De l

De l'Espagne et de la liberté

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Français
54 pages

Description

LA nation espagnole ne fait rien à demi. Après avoir conquis son indépendance sur Napoléon, elle a reconquis sa constitution sur son propre roi. A Aranjuez, à Baïonne on voit le prince des Asturies, rebelle envers le roi son père, trouver dans son premier tort sa première infortune ; l’accroître à Valançay par le rôle qu’il s’impose ; plus tard, quand des sujets fidèles l’ont replacé sur le trône, laisser un despotisme ingrat, soupçonneux et fanatique, s’asseoir à la place de la constitution nationale.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 27 septembre 2016
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EAN13 9782346104963
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Camille Paganel

De l'Espagne et de la liberté

DE L’ESPAGNE LA DE LA LIBERTÉ

LA nation espagnole ne fait rien à demi. Après avoir conquis son indépendance sur Napoléon, elle a reconquis sa constitution sur son propre roi. A Aranjuez, à Baïonne on voit le prince des Asturies, rebelle envers le roi son père, trouver dans son premier tort sa première infortune ; l’accroître à Valançay par le rôle qu’il s’impose ; plus tard, quand des sujets fidèles l’ont replacé sur le trône, laisser un despotisme ingrat, soupçonneux et fanatique, s’asseoir à la place de la constitution nationale. Son gouvernement ne s’arme du pouvoir que pour en abuser : il ruine ses sujets ; il isole l’Espagne de ses colonies ; dessèche toutes les sources, jadis si fécondes, de la prospérité publique ; reconnaît une puissance au-dehors qui domine la sienne ; combat tout ce que veut le siècle ; veut tout ce que le siècle réprouve, et ces ministres croient gouverner. Cependant un gouvernement incapable, qui, séparant les intérêts du prince de ceux de la nation, ne donne au trône de base qu’un prétendu droit divin, pour appui que le saint-office et sa mystérieuse jurisprudence ; qui choisit exclusivement ses conseillers parmi les hommes des classes privilégiées, pour qui le bien général n’est rien, pour qui le pouvoir et la pompe royale sont tout, un tel gouvernement doit éprouver un affaiblissement d’autant plus accéléré, que sa puissance est plus absolue, ses volontés plus arbitraires, et qu’il s’est mis en opposition plus directe avec les lumières, les progrès de la science politique, les institutions des peuples voisins et les mouvemens d’opinion qui chaque jour obtiennent des résultats nouveaux sur l’un et l’autre hémisphère. L’Espagne pouvait-elle être stationnaire dans ses préjugés, immobile dans son désastreux régime, quand tout s’agite autour ou non loin d’elle ? Pouvait-elle perpétuer les vices de son gouvernement, quand des hommes dont le gouvernement ne soupçonnait pas même l’existence avaient, en 1814, régénéré, par une constitution savante et franchement libérale, le peuple espagnol, alors qu’il venait par sa seule vertu de s’affranchir de la domination étrangère ? Il ne faut rien moins supposer que l’absence de toute idée, cette cécité morale que peut produire, dans les conseils d’un prince né sur le trône, le despotisme héréditaire, l’irritation de Courtisans orgueilleux à qui la voix du peuple s’est Fait entendre par l’organe de ses représentans, l’incapacité absolue ou la perfidie des ministres, il ne faut, dis-je, rien moins que toutes ces causes réunies pour qu’il soit possible d’expliquer la conduite du cabinet espagnol, depuis le premier janvier, jour mémorable où une poignée de soldats, se dévouant à la cause de la liberté, firent un appel à leurs compagnons d’armes, aux cortès expatriées, appel entendu bientôt des colonnes d’Hercule aux Pyrénées, et jusqu’aux extrémités occidentales que battent les flots de l’Océan.