Correspondance d
128 pages
Français

Correspondance d'Alfred Binet

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128 pages
Français

Description

Cet ouvrage offre une immersion rare dans la vie quotidienne d'Alfred Binet à travers sa correspondance familiale et de nombreuses photographies. Il donne également à voir les tractations qui ont mené, après sa mort, à la traduction de ses travaux aux États-Unis. Ce double corpus inédit regroupant des lettres personnelles et professionnelles rédigées entre 1883 et 1916 permet ainsi d'aborder la figure de l'un des fondateurs de la psychologie scientifique sous un angle plus intime et personnel et de retracer la réception américaine de son oeuvre qui fut la source du succès mondial de son test d'intelligence.

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Date de parution 31 janvier 2018
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140064623
Langue Français
Poids de l'ouvrage 14 Mo

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Exrait

savant mêlait sans difIculté ses vies personnelle et professionnelle, au point de rendre difIcile leur dissociation. EnIn, ce volume nous offre, notamment grâce
d’une pédagogie scientiIque fondée sur les principes de la psychologie. Malgré sa mort prématurée à l’âge de 54 ans, il reste l’un des fondateurs de la psychologie scientiIque.
psychologie scientiIque
au centre, à côté de sa Ille Madeleine. À sa gauche la tête de Théodore Simon.
Alexandre Klein
Edition, introduction et notes par Alexandre Klein
CORRESPONDANCE D’ALFRED BINET
ARCHIVES FAMILIALES (18831916)
Préface de Guy Avanzini
ENCYCLOPÉDIE PSYCHOLOGIQUE
Correspondance d’Alfred Binet Archives familiales (1883-1916)
Encyclopédie Psychologique Collection dirigée par Serge Nicolas  La psychologie est aujourd’hui la science fondamentale de l’homme moral. Son histoire a réellement commencé à être e écrite au cours du XIX siècle par des pionniers dont les œuvres sont encore souvent citées mais bien trop rarement lues et étudiées. L’objectif de cette encyclopédie est de rendre accessible au plus grand nombre ces écrits d’un autre siècle qui ont contribué à l’autonomie de la psychologie en tant que discipline scientifique. Cette collection, rassemblant les textes majeurs des plus grands psychologues, est orientée vers la réédition des ouvrages classiques de psychologie qu’il est difficile de se procurer aujourd’hui. On pourra utilement compléter l’étude de ces œuvres en consultant les articles contenus dans la revue « Psychologie et Histoire » consultable sur le Web : http://lpe.psycho.univ-paris5.fr/membres/nicolas/nicolas.francais.html. Dernières parutions Serge NICOLAS et Valérie GYSELINCK,Les calculateurs prodiges. Leur histoire et leur psychologie, 2016. Pierre Paul ROYER-COLLARD,Textes philosophiques et psychologiques, 2013. Alfred BINET,Nouveaux écrits populaires de psychologie. Œuvres choisies, VII, 2012. Hermann EBBINGHAUS,La mémoire, 2011. Armand Marie-Jacques de CHASTENET Marquis de PUYSEGUR,Suite des Mémoires pour servir à l’histoire et à l’établissement du magnétisme animal, 2009. Auguste COMTE,Cours de philosophie positive, tome I à III, 2009.
Édition, introduction et notes par Alexandre Klein
Correspondance d’Alfred Binet
Archives familiales (1883-1916)
Préface de Guy Avanzini
© L’Harmattan, 2018 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343- 13830-5 EAN : 9782343138305
Préface
1 parGuy Avanzini
Ce n’est que vers la fin des années 60, soit un demi-siècle après sa disparition, que les archives d’Alfred Binet ont été découvertes par la Société qui porte son nom, et que leur richesse a été perçue. Cette première exploration est alors due à ses petites-filles, Mesdemoiselles Georgette et Géraldine Binet, même si simultanément, leur discrétion les dissuade d’y consentir trop largement. C’est donc seulement après leur disparition – en 2007 et 2010 – que la recherche, l’inventaire et la diffusion de ces documents ont pu être systématiquement entrepris grâce à Bernard Andrieu et à Alexandre Klein, dont le travail minutieux, persévérant et approfondi a déjà permis la publication de deux volumes de correspondance. Et voici que paraît maintenant le troisième, que nous accueillons avec joie, car il complète opportunément les précédents.  Sa première partie rassemble des lettres échangées entre Alfred Binet et divers membres de sa famille, et également entre eux. Comme celle de tout courrier entre personnes apparentées, sa lecture ne saurait manquer de complexifier la représentation que l’on pouvait nourrir antérieurement de sa personnalité. En effe t, l’on connait ses publications – ouvrages, articles – c’est-à-dire des textes ordonnés à la connaissance rationnelle d’un objet sur lequel ils visent à procurer de nouveaux savoirs, en principe, exempts de toute subjectivité et aspirant à une universalité suspendue à l a parfaite neutralité de l’auteur. A fortiori en va-t-il ainsi dans le cas d’Alfred Binet, dont toute l’œuvre se voulait précisément destinée à étendre la validité de l’approche scientifique à des champs qui lui étaient auparavant demeurés étrangers, tout particulièrement la psychologie et la pédagogie, qu’il entendait rendre désormais expérimentales, selon le modèle épistémologique dû à Claude
1 Professeur émérite du département de Sciences de l’éducation à l’Université Lyon II. Président d’honneur de la Société Alfred Binet et Théodore Simon. 5
Bernard. Cela ne pouvait donc que renforcer la conviction que son message personnel et son apport à la culture étaient exclusivement d’ordre scientifique et que cela exprimait exhaustivement sa personnalité. C’est dire, alors, combien la lecture d’une correspondance familiale déstabilise profondément cette image et ouvre une autre perception : celle d’un homme chaleureux et affectueux, non dépourvu d’humour, simple et spontané, très attentif aux siens et attaché à eux, voire préoccupé de problèmes financiers, tout particulièrement ceux que lui posait le règlement délicat de la succession de son père. Si indéniable que soient l’écart et la distance entre ces deux images – savante et familiale, publique et privée – encore ne faut-il ni la majorer, ni méconnaître les liens entre l’une et l’autre, clairement attestés, notamment, par la mobilisation de ses filles comme sujets de l’introspection expérimentale, ainsi que par plusieurs indices d’une interférence entre son travail intellectuel et ses relations interpersonnelles. Le discernement de cette « porosité », que souligne très justement Alexandre Klein dans son excellente introduction, est donc l’un des bénéfices de la lecture de la correspondance ; elle écarte la vision d’un spécialiste prisonnier de sa méthodologie et permet la rencontre d’une personne, dans la globalité diversifiée de sa conscience de soi comme de ses rôles sociaux. Repositionné dans son environnement, l’homme se manifeste en vérité. Ainsi, en reconstituant toutes ces données, l’historien des sciences approfondit l’approche épistémologique, en restituant à l’œuvre d’un chercheur la densité de son humanité.  Quant à la seconde partie, elle révèle l’intérêt qu’a très vite suscité l’Échelle Métrique de l’intelligence. Le désir d’Henry Goddard, manifesté dès 1912, d’en effectuer la traduction en anglais en vue de sa diffusion aux États-Unis le confirme, comme sa volonté de participer au numéro spécial d’hommage que préparait à sa mémoire, après sa disparition,l’Année Psychologique. Certes, ces lettres, stricto sensu, ne sont plus de la famille, même si le docteur Théodore Simon en fut très proche, au point de paraître parfois se substituer à elle, non sans dogmatiser abusivement sa pensée. Quoi qu’il en soit, très féconde fut, on le sait, aux USA, la dynamique de cette approche métrique de l’intelligence. On regrettera seulement que, dans la correspondance avec Goddard, les tractations, pour légitimes qu’elles fussent, sur les droits de reproduction aient marginalisé le débat sur le statut de « cet instrument que nous avons voulu pratique » (lettre du 4 septembre 1912), auquel le réduit fâcheusement Simon, au détriment de problèmes d’ordre épistémologique qu’il ne paraît guère percevoir.
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Or, une réflexion sur ce thème est requise pour saisir la logique de la pensée de Binet, qui n’y voyait ni simplement une technique d’orientation sans autre portée qu’utilitaire, ni cependant une approche à prétention ontologique. Il entendait bien appréhender en vérité les processus du fonctionnement intellectuel, mais sa volonté résolue d’objectivité n’a jamais cédé à un objectivisme, voire à un fixisme qui aurait prétendu enfermer l’intelligence dans une conception susceptible d’en exclure l’éducabilité : ne s’est-il pas attaché à mettre celle-ci en évidence, notamment dansles Idées modernes sur les enfants? En ce sens, le défi et l’originalité de son entreprise sont de permettre une connaissance fonctionnelle de la situation psychologique du sujet, mais, en dépit des pressions idéologiques de l’époque, sans jamais consentir au scientisme. Aussi bien, il importe toujours de le rappeler, car des interprètes trop pressés de sa théorisation ont trop souvent adopté une vision fataliste, à laquelle ils l’ont fallacieusement réduite, en méconnaissant sa conviction profonde de l’influence de l’éducation sur le développement intellectuel : n’est-ce pas, notamment, l’objet des exercices « d’orthopédie mentale » qu’il a mis au point à l’usage des enfants débiles ? Aussi bien, comment aurait-il réagi à la notice de « quotient intellectuel » si celle-ci n’était pas légèrement postérieure à sa disparition ? La lecture attentive de cette correspondance aide à mieux saisir la spécificité et la force de la démarche d’Alfred Binet. Elle en éclaire et en confirme la signification et la portée. En effet, loin de clore la recherche par le caractère postulé définitif de la conclusion de ses travaux, son mérite propre est d’être parvenu à identifier et à situer exactement et avec pertinence des problématiques centrales, qui stimulent les investigations et en ouvrent la possibilité. Par là, il a modifié décisivement le cours de l’histoire de la psychologie. Le rôle de notre Société fut, dès l’origine, de coopérer à la connaissance et à la diffusion de sa pensée. Et telle demeure aujourd’hui sa responsabilité. Après celle des deux premiers volumes de sa correspondance, la parution de celui-ci prolonge donc très opportunément cette action, et nous devons remercier et féliciter Alexandre Klein de la résolution dynamique avec laquelle il s’y est attaché.
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En famille
2 Introduction parAlexandre Klein
« On connait très peu les personnes avec qui l’on vit. On croit les connaître, aussi ne s’interroge-t-on pas sur elles, on n’analyse pas les faits auxquels on se trouve mêlé, leur attitude, etc… On ne prend pas de renseignements sur les événements de leur vie, sur leur passé, etc… ; on les partage, mais on ne les classe pas et par suite on les oublie. Tout au moins il en est ainsi pour moi. Les souvenirs qu’on en 3 garde restent plein de lacunes. » Lorsqu’il publia, en 1960, les premières archives d’Alfred Binet (1857-1911), son fidèle collaborateur Théodore Simon (1873-1961) refroidit d’emblée les espoirs de tous les chercheurs intéressés à la vie et à l’œuvre du savant. En effet, dès la première ligne de son introduction aux deux textes inédits, portant sur la définition et les méthodes de la psychologie, qu’il éditait, le psychiatre affirmait : « Alfred Binet n’a laissé que peu de 4 manuscrits » . Des années de travail acharné du psychologue, il ne restait, outre son œuvre publiée, que quelques questionnaires d’écoles, des notes sur ses filles et sur des aliénés d’asile, une poignée de lettres personnelles, un manuel et un traité de psychologie, ainsi qu’un paquet de courriers échangés avec le graphologue Jules Crépieux-Jamin (1859-1940), que Simon dut 2 Historien et philosophe des sciences, chercheur postdoctoral au Département des sciences historiques de l’Université Laval (Québec). 3 Théodore Simon à propos de Binet (Simon, Th., (éd.), 1960,Inédits d’Alfred Binet.Cahors, A. Coueslant, p. 6). 4 Ibid., p. 5. 9
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