//img.uscri.be/pth/f6748f5436c11202e0977f042f292a7bd672873f
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 19,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Des maux sur des mots

De
256 pages
Quoi de plus naïf qu'un dessin d'enfant. Ces maisons énormes, ces bonhommes sans mains, mutilés, ces bouches cadenassées pour interdire de dire. Ces sexes qui se cachent, qui se "promènent", mais que l'inconscient permet de dévoiler. C'est le reflet d'une société où nous sommes confrontés à la souffrance, aux troubles du comportement, à la folie, suite aux abus sexuels et à la maltraitance faites sur ces enfants. Le second volet représente les dessins d'adultes. La thérapie par le dessin constitue un outil fabuleux pour libérer la parole.
Voir plus Voir moins

DES MAUX SUR DES MOTS Janine MARTIN
Interprétations des dessins enfants et adultes
Quoi que plus naïf qu’un dessin d’enfant. Ces maisons énormes,
ces bonhommes sans mains, mutilés, ces bouches cadenacées pour
interdire de dire. Ces sexes qui se cachent, qui se « promènent » derrière DES MAUX SUR DES MOTSdes projections, mais que l’inconscient permet de dévoiler. Les couleurs
agressives, neutres, les corps meurtris.
Cet ouvrage est le refet d’une société où nous sommes confrontés à la Interprétations des dessins
souffrance, aux troubles du comportement, à la folie, suite aux abus sexuels enfants et adulteset maltraitance faites sur ces enfants. Ces agressions ne laissent aucun
citoyen indifférent.
Le second volet représente les dessins d’adultes, pour certains soignés en
psychiatrie, et qui ont terminé leur psychanalyse. Là encore, les dessins
racontent leur histoire, leur souffrance, le chemin parcouru pour sortir du
tunnel. Très troublés devant leur dessins très colorés, d’autres très noirs,
suicidaires.
L’auteur souhaite faire découvrir une démarche institutionnelle
originale, avec les dessins de ces enfants placés en institution. Combien de
dessins ont débloqué ces enfants, adolescents laissant parler leur inconscient
basé sur le rejet, l’humiliation, la haine. Ils ont pu aussi révéler leurs abus
sexuels, leur maltraitance.
Ce livre s’adresse à tout professionnel accompagnant les enfants au
quotidien dans une prise en charge éducative, voire dans leur projet de vie.
C’est un outil fabuleux pour libérer la parole.
Docteur en psychologie, Janine Martin exerce depuis 1971 en
hôpital psychiatrique à Lille, Alger ou Trieste, dans des centres d’aide
pour le travail des adultes handicapés, puis au sein de son propre
cabinet. Elle a été directrice d’établissement des Maisons d’enfants
à caractère social (MECS) dans le Val-d’Oise et dans les Yvelines.
Son expérience en tant que psychanalyste lui a fait comprendre l’importance
de moderniser les séances en thérapie par le dessin, si précieux pour « libérer
la parole » des enfants et des adultes.
EPÉtudes psychanalytiques Études psychanalytiques
ISBN : 978-2-336-30310-9
26 e
DES MAUX SUR DES MOTS
Janine MARTIN
Interprétations des dessins enfants et adultes










Des maux sur des mots
Interprétations des dessins enfants et adultes

Études Psychanalytiques
COLLECTION DIRIGEE PAR ALAIN BRUN ET JOËL
BERNAT

La collection Etudes Psychanalytiques veut proposer un pas
de côté et non de plus, en invitant tout ceux que la praxis
(théorie et pratique) pousse à écrire, ce, « hors chapelle »,
« hors école », dans la psychanalyse.

Dernières parutions

Christian FUCHS, Il n’y a pas de rapport homosexuel, ou de
l’homosexualité comme générique de l’intrusion, 2013.
Thomas GINDELE, Le Moïse de Freud au-delà des religions et
des nations. Déchiffrage d’une énigme, 2013.
Touria MIGNOTTE, La cruauté. Le corps du vide, 2013.
Pierre POISSON, Traitement actuel de la souffrance psychique
et atteinte à la dignité. « Bien n’être » et déshumanisation,
2013.
Gérard GASQUET, Lacan poète du réel, 2012.
Audrey LAVEST-BONNARD, L’acte créateur. Schönberg et
Picasso. Essai de psychanalyse appliquée, 2012.
Gabrielle RUBIN, Ces fantasmes qui mènent le monde, 2012.
Michel CONSTANTOPOULOS, Qu’est-ce qu’être un père ?,
2012.
Marie-Claude THOMAS, L’autisme et les langues, 2011.
Paul MARCIANO, L'accession de l'enfant à la connaissance.
Compréhension et prise en charge des difficultés scolaires,
2010.
Valérie BLANCO, Dits de divan, 2010.
Dominique KLOPFERT, Inceste maternel, incestuel meurtrier.
À corps et sans cris, 2010.
Roseline BONNELLIER, Sous le soleil de Hölderlin : Œdipe
en question, 2010.
Claudine VACHERET, Le groupe, l’affect et le temps, 2010.
Marie-Laure PERETTI, Le transsexualisme, une manière d’être
au monde, 2009.
Janine MARTIN












DES MAUX SUR DES MOTS
Interprétations des dessins enfants et adultes



























































































































































© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-30310-9
EAN : 9782336303109
Je dédie ce livre à mes enfants
Delphine et Roman Je dédie ce livre à Pierre Daco qui a été mon maitre
spirituel, et qui reste un grand modèle de sagesse. Ce livre est
en harmonie, avec ce qu’il m’a enseigné, et j’espère être
fidèle, à son savoir, sa simplicité et surtout le respect.
Nous aimons l’être humain et avec beaucoup de patience
par une pratique quotidienne, savoir parler, savoir écouter,
savoir aider les autres à surmonter les épreuves, à retrouver
une paix intérieure, à réaliser pleinement leur vie, dans le
bonheur et l’aisance spirituelle.
Il a su me faire comprendre que l’inconscient et le
conscient sont très lies dans notre histoire de tous les jours.
Ces deux-là, nous jouent bien des tours dans nos actes, nos
pensées, nos malaises.
Nos dessins, nos rêves, nos rêves éveillés sont le reflet de
notre inconscient. Quand, nous pratiquons il est impossible
de travailler l’un sans l’autre.
Pierre Daco comme Freinet parlaient de ramification plus
fine et plus subtile dans laquelle la sève de l’énergie
instinctive se change en une énergie intellectuelle et
spirituelle.C FREINET
Grand pédagogue qui basait tout sur la théorie
psychologique du tâtonnement expérimental.
Créateur de techniques éducatives nouvelles. Libérateur
des contraintes de l’école traditionnelle.
Pionnier de l’apprentissage du dessin avec le côté
spontané de l’enfant.
Ouvrages :
La méthode naturelle
L’apprentissage de la langue ntissage de l’écritureAVANT-PROPOS
Je suis une psychanalyste un peu marginale, dis-je
quelquefois. Il se pourrait que le vécu, la maturité soient un
atout pour ce métier très particulier. Très décrié, non
reconnu, il faudra du temps, il permettra une expérience
certaine, avec beaucoup de rencontres, d’incertitudes, de
doutes, d’erreurs, d’évolution, d’échecs et de remise en
question, d’approfondissements. Je n’oublie pas les
réussites.
Beaucoup de temps passé, des expériences de plus en plus
objectives me renforcent sur ma pratique, sur l’évolution de
cette spécialité qui est encore à ses débuts.
Je suis persuadée que si le conscient et l’inconscient, ne
sont pas en harmonie donc pas en complémentarité ils
déstabilisent le psychique. Tout est confus, bouleversé, tantôt
bien, tantôt mal, pour essayer de trouver un équilibre. Être le
plus en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce
psychologique toujours en mouvement, trouve quelque fois
une souplesse, un compromis, une projection. La dureté des
symptômes fait qu’au bout c’est l’impasse, pour ces patients
qui n’arrivent pas à sortir seuls de leur torpeur.
Marginale dans le sens où j’avais un désordre pendant
mon enfance, j’ai essayé de le comprendre, de l’apprivoiser
afin que cela devienne une force pour me construire. Est-ce à ce moment-là qu’est née une vocation dont je n’ai
pris conscience que bien plus tard ? La psychanalyste aide à
ce que le patient retrouve un équilibre et qu’il apprivoise
toutes les peurs, les doutes.
Installée en libérale depuis trente-cinq ans je reçois en
consultation aussi bien des enfants, adolescents et adultes.
Les enfants et adolescents sont adressés par les écoles,
lycées, les juges, le commissariat et les médecins.
Je dispense des cours en tant qu’instructeur dans des
centres de formations, et je suis expert auprès des tribunaux.
Je me suis distinguée en introduisant un élève éducateur dans
un commissariat et deux autres élèves éducateurs dans un
centre de détention. De mon côté innovant et marginale, une
grande expérience pour ces futurs éducateurs. Cela m’a valu
les honneurs de la presse télévisée, et la presse écrite qui me
suivent encore aujourd’hui. Je suis appréciée par mon
professionnalisme. Je m’adresse surtout aux professionnels
avec des mots simples, compréhensifs.
Il faut que ce soit clair et non compliqué. Quand
j’interviens auprès des professionnels qui encadrent les
enfants et les adolescents, le message doit passer tout de
suite, pour le mettre en application rapidement.
Ce livre sera écrit avec des termes simples et pas trop
techniques, sachant qu’il s’adresse aux professionnels, aux
parents, pour leur apporter un éclairage et des conseils.

12 INTRODUCTION
Je travaillais dans le service du Dr Blanadé,
pédopsychiatre, où j’avais une liberté totale pour
l’accompagnement des enfants psychotiques et divers troubles du
comportement. Celui-ci me faisait entièrement confiance, je
travaillais avec toute une équipe d’infirmiers, éducateurs et
internes en psychiatrie où la prise en charge thérapeutique
était primordiale. Des thérapeutes canadiens et des
thérapeutes de l’école de Bruno Bettelheim venus nous
former étaient d’une grande richesse d’ouverture pour un
autre accompagnement plus doux et plus léger. Nous
appellerons cela la thérapie et la psychanalyse. Je me
retrouvais totalement dans ces travaux sachant que j’étais en
analyse. Plus j’avançais, plus j’étais déterminée à m’installer
en tant que psychanalyste. Une analyse de sept ans avec une
freudienne qui par la suite m’a encore confortée à m’orienter
vers la psychanalyse. École lacanienne à Paris pendant huit
ans. Une fois diplômée, installée en libérale avec un contrôle
qui fut Pierre Daco pendant cinq ans. Deux ans lors de mon
installation et trois ans pour travailler et interpréter les
dessins d’enfants ayant subi des violences sexuelles. Par la
suite dans mes interprétations des dessins, je m’appuie sur la
véritable technique enseignée par Jung, Adler et enfin Pierre
Daco.
DES MAUX SUR DES MOTS
Installée depuis 1979 comme psychanalyste, mes
consultations étaient dites normales, pas de grosses pathologies. Le
dessin et son interprétation était de plus en plus utilisés, avec
succès. J’observais l’évolution de mes patients adultes et
enfants.
Puis l’affaire Dutroux est arrivée et avec stupéfaction mon
cabinet était rempli de femmes abusées pendant leur enfance,
et d’enfants amenés par les écoles, parents et autres
institutions. À partir de cette affaire les abus sexuels se sont
multipliés, et tous les jours ils faisaient la une des journaux.
Je ne pouvais pas rester insensible à cette horreur, sachant
que j’étais expert auprès des tribunaux et bien souvent j’étais
mandatée pour une expertise liée à l’inceste, abus sexuel. Les
juges étaient confrontés à ce phénomène nouveau. Lors des
expertises, nous restions prudents aux dénonciations pour
abus sexuels.
Pour apprendre à interpréter un dessin d’enfant ou adulte
ayant été abusé, je suis retournée trois ans pour déchiffrer les
dessins d’abus sexuels qui non pas les mêmes codes et les
mêmes symboles. J’étais devenue spécialiste pouvant
interpréter avec prudence ces dessins. Tout au long de ma
carrière, j’ai aidé et soigné beaucoup d’enfants et d’adultes
ayant été abusés. J’ai aidé beaucoup de pères qui auraient pu
faire de la prison alors qu’il n’y avait pas d’abus. J’ai aidé et soigné dans les institutions les enfants et adolescents ayant
subi. Et enfin j’ai formé beaucoup de professionnels,
éducatifs, soignants, justice, police et enseignants afin qu’ils
puissent reconnaitre et faire valoir la parole de l’enfant.
Actuellement j’enseigne toujours auprès des
professionnels, et dans le cadre de la prévention, j’organise des
conférences et des expositions de tous les dessins qui ont été
réalisés dans mon cabinet et dans les institutions.
Mettre des maux sur des mots, dit de cette façon, c’est
prendre en compte la déchirure, les symptômes tels qu’ils
sont ressentis.

Ce travail m’a demandé beaucoup de patience, de temps
tout au long de mon activité professionnelle afin de récupérer
des documents, des dessins, des témoignages, pour le seul
but d’asseoir solidement la véracité des processus du
tâtonnement. Toutes ses études pointilleuses, pourront rendre
la parole aux enfants, adultes. On doit se sentir responsable
de nos actes, de nos paroles, honorer l’aboutissement sous
l’angle de la plus noble conscience. Toutes portées
généreuses par l’action portent ses fruits. Il faut savoir que
très souvent les messages ne sont pas acceptés par tout le
monde. Il suffit que quelques-uns s’en intéressent et lui
donne vie à leur tour, pour que l’idée aille de l’avant, pour
l’exploiter et la rendre crédible. Toutes les initiatives isolées
deviendront dans le temps une pensée collective. Nous
devons la rendre accessible, apprivoiser chacun d’entre nous
pour la rendre lisible. Nous sommes encore dans un monde
très conformiste. Ceux qui arrivent avec des nouvelles idées
sont considérés comme perturbateurs parce qu’ils font
bouger, avancer. Ils sont montrés du doigt comme des
marginaux utopistes. Il faut comprendre que ce sont des
pratiques nouvelles, et ces découvertes font doucement leur
chemin. Techniques psychologiques, éducatives
16 compétentes parce qu’elles apportent une reconsidération de
la psychologie traditionnelle, et non par une analyse qui fige
notre inconscient. Elle prend l’humain dans sa globalité. IL
est vrai que de nombreux professionnels pensaient que d’un
coup, c’est une baguette magique tellement l’interprétation
est vraie, parlante. Le décryptage, impossible de l’inventer.
Cela renvoi au blocage de l’enfant et de sa souffrance. Des
maux sur des mots. Parents, professionnels juges adolescents
ont conforté mon analyse des études de cas. Ils m’ont poussé
et encouragé à écrire ce livre. J’espère qu’il apportera aux
lecteurs de toutes professions et de toutes catégories sociales
un éclairage.

17 PREMIÈRE PARTIE
a) Le dessin comme outil
Nous savons que le dessin est un fabuleux outil, nous
aurons une attention particulière à ce qu’il puisse être
exploité avec le plus grand respect. Le dessin spontané fait
parler l’inconscient. L’enfant, lorsqu’il dessine, a le souci de
tous les détails (hauteur du château, du pot levis), ou alors il
dessine dicté par son inconscient. Pour lui, c’est une
découverte. Il va exprimer ce qui est beau. Il dessinera
peutêtre un voyage avec ses parents, une histoire racontée avec
un copain. Dans la consultation, le dessin interprété par lui
sera une façon de lui faire découvrir la réalité, le sens, la
fonction. On le laisse se heurter à cette réalité. N’apportons
pas de réponses toutes faites qui pourraient, l’empêcher
d’observer, de regarder, afin de lui donner, un sens et d’y
ajouter un commentaire. Ne tombons pas dans le courant du
moment. On risquerait de produire des inhibitions analogues
à celle que l’on rencontre dans l’apprentissage de la marche
et de la propreté. Conséquences considérées comme grave,
elles auraient une influence néfaste sur le caractère, et
l’affectivité. Certains enfants seront doués, d’autres pas. Ne
les mettons pas en compétition. Ils doivent garder leur
spontanéité. Ne soyons pas dans un état critique, mais
laissons les dessiner comme il l’entende. On se contentera de
leur apporter quelques petites précisions qui les feront
avancer, mûrir. Les scénarios, les productions, cèderont la place aux mots.
Rien ne relève d’un artiste, il projette une partie de son
affectif, de ses émotions, et pour cela, il mettra en scène, un
animal, un personnage, selon ses propres grandeurs, ainsi
que la couleur. Ils deviennent des éléments significatifs. Par
contre l’adolescent qui s’est désintéressé du dessin reviendra
vers lui et mettra en scène des situations qui le gène, le
contrarie. Il comprendra toute la signification ignorée
volontairement. L’image représentée par le figuratif serait la
transmission d’une émotion.
Le dessin est précieux sachant que c’est la parole de
l’enfant, non parce qu’il n’a pas de mots pour libérer ses
émotions, mais surtout parce qu’il ne s’autorise pas à dire ses
maux qui sont d’une grande souffrance avec beaucoup de
violence.
D’où mon livre Des maux sur des mots.
Nous verrons dans les études de cas les dessins d’enfants
faits au cabinet et les dessins d’enfants accueillis dans les
institutions qui ont subi des violences sexuelles.
La dureté, la violence et les symboles sont très différents.
b) Les séances lors des consultations
Au cours des séances les dessins deviennent de plus en
plus riches, selon les associations du conscient et de
l’inconscient. Au début l’enfant dessine beaucoup, bateaux,
maisons, voitures, et par la suite il mettra autour des
personnages, gais, malheureux ou sans expression. Ces
personnages seront soit masculins ou féminins voir présence
d’enfants. Il est intéressant de comparer les dessins d’enfants
avec ceux des adultes venant en consultation. Le patient
restera accroché à sa pensée initiale par la suite il l’animera
et donnera un commentaire. Et par association avec un rêve
éveillé il libera son inconscient. Pour l’enfant nous prendrons
20 en considération l’association du conscient et de
l’inconscient. Certains enfants parlent en même temps qu’ils
réalisent leur dessin, ou alors ils sont concentrés, d’autres
animent le dessin quand celui-ci est terminé. Que ce soit
enfant, adulte le dessin est toujours destiné à quelqu’un et
notamment à la psychanalyste. Ils auront le désir de le faire
bien, de le faire voir, de le rendre vivant afin qu’il soit
déchiffré avec plaisir et ils en tireront une satisfaction.
N’oublions pas le dessin représente des images faites de
scènes agréables ou désagréables, vraies ou inventées.
L’observation des cas cliniques permettra de déchiffrer
les mystères du dessin et d’identifier les complexes de
castrations, les blocages anciens ou récents et bien entendu
les maux dans les dessins d’enfants abusés sexuellement.
Le dessin révèle notre personnalité. L’expression du
dessin dépend aussi du geste. Les tracés sur le dessin peuvent
parler du tempérament de l’enfant, de son affectif, toujours
de ses émotions quand il a accompli son œuvre. On lit son
désarroi ou tout simplement sa joie. Dans son dessin il y aura
un enregistrement de l’état émotionnel. Comme. Par
exemple un cercle qui sera très appuyé en perçant la feuille ;
soit agressif ou alors anxieux. Par contre, un autre trait sera à
peine tracé, à peine lisible, peur de s’affirmer. L’enfant va
couvrir la feuille, il montre qu’il existe dans la famille, il
prend de la place, ou sa place, il est imposant. Pour l’adulte,
peut-être qu’il est ambitieux. L’espace vide ou remplit dans
un dessin est très révélateur de l’anxiété.
Certains spécialistes portent un intérêt pour les lignes
droites et les angles, d’autres spécialistes pensent qu’ils sont
réalistes, organisés mais souvent agressifs et opposants,
dotés d’une bonne capacité d’organisations et d’initiatives.
Ceux qui préfèrent les courbes seraient des enfants soucieux,
sensibles étant à la recherche de l’approbation de l’adulte. Ils
seraient imaginatifs mais manquant de confiance en eux. La
21 forme verticale serait un bon équilibre et d’un contrôle. La
prédominance de forme circulaire serait un signe de féminité.
Ceux tournés vers l’extérieur seraient vifs. Les
prédominances horizontales plus rares seraient l’indice de
conflit psychologique et de représenter en zig zag, agressifs.
Lignes brisées, signe d’instabilité ; Petits points comme de la
pluie ou gravier, larmes, sanglots pleurs. Remplissage
souvent signe d’immaturité. Une partie de l’espace, petit
déséquilibre. Partie supérieure de la page, orgueil Asseoir
son dessin en bas de la page, stabilité, bien enraciné.
Respectons ces recherches.
c) Le dessin non reconnu
Le dessin n’a pas été reconnu à sa juste valeur, comme
étant un message de ce que nous pouvons dire. Il n’a pas été
non plus intégré dans une action pédagogique. Pour
beaucoup le dessin reste mystérieux, pourtant il est
indispensable dans notre santé mentale et psychologique.
Prenons comme exemple ces grands peintres Dali ou Van
Gogh, ils expriment dans leur peinture un brin de folie et
pourtant porteur de talent. Nous verrons plus loin que cet
outil pédagogique qui est le dessin conscient ou inconscient
sont en parfaite harmonie. Il faut le prendre dans sa globalité
et acceptons que nous puissions travailler le pédagogique et
le psychologique, d’où la théorie et la pratique sont une
complémentarité. C’est une harmonie d’une importance
considérable pour la compréhension des éducateurs et des
autres professionnels. Explication lors des études de cas.
Nous sommes bien évidemment toujours avec cet
inconscient qui révèle les blocages, la tristesse et la
souffrance pour beaucoup, d’enfants et d’adultes.
D’où mon livre Des maux sur des mots. Il serait plus
judicieux d’écrire Des mots sur des maux mais c’est
volontairement que j’ai inversé. Toutes les observations ont
22 été très rigoureusement travaillées, décortiquées, analysées,
au début avec beaucoup de tâtonnements. Comparaison avec
les études et le palpable du terrain, toujours en prenant le
temps qui quelques fois se basait sur une cinquantaine de
dessins afin de pouvoir donner une interprétation juste et
objective pour mettre en application auprès de mes patients.
Par la suite sans prétention je pouvais interpréter très vite un
dessin sans oublier le dialogue. Par ce travail beaucoup
d’enfants et d’adultes que ce soit dans mon cabinet, en
institution et en expertise ont avancé en évacuant leur
souffrance. En expertise on a évité des erreurs. Ils ont pu
mettre des maux sur des mots. Une évolution dans leur
comportement et leur bien être tout au long de cette prise en
charge thérapeutique, une guérison en fin d’analyse. La
complémentarité fut le dialogue et le dessin. Comme me
disait Pierre Daco, n’oubliez pas cet inconscient qui nous
joue bien des tours. Il faut savoir que de nombreux
spécialistes se sont donné du mal pour évaluer et surtout
essayer de déterminer les facteurs intellectuels susceptibles
d’apparaitre dans les dessins. Ils ont établi des échelles de
notations pour évaluer l’intelligence. À partir de ces
évaluations de nombreux tests ont vu le jour, ou ceux-ci ont
donné plutôt un conditionnement qu’une expression libre. Il
est vrai qu’à partir de ce moment nous retirons la spontanéité
de l’enfant. Les valeurs, les échelles données par les
spécialistes restent dans des normes. Nous nous baserons sur
des critères bien précis pour être objectif et surtout sans
interprétations hâtives. Pour cela, je vais apporter des points
de repères que tous les professionnels tous les parents
connaissent déjà pour certains, mais une piqûre de rappel fait
du bien. Avant d’aborder les témoignages avec dessin à
l’appui lors des séances je vais expliquer comment le dessin
est important dans le développement de l’enfant avec son
évolution selon son âge. On appelle les différences étapes.
23 Comme j’ai pu le dire, dessins d’enfants avec une
évolution normale vivant dans un contexte favorable à leur
bon développement tant physique que psychologique.
Dessins d’enfants ayant vécu des abus sexuels et
maltraitances, donc dans un climat pathologique. Les dessins
sont en aucun cas identiques.
Gribouiller
L’enfant gribouille pour exprimer son désir, son
impatience, son agressivité, ou tout simplement son côté
rêveur. Les dessins d’enfants racontent toujours une histoire,
leur histoire pleine de vérité. Je ne les considère pas comme
des simples exercices d’habilité ou pour les couleurs. Au
contraire, au fur et à mesure dans la consultation, ils assurent
une fonction psychologique. On le sait à deux ou trois ans,
l’enfant ne tient pas correctement son crayon. Il a des
difficultés, son geste est incontrôlé quelque fois impulsif. Il
frappe sa feuille en faisant plein de points partout, des
rayures, des lignes dans tous les sens, il fait des courbes et
des cercles. Il rentrera en relation avec les autres vers six,
sept ans et à ce moment-là, il doit malheureusement contenir
ses émotions. Son gribouillis devient au fur et à mesure une
façon de maîtriser ses instincts. Tout devient précis, mais à
l’école, il devra quand même dessiner des figures
géométriques et voir ces fameuses gommettes. Très tôt,
certains spécialistes montent des ateliers de peinture pour des
enfants de dix mois ou un plus. Nous allons trop vite et la
spontanéité de l’enfant est occultée sauf pour le plaisir de
parents orgueilleux qui veulent que leur enfant soit « mieux »
et « plus intelligent » que les autres, grave erreur. Lors d’un
conflit interne, d’une souffrance, il exprimera son dessin
autrement, il parlera de son histoire d’une façon détournée.
Il la rendra belle ou alors avec des monstres. Donc toujours
avec une grande prudence et surtout une analyse de tous les
24