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Coup d'œil général sur la Régence de Tunis - Depuis son origine jusqu'à nos jours

De
76 pages

L’origine de Tunis varie suivant les auteurs, et la plupart d’entre eux déclarent que l’époque de sa fondation n’a jamais pu être exactement établie ; il parait cependant certain que l’existence de cette cité est antérieure à celle de Carthage, car sur ce point les écrivains de l’antiquité sont presque à l’unanimité tombés d’accord.

En effet, alors que Carthage, la future rivale de Rome, fut fondée par Didon, princesse de Tyr, vers l’an 860 av.

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Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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EN PRÉPARATION :

 

REVUE DES COLONIES FRANÇAISES EN AFRIQUE

François Gautier

Coup d'œil général sur la Régence de Tunis

Depuis son origine jusqu'à nos jours

PRÉFACE

Mon hésitation à écrire une préface pour votre excellent travail sur la Tunisie, que j’ai lu avec beaucoup d’attention et de plaisir, vient surtout de ce fait que mes études sur ce beau pays ont porté bien plus sur les richesses archéologiques enfouies dans le sol que sur les productions naturelles et industrielles.

 

En lisant vos premières pages, je voyais à travers l’entassement des années ce rapide défilé des peuples anciens, Numides, Phéniciens, Lybiens, Tyriens, Grecs, Carthaginois, Romains, Vandales, Maures, etc., qui tour à tour se disputèrent cette terre d’Afrique si abondamment arrosée de leur sang. Puis, parcourant avec vous le moyen-âge et les temps modernes, nous arrivions à l’époque actuelle, à l’occupation française, si féconde en bons résultats par suite de l’excellence de son administration. J’ai surtout retenu de la lecture de votre opuscule que l’écueil commun à beaucoup d’historiens de la Tunisie a été évité habilement par le rejet de faits historiques de médiocre importance ou qui sont contestés ou exagérés à plaisir.

En un mot, vous avez démontré une fois de plus que la science historique ne saurait admettre aucun compromis vis-à-vis des événements et des personnes, Il était nécessaire d’insister sur les faits qui ont amené notre intervention en Tunisie ; vous l’avez exposé clairement et brièvement comme il convient. Celte compensation légitime nous était due après la perte de notre influence en Égypte ; c’était, comme vous le déclarez, une cruelle déception pour l’Italie, mais devions-nous continuer une politique de sentiments, pour être payés comme toujours d’une noire ingratitude ?...

La conquête par l’épée et la charrue, ense et aratro, comme disait Bugeaud pour l’Algérie, ne doit être appliquée à la Tunisie que dans sa deuxième partie. Le jour ne me semble pas éloigné où les vastes régions du Sahara, dites « sphères d’influence française », seront enfin livrées à nos explorateurs et à nos savants par la création de voies de communication.

J’ai la conviction que votre petit livre sera utile à la cause du progrès et qu’il fera aimer ces régions en les faisant mieux connattre.

 

Émile THELLIER

Officier d’Académie.

Paris, le 23 janvier 1891.

LA RÉGENCE DE TUNIS

L’origine de Tunis varie suivant les auteurs, et la plupart d’entre eux déclarent que l’époque de sa fondation n’a jamais pu être exactement établie ; il parait cependant certain que l’existence de cette cité est antérieure à celle de Carthage, car sur ce point les écrivains de l’antiquité sont presque à l’unanimité tombés d’accord.

En effet, alors que Carthage, la future rivale de Rome, fut fondée par Didon, princesse de Tyr, vers l’an 860 av. J.-C., la tradition, les souvenirs et les rapprochements historiques sur lesquels il est permis de s’appuyer indiquent que des émigrants phéniciens vinrent se fixer à Tunis 30 ans avant le siège de Troie. A cette époque, ils trouvèrent la ville déjà occupée par les Numides.

Cette descente des Phéniciens sur le littoral africain aurait donc été opérée 1200 ans environ avant l’ère chrétienne ; en petit nombre, ils se confondirent plus tard avec les Lybiens, les Tyriens et les Numides pour ne former qu’un seul peuple. Vers l’an 640, les Grecs vinrent y jeter les fondements de leurs premières colonies : Utique, Cyrène, Hyppone et d’autres cités importantes furent construites par eux ; Carthage se développa alors rapidement et domina bientôt sur tous les rivages de la Méditerranée occidentale.

Après avoir conquis l’Italie, Rome, qui aspirait à la conquête du monde, commença à s’alarmer de la puissance carthaginoise. Laguerre devint bientôt inévitable. Dans cette longue lutte. Carthage succomba parce qu’elle n’avait pas su, comme Rome, se rattacher les provinces qui composaient son empire et que sa constitution politique était restée défectueuse. Les habitants de Carthage, administrés parles commerçants notables, ne songeaient qu’à s’enrichir ; l’empire, qui ne possédait aucun citoyen soldat, était protège par des mercenaires, il n’avait d’autre défense que Carthage elle-même qui, avec ses ports, ses maisons hautes de six étages, ses épaisses murailles et ses 120.000 âmes, passait dans l’antiquité pour imprenable.

Les Carthaginois, qui combattaient pour leur propre existence, se défendirent toujours avec un acharnement incroyable, repoussant toutes les attaques, remportant même un grand nombre de victoires. C’est sous les murs de Tunis que le général romain Atilius Régulus fut attaqué et fait prisonnier par Xantippe qui commandait l’armée carthaginoise, Régulus ayant refusé de se sauver par un parjure, fut torturé et mis à mort. Mais avec l’arrivée de Scipion Émilien, fils adoptif de Scipion l’Africain, les choses changèrent de face. Après avoir fait le siège de la ville et pour ainsi dire de chaque maison. un incendie allumé par ses ordres, qui dura 18 jours, détruisit Carthage de fond en comble (146) ; et son territoire forma une nouvelle province d’Afrique.

A ce moment, les Romains mirent tout en œuvre pour conquérir plus encore sur le littoral africain. Ils fondèrent de nouvelles colonies dans ces régions d’une fertilité et d’une richesse de production extraordinaires et s’emparèrent de territoires précédemment abandonnés pareux à un chef numide en récompense de son alliance.

L’existence de Tunis, qui dépendait de l’empire carthaginois, avait été souvent mise en péril par les armées romaines lors des guerres Puniques, aussi sa prospérité ne commença-t-elle réellement qu’après la destruction de Carthage. Sous César Auguste, cette dernière ville fut reconstruite. Elle devint bientôt florissante, grâce à l’industrieuse activité de ses habitants et aux multiples ressources de son sol, un grand nombre de maisons de plaisance furent élevées dans ses environs par la noblesse de Rome qui s’y donnait rendez-vous.

Mais, tandis que Rome affermissait sa puissance, les peuplades soumises par la force des armes tentèrent plusieurs fois de secouer le joug de leurs vainqueurs. Un chef numide intrépide, nommé Taclarinas, à la tête de tribus révoltées, lutta pendant plusieurs années et souvent avec succès contre la domination romaine. Après sa mort, l’élément romain reprit le dessus, mais l’apaisement fut de courte durée et, dans la suite, les légions romaines durent à diverses reprises réprimer les velléités d’indépendance qui se manifestaient parmi les populations, à l’instigation même des gouverneurs. C’est ainsi qu’à Badja (aujourd’hui Déja), qui s’était soumise dès le début de la conquête romaine, les habitants ayant saisi l’occasion d’une réjouissance publique pour massacrer en partie les soldats romains qui y tenaient garnison, la ville fut entièrement livrée au pillage des troupes par Métellius, que cette trahison avait indigné. La répression la plus sanglante eut lieu vers 310, époque à laquelle toute la province fut saccagéo et mise à sang.

Un demi-siècle plus tard, vers 375, Rome eut à combattre le général maure Firmus qui, par une série d’éclatantes victoires, était parvenu à se rendre maître d’une partie des possessions romaines en Afrique. Après de longues luttes, Firmus, battu par les troupes de Théodose, en fût réduit à se donner la mort, mais sa fin fut aussi celle de la puissance romaine dans ces contrées. En effet, quand les Vandales apparurent dans le pays, ils le trouvèrent dans un état d’épuisement et de révolte qui leur permit de s’y maintenir facilement par laterreur. Après avoir conquis tout le nord de l’Afrique, ils firent le siège d’Hippone (430), où ils se signalèrent par des procédés aussi implacables qu’odieux ; l’évoque saint Augustin mourut pendant le siège de cette ville qui dura près de deux ans. Assiégée à son tour, Carthage succomba (439) et devint leur capitale. Ces peuplades farouches occupèrent progressivement la Mauritanie, la Tripolitaine, puis la Gélulie et la Numidie ; les chrétiens orthodoxes eurent partout à souffrir de leurs persécutions et de leurs doctrines. Cette invasion des Vandales, qui se prolongea près d’un siècle, ne fut pour ces pays qu’une longue et cruelle oppression.