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De la monarchie sous la maison de Bourbon - Bonté de cette maison et ses effets

De
150 pages

QUELLE gloire pour cette maison de n’avoir eu à essuyer, même de la part des sectes révolutionnaires, d’autre reproche que cette bonté qu’elles jugent excessive ; et en même temps quelle satisfaction plus douce pour la nation entière !

C’est une remarque que j’ai déjà faite, que les branches issues de Hugues-le-Grand, chef de la race Capétienne, et même la longue lignée des Rois de France, n’offre pas un seul prince, auquel on puisse apliquer l’odieuse qualification de tyran, ni même celle de despote.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

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Charles-Claude Montigny

De la monarchie sous la maison de Bourbon

Bonté de cette maison et ses effets

AVERTISSEMENT

UN évènement a retardé la publication des deux ouvrages que je mets au jour. J’avais composé l’Adresse aux Français et aux Alliés, sur le retour de de Louis XVIII, en 1815, sur la première nouvelle de l’invasion de Buonaparte de l’île d’Elbe.

Il n’y a guère de changement que dans les deux premières strophes. Je devais y en ajouter plusieurs, d’après les derniers évènements et sa défaite.

Le 9 mars, j’en avais envoyé deux copies manuscrites ; l’une, à M. le Chancelier ; l’autre, au Ministre de la maison du Roi ; et, le 10, je l’avais remise à l’imprimeur (Lenormant), pour l’imprimer et la publier.

Les formalités prescrites par les règlemens de la librairie, emportèrent plusieurs jours ; et la rapidité des succès de Buonaparte, succès dont la cause connue a fait cesser le merveilleux, n’eût laissé voir qu’un acte de témérité, au lieu d’un acte de dévouement.

Sans ces formalités, dont la presse était pour lors entravée, cette adresse aurait pu paraître et produire son effet. On sait à combien peu de chose tiennent les révolutions. Un seul militaire, traître au serment qu’il avait prêté à Louis XVIII, a entraîné les évènemens désastreux de notre dernière époque. Cette adresse eût pu lui inspirer la crainte, et le retenir.

Les entraves qui arrêtaient le cours de la presse tournaient contre le Monarque. Je me suis prononcé contre toute espèce de licence, je n’en suis pas moins persuadé que la liberté de la presse doit être illimitée. Cela ne dit pas que la témérité doive être impunie, ni que toute personne puisse jouir de ce droit.

La Majesté du trône est la première sauve-garde des Rois ; et la loi qui punit le téméraire qui ose attaquer cette majesté, n’aurait pas besoin d’être écrite.

Je crois qu’il est à-propos qu’il y ait des censeurs ; mais seulement pour l’auteur de bonnefoi, qui craint de s’égarer et de se compromettre.

Malgré le retard, ces deux ouvrages ne seront pas lus sans fruit et sans intérêt. Il y aura long-temps encore des fanatiques qui tiendront par système, soit au parti de Buonaparte, soit au parti républicain : alors on ne doit rien négliger pour fortifier l’esprit public contre le tyran.

L’adresse contient des notes qui doivent dissiper l’illusion et fixer pour toujours l’idée qu’on doit avoir de cet homme trop fameux, et de ses prétentions passées au trône de France. Dans sept lignes et demie, exactement comptées, je démontre la légitimité de Louis XVIII, comme Roi, et les dangers, pour toutes les nations, de contester cette légitimité.

En dix autres lignes, je confonds, sur le point le plus important du droit politique, les Mabli et les Jean-Jacques, et tous ceux qui se sont fait un mérite de répéter leurs paradoxes et leurs erreurs.

Dans cet espace si court, je démontre encore la mauvaise foi, ou l’ignorance extrême des révolutionnaires, dans la confusion qu’ils font du peuple et du droit souverain.

LE SEUL titre de la bonté de la maison de Bourbon et de ses effets suffirait pour intéresser. J’y énonce la conviction où je suis de l’impossibilité de rétablir la France, sans rétablir en même temps la monarchie telle qu’elle était à l’avènement de Louis XVI. Il n’est pas un seul lecteur désintéressé qui ne partage cette conviction.

Je découvre la cause de la chute de cette monarchie ; et par conséquent le moyen de la rétablir.

Les révolutionnaires ont reconnu, et même ils ont érigé en principe que, lorsqu’une nation est constituée en monarchie, elle ne peut ni se donner un autre gouvernement, ni changer la dynastie qu’après l’entière extinction des princes du sang royal. Alors, il suffirait d’établir que la France était constituée en monarchie avant 1789 ; et qu’il existait des princes du sang royal, pour les convaincre de leurs injustices ; et les convaincre, en même temps, qu’ils sont coupables de tous les crimes commis dans tout le cours de la révolution.

J’ose espérer que la lecture de ces deux ouvrages inspirera cet intérêt dont le public honore une plume impartiale ; et qui, étant dominée par l’amour de la vérité, s’élève au-dessus de la crainte qu’inspirent les grandes passions, que soulève l’intérêt personnel, qui dirige les sectes.

Cet intérêt est d’un côté, celui de l’État est de l’autre ; et l’intérêt de l’État est en même temps celui de l’Europe entière, puisqu’il s’agit de r’ouvrir ou de fermer le gouffre de la révolution.

Le succès du parti que je propose est garanti par l’expérience ; et ce parti est dicté par la justice et la morale publique, dont l’homme d’état ne s’écarte jamais sans péril. Six cents mille bayonnettes dirigées par l’héroïsme en assureraient le triomphe au besoin. La terreur de ces armes arrêtera l’effusion du sang, aussitôt que l’État s’occupera de créer une force d’opinion de ces deux élémens, la justice et la morale.

Ces deux ouvrages ne doivent pas être séparés, parce qu’ayant dû paraître à-la-fois je ne devais pas dire, dans l’un, ce que j’avais dit dans l’autre.

C’est se tromper que de croire que la révolution ait été amenée par le desir de changer le gouvernement. La république ne fut qu’un prétexte ; et les meneurs n’avaient pas les mêmes vues : tous ne tendaient pas au même but. Seulement ils se rencontraient dans le desir et l’espoir de faire ou de grossir leur fortune des débris de celle de l’État, qu’ils se flattaient de renverser à l’aide du philosophisme, qui en avait ébranlé les fondemens.

On ne peut pas douter de cette vérité, puisqu’il n’y a pas de forme de gouvernement, Légitime ou tyrannique, auquel ils ne se soient pliés ; et qu’ils ont prouvé qu’ils auraient servi les puissances étrangères, comme ils ont servi Buonaparte et Louis XVIII.

Ils étaient dans l’Indigence ; ils ont voulu devenir riches. Ils étaient obscurs ; ils ont ambitionné des titres et des dignités. Qu’on leur laisse ce qu’ils ont ravi, et ils encenseront, ils serviront la divinité et le souverain qu’on leur proposera d’encenser et de servir.

C’est encore se tromper que de croire que la réunion des partis dépende de l’adoption de la Charte. Jamais celui qui a tout perdu ne se réunira à celui qui lui a tout ravi ; et le vrai Français ne voudra pas voir de corps qui sépare la nation de son Monarque : c’est l’en séparer que d’établir des corps intermédiaires. Les parlements ne formaient pas un tel corps ; ils étaient un lien qui devait les unir. Ils étaient l’organe qui transmettait au Roi les besoins du peuple, et au peuple les volontés éclairées du Roi. Il n’est personne qui ne soit pénétré de la noblesse du sujet, sous une semblable Monarchie. Cette idée que personne jusqu’ici n’avait analysée, mais qui était une vérité de sentiment gravée dans tous les cœurs, faisait un héros de tout soldat. Elle entretenait cet amour qui éclate non-seulement à la vue du Monarque, mais même à la vue de chaque prince du sang royal.

La Charte rompt, détruit cette pensée, que j’ai puisée dans les faits mêmes de notre histoire, et dont j’ai fait l’épigraphe de ma seconde Adresse aux Français et aux Alliés ; savoir : Que le Roi et le peuple français ne font qu’une seule famille.

C’est cette vérité si glorieuse, et si consolante pour nous, qui entretient en moi la pensée qu’aucune autre maison ne peut se proposer de régner en France, tant qu’il restera un Prince du sang Royal.

La Charte trouve encore un obstacle invincible dans sa nouveauté. Qu’on ouvre tous les publicistes, et l’on en trouvera pas un seul qui ne convienne de la force des anciens usagesa ; mais combien un Monarque, dont le règne remonte à huit siècles par ses aïeux, n’est-il pas intéressé à ne pas les interrompre ? Combien, au contraire, ne l’est-il pas à les maintenir et à s’en faire un appui religieux.

On dit que le Roi a promis. Le résultat de sa promesse n’a pas été favorable. Un second exil et l’invasion de la France entière.... et le Roi a promis ! Parce qu’il voulait éteindre les derniers feux d’un volcan, qui pouvait achever de tout consumer. Un Roi ne peut jamais promettre, parce que le salut du peuple est sa suprême loi, et que sa promesse peut occasionner des crises funestes.

La Charte a déjà souffert plusieurs amendements ; et l’on en demande encore de nouveaux. Ces différends amendements sont autant de nuances dont chacune doit donner lieu à une faction, et l’on sait ce qu’on doit craindre des factions.

Au surplus, j’ai manifesté le desir de voir se former une assemblée de l’élite de la nation ; elle est nécessaire à la restauration de la France. Le retour à l’ordre, qui ne peut être durable qu’autant qu’il est fondé sur la justice, doit exciter des mouvements, et le Roi aurait tout à craindre des agitateurs.

Ce desir s’accomplit, ou du moins se préjuge, par la composition de la chambre des pairs ; nous devons espérer que celle des députés répondra à ce premier choix.

Cette composition, où l’on voit des noms illustrés et d’autres dignes de l’être, n’est plus cette amalgamme offensante du vice et de la vertu ; mais l’association épurée du mérite et de la noblesse. Cette association rentre dans les vues de nos rois qui, voulant reconnaître dignement la valeur et les services rendus à l’État, regardèrent la noblesse comme la première des récompenses.

L’homme généreux qui verse son sang pour la patrie, a le sentiment que ce sang ne se paye pas. Il s’offense de la pensée que l’argent puisse en être le prix. Il en est de même de l’homme laborieux qui lui consacre ses veilles et de celui qui, s’élevant au-dessus des dangers des tempêtes politiques, ramène, par ses discours et par ses écrits, un peuple qu’égarent des séditieux.

ADRESSE AUX FRANÇAIS ET AUX ALLIÉS,

SUR LE RETOUR DE LOUIS XVIII EN 1815.

Le Roi et le peuple français, ne font qu’une seule famille.

PAR M. MONTIGNY,

L’un des Doyens de l’ancien ordre des Avocats au Parlement, ex-commissaire civil et criminel du Puy-de-Dome, membre de la Société académique des sciences de Paris, auteur des Mémoires historiques de Mesdames Adélaïde et Victoire de France, etc. etc. etc.

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A PARIS,

Illustration
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Juillet 1815.

Sous presse.

 

 

 

DE LA BONTÉ
DE LA MAISON DE BOURBON,
ET
DE SES EFFETS.

Nulle autre que cette maison ne peu règner sur les Français.

Par le même Auteur.

 

Cet Ouvrage, où l’on discute les vrais principes de la Monarchie, paraîtra le 25 juillet présent mois.

FRANÇAIS ! nous devions célébrer l’anniversaire de notre délivrance ; notre ennemi a troublé, il a fait disparaître ce beau jour. Buonaparte a reparu sur la terre de la liberté ; il a violé la terre sacrée des lys.

Français ! nous allons revoir nos libérateur ? Déjà nous entendons leur cri de victoire : vivent, vivent les braves Français ! Vive Louis XVIII ! vive Bourbon1 !

Vous vous rappelez les discours de vos corrupteurs. Le roi vient précédé des phalanges et des caterves du Nord, traînant à sa suite des hordes innombrables de barbares, qui n’ont rien d’humain. Ces hordes sanguinaires dévasteront vos campagnes, détruiront vos villes, vos cités. Elles feront sauter, par une explosion combinée, tous vos monuments à la-fois. Elles livreront votre capitale aux flammes qui ont dévoré Smolinsk et Moscou.

Nous les avons vus, ces prétendus barbares ! Ils avaient au bras l’écharpe de Henri IV. Ils ont dressé leur autel au milieu de nous. Ils y ont sacrifié au Dieu de paix. Leurs vœux se sont confondus avec les nôtres. Ils ont placé cet autel, en expiation, au lieu même où a péri le meilleur et le plus saint de nos rois2.