Crise du logement

Crise du logement

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Livres
182 pages

Description

Chaque année, l’apparition des premiers froids place le mal-logement au cœur de l’actualité. À croire que depuis l’appel de l’abbé Pierre et ce fameux « hiver 54 » rien n’a changé. Dans cette France qui s’enorgueillit d’être la 5e puissance mondiale, des femmes, des hommes et parfois même des enfants vivent encore sans logement.
Difficile de dire pourtant que rien n’a été fait depuis 60 ans. En témoignent les nombreuses lois, les plans de construction et la multiplicité des acteurs impliqués. Certes, pour sortir du mal-logement, la France a besoin de moyens accrus, mais elle a aussi besoin d’y voir plus clair sur la réalité de ce que vivent les mal-logés et d’abandonner un certain nombre d’idées reçues qui faussent le débat, comme par exemple, croire que le mal-logement ne toucherait qu’une frange très marginale de la population, supposer que les locataires sont surprotégés, qu’il suffirait de construire tous azimuts ou, à l’inverse, que l’utilisation des logements vacants résoudrait à elle seule le problème…
Cet ouvrage cherche à montrer la réalité du mal-logement. C’est un livre pour comprendre, mais aussi pour débattre et partager. Car le pire serait de ne rien dire, de ne rien faire ou, pire encore… de ne rien vouloir voir.

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Date de parution 08 janvier 2015
Nombre de visites sur la page 22
EAN13 9782846706513
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Crise du logement
bien la comprendre pour mieux la combattre
Remerciements
Un grand merci à Noria Derdek, Patrick Doutreligne, Frédérique Kaba, Bertrand Lapostolet, Sylvie Leroux, Marie Rothhahn et Marc Uhry pour leur collaboration à cet ouvrage, pour leurs relectures et leurs conseils.
Nous remercions aussi très chaleureusement René Ballain, Jean-Claude Driant et Didier Vanoni qui accompagnent la Fondation Abbé Pierre depuis de nombreuses années dans la construction de ses analyses sur la crise du logement.
Merci enfin à tous les administrateurs, salariés et bénévoles qui au quotidien mènent ce combat contre le mal-logement, à Paris et dans les régions où la Fondation Abbé Pierre est présente.
Crise du logement
bien la comprendre pour mieux la combattre
Christophe Robert AnneClaire Vaucher Manuel Domergue
Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. Les auteurs les prennent pour point de départ et apportent ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l’on sait ou croit savoir.
E D I T I O N S
Titre ouvrage
Christophe Robertest délégué général adjoint de la Fondation Abbé Pierre au sein de laquelle il a notamment en charge, depuis 2007, la coordination du rapport annuel sur l’état du mal-logement en France. Docteur en sociologie, il a auparavant exercé pendant dix ans une activité de chercheur dans un bureau d’études à Paris dans les domaines de l’habitat, de la politique de la ville ainsi que sur les thèmes de l’exclusion et du dévelop-pement culturel. Anne-Claire Vaucherest chargée d’études à la Fondation Abbé Pierre. Elle participe à la rédaction de sonRapport annuel sur l’état du mal-logement en Francedepuis 2008. Manuel Domergueest directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, dont il coordonne leRapport annuel sur l’état du mal-logement. Il a été journaliste au magazineAlternatives économiques.
Des mêmes auteurs – Christophe Robert, avec Didier Vanoni :Logement et cohésion sociale. Le mal-logement au cœur des inégalités(La Découverte, 2007). – Christophe Robert :Éternels Étrangers de l’intérieur, les gens du voyage en France(Desclée de Brouwer, 2007). – Christophe Robert, avec Alain Régnier :Pour un choc de solida-rité en faveur des sans-abri et des mal-logés, rapport consacré à la politique d’hébergement et d’accès au logement à la demande du Premier ministre, 2012. – Anne-Claire Vaucher, avec Christophe Robert : « Le mal-logement, un phénomène massif » (in Constructif, n° 32, 2012) et « Le mal-logement en France : mieux connaître pour mieux agir » (in Informations sociales, n° 184, CNAF, 2014). – Manuel Domergue, avec le collectif Jeudi noir :Le Petit Livre noir du logement(La Découverte, 2009). – Manuel Domergue, avec Thomas Deltombe et Jacob Tatsitsa : Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique(La Découverte, 2011).
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Titre partie
sommaire Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9 Les différentes facettes de la crise du logement « Depuis l’hiver 54, rien n’a changé. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . .15 « Avec toutes ces personnes à la rue, le problème du logement saute aux yeux. » . . . . . . . . . . . . . . . .23 « Le logement, c’est surtout un problème pour les pauvres. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .31 « Quand on est propriétaire, on est à l’abri des problèmes de logement. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .37 « Le problème des banlieues, c’est les barres HLM. » . . . . . . .43 « Le logement, c’est surtout un problème dans les grandes villes chères. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .51 « Le logement c’est la même galère dans tous les pays d’Europe. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .57
Les causes de la crise du logement « Il n’y a pas assez de logements. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .65 « Les logements sont trop chers. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .71 « Il n’y a pas assez de logements sociaux. » . . . . . . . . . . . . . . .77 « Il y a trop de riches dans les HLM. » . . . . . . . . . . . . . . . . . .83 « Les politiques ne font rien pour que ça s’améliore. » . . . . . .89
Résoudre la crise du logement : vrais leviers, fausses bonnes idées « Il suffit de construire… » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .99
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« Il faudrait réquisitionner les logements vacants. » . . . . . . . .105 « Si on encadre les loyers, les propriétaires ne vont plus louer et la crise va s’aggraver. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .111 « Les locataires sont trop protégés. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . .119 « Factures d’électricité, de gaz trop chères… la solution c’est de rénover tous les bâtiments. » . . . . . . . . . .127 « Il faut plus de places d’hébergement pour régler le problème des personnes à la rue. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . .133
Un logement digne pour chacun, un choix politique ! « Si tout le monde avait un toit sur la tête, ce serait déjà bien. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .141 « La situation ne s’arrange pas, à quoi servent les associations ? » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .147 « On ne peut rien faire si les maires ne veulent pas construire. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .155 « La politique du logement coûte trop cher à la collectivité. » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .163
Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .169
Annexes Pour aller plus loin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .175 La Fondation Abbé Pierre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .180
introduction
60 ans et pourtant…
1954… 2014 : depuis soixante ans, le nom de l’abbé Pierre est associé au combat contre le mal-logement. Un combat sans relâche pour tenter de redonner leur dignité et leur place dans la société à ceux qui en sont exclus. Mais comment se fait-il qu’aujourd’hui encore, dans un pays qui affiche fièrement son cinquième rang parmi les pays les plus riches, tant de femmes, d’hommes et parfois même d’enfants vivent encore – ou plutôt survivent – sans logement ? Est-ce parce que rien n’a été fait depuis soixante ans ? Difficile de dire cela au vu des nombreuses lois, des multiples dispositifs déployés ou des plans de construction et de relance successive-ment mis en œuvre au fil des années et des décennies. Est-ce parce qu’insuffisamment de personnes se préoccupent de la question du logement ou de ceux qui en sont exclus ? Là encore, à regarder de plus près, la multiplicité des acteurs impliqués, qu’ils soient élus, experts, militants, travailleurs sociaux, associations, issus des administrations ou du secteur immobilier, une telle affirmation serait sans doute abusive. La liste des interrogations visant à mieux comprendre les racines de la persistance du mal-logement en France est longue et vient ponctuer les différents chapitres de ce livre consacré aux idées reçues sur le mal-logement. Mais pourquoi avoir choisi de traiter le sujet sous l’angle des idées reçues ? Parce que depuis vingt ans que la Fondation Abbé Pierre mène ce combat contre le mal-logement, elle a pu mesurer à quel point le chemin à parcourir est long et sinueux entre la réa-lité de ce que vivent les mal-logés et l’idée que la société s’en fait.
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Crise du logement : bien la comprendre pour mieux la combattre
Chaque année, au travers de son rapport sur l’état du mal-logement en France, la Fondation donne à voir statistiquement mais aussi humainement, les différentes formes de mal-logement et les dégâts sanitaires et sociaux que ce dernier provoque sur les plus vulnérables d’entre nous. Chaque année, ce rapport fait égale-ment le point sur l’action de la puissance publique pour répondre (ou non) à ces difficultés, tout en formulant un ensemble de pro-positions pour tenter d’en sortir. Chaque année, à travers les actions qu’elle développe ou qu’elle finance aux côtés des associa-tions, la Fondation mesure également l’incompréhension qui domine entre ceux qui sont insérés dans la société et ceux qui en sont exclus, entre ceux qui, pour de multiples raisons ont basculé dans la précarité ou le mal-logement, et ceux qui en sont épargnés. Il en va de même pour un certain nombre de responsables politiques qui manifestement ont décroché de la réalité vécue par une partie de nos concitoyens les plus fragiles, et surtout qui ont perdu de vue les processus produisant de telles catastrophes sociales et peuvent difficilement, de ce fait, prendre le bon chemin pour tenter de les résoudre. La persistance d’idées reçues parmi la population ou les respon-sables politiques a des conséquences très concrètes. Par exemple, croire que le mal-logement ne toucherait qu’une frange marginale de la population empêche de mettre en place des politiques géné-ralistes de régulation des marchés immobiliers. Supposer que les locataires sont déjà bien trop protégés freine des tentatives pour encadrer les loyers ou mieux prévenir les expulsions locatives. Penser qu’il suffirait de construire tous azimuts dissuade de financer des logements aidés réellement accessibles aux plus modestes. À l’inverse, estimer que la France n’a pas besoin de construire davantage et qu’il suffirait de mieux utiliser les logements vacants pourrait contribuer à aggraver la pénurie de logements. Pour sortir du mal-logement, la France a besoin de moyens finan-ciers accrus, d’une meilleure application des lois, d’une gouvernance rénovée… Mais elle a aussi besoin d’y voir plus clair sur la réalité
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