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De la rééducation à la construction de soi

De

Un individu, une personne, un citoyen, un sujet... L’enfant est une personne en devenir qui doit pouvoir advenir à lui-même dans sa singularité et dans sa capacité à vivre avec les autres dans le respect de soi et des autres. C’est la question de la conscience de soi, de se sentir soi au milieu des autres, ces « autres – soi-même »... C’est la question de l’altérité. Pour nourrir une image positive de soi, être guidé par un idéal de soi, il est nécessaire que l’enfant ait pu construire une image suffisamment bonne de lui-même, validée par les retours positifs de son entourage. Il lui faudra grâce à des réussites validées par son entourage ressentir la satisfaction d’être quelqu’un digne d’intérêt. À la fois un mouvement vis-à-vis de l’autre et un mouvement vis-à-vis de soi-même. Une éthique du sujet représenterait cette attention respectueuse portée à l’enfant pour qu’il puisse se construire dans l’altérité. Où en sommes-nous de ces préoccupations dans un contexte socio-culturel fait à la fois d’interdiction de sortir des normes comportementales et une invite médiatique de s’en affranchir.


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De la rééducation
à la construction de soi :
enjeu d’une société en quête de sens

 

VIIes Journées d’étude, de recherche

et de formation

 

sous la direction de l’Association

des Instituts de rééducation (AIRe)

 

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présentation du livre :Un individu, une personne, un citoyen, un sujet… L’enfant est une personne en devenir qui doit pouvoir advenir à lui-même dans sa singularité et dans sa capacité à vivre avec les autres dans le respect de soi et des autres. C’est la question de la conscience de soi, de se sentir soi au milieu des autres, ces « autres – soi-même »… C’est la question de l’altérité. Pour nourrir une image positive de soi, être guidé par un idéal de soi, il est nécessaire que l’enfant ait pu construire une image suffisamment bonne de lui-même, validée par les retours positifs de son entourage. Il lui faudra grâce à des réussites validées par son entourage ressentir la satisfaction d’être quelqu’un digne d’intérêt. À la fois un mouvement vis-à-vis de l’autre et un mouvement vis-à-vis de soi-même. Une éthique du sujet représenterait cette attention respectueuse portée à l’enfant pour qu’il puisse se construire dans l’altérité. Où en sommes-nous de ces préoccupations dans un contexte socio-culturel fait à la fois d’interdiction de sortir des normes comportementales et une invite médiatique de s’en affranchir.

Auteurs :L’Association des ITEP et de leurs réseaux (AIRe) regroupe la plupart des Instituts Thérapeutiques, Éducatifs et Pédagogiques français et belges, elle organise des journées départementales, régionales, nationales et internationales, des colloques de formation et de recherche sur les troubles psychologiques importants de l’enfant et de l’adolescent et les diverses manières de réfléchir aux modes de prise en charge de la souffrance qui leur est associée.

 

Table des matières

 

Interventions et débats en séances plénières

Ouverture

Intervention d’ouverture, Michel Defrance, Vice-Président AIRe

« De la rééducation à la construction de soi : Enjeu d’une société en quête de sens », Lionel Deniau, Président de l’Association des instituts de rééducation

Introduction, Michel Vandercam, Président du Groupement IMP 140 (Belgique)

Intervention de Mme Bavay, vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France. Présidente chargée de la commission des Affaires sociales et de la Santé

Intervention de Françoise Fabre, CRAM Île-de-France

Intervention de M. Barlerin, DRASS Île-de-France

« La construction de soi, une éthique du sujet »

« La fonction du symptôme »

– Débat –

Table ronde

Michel Chauvière, sociologue, chercheur au CNRS

Hervé Hamon, Président du Tribunal pour enfants de Paris

Jacques Pain, professeur en sciences de l’éducation

Étienne Dessoy, professeur de psychologie clinique

Interventions en séances plénières

Lionel Deniau, Président de l’Association des instituts de rééducation (AIRe)

Nicole Saint-André, conseillère au cabinet du Ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche

Marie-Thérèse Boisseau, secrétaire d’État auprès des personnes handicapées

Table ronde « Vers de nouvelles annexes spécifiques aux IR »

Christian Breuil, Serge Heuzé et Yves Matho, directeurs d’IR, administrateurs et membres du Conseil scientifique de l’AIRe

Débat –

Les ateliers

– Atelier 1 – Jeunes difficiles ou institutions en dif­ficulté ?

– Ateliers 2 et 8 –

– Atelier 3 – Vers une éducation familiale ?

– Atelier 4 – Vous avez dit « mauvais élève » ?

– Atelier 5 – Enfants des villes, enfants des champs…

– Atelier 6 – La perte de légitimité des adultes à po­ser des limites engendre-t-elle de nouvelles patho­logies chez les enfants ?

– Atelier 7 – Construction de soi et temporalité

– Atelier 9 – Trajectoires de vie…

– Atelier 10 – Placement ou accueil ? Injonction thérapeutique ou proposition de soins ?

Débats

Conclusion

 

De la rééducation

à la construction de soi :

enjeu d’une société en quête de sens

 

VIIes Journées d’étude,

de recherche et de formation

 

mercredi 4, jeudi 5 et vendredi 6 décembre 2002

PARIS

 

Journées placées sous le haut patronage

de Jean-François Mattei, Ministre de la Santé

de la Famille et des Personnes handicapées

 

ASSOCIATIONDESINSTITUTSDERÉÉDUCATION (AIRE)

 

Interventions et débats en séances plénières

Ouverture

INTERVENTIONDOUVERTURE, MICHEL DEFRANCE, VICE-PRÉSIDENT AIRE

L’idée de ces journées d’étude et de formation, intitulées « De la rééducation à la construction de soi : enjeu d’une société en quête de sens », est de rassembler les professionnels autour de la question du sujet. À quelles conditions le sujet se construit, à quelles conditions advient-il à lui-même, et dans quelle société ? Pour quoi faire, quelle place lui est-il laissée ? Cette interrogation vient en complémentarité et en continuité avec les interrogations des premiers temps de l’AIRe, qui avaient eu pour cadre deux colloques d’une journée en Bretagne, à Rennes, suivis d’une journée à Paris.

La première journée s’était préoccupée de savoir qui étaient les enfants accueillis dans les IR, et nous avions eu le plaisir d’écouter le Pr Misès nous présenter, en référence à la classification nationale qu’il avait élaborée avec d’autres, comment on pouvait repérer cette population d’enfants.

La deuxième journée avait plutôt trait à la clinique, à ce qui se passe au chevet des enfants, et aux pratiques professionnelles, celles des éducateurs – le terme de clinique éducative a été récemment brocardé gentiment par Lucien Bargane, dans Lien social. Il ne s’agissait cependant pas, pour les éducateurs, de revendiquer une appartenance au champ des psy, mais simplement de dire que, s’il y a des gens qui sont au chevet des enfants, dans le champ global qui est le nôtre, ce sont bien eux.

La troisième journée, qui a eu lieu à Paris, était notre première journée nationale. Chacune des régions s’était constituée autour d’un groupement de directeurs – certains avaient déjà leur association constituée, comme dans le Languedoc-Roussillon –, et nous avons entendu une succession de communications : Paris nous avait parlé de la formation professionnelle, la Savoie de son travail avec les familles, la région de l’Est de la clinique, la Normandie avait fait part d’une expérience assez originale, et Bordeaux avait abordé la question des publics extrêmement difficiles.

Le colloque de l’année suivante, le premier qui durait trois jours, a eu lieu à Bordeaux. Après nous être posé la question de savoir qui était la population accueillie, ce que nous faisions avec elle, puis nous être demandé qui nous étions, il était temps d’en savoir davantage sur la place que nous occupons dans le concert des autres interventions, médico-sociales, sociales, judiciaires, sanitaires, scolaires, etc. Le thème du colloque de Bordeaux a donc été « L’IR au carrefour des demandes », et a pris acte du fait que les enfants et les adolescents que nous accueillons ont à connaître différents modes de prise en charge de la jeunesse en difficulté.

Suivant une logique implacable, le colloque de Nîmes a posé l’année suivante la question de l’insertion. Car ce n’est pas le tout de prendre en charge des enfants, si on les prend en charge, c’est bien pour qu’ils trouvent leur place dans la société. Il était donc temps de parler de l’insertion, notamment socioprofessionnelle et scolaire.

Le colloque suivant, à Lille, est revenu aux réflexions des tout premiers temps à Rennes, pour tenter d’explorer plus avant la dimension thérapeutique, sans la cliver du fameux triptyque – éducatif, scolaire et thérapeutique – réputé fonder l’action dans les IR, et donc en la maintenant en interaction avec l’ensemble de ce qui est proposé à vivre aux enfants.

À l’origine des journées de cette année à Paris se trouve la constatation, issue de nos interrogations sur la clinique, que celle-ci ne s’adresse pas à n’importe qui, dans n’importe quel contexte. Dans la société d’aujourd’hui, en mouvement, en redéfinition, en quête de sens, quelle est la place du sujet, et n’y a-t-il pas lieu de nous demander s’il est encore possible à un sujet d’avoir des particularités comportementales, et à quelles conditions il peut parvenir à frayer son chemin au sein des institutions telles que l’école, la famille, le quartier, l’insertion professionnelle ?

Au bout du compte, l’ensemble de ces travaux a fini par constituer, au travers des actes qui ont été réalisés à l’issue de chacune de ces journées, une encyclopédie naissante des IR. Chacune de ces journées venant en complément des autres, on voit en effet se constituer un corpus théorique, et de débats, tout à fait important et intéressant au moment où les IR sont appelés, sinon à se développer, du moins à accentuer leur implication dans l’ensemble des interventions pour la jeunesse en difficulté.

***

« DELARÉÉDUCATIONÀLACONSTRUCTIONDESOI : ENJEUDUNESOCIÉTÉENQUÊTEDESENS », LIONEL DENIAU, PRÉSIDENTDEL’ASSOCIATIONDESINSTITUTSDERÉÉDUCATION

Que s’est-il passé depuis un an, depuis ces journées où nous avons interpellé l’État sur sa parole, sur le sens de son action pour les jeunes en difficulté et sur les moyens qu’il pouvait mettre en œuvre pour passer de l’éducation spécialisée à l’écoute du sujet ?

Notre association a produit des textes, en particulier sur la politique sécuritaire du gouvernement et sur la perspective d’une annexe spécifique.

Serge Heuzé, Yves Matho et Christian Breuil vous présenteront, vendredi après-midi, les propositions que l’AIRe fait pour que l’Annexe XXXIV devienne une réalité, tout comme l’ITES (institut thérapeutique éducatif et scolaire) en remplacement de l’IR (institut de rééducation), à connotation trop coercitive ou orthopédique.

Il faut continuer à défendre cette position pour amener le gouvernement à s’engager sur l’écriture de l’annexe et se montrer moins frileux à l’égard de cette demande.

L’annexe spécifique devra marquer notre ancrage dans le médico-social, réellement reconnaître cette population et ses besoins propres, comme c’est le cas aujourd’hui pour d’autres populations en situation de handicap ou de difficultés, les « sensoriels », par exemple.

Cela permettra de spécifier et de s’engager sur les réponses nécessaires au dépistage, à la prévention et au traitement des troubles psychologiques présentés par ces jeunes, dont l’exclusion par une société qui souffre, pour elle et ses enfants, d’un « manque de sens », est de plus en plus massive.

Si nous défendons la place des ITES dans le champ du médico-social, il nous faut, en prenant acte de l’évolution de la notion de handicap, soutenir que les jeunes que nous accueillons sont en situation d’empêchement, de handicap, situation par définition passagère et sur laquelle l’enfant peut quelque chose, c’est-à-dire la faire évoluer.

Dans ce travail, la collaboration de Mmes Gilbert et Barres, médecins à la DGAS, et de notre comité scientifique, est précieuse. Lors de notre dernière assemblée générale, le Dr Gilbert nous disait : « Le handicap n’est plus la restriction de participation, il est la résultante de l’interaction entre une personne, avec ses “données de base” (ses problèmes de santé, ses capacités, ses difficultés…) et un environnement qui va se comporter vis-à-vis d’elle comme un obstacle ou un facilitateur dans l’optique de sa participation… »

Les personnes en situation de handicap rencontrent évidemment des difficultés, variables selon la fonction atteinte, mais ne sont pas à considérer comme globalement empêchées dans leur participation à la vie sociétale. En passant d’un modèle classificatoire biomédical à un modèle incluant la dimension relationnelle, la personne n’est plus considérée comme un individu isolé porteur de handicap mais comme un être social en relation avec l’environnement, et pour lequel il faut développer toutes possibilités personnelles et organisationnelles de participation. Cette évolution a des conséquences sur :

– la prise en compte du parcours des personnes ayant un handicap d’origine psychique ou psychosocial ;

– la nécessité d’articuler le médico-social avec le sanitaire, le scolaire, le social, le judiciaire ;

– l’importance du soin pour des jeunes qui souffrent de problèmes de santé psychologique affectant leur scolarité et leur insertion sociale, comme a pu nous le dire le Dr Barres à notre dernière assemblée générale ;

– la clarification du financement par la Sécurité sociale, réaffirmée par la présidence de la CNAM à nos journées de Nîmes.

Depuis l’installation du gouvernement Raffarin, nous avons, pour défendre nos points de vue sur les jeunes présentant des troubles du comportement et sur leur prise en compte, rencontré, entre autres, les conseillers de MM Ferry et Darcos, Mme Marie-Thérèse Boisseau, secrétaire d’État aux Personnes handicapées, M. Guéant, directeur de cabinet de M. le Ministre de l’Intérieur, Mme Annick Deveau, conseillère auprès de la secrétaire d’État, les conseillers de M. le Pr Mattei, que je rencontrerai début janvier, accompagné du Pr Philippe Jeammet, membre de notre comité scientifique.

Ces premiers contacts nous ont permis d’obtenir la promesse :

– d’être associés aux commissions de travail du Conseil supérieur du travail social, bien que nous ne soyons pas membres de l’assemblée plénière ;

– d’obtenir des subventions, et ce n’est pas négligeable si nous voulons avoir les moyens en personnel pour développer nos argumentaires ;

– d’être entendus, voire associés à l’écriture des prochains textes administratifs et législatifs, je pense en particulier à la révision de la loi d’orientation du 30 juin 1975.

Nous avons été nommés membre du CNCPH (Conseil national consultatif des personnes handicapées), qui a été installé hier par le Président de la République, et où je vous représenterai avec M. Gilles Gonnard, qui sera mon suppléant dans cette instance. Avec mon ami Serge Heuzé, nous avons pu rappeler au Président de la République la difficulté que nous avions à défendre des populations qui n’étaient pas représentées par des associations de parents.

Cette instance devra être une tribune et un moyen de faire avancer nos options, en particulier tous les points contenus dans notre Charte.

Gilles et moi sommes preneurs de vos idées, de vos expérimentations, et attentifs à recueillir les témoignages des difficultés que vous rencontrez dans vos départements pour mener à bien notre mission.

Nous avons proposé l’écriture d’une circulaire « Santé-Éducation nationale » dans le prolongement de la circulaire « Santé-Justice » publiée en mars 2002, et relative à la prise en charge concertée des troubles psychiques des enfants et adolescents en grande difficulté.