHE
      2. 1 - LA FRONTIÈRE D’ÉTAT, UNE DISCONTINUITÉ TERRITORIALE LINÉAIRE QUI GÉNÈRE DES CONTINUITÉS SPATIALES
      3. 2 - L’ESPACE TRANSFRONTALIER, UN ESPACE ORIGINAL MARQUÉ PAR DE NOUVELLES DISCONTINUITÉS
      4. 3 - À LA RECHERCHE D’OBJETS GÉOGRAPHIQUES PRODUITS D’UN JEU DIALECTIQUE ENTRE CONTINU ET DISCONTINU
      5. CONCLUSION : LE JEU ENTRE DISCONTINUITÉ ET CONTINUITÉ DANS LES AGGLOMÉRATIONS TRANSFRONTALIÈRES : UN MODÈLE POUR ANALYSER LE FONCTIONNEMENT ACTUEL DES VILLES ?
    3. Construire sa frontière

      La frontière performative de la fête : Lille et la frontière belge

    1. Dominique Crozat
      1. 1 - TROIS TYPES DE FRONTIÈRES
      2. 2 - QU’EST-CE QU’UNE FRONTIÈRE ?
    2. La carte et la limite ou l’appropriation d’un outil par le pouvoir ; étude des manuels égyptiens de géographie de l’enseignement de base

      Jean-Paul Bord
      1. INTRODUCTION
      2. A - LA FORTE PRÉSENCE DES LIMITES SUR LES CARTES DE GÉOGRAPHIE
      3. B - QUE TRADUISENT CES LIMITES ?
      4. C - POURQUOI TOUJOURS DES LIMITES ?
      5. CONCLUSION
  1. L’espace des sociétés : au-delà du dualisme continu-discontinu

    1. L’harmonie des contraires : pour relativiser le dualisme continu/discontinu

      Michel Lussault
    2. Comment passer du stationnel au continu, puis du continu au discontinu, ou quelques réflexions sur la “petite dialectique” du naturaliste

      Jean-Charles Filleron et Philippe Waniez
      1. LA “PETITE DIALECTIQUE” DU NATURALISTE
      2. MISE EN ŒUVRE CHEZ LE GÉOGRAPHE, À LA RECHERCHE DES DISCONTINUITÉS CLIMATIQUES…
      3. DES DONNÉES DISCRÈTES ET LOCALISÉES
      4. CONTINUITÉ ET DISCONTINUITÉ EN ANALYSE UNIVARIÉE
      5. L’EXAMEN DE LA HAUTEUR DES PLUIES : LES DONNÉES DISCRÈTES
      6. L’EXAMEN DE LA HAUTEUR DES PLUIES : LA GÉNÉRALISATION
      7. L’EXAMEN DE LA SAISONNALITÉ DES PLUIES
      8. CONTINUITÉ ET DISCONTINUITÉ EN ANALYSE MULTIVARIÉE
      9. LA CAH EN ACTION
      10. L’ACP EN ACTION
    1. L’inscription spatiale de la pauvreté : entre rupture et continuité

      Catherine Sélimanovski
      1. LA PAUVRETÉ COMME “SYNTHÈSE SOCIOLOGIQUE UNIQUE”
      2. LA FRONTIÈRE DE LA PAUVRETÉ : UNE LIMITE RIGIDE ET UNE LIMITE FLOUE
      3. LA VISIBILITÉ ET L’INVISIBILITÉ DE FRONTIÈRE DE LA PAUVRETÉ DANS L’ESPACE
    2. La question du continu et du discontinu à l’épreuve de la dimension technique des sociétés

      Christiane Arbaret-Schulz
      1. INTRODUCTION
      2. I - UN ARTEFACT EMBLÉMATIQUE D’UN AU-DELÀ DE LA DUALITÉ RÉSEAU-FRONTIÈRE : LES FRONTIÈRES RÉTICULAIRES
      3. II - DES ARTEFACTS CONSTRUCTEURS DE CONTINUITÉ ET DE DISCONTINUITÉS
      4. CONCLUSION
    3. Le continuum nomade sédentaire et l’espace mobile

      Denis Retaillé
      1. “LES HOMMES NE SONT PAS COMME LES PLANTES, DESTINÉS À RESTER ENRACINÉS LÀ OÙ ILS SONT NÉS”
      2. LE NOMADE ET LE SÉDENTAIRE
      3. ESPACE NOMADE, ESPACE SÉDENTAIRE
      4. CHANGEMENT D’ÉCHELLE
      5. LA SOCIÉTÉ AVEC L’ESPACE ET NON DANS L’ESPACE
      6. SPATIALITÉ ET IDÉOLOGIE SPATIALE
      7. L’ESPACE MOBILE
  1. Débat

    1. Michel LUISAUT
    2. Serge THIBAULT
    3. François DURAND-DASTES
    4. Christian GRATALOUP
    5. Michel GODRON

Remerciements

1Malgré le grand retard de parution de cet ouvrage, nous tenons à remercier très sincèrement tous ceux qui ont aidé à mettre sur pied ce colloque et qui furent si précieux pour sa réussite :

2Tout particulièrement, Florence Dieudonné et Nicole Rigault, qui, malgré la surcharge de travail, œuvrèrent avec précision et diligence.

3Serge Thibault, alors directeur de la Maison Sciences de l'Homme de Tours, enthousiaste à la lecture du projet, facilita grandement les choses.

4Rémy Knafou et son équipe MIT3 permirent d'élaborer le projet et l'appel à communication.

5Les membres du GEDEP, dont l'un des deux co-directeurs de l'ouvrage était le directeur à l'époque, n'hésitèrent pas à aider à la tenue du colloque.

6M. Le Doyen de l'UFR Droit, Économie et Sciences Sociales qui permit l'utilisation des locaux et du personnel technique.

7N'oublions surtout pas celles qui ont fait avancer la sortie continûment discontinue du livre :

8Nicole Rigault d'abord, puis Muriel Hourlier qui a tout repris et a assuré la mise en page définitive, la PAO et les vérifications.

Introduction

Frédéric Alexandre et Alain Génin

1Le présent ouvrage rend compte du colloque “Continu et discontinu dans l’espace géographique” tenu à la Maison des Sciences de la Ville de Tours les 13 et 14 novembre 2002. Plusieurs raisons ont rendu indispensable la publication de ces actes, en dépit des années qui ont passé. Parmi celles-ci, deux dettes, tout aussi considérables l’une que l’autre : à l’égard des contributeurs qui ont bien voulu nous confier leur texte, parfois depuis fort longtemps ; à la mémoire de Michel Lecompte, professeur de géographie à l’Université Paris 7 - Denis Diderot auquel ce colloque devait beaucoup. Sur une idée des signataires de cette introduction, il en avait tracé les grandes lignes et ouvert les discussions qui devaient aboutir à sa réalisation. Disparu brutalement, après une courte mais irrémédiable maladie, le 4 octobre 2001, nous lui dédions les actes de ce colloque et ne pouvons lui rendre meilleur hommage qu’en consacrant la première partie de cette introduction à la présentation d’un parcours intellectuel qui l’a amené à scruter de façon toujours plus incisive la manière dont les phénomènes biologiques et physiques s’inscrivent dans l’espace et l’intérêt représenté par la collecte de cette information spatiale.

2L’ensemble des travaux menés à l’initiative de Michel Lecompte autour du Bassin méditerranéen et dans les Alpes, a ouvert la voie à une relecture de la géographie de la végétation aux échelles moyennes de l’espace bio-physique (échelle des grands volumes de relief, des grands domaines climatiques). Y est posé à nouveaux frais la question de la pertinence des limites et, a fortiori, de leurs tracés. Cette nouvelle phytogéographie a mis en lumière l’importance de l’analyse des configurations spatiales, du mode de variation - continu ou discontinu - des phénomènes biologiques et physiques dans l’espace géographique. Cette interrogation participe à celle de la géographie, considérée comme un tout, auquel d’autres champs de réflexion se trouvent, de fait, associés. De cette expérience, de la volonté d’en rendre compte à l’ensemble de la communauté des géographes et, au-delà, à tous ceux que l’organisation de l’espace géographique ne laisse pas indifférent, est ainsi né le désir de réunir les personnes qui ont pu se poser des questions semblables dans d’autres domaines que celui de la biogéographie. En découle une deuxième partie introductive qui interroge : à travers le renouveau de la discussion sur le continu et le discontinu, y a-t-il une nouvelle occasion de dialogue entre sciences de la nature et sciences sociales ? près le rappel du contexte dans lequel s’inscrit le débat du côté de chacune, la pensée se construit à partir des réflexions pionnières de Roger Brunet (1967), débouchant sur les conceptions de l’espace géographique.

3Le troisième ensemble de l’introduction présente les textes issus du colloque : écrits variés mais nullement disparates. La géographie physique y côtoie la géographie sociale, la géomorphologie fluviale l’urbain, la dimension technique la fête, la frontière les réseaux et la cartographie les représentations. Cette diversité était recherchée et, partant du principe que l’espace géographique n’est pas seulement affaire de géographes, nous aurions souhaité qu’elle fût encore plus grande. L’intérêt de s’adresser aux non-géographes était souligné lors de l’appel à communications où nous convoquions même la philosophie des sciences et les mathématiques. L’ambition n’a pas été pleinement atteinte ; il reste pourtant utile de se confronter à d’autres visions et à des disciplines qui ont, elles aussi, à voir avec l’espace géographique : la pédologie, l’anthropologie, l’histoire, l’ethnologie. Vingt textes, vingt-huit auteurs, seulement six non géographes (trois écologues, deux archéologues et un physicien de l’atmosphère). Il est vrai que dans les autres disciplines, la question du continu et du discontinu s’inscrit dans des plans divers qui ne sont pas seulement - et, souvent, pas le plus fondamentalement - spatiaux. Par exemple, certains ethnologues remettent en question les découpages classiques en ethnies et des historiens les césures traditionnellement opérées au sein de l’espace-temps.

4Dans cette partie, en toute liberté et sans examen exhaustif, à partir des textes, sont exprimées quelques réflexions et interrogations. La question de l’organisation et des formes de l’espace géographique, de leurs contenus, de leurs frontières ou de leurs limites, des mécanismes et des processus les remodelant sans cesse, est omniprésente en géographie, dans toute la géographie. Les problèmes du découpage des entités spatiales, de leur partition, du repérage des limites et des discontinuités a joué un rôle essentiel dans la discipline. Il est vrai que l’espace des sociétés est rempli de toutes sortes de maillages territoriaux emboîtés ou non, les uns visibles, les autres pas. Longtemps, la géographie “classique”, délaissant les contenus au profit des contenants, a subdivisé les ensembles spatiaux en sous-ensembles. Le sujet a été tant et tant abordé, la communauté géographique en a été si friande, que le thème du découpage de l’espace selon des unités homogènes a paru constituer la finalité de toute analyse géographique. Denis Retaillé parle même, ici, d’une “géographie maniaque du découpage et de la limite”. Pour d’autres, c’est un débat vain (Dauphiné, 1976), pour lequel nous gaspillons des heures précieuses (Brunet, 1990).

5On a pu alors considérer, que tout espace géographique possédait, à quelque échelle que ce soit, un noyau, un cœur et des limites. Un cœur dont on analyse la cohérence, les qualités, les altérations, les liaisons systémiques ; des limites, parfois nettes, brutales, le plus souvent nuancées, difficilement saisissables, qui sous forme de franges, marges, marches, bordures, espaces “périphériques” ou autres zones de transition, marquent le passage, plus ou moins structuré, à un autre système. L’espace géographique semble, dès lors, riche en discontinuités de toutes natures et d’intensités variées. Le géographe opte, si l’on suit Roger Brunet (1990), pour une “organisation discontinue de l’espace, non par accident mais par essence”, dont acte. Plus circonspect, Gay (2003)1, signale que :

« La géographie, depuis quelques décennies, s’est intéressée davantage aux discontinuités qu’aux continuités, qui paraissent moins séduisantes pour une spécialité qui s’attache à penser les différenciations spatiales ».