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De Paris à Lyon

De
570 pages

L’embarcadère du chemin de fer de Paris à Lyon est situé sur le boulevard Mazas, en face de la prison de ce nom, à l’extrémité de la rue de Lyon, ouverte par la ville de Paris pour le mettre en communication directe avec la Bastille, éloignée de 1 kil. environ. Il a été construit sur les plans de M. Cendrier. La halle couverte a 220 mèt. de longueur sur 42 mèt. de largeur, et les rails sont, à leur point de départ, élevés de 38 mèt. 75 c. au-dessus du niveau de la mer, soit 12 mèt.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos de Collection XIX

Collection XIX est éditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bibliothèque nationale de France.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigieux fonds de la BnF, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…

Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces fonds publiés au XIXe, les ebooks de Collection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.

Paul Joanne

De Paris à Lyon

ABREVIATIONS

altaltitude.
arr., arrondarrondissement.
aubauberge.
ch.-l. de cchef-lieu de canton.
c., centcentimes, centimètres.
c., commcommune.
corr., corresp.correspondance.
dép., départdépartement.
dildiligences.
drdroite.
Eest.
envenviron.
frfrancs.
ggauche.
hamhameau.
hauthauteur.
habhabitants.
hheure.
hecthectares.
hectolhectolitres.
hôthôtels.
kilkilomètres.
kilogkilogrammes.
llieue.
larglargeur.
longlongueur.
metmètre.
minminute.
mon. histmonument historique.
Nnord.
Oouest.
Pposte.
quintquintaux.
Rroute.
Ssud.
Ssiècle.
t. ou tonntonneaux.
Vville.
vvillage.
Vvoir.
voitvoitures.
volvolumes.

N.B. A défaut d’indication contraire, les hauteurs sont toujours évaluées au-dessus du niveau de la mer.

AVIS IMPORTANT AUX TOURISTES

Les renseignements pratiques (voitures, hôtels, etc.) disséminés précédemment dans les Guides Joanne, en tête de l’article consacré à chaque localité, se trouvent réunis à la fin de chaque volume. Ces renseignements, qui varient quelquefois pendant une saison, sont réimprimés tous les ans. MM. les touristes devront donc les chercher, quand ils en auront besoin, non dans le texte même du Guide, mais dans la table alphabétique, placée à la fin du volume.

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LYON

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Embarcadère du chemin de fer de Paris à Lyon (vue extérieure).

DE PARIS À LYON1

L’embarcadère du chemin de fer de Paris à Lyon est situé sur le boulevard Mazas, en face de la prison de ce nom, à l’extrémité de la rue de Lyon, ouverte par la ville de Paris pour le mettre en communication directe avec la Bastille, éloignée de 1 kil. environ. Il a été construit sur les plans de M. Cendrier. La halle couverte a 220 mèt. de longueur sur 42 mèt. de largeur, et les rails sont, à leur point de départ, élevés de 38 mèt. 75 c. au-dessus du niveau de la mer, soit 12 mèt. environ au-dessus du niveau ordinaire de la Seine. La superficie totale de la gare des marchandises a été portée, par divers agrandissements, de 72 000 mèt. carrés à 363 000 mèt. carrés ou un peu plus de 36 hectares ; elle a 2 kil. de longueur, compte 4 kil. de quais et occupe environ 1000 personnes.

En arrivant par la rue de Lyon, on voit, à g., le côté du départ, à dr., le côté de l’arrivée.

1re STATION. — BERCY

3 kil. de l’embarcadère de Paris. — 509 kil. de Lyon

Cette station a été établie au point où la ligne de Paris à Lyon croise le chemin de fer de ceinture. Bercy, aujourd’hui quartier de Paris, possédait jadis un magnifique château, construit au XVIIe s., par l’architecte L. Le Vau, et démoli en 1861. Ce château a compté parmi ses propriétaires le marquis de Nointel, le financier Pâris, M. de Calonne et M. de Nicolaï.

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Embarcadère du chemin de fer de Paris à Lyon (vue intérieure).

Après avoir dépassé les fortifications, on laisse à dr. Conflans, v. de 610 hab., dépendance de Charenton-le-Pont, et situé sur un coteau qui domine le confluent de la Seine et de la Marne, d’où lui vient son nom.

Conflans rappelle le traité honteux que Louis XI, bien résolu à ne jamais l’exécuter, signa avec Charles le Téméraire et se autres grands vassaux révoltés sous le prétexte du bien public. Le château, bâti par l’archevêque de Paris, François de Harlay de Champvalon, servit aux retraites de ses successeurs jusqu’à la Révolution. M. de Quélen le racheta en 1824. Mais, le 13 février 1831, un service célébré à Saint-Germain l’Auxerrois en l’honneur du duc de Berri, et annoncé avec peu de prudence, fit. éclater à Paris une violente émeute qui se propagea jusqu’à Conflans. La villa archiépiscopale fut envahie, dévastée, tout le mobilier détruit. Aujourd’hui elle est occupée par une communauté de religieuses du Sacré-Cœur, vouées à l’enseignement.

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Ancien château de Bercy.

2e STATION. — CHARENTON-LE-PONT

6 kil. de Paris. — 506 kil. de Lyon

Charenton-le-Pont (7141 hab.), ch.-1. de canton de l’arrond. de Sceaux, se compose de plusieurs groupes d’habitations — Conflans (V. ci-dessus), les Carrières et Charenton — jadis séparés, aujourd’hui réunis et situés sur la rive dr. de la Marne. Le célèbre hospice d’aliénés, connu sous le nom de Charenton, dépend actuellement de la commune de Saint-Maurice (4931 hab.), dont l’existence administrative date de 1842. Cet établissement, ; fondé en 1642 par un contrôleur des guerres, Sébastien Leblanc, avait été réuni, lors de la Révolution, à la direction générale des hôpitaux de Paris. Sous le règne de Louis-Philippe, il fut transféré des bords de la Marne au sommet de la colline, où ses vastes bâtiments en arcades, aux toitures italiennes, et sa chapelle bâtie au centre, sous la forme d’un temple, attirent de loin les regards.

Le chemin de fer franchit la Marne sur un pont de cinq arches en fonte séparées par une île en deux parties, entre la jonction de cette rivière avec la Seine et le pont de Charenton, reconstruit en 1863. On laisse à g. Alfort et son École vétérinaire, et plus loin le fort de Charenton.

3° STATION. — MAISONS-ALFORT

1 kil. de Charenton. — 7 kil. de Paris. — 505 kil. de Lyon

Maisons-Alfort*, v. de 5890 hab., possède une église (mon. hist.) des XIIe et XIIIe s., dont la tour romane est couronnée par une flèche en pierre.

Le chemin de fer longe à g. la route de terre. La Seine coule à : dr. à une distance qui varie de 500 mèt. à 2000 mèt. ; sur la rive opposée du fleuve, souvent animée par les convois du chemin de fer d’Orléans, on aperçoit Ivry, Vitry, Choisy-leRoi ; à g. s’élèvent les coteaux boisés qui portent Valenton, Limeil et Boissy-Saint-Léger. Après être sorti du département de la Seine pour entrer dans celui de Seine-et-Oise, on se rapproche du fleuve près de la station de Villeneuve-Saint-Georges.

4e STATION. — VILLENEUVE-SAINT-GEORGES

8 kil. de Maisons-Alfort. — 15 kil. de Paris. — 497 kil. de Lyon

Villeneuve-Saint-Georges, b. de 1758 hab., est très- agréablement situé sur la rive dr. de la Seine, à l’embouchure de la rivière d’Yères et au pied d’un charmant coteau, dont le point culminant atteint 132 mèt. Un pont suspendu d’une seule arche le met en communication avec la rive g. de la Seine, sur laquelle on aperçoit, à plus de 2 kil., Choisy-le-Roi. A mi-côte, à g. de la station, s’élève, au milieu d’un parc assez étendu, le château bien nommé de Beauregard. Ce château appartint à Claude Le Pelletier, qui fut contrôleur général des finances après Colbert. De belles et nombreuses villas ont été bâties depuis quelques, années à Villeneuve et dans les environs. L’église, des XIIIe : et XVIe s., est précédée de trois portes de la Renaissance.

Après avoir traversé l’Yères près de sa jonction avec la Seine, on laisse à dr. l’embranchement de Juvisy, Corbeil et Montargis, et l’on remonte la rive g. de l’Yères jusqu’au pied du coteau qui porte le village de Montgeron.

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Établissement pour le traitement des aliénés, à Charenton-Saint-Maurice.

5e STATION. — MONTGERON

3 kil. de Villeneuve-Saint-Georges. — 18 kil. de Paris. — 494 kil. de Lyon

Montgeron* (1690 hab.) est entouré de jolies maisons de campagne, d’où l’on découvre de belles vues sur la vallée d’Yères. L’église, moderne, est de style roman.

Crosne (380 hab.), que l’on remarque sur la g., dans le fond de la vallée, est la patrie de Boileau, qui, selon quelques biographes, serait né à Paris. La maison où l’auteur du Lutrin reçut le jour existe encore, rue Simon. On lit au-dessus de la porte cochère ces vers, gravés en lettres d’or sur une plaque de marbre noir :

Ici naquit Boileau, ce maître en l’art d’écrire.
Il arma la raison des traits de la satire,
Et, donnant le principe et l’exemple à la fois,
Du goût il établit et pratiqua les lois.

2 kil. plus loin, sur la rive dr. de l’Yères, le joli village d’Yères (526 hab.) attire les regards par sa situation, ses prairies, ses bois, ses villages, ses collines. L’église, dépourvue d’intérêt, possède d’anciens tableaux. En face se trouve une porte, du XVe s. flanquée de deux tours en briques : ce sont les seuls restes de la maison du célèbre helléniste Guillaume Budé, secrétaire de Charles VIII, né à Paris en 1467. A l’extrémité du bourg (1 kil.), le parc et la filature de laine de l’Abbaye occupent l’emplacement et quelques constructions d’un monastère de bénédictines, fondé en 1132.

Au sortir d’une tranchée profonde, on franchit l’Yères sur un viaduc (119 mèt. de longueur ; 9 arches de 9 mèt. 67 c. d’ouverture). De ce viaduc on découvre de charmants paysages.

6e STATION. — BRUNOY

4 kil. de Montgeron. — 22 kil. de Paris. — 490 kil. de Lyon

Brunoy * (1709 hab.) est un beau village pittoresquementgroupé dans la vallée boisée de l’Yères.

 

Brunoy remonte à une haute antiquité, car il appartenait aux rois de la première race. Dagobert légua au monastère de Saint-Denis une portion de cette seigneurie, ainsi désignée dans l’acte : Villa nomme Brunadum in Bregio (Brunoy en Brie). Suger, le célèbre abbé de Saint-Denis, la donna au prieuré d’Essonnes, qui, à la fin du XVIe siècle, la vendit à Christophe de Lannoy, déjà propriétaire de l’autre partie. Les rois de France y eurent probablement une habitation, puisque Philippe VI y rendit un édit dont le texte existe encore. Le voisinage de la forêt de Sénart avait dû les attirer dans cette vallée.

Le château de Christophe de Lannoy fut pillé et brûlé, en 1590, par les ennemis du roi. Charles de Lorraine, duc d’Elbeuf, prince d’Harcourt, épousa la petite-fille de Christophe de Lannoy, et son fils, seigneur de Brunoy du chef de sa mère, fit donation de cette terre à son neveu, François de la Rochefoucauld, célèbre par le rôle qu’il joua dans les troubles de la Fronde, où il était poussé par la duchesse de Longueville, et plus célèbre encore par le livre des Maximes. Au XVIIIe siècle, un sieur de Plonic acheta Brunoy des héritiers du duc de la Rochefoucauld et le vendit, en 1722, au fameux financier Paris de Montmart, qui abattit ; l’ancienne demeure seigneuriale, pour construire à la place un château moderne, qu’il décora avec un luxe royal et qu’il entoura d’un parc magnifique, Ce fut en sa faveur que la terre de Brunoy fut érigée en marquisat.

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Église de Brunoy.

Son fils unique, le marquis de Brunoy, ne se fit remarquer que par ses excès et ses extravagances. A dix ans, il donna un coup de couteau, à son précepteur qui lui faisait quelques observations sur sa tenue, à la table même de son père, et en présence de vingt convives. Agé de vingt-ans, il épousa, à Paris, une fille de la maison d’Escars, partit pour Brunoy. aussitôt après la messe, et ne voulut jamais revoir sa femme. Sa passion la plus vive était le goût des cérémonies religieuses. Après avoir fait mourir de chagrin successivement son père et sa mère, il célébra leurs funérailles avec un faste ridicule et les affectations les plus bizarres. Il organisait pour la Fête-Dieu des processions d’un luxe inouï, où l’on voyait figurer, sous des chasubles d’or, deux cents prêtres ou moines amenés à grands frais de toutes les paroisses et de tous les couvents d’alentour. Comme il donnait à ces divertissements étranges la plus grande publicité, les curieux de la cour et de la ville y accouraient en foule. Il hébergeait, il régalait tout le monde, les paysans comme les grands seigneurs, et la fête religieuse se terminait par une immense orgie. On peut juger de son goût en visitant l’église de Brunoy, qu’il ; décorer comme on décorait alors les boudoirs des grandes dames On remplirait un volume de ses folies. Il dévora ainsi la plus grande partie des 20 millions que lui avait laissés son père. Sa famille enfin le fit interdire, et Monsieur, comte de Provence, depuis Louis XVIII, acheta Brunoy.

Monsieur accrut encore la magnificence de cette résidence, et y fit élever un petit château, le grand ne lui suffisant pas apparemment. Puis la Révolution abattit l’un et l’autre, combla les fossés, dessécha les pièces. d’eau et dépeça le domaine, couvert de villas.

En 1815, après la bataille de Waterloo, Louis XVIII conféra à lord Wellington le titre de marquis de Brunoy.

 

Brunoy possède de belles et charmantes villas, parmi lesquelles nous signalerons surtout celle où Talma allait se délasser de ses travaux dramatiques. C’est la première qu’on aperçoit à g., après avoir franchi le pont qui est à l’extrémité du village. Martin, le célèbre chanteur, s’y construisit également une jolie habitation, qu’on appelle encore aujourd’hui la Folie-Martin à cause des dépenses qu’il y avait faites. Lafon, le tragique, y eut aussi une maison. Mais aucune ne saurait être comparée à celle que : fit construire, dans la plus belle position, sur un point d’où l’œil embrasse toute la vallée, le plus illustre des charcutiers de Paris sous la Restauration, M. Véro.

Le hameau des Beausserons (800 mèt. au S.O.), sur la rive g.. de l’Yères, aussi coquet que Brunoy, possède également de jolies maisons de campagne.

Brie-Comte-Robert, ch.-l. de c. de 2714 hab. (9 kil. à l’E.), possède : une belle église (mon. hist.) du XIIIe s. dont la façade date en grande partie de la Renaissance ; un ancien hôtel-Dieu dont la charmante porte, de la fin du XIIe s.,, est accompagnée d’une élégante arcature, décorée de sculptures ; et quelques ruines (XIIe et XIIIe s.) du château des comtes de Brie.

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Viaduc de Brunoy.