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Contribution de la femme haïtienne à la construction et à la survie de son pays

De
312 pages
Cette enquête, à la fois historique et sociologique, rend compte des luttes que les femmes haïtiennes ont menées aux côtés des hommes, tant sur les champs de bataille qu'au foyer, durant toutes les guerres qui ont conduit l'ancienne colonie française à son indépendance. Il dresse ensuite un bilan, ou un portrait, de leur situation générale dans la structure actuelle de la société.
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Contribution de la femme haïtienne à la construction et à la survie de son pays
Un bilan quantitatif et qualitatif

MARLÈNE THÉLU5MA RÉMY
Professeur de sociologie et de psychologie

Contribution à la construction

de la femme haïtienne et à la survie de son pays

Un bilan quantitatif et qualitatif

Préface de Marie Carmel Jean-Jacques

L 'HARMA TTAN

Révision: Marguerite ANDERSEN,écrivaine et présidente d'honneur de la Société des Écrivain.e.s de Toronto

Illustrations

des héroïnes de l'indépendance

@ www.alterpresse.org

L'HARMATTAN, 2008 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005

@

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fi harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05810-1 EAN : 9782296058101

REMERCIEMENTS

Mes remerciements vont tout d'abord à Dieu pour Ses multiples bénédictions. Je remercie aussi tous ceux et toutes celles qui m'ont appuyée, encouragée et aidée. J'adresse une pensée spéciale à l'endroit de Mme Odette Depestre, appelée communément Manman Dèdèt. Toute ma gratitude va également à Emma Héloïse Télisma, la plus vaillante de toutes les femmes haïtiennes! Ce livre se veut un hommage à toutes les femmes haïtiennes: milatrès, marabou, katwon griffon kreyàl, lettrées ou illettrées, riches ou pauvres, citadines ou rurales. Car les femmes haïtiennes de toutes les catégories sociales participent activement à la survie de leur pays. Je reconnais la propriété intellectuelle de l'auteur inconnu pour les portraits de nos matriarches et je le remercie de m'avoir permis de les utiliser pour rehausser l'importance de la contribution de ces HÉROÏNES à l'indépendance d'Haïti. - Je reconnais également la propriété privée de ma mère, Mme Héloïse Emma T élisma, de ma sœur, de mes nièces, de cousines et amies pour leurs photos et je les remercie de m'avoir autorisée à les utiliser.

À ma mère et à ma famille

Cette femme est ma mère, Héloïse Emma Télisma, celle qui, contre vents et marées, a élevé ses sept enfants dont moi, l'aînée, celle qui, avec l'aide de Dieu, m'a permis d'être ce que je suis aujourd'hui. Ma mère est une des femmes les plus vaillantes et les plus courageuses de notre pays.

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La cathédrale de Port-au-Prince, un lieu de prière, mais aussi et surtout un refuge spirituel et un lieu de ressourcement psychologique pour les femmes.

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PRÉFACE

Contribution de la femme haïtienne à la construction et à la survie de son pays: Un bilan quantitatif et qualitatif ne peut laisser personne indifférent. J'ai été très sensible à ce travail de recherche à la fois investigateur et introspectif, à tel point qu'en lisant rien que l'introduction et la présentation de l'ouvrage je me suis laissée emporter dans une réflexion sur mes propres expériences de femme. Les patientes observations de l'auteure sur la femme
haïtienne vont apporter j'en suis tout à fait convaincue

- à

toutes les femmes une mine précieuse d'informations qui pourraient les aider à comprendre ce que vit la femme dans la plupart des sociétés du Tiers-Monde où elle n'est pas respectée. Je trouve excellent que l'auteure ait eu le soin de prendre en considération les femmes de toutes les conditions sociales et j'apprécie son effort particulier pour décrire la condition féminine dans la société haïtienne et en faire l'analyse critique. Quelle gageure! Oui, c'en est bien une, car à aucun niveau de la rédaction l'objectivité ne fait défaut, malgré la présence permanente de sa forte conviction pour une noble cause et que je partage avec elle. On revisite, à travers ce livre, le long calvaire jalonné de handicaps, traversé par la femme haïtienne et qui, en même temps, répugne notre entendement. Ainsi, c'est avec un immense plaisir que je recommande ce livre aux lecteurs et lectrices de tout pays en espérant que les idées qui s'y trouvent

fassent changer concrètement la condition féminine dans le sens d'une prise d'engagement ferme de la part des instances dirigeantes) à l'égard de la femme) sur les plans juridicopolitique) social et religieux. Une telle publication est comme une célébration des luttes menées par la femme haïtienne.

Dans une telle perspective) je regarde l'avenir avec
optimisme) même si je sais que la loi du changement est toujours astreinte à la lenteur et à toutes sortes de résistances. Marie Carmel Jean-Jacques Conseillère pédagogique au Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario) Canada.

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Cette photo typifie le paysage haïtien: Un beau paysage jadis, mais qui a été dévalorisé par l'Érosion. Parallèlement, la femme haïtienne est une des plus courageuses et des plus dévouées à ses devoirs et obligations. Cependant, son estime de soi est rongée par l'incompréhension masculine et sociale.

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Cette jeune grifon kreyMsert d'exemple concret du courage et
de la détermination des femmes de sa génération à la recherche d'une image de soi plus positive.

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AVANT-PROPOS

La lectrice ou le lecteur du présent ouvrage ne sera pas témoin de toute la trajectoire historique de la femme haïtienne depuis la période antérieure à la colonisation jusqu'à nos jours. Il est important de savoir, dès le début, qu'il s'agit d'un essai analytique et critique proposant une lecture plurielle, dans le cadre d'une recherche qualitative et descriptive menée dans une perspective d'anthropologie psychologique et de sociologie, rendant compte de l'expérience de la femme en Haïti. Cette recherche met à jour la contribution et le travail de la femme haïtienne, demeurés toujours invisibles, mais qui sont d'une importance exceptionnelle et d'une utilité inestimable pour son pays. Cet ouvrage, à l'ère et dans la foulée du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti et de l'abolition de l'esclavage tout au moins de la Traite des Noirs, présente un portrait de la situation générale de la femme haïtienne prise dans la structure de base de la société, c'est-à-dire le portrait représentatif des 80 % de la population féminine haïtienne vivant dans la campagne et constituant le prolétariat urbain. Cela dit, je suis particulièrement concernée par les femmes de classes ou de catégories sociales bien déterminées et plus précisément par celles des petits paysans, des paysans pauvres qui forment la grande majorité des rurales, par celles des petits ouvriers, des petits fonctionnaires et des sans-emploi qui forment à leur tour la grande majorité des citadines.

Cependant, je n'écarte pas la possibilité de considérer la

situation de la femme plus aisée, dans ses points communs avec
ses sœurs marginalisées. La participation féminine haïtienne à la construction et à la survie du pays: Un bilan quantitatif et qualitatif, à toutes fins utiles, se propose d'offrir au public une révélation toute nouvelle mais vraie de la participation féminine haïtienne à la survie du pays. C'est en effet une révélation de ce que représentent et vivent encore réellement aujourd'hui les femmes en Haïti: mères et épouses qui travaillent, courageuses, dévouées, mais incomprises, très peu appréciées, infériorisées, aujourd'hui violées, abusées, etc., image que la rhétorique, pendant plus de deux cents ans n'a jamais manqué de très bien camoufler. C'est un hommage rendu à toutes les femmes haïtiennes. Hommage d'abord et avant tout à ces HÉROÏNES de l'Indépendance haïtienne, ces femmes qui, pendant la guerre de l'indépendance, ont pris « une part active à la révolte (...), ces femmes qui, sur les champs de bataille aux côtés de l'homme, ont, elles aussi, payé de leur sang la liberté du sol haïtien, ces femmes dont leur beauté leur a permis d'obtenir des renseignements précieux qu'elles transmettaient aux insurgés dans les villes, qui conspirèrent comme leurs frères et n'hésitèrent pas au péril de leur vie à cacher des armes et des fugitifs traqués, ces femmes qui, pouvant circuler plus librement, servirent de messagères et de cantinières (...), ces femmes qui, au moment de l'insurrection générale des esclaves, participèrent même avec leurs enfants à la lutte sans merci (...), ces femmes qui, à l'arrière, se sont dépensées sans compter, soignant les malades, les blessés, empêchant bien souvent les représailles de la guerre..., ces femmes combattantes qui, d'une manière ou d'une autre, ont livré bataille aux 16

colonisateurs et sont tombées sur les champs de combat, ces femmes noires et de couleur, compatissantes, qui n'avaient pourtant reçu aucune notion d'humanité ni de médecine, qui auraient pu, grâce à leurs remèdes et potions traditionnels, améliorer le sort des malades et des blessés, sauver, aider beaucoup de Français à revenir à la vie...Ces femmes qui furent d'un si grand secours pour l'armée française qui perdit sept cents médecins, que le général Leclerc fut forcé de remercier et à qui il dut rendre un hommage public d'admiration et de reconnaissance dans la Gazette officielle de Saint-Domingue (www.haiticulture.ch) 2005 et www.alterpresse.org., AlterPresse) . C'est mon tour, aujourd'hui, de rendre Hommage...

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À

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À

. JEUNE
ELLE

AFFRANCHIE

ORiG!NAIRE DE VERRETTEB,

EPOUSA LE UEUTENANT

CHARLES BELAIRE, NEVEU ET AIDE DE CAMP DE TOUSSAINT LOUVERTURE, - SURNOMMÉE UEUTENANTE SANITE BELAIRE, SUZANNE, PARTAGEANT CONTRE LES BLANCS TO~TE LA H~INE DE SON MARI, DECLARA A HAUTE VOIX QU'ELLE NE VOULAIT PAS DONNER DE SOINS À UN J LANG DONT ELLE PAR LA SUITE, ACC!JSÉE PAR LES. AUTORITES, DE SABRER DE SES PROPRES MA!NS, QUELQUES MOIS PLUS JARD, S,i\NJTE FAITE PR! ERE, A ETE FUmEE. JOUR QUE SON MAR!, LE 5 OCTOBRE 18'02,

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À Henriette Saint-Marc

Révolutionnaire convaincue et mystérieuse, Henriette SaintMarc était une jeune femme de Port-au-Prince considérée comme modeste et simple. Séduisante et d'une grande beauté, elle a su partager « l'intimité des soldats français en échange de la poudre et des munitions qu'elle envoyait selon toute éventualité aux insurgés de l'Arcahaie ». Sa duplicité ayant été découverte, elle fut accusée, arrêtée, puis « aussitôt condamnée à la peine de mort» et pendue sur la place du marché.

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À

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À Marie-Sainte-Dédée Bazile-Défilée

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.

MARIE"CLAIRE-HEUREUSE ÉTAIT UNE ESCLAVE NÉGRESSE LIBRE QUI ÉPOUSA UN PEINTRE FRANCAIS, PAR UN CONCOURS DE CIRCONSTANCE EXTRAORDINAIRE, ELLE
APPRIT

À URE TRÈS TÔT

DANS L'ESCLAVAGE APRÈS LA MORT DE SON MARI, fuj,PETIT, VEUVE, ELLE SE DONNA POUR MISSION DE SAUVER LES SOLDATS BLESSÉS ABANDONNÉS SUR LES CHAMPS DE BATAILLE,

Marie-Claire- Heureuse veuve, dénommée «la première infirmière de guerre », est devenue, à la suite de la guerre civile de 1800, l'épouse du Général Jean-Jacques Dessalines, octobre 18001. le 21

2S

À Marie-Madeleine Lachenais (dite Joute)

Dans l'histoire du pays, «Joute aura eu le privilège combien rare d'une présence constante dans les coulisses et les dédales du pouvoir. À telle enseigne qu'elle parvint à établir ainsi ce record d'ascendance unique dans nos annales qui lui vaut cette appellation singulière de «présidente de deux présidents ».

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À

FEMME DE GUERRE, GUILLAUMETTE CHARLOT FIGURE PARi'\fI LES OFFICIERS PROMUS AU GRADE DE CAPITAINE DANS LE PREMIER BATAILLON DU 7È RÉGIMENT DE V ARTIBONITE EN 1802

27

À Cécile Fatiman

« L'une des principales figures au congrès du Bois-Caïman où tous les fils et filles de l'Afrique noire s'étaient réunis pour définir leur stratégie afin de sortir le pays du joug de l'esclavage. Cécile a donc joué un rôle prépondérant dans l'histoire de notre pays ».

28

À

LIEUTENANT GRENADIER DU TROISIÈME RÉGIMENT «PRINCE ROYAL». COMBATTANTE FAROUCHE À LA GUERRE DE L'INDÉPENDANCE

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À Suzanne Louverture

« Épouse de Toussaint Louverture. Cette grande agricultrice de talent, lorsque son mari devint un personnage public, choisit délibérément de ne point participer à ses engagements publics pour continuer à s'occuper de son jardin, en compagnie d'autres femmes attachées à son service. Après la déportation de Toussaint en France, Napoléon Bonaparte fit déporter à son tour Suzanne. Napoléon avait ordonné à ses bourreaux de ne point tenter de torturer Toussaint car il ne parlerait jamais, mais de tout faire subir à Suzanne jusqu'à ce qu'elle avoue. Durant toutes les années de torture, Suzanne donna une unique réponse: «Je ne parlerai pas des affaires de mon mari avec ses bourreaux ».

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Hommage à toutes ces pionnières!