Coupable d'anorexie

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Français
117 pages
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Description

A 38 kilos pour 1 m 73, Marie-Claire ne peut refuser l'hospitalisation. La première d'une longue série, parcourue d'améliorations et de dégringolades. Malgré elle, cette institutrice de trente-deux ans triche avec la thérapie, avec ceux, médecins, parents, amis, qui souhaitent la voir sortir de cet enfer. Un récit plein de souffrance, de remises en cause, de courage, d'opiniâtreté. Une certitude finira par s'imposer : "j'ai envie de vivre."

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de lectures 685
EAN13 9782296706187
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Coupable d’anorexie

Collection Vivre et l’écrire
dirigée par Pierre de Givenchy
(voir la liste des titres en fin d’ouvrage)

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($1

Marie-Claire

Coupable d’anorexie

L’Harmattan

À Christine, Muriel, Jessica

et toutes mes compagnes de misère…

Je tiens à remercier toutes les personnes qui
m’ont soutenue durant ces années difficiles. Elles
m’ont été d’un grand réconfort. Et le sont encore !
Je remercie tout particulièrement mes parents,
qui ont fait preuve de beaucoup de patience et
d’amour. Je garde en moi les paroles de maman,
décédée le 2 novembre 2000 : « Allez Marie, on
recommence. »

Chaque maladie a un sens à décoder

I - BELLE ALLÉE

Il fait nuit.
Encadrée par mes parents, mon sac vert à la main, je marche
dans l’allée bordée d’arbres. Au fond, un ancien pavillon de
chasse : la clinique Belle-Allée.
Je pleure, complètement déprimée.
Je ne veux pas y aller.
Institutrice, je suis en arrêt maladie et madame H., ma psychiatre
depuis peu, m’a proposé de reprendre souffle ici car elle me sent
épuisée.
J’ai 32 ans et pèse 38 kg pour 1,73 m. Nous sommes le 14
novembre 1994.
Nous entrons du côté des admissions et madame H., qui me l’a
promis, m’attend. Je lui pose tout de suite la question qui me
brûle les lèvres :
- Je vais rester ici une semaine, n’est-ce pas ?
- Ce sera peut-être un peu juste, me répond-elle. Une infirmière
va vous faire visiter la clinique et vous montrera votre chambre,
Marie-Claire.
Les parents doivent partir. C’est un déchirement terrible en
moi. Me laisser seule ici. Je ne veux pas ! Je veux rentrer chez
moi !
Je me revois, avec eux, dans la grande allée. Il faisait nuit
noire. J’avais contenu mes larmes durant toute la visite de la
clinique. Mais au moment de les quitter, j’ai complètement
craqué.
- Je ne veux pas rester ici…
Le ton est suppliant. Papa me répond doucement :
- Il le faut, ma chérie. Sois courageuse !
Ils se retournent pour me faire un geste de la main puis
disparaissent dans la nuit profonde. Je rentre, seule, désespérée, dans
cet endroit inconnu. Je rejoins alors Liliane, ma voisine de
chambre. Voyant mon désarroi et mes yeux brouillés de larmes,
cette femme d’une quarantaine d’années me prend dans ses bras

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