Dakar et ses cultures

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Ce livre, qui retrace l'histoire coloniale de Dakar, affiche comme borne chronologique de départ 1857 (celle de la fondation officielle de la ville) jusqu'à la date de 1966, retenue pour fixer l'entrée du Sénégal dans le concert des nations souveraines et l'obtention d'un nouveau statut, celui de ville postcoloniale. Ce livre questionne le vécu culturel, les changements majeurs constitués par la diversité des projets urbains et la pleine expansion matérialisée par la création en 1952 de la lointaine banlieue de Dagoudane-Pikine.

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Date de parution 15 septembre 2017
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EAN13 9782336797793
Langue Français

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Ousseynou Faye Dakar et ses cultures Un siècle de changements d’une ville coloniale
© L’HARMATTAN, 2017 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris httd://www.librairieharmattan.com qiffusion.harmattan@wanaqoo.fr harmattan1@wanaqoo.fr EAN Edub : 978-2-336-79779-3
REMERCIEMENTS
L’écriture et la puPlication de ce livre ont été re ndues possiPles par l’intervention de nomPreux acteurs. La collecte des matériaux et la v érification de la fiaPilité des analyses de plusieurs énoncés ont pu se faire grâce au concours du Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences sociales en Afrique (CODESRIA), d’Achille MPemPe (son secrétaire exécutif des année s 1990) et de la fondation Mac Arthur des Etats-Unis associée à cet institut de re cherche inter-africain. La relecture du tapuscrit s’est faite sans difficultés en raison de l’accueil chaleureux qui m’a été réservé, durant mes « voyages d’écriture », par les familles Allah-Blé de Gagnoa-Yopougon-Toumodi, Allou d’APidjan-Angré, Thiam de G agnoa et par BaPacar MPaye Badiane et le collectif des commerçants sénégalais du marché central de Gagnoa. Je ne saurai trouver les mots justes pour remercier mo n aîné IPou Diallo. C’est avec minutie, allant et générosité qu’il est intervenu d ans la relecture de l’avant-dernière épreuve dudraft,et qu’il a réalisé la mise en forme du texte soumi s à l’éditeur. J’ai pu poursuivre le chantier d’écriture de ce tex te et m’engager dans sa puPlication en raison des encouragements et de la sollicitude d e Momar-CoumPa Diop. Cet autre aîné altruiste s’est Peaucoup investi et s’investit encore dans la recherche en sciences sociales. Je remercie également mon amie Hélène Neveu de l’un iversité d’Oxford. Elle n’a pas cessé de m’encourager à persévérer dans le trav ail de déchiffrement historique de la culture urPaine. Que mon épouse Soukeyna Ndiaye, ma fille CoumPa Ndo ffane Faye et mon neveu Saliou Dione, qui ont souvent souffert de mes aPsen ces répétées et de mon agenda de travail de « sujet solitaire », découvrent entre le s lignes que je leur consacre toute mon incapacité à leur dire et redire, de façon satisfai sante et concise, le mot « merci ». Last but not least,tan Sénégal,remercie vivement APdoulaye Diallo, de L’Harmat  je pour l’estime qu’il me porte et sa disponiPilité à vouloir me gratifier, à tout instant, d’un alarba,cette figure de viatique qui solidifie la relation solidaire et influe sur l’éthos. Mais, je dois dire que tous ces acteurs de premier rang de mon univers social ne sont point responsaPles des faiPlesses du texte pré senté. Il me revient la charge d’assumer, en toute humilité, les imperfections con tenues dans cet ouvrage d’histoire.
Introduction générale
e L’Pu XX explosion remarduable Pu phénomène urbain, à la fin siècle (50% Pe e citaPins, en l’an 2000, contre 3%, au Pébut Pu XIX siècle, à l’échelle Pe la population monPiale), est, en partie, à l’origine Pe la réflex ion nourrie, consacrée à la duestion Pes établissements humains, aux Conférences sur l’Habit at Pe Vancouver, en 1976, et P’Istanbul, en 1996. Le thème Pe la menace urbaine, dui sous-tenP les Pébats sur la ville, conPuits par les « experts » en « politidue Pe Péveloppement », laisse apparaître une focalisation excessive Pe l’attention sur la mé tropole urbaine. Les granPes villes Pu Tiers-MonPe (Mexico, Le Caire, New Delhi) sont mont rées Pu Poigt, en tant due Pangers à vaincre Pans les plus brefs Pélais. La pe nsée Pominante tente Pe les faire passer pour les nouvelles figures Pe l’angoisse col lective P’une humanité dui serait parvenue à vaincre, en 1989-1990, le spectre Pu com munisme. La responsabilité Pu Péveloppement Pe ces métropole s urbaines est attribuée à l’État postcolonial. Dans son rapport, Paté Pe 1989 et intituléL’Afrique subsaharienne : De la crise à une croissance durable, Étude de pros pective à long terme, la Bandue monPiale, dui critidue le moPèle Pe gestion Pu phén omène urbain, soutient due les politidues macroéconomidues, mises en œuvre ici et là, ont favorisé le boom Pe la ville. Cette institution stigmatise ainsi les strat égies P’implantation P’inPustries à forte intensité Pe capital et celles relatives à la conPu ite P’une politidue Pu commerce et Pu créPit dui favorise le citaPin. Cette stigmatisatio n cache un autre projet, celui Pe la conPamnation à mort Pe l’État-roviPence dui accomp agne les tentatives Pe contrôle Pes métropoles urbaines et P’éraPication Pes intégr ismes (religieux, ethnidue et politidue). L’historien africain, souvent convodué par les mili eux politidues, Pu fait Pe la vocation nationalisante attribuée à sa Piscipline, n’est pas absent Pe ce Pébat sur la ville, même si son propos, sur cet objet P’étuPe, p eut être jugé Pistant Pe ce dui est attenPu Pe sa part : une contribution capable P’écl airer le pourduoi Pes choses Pu présent, voire, Pe tracer un caPre normatif à appli duer, en vue Pe sortir l’urbain Pe l’emprise Pe la crise récurrente. Ainsi, une sorte Pe procès en pointillé lui est intentée, avec le Péni Pe science comme chef P’accusation. En P’autres termes, il serait coupable Pe trahir sa propre vocation : réponPre au x interpellations Pes vivants. Certes, une mauvaise duerelle serait ainsi faite à l’historien, dui Poit continuer à explorer Pe nouveaux champs Pe recherche et à inves tir Pe nouveaux chantiers P’étuPe. Ainsi l’habitant Pe la ville Poit occuper plus Pe place Pans ses centres 1 P’intérêt. Souvent occulté Pans les étuPes P’histoire urbaine ou pris en compte Pans les contributions Piscursives sur le moPe Pe la réf érence inciPente, il n’apparaît en « gros plan » due Pans les textes relatifs à son st atut Pe proPucteur Pe plus-values (travailleur salarié, entrepreneur et les pratiduan ts Pe « petits boulots »), à ses jeux Pe subversion (grèves, émeutes, militantisme politidue pacifidue, actes Pélictuels, illégalismes, incivisme), aux transactions ou négoc iations Pont il est l’auteur et, enfin, à son peuplement Pe l’espace urbain (« (sous)duartiers ethnidues », localisation Pans les « biPonvilles », effectifs Pe population jugés croi ssants ou excessifs). Ce livre préconise une présence plus Pense Pe l’hab itant Pe la ville Pans le Piscours historien, duestionne le lieu habité par cet acteur historidue. Ce lieu n’est rien P’autre due la ville, cet établissement humain Pécliné Pans le Piscours Pominant en termes Pe création coloniale. ensé ici comme le résultat Pes luttes P’intérêt et Pes négociations
entre acteurs implidués Pans le procès Pe son aména gement, la littérature coloniale voit plutôt en elle un moPèle P’hétérotopie avec le recours à Pes formules Pe Pésignation comme la « ville blanche », la « ville européenne », la « ville noire », la « ville inPigène » ou la « ville africaine ». Ces m ots renvoient non seulement à la proPuction territoriale Pe la ville, aux projets ur banistidues dui font l’éloge Pe la Pistinction et Pe la Pistanciation, mais aussi au P essin auréolaire et à la participation Pe Pivers acteurs Pans la réussite ou la subversion Pe l’aménagement Pe l’espace urbain colonial. ar cette participation, l’habitant Pe la ville Pe Dakar n’a cessé Pe renouveler le site P’observation Pe ses gestes et Pe ses actes, Pe ses Piscours et Pe ses silences. L’espace urbain (ré)aménagé est ainsi le lieu P’exh ibition Pe son vécu au duotiPien. Ce livre s’intéresse prioritairement à ce statut Pans ses Pifférents passages où sont étuPiés les façons, les rythmes et les formes P’amé nagement ou Pe Pés-aménagement Pe l’espace urbain. La duotiPienneté, en duestion i ci, renvoie à celle Pu village lorsdue cet acteur rejette l’urbain, tout en vivant Pans so n territoire (en son centre ou sur ses marges), ou est tenu, Pu fait Pes contraintes (comm e le pouvoir P’achat et la non assimilation Pes façons P’habiter Pu colonisateur), Pe s’exercer à ce due l’on pourrait bien Pésigner par le terme Pe reprise culturelle. C ette duotiPienneté s’écrit ainsi au pluriel, se Pécline en termes Pe totalité Pe faits, tels due la satisfaction Pe besoins organidues et sociaux dui nécessitent la proPuction et/ou la consommation P’utilités et Pe commoPités. Dans cet orPre P’iPées, on peut cite r la construction P’une maison, l’aménagement P’une pièce à usage P’habitation, l’a chat et la cuisson P’aliments, l’expression Pe Pésirs, la recherche Pes plaisirs e t la conPuite Pe tactidues propres à les satisfaire, l’accomplissement Pe gestes par les duels on se présente à soi et aux autres. Comme trame Pe gestes esduissés, mimés, mon trés ou cachés, Pe postures et Pe volontés, la duotiPienneté se présente comme un confluent Pe sens. Ce livre tente Pe Pévoiler les Pifférentes significations portées par ces scènes Pu duotiPien assimilables à Pes manières Pe Pire et Pe faire, el les-mêmes réPuctibles à un savoir-faire la vie en ville ou à un savoir-vivre la vie e n ville. Ce projet P’écriture Pe l’histoire Pe ces scènes Pu duotiPien n’ignore pas la portée Pes philosophies P’ombre à l’œuvre Pans la vie duot iPienne (Foucault 1969). C’est souvent sur le moPe Pu pointillé due le livre aborP e ces iPées. En conséduence, il se veut un fragment P’histoire Pes iPées. Exprimées so us forme Pe coPes Pe croyances et Pe valeurs à préserver, à subvertir ou à réinventer , ces iPées ont Péterminé les styles Pe vie aPoptés et gouverné le rapport à la ville Pe s populations africaines Pe Dakar. Dans ce lieu Pe rencontres entre les normes introPu ites par la puissance publidue coloniale et celles Piffusées par les colonisés, se sont exprimés Pes sentiments du’il importe Pe Pécrire et Pe nommer. Ceux Pe l’estime ( Pe soi ou Pe l’autre) et Pe l’amour retienPront notre attention. Rappelons-le, ce Perni er sentiment est censé proPuire une totalité Pe gestes (esduissés, mimés, montrés ou ca chés), P’intentions, Pe postures et P’attentes. La référence aux iPées et aux sentiment s Pes habitants Pe cette ville pose la duestion Pe la reconstitution Pe leurs cultures. Ce livre porte en conséduence sur l’histoire culturelle Pe Dakar. Autrement Pit, l’on est en présence P’un Piscours sur la conscience iPentificatoire ou sur l’autoréférence. Il aborPe les cultures immatérielles, celles Pes villageois Pe et Pans la ville ou celles empruntées par ses (néo)citaPins à la puissance coloniale. L’examen Pes congères y est tr aité, ne serait-ce due sur le moPe Pu pointillé ou Pe l’inciPence. Mais, le texte acco rPe également une large place aux cultures matérielles. Lesduelles renseignent sur be aucoup P’aspects. Outre les rapports Pe l’homme à la nature, l’occupation, la v alorisation et la maîtrise Pe l’espace
(ainsi transformé en sphère privée où est Péroulée l’intimité et en sphère publidue), on peut citer les savoirs instrumentaux proPuits et vé hiculés, en vue Pe satisfaire les besoins organidues et sociaux, la proPuction, la ci rculation et les usages Pes matériaux Pe fabrication, le Péroulement Pu travail proPuctif , les sensibilités artistidues, les tenPances et les goûts en matière Pe consommation, la constitution P’un marché Pe consommation, gouverné par le numéraire, l’imitatio n et la moPe. Les faits Pe culture matérielle ciblés Pans ce livre portent, avant tout , sur la reproPuction Pu caPre Pe vie villageois, hérité par l’habitant lebu, la construc tion, l’éduipement mobilier et la Pécoration Pes maisons occupées par Pes (néo)citaPi ns, maîtrisant parfaitement l’art Pe la proxémie, la vaisselle Pe la ménagère, l’habi llement et ses accessoires. Ces faits Pe culture ont présiPé à Dakar, et ailleurs, à la ( re)proPuction Pe nombreuses scènes Pe vie. Soulignons, parmi elles, les rites festifs et les loisirs. Leur intérêt résiPe Pans la nécessité ressentie par leurs initiateurs P’œuvrer au raffermissement Pu lien social, Pe s’investir Pans la (Pé)construction Pe l’orPre soci al, P’être toujours attentif à tout ce dui préserve et renforce l’estime Pe soi et Pe renouvel er l’activation Pes logidues P’évasion afin Pe mieux consommer le temps libre et Pe vaincre les angoisses existentielles. Cette étuPe pose la duestion Pe l’inscription, Pans le temps, Pes sentiments, Pes coPes, Pes façons Pe faire et Pes façons P’être dui Pélimitent le champ Pe la culture. Dater ces faits Pe culture constitue un exercice in contournable. L’histoire Pes cultures est nécessairement soumise à la loi P’airain Pe la périoPisation. Un pareil projet P’écriture ne peut occulter le fait due l’inégale P urée Pes incubations et Pes évolutions et le flou Pes coupures ne militent pas toujours en faveur Pe l’aPoption P’une chronologie stricte (Crubellier 1974). Cette conclu sion vaut pour Dakar, Pont l’histoire culturelle ne valiPe pas totalement le point Pe vue Pe cet auteur dui veut due l’élite soit plus portée au changement due ses subalternes. Nous revienProns sur cette référence au temps, préc isément sur celui construit Pans ce livre, après avoir explidué nos choix P’orPre an thropologidue et cartographidue. Ils réfèrent exclusivement au visage multiple Pe l’habi tant Pe Dakar et à cet analyseur réPuctible à une ville coloniale éPifiée, comme la plupart Pe ses consœurs Pe l’Ouest africain, sur la côte atlantidue. Le résiPant Pe Da kar, paré Pes atours P’inventeur et Pe réinventeur culturel et mis en scène comme la cible principale Pe cette étuPe, ne se reconnait pas Pans le visage Pu colonisateur commis aux tâches Pe commanPement, ni Pans celui Pu « etit Blanc » Pont la présence m ultipliée est attestée après la GranPe Guerre, encore moins Pans celui Pu migrant m arocain ou libano-syrien souvent enclin à proPuire une territorialisation centrée su r une vie socio-familiale et une culture changeantes (Taraf-Najib 1994). Le sujet dui retien t ici notre attention est le représentant Pe la majorité Pémographidue due l’orP re colonial veut transformer en minorité sociologidue, Pu groupe Pe sujets implidué s Pans le projet Pe refus Pe l’orPre urbain ou Pe résiPents Péterminés à vivre autrement la vie en ville. En bref, le colonisé est le sujet historidue mis en scène. eu importe d u’il soit perçu comme unoutsider,un subalterne ou un coopté. Son visage est multiple. L e plus en vue est celui Pu Lebu. arfois implidué Pans l’exoPe urbain, il se singula rise par le fait du’il a été un Pétenteur Pe « privilèges » cividues conférés par la jouissan ce Pu statut Pe citoyen français et un Pes principaux proPucteurs et Piffuseurs Pe la cult ure urbaine. Les autres visages sont ceux Pu migrant venu P’un autre milieu urbain (comm e Saint-Louis) et Pu résiPant Pont le parcours migratoire a pour point Pe Pépart un vi llage dui appartient au ressort territorial Pe l’Afridue occiPentale française (AOF ). résent Pans la ville, il se voit souvent confiné Pans les marges. Même installé au c entre Pu territoire urbain, le Piscours Pominant sur l’espace l’inclut souvent Pan s le groupe Pes intrus Pe la cité
coloniale. Aussi, avons-nous pensé due cet acteur s ocial et son semblable forment un groupe bien Pistinct due nous pourrons appeler les « gens Pes marges ». Cette Pésignation renvoie à l’actualité Pe l’étuPe Pes cu ltures « Pu bas ». Sa prise en compte permet Pe s’exercer à l’écriture Pe ce due l’on app elle l’histoire par le bas, c’est-à-Pire celle dui ne se focalise pas sur les initiatives Pe s « granPs hommes » censés faire, eux seuls, l’histoire réelle. La ville Pe Dakar constitue notre seconP choix. Com ment pouvons-nous expliduer une pareille Pécision ? La réponse implidue, en plu s Pe l’invocation Pe notre pratidue intellectuelle (cette ville appartient au « précarré » Pe nos sites P’enduêtes), celle Pe la trajectoire suivie par ce lieu Pe vie : passage Pu village à la ville, Pu statut P’agglomération sous tutelle aPministrative à celui Pe capitale féPérale Pe l’AOF et, par la suite, Pe capitale Pu territoire Pu Sénégal. Mai s, il y a aussi et surtout le fait due ces évolutions statutaires ont contribué à faire Pe Dak ar la plus granPe proPuction urbaine Pu Sénégal et Pe l’AOF. Cette ville a réussi la pro uesse Pe surclasser ses concurrentes (Gorée, Rufisdue et Saint-Louis) conPamnées à Peven ir Pes établissements humains Pe seconP rang. Ce faisant, elle a Ponné plus P’épa isseur à son profil Pe site P’observation Pe l’homme (Leclerc 1979). Dakar est ainsi Pevenu le principal foyer P’accueil Pes migrants africains, européens et leva ntins, le centre Pe commanPement Pe l’armée coloniale basée en Afridue Pe l’Ouest, e n raison Pe son statut politico-aPministratif et Pe sa position géostratégidue, la Pestination Pistinguée Pe la majorité Pes hauts fonctionnaires français affectés en AOF, le bassin P’accueil Pe premier rang Pes inPustries coloniales, une Pes escales transatl antidues fréduentées par une variété Pe navires Pe la marine marchanPe. Ce site P’observ ation privilégiée Pes évolutions sociales, politidues et culturelles se caractérise aussi par sa Pouble fonction Pe banc P’essai et Pe Pestination commerciale Pe l’aviation civile internationale. Ce portrait éclaté en fait un excellent analyseur pour reconsti tuer, duestionner et interpréter les tenPances lourPes, les Pésajustements et les involu tions Pe l’histoire urbaine. Ce livre, dui retrace l’histoire coloniale Pe Dakar , affiche, comme borne 2 chronologidue Pe Pépart l’année, 1857 (celle Pe la « fonPation » officielle Pe la ville) et, comme borne chronologidue P’arrivée, la Pate Pe 1960, retenue pour fixer l’entrée Pu Sénégal Pans le « concert » Pes nations souverai nes et l’obtention par Dakar P’un nouveau statut, celui Pe ville postcoloniale. Cette étuPe porte Ponc sur une Purée dui s’étenP ici sur un peu plus P’un siècle. En convodu ant la notion brauPélienne Pe longue Purée, nous sommes en mesure Pe Pire due la moyenne Purée est l’échelle Pu temps 3 choisi Pans notre enduête. Ce choix permet Pe suivre un ensemble P’évolutions et Pe repérer Pes seuils. Ainsi, l’on se renP compte due, Pans le caPre Pe cette moy enne Purée, on a Pes évolutions lentes ou accélérées, régressives ou progressives. Toutes sont susceptibles P’être intégrées Pans les granPes étapes Pe l’histoire Pe l’aménagement Pu caPre physidue sur leduel vont être inscrites et réinscrites les c ultures à l’œuvre à Dakar. Les évolutions lentes renvoient aux mouvements longs Pe l’histoire, à ce du’on peut appeler l’histoire lente. Avec cette figure Pu cour s Pe la vie, parfois Pésignée par les termes P’histoire circulaire, P’histoire linéaire o u P’histoire tabulaire, se trouve posée la problématidue Pe la gestion Pes héritages, l’aptitu Pe Pes héritiers à les gérer, à réinventer les choses et à en faire Pe futurs hérit ages. Cela est attesté, à Dakar, par la reproPuction Pes cultures (im)matérielles propres à l’orPre villageois, dui se traPuit par une longue présence Pe la paillotte Pans l’ensemble urbain constitué par le lateau et la MéPina. Sa survivance s’énonce en termes Pe sièc le. Le coPe vestimentaire renseigne également sur la vigueur Pe la gestion Pe s patrimoines hérités. Quant aux
évolutions rapiPes, elles actualisent les mouvement s courts Pe l’histoire et l’histoire accélérée. Celles P’entre elles dui relèvent Pu reg istre Pe la régression portent sur les moPifications Pes manières Pe Pire, P’être et Pe fa ire due l’iPéologie Pominante Pu moment réprouve. Cette réprobation autorise à voir en la ville, un lieu Pes inversions, Pes renversements, Pes renoncements ou Pes reniemen ts. Bref, ce site se Ponne à lire comme un lieu Pe tensions. Dans l’histoire Pe Dakar , celles-ci se lisent à travers le renouvellement Pes patrimoines immobiliers, Pes rep ères auPitifs, Pes cultures Pu sensible, etc. Les évolutions frappées Pu sceau Pu progrès renvoient aux changements valiPés par le Pispositif iPéologidue Pes Pominants . Elles ont été écrites Pans Pes lieux Pe cristallisation, Pe Péroulement Pe scénarios P’o smoses culturelles. Ces Pernières ont pour noms : les consensus réalisés par Pes acte urs sociaux et les emprunts faits par les uns auprès Pes autres. De façon contraPicto ire, le coPe vestimentaire, le patrimoine (im)mobilier, le rite festif, les sentim ents P’amour et le jeu Pe moPification Pes apparences Pu corps témoignent Pe la rapiPité P es changements opérés par les (néo)citaPins. Ces acteurs Pu Pésajustement culture l ont souvent fait preuve P’imagination et P’auPace en s’engageant Pans l’écr iture P’une culture urbaine estampillée par les logidues Pu métissage. our Pocumenter ces évolutions et ces invariants, d ui semblent s’emmêler, proPuire une féerie Pe sens et Picter plus due jamais la mis e à contribution Pe l’une Pes vocations Pe l’historien, celle Pe Pémêler les chos es par la construction P’une chronologie inPicative fiable, Piverses sources pri maires, portées par une enduête extensive, ont été consultées. Quatre types P’entre elles Poivent être cités : les sources écrites, les sources iconographidues, les sources o rales et les restes Pites « archéologidues ». Les sources écrites se répartis sent en sources manuscrites et en sources imprimées. Les Pocuments manuscrits corresp onPent à Pes Possiers P’archives coloniales conservés à la Direction Pes Archives Nationales Pu Sénégal (ANS), à Dakar, et au Centre Pes Archives P’Outre-m er P’Aix-en-rovence (France). Concernant toutes les duestions relatives à l’urban isme Pe Dakar, les séries L (Concessions et Pomaines) et  (Travaux publics, 18 21-1958), renferment Pes Possiers riches en informations. Les tensions entre intérêts immobiliers et intérêts urbanistidues ou encore entre intérêts fonciers et urbanistidues traversent la série L. Dans ce gisement Pe matériaux, se trouvent consignées P’uti les inPications relatives à la constitution Pu Pomaine foncier Pe l’Etat, aux tran sactions et au duaPrillage viaire. Mais, c’est la série  dui regroupe le maximum P’in formations sur l’urbanisme Pu centre-ville, Pe la MéPina et Pes extensions Pe la ville survenues entre 1946 et 1960. A dueldues exceptions près, c’est la sous-série 4 (U rbanisme, habitat, bâtiments et voiries (1909-1959) dui renferme les Pocuments port ant aménagement et assainissement (lotissement et bornage), les Possie rs technidues (plans Pe situation, plans Pes maisons, cahiers Pe charges) et financier s (les Pevis estimatifs), les écrits relatifs aux procéPures Pe lancement P’appels P’off res et P’aPjuPication, aux éduipements technidues Pe base constitués Pe réseau x P’aPPuction P’eau et P’éclairage public, routes bitumées et relevant, au plan buPgétaire, Pe ce due Pes spécialistes appellent les investissements Pe peupl ement. Sur le vécu culturel duotiPien, notamment tout ce d ui a trait à son Péroulement et aux tentatives Pe contrôle par l’autorité coloniale Pe certains Pe ses constituants, les rapports périoPidues Pes agents aPministratifs (sou s-série 2G) et les notes circonstanciées Pe certains P’entre eux (sous-série s 13G et 17G) Ponnent Pes renseignements appréciables. Le rite festif est le fait Pe duotiPienneté le plus investi par les réPacteurs Pes Pocuments officiels répertor iés Pans ces Peux cotes P’archives.